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Quatre grains d’ellébore…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du cinématographe et du pop-corn réunis, bonjour ! Nous voici le vendredi 30 janvier de l’an 2015 et nos amis républicains dans leur calendrier avaient dédié ce jour à l’hellébore. A ce propos, ma fiancée a eu la riche idée d’agrémenter les jardins de Keramoal d’une nouvelle plantation, l’helléborus niger, appelé aussi « rose de Noël » qui tient son appellation d’une jolie légende que je m’en vais vous 250px-Helleborus_foetidus_070406conter ici. Depuis le Moyen-Âge la fleur est placée dans certaines crèches. Elle symbolise la pureté et rappelle la légende à l’origine du nom de rose de Noël : la nuit de la naissance du petit Jésus, Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. La pauvrette se dit in petto: Tiens, le Paris-Dakar est plus tôt cette année.. N’ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange qui appartenait au comité de course voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël. C’est pas beautiful ça !

Au Moyen-Âge encore, la plante se nommait aussi Aliboron, terme de l’ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie.  L’ellébore porte le nom d’anticyricón , notamment chez  Dioscoride. Dans la Rome antique, le proverbe Mettre le cap sur Antycire signifiait montrer des signes de folie; on retrouve ce proverbe chez Horace. Considérée comme un remède Boronaliuniversel contre la folie dès l’Antiquité, aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l’âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout. C’est un peu le rôle du blogueur des temps modernes que de vouloir assaisonner de son grain de sel l’actualité. Aliboron a aussi donné son nom, par anagramme interposé, à un peintre qui défraya la chronique: Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile…Mais auparavant, un tour à Montmartre avec Georges Chelon.

Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la lapin à Gilbutte Montmartre. Sur la photo à droite plus haut, le « Père Frédé » et son âne Lolo. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le fameux cabaret lui, il doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre.

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Le manche et la cognée…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la graine d’ananar et du taboulé réunis, bonjour! Nous sommes le jeudi 29 janvier 2015, dixième jour de pluviôse dédié à la Cognée; vous savez celle qu’il ne faut pas jeter ni avant ni après le manche, à moins que ce ne soit l’inverse… Cette expression date du XVe siècle et provient semble t-il de l’histoire d’un bûcheron racontée dans l’ouvrage de Fleury de Bellingen, L’Étymologie, ou Explication des proverbes français, paru en 1656: en abattant un arbre, sa cognée s’est séparée de son manche et est tombée malheureusement dans une eau profonde l’empêchant de la récupérer. Par dépit, il y jeta également le manche. Jean de la Fontaine bien sur s’en empara:

Un bûcheron venait de rompre ou d’égarer
Le bois dont il avait emmanché sa cognée.
Cette perte ne put sitôt se réparer,
Que la forêt n’en fût quelque temps épargnée.
L’homme enfin la prie humblement
De lui laisser tout doucement
Emporter une unique branche,
Afin de faire un autre manche ;
Il irait employer ailleurs son gagne-pain ;Manche-Cognee
Il laisserait debout maint chêne et maint sapin
Dont chacun respectait la vieillesse et les charmes.
L’innocente forêt lui fournit d’autres armes.
Elle en eut du regret. Il emmanche son fer :
Le misérable ne s’en sert
Qu’à dépouiller sa bienfaitrice
De ses principaux ornements.
Elle gémit à tous moments :
Son propre don fait son supplice.
Voilà le train du monde et de ses sectateurs :
On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs.
Je suis las d’en parler. Mais que de doux ombrages
Soient exposés à ces outrages,
Qui ne se plaindrait là-dessus ?
Hélas ! j’ai beau crier et me rendre incommode,
L’ingratitude et les abus
N’en seront pas moins à la mode.

A vrai dire, on devrait employer le terme de coignée, du latin médiéval Cuneata issu lui même de cuneata ascia « (hache) dont la section est en forme de coin ». C’est ainsi que La coignée, employée à enfoncer les portes, se disait aussi la clef le roi, parce que la justice avait le droit d’enfoncer une porte fermée ou qu’on refusait d’ouvrir. « Et je regardai une coignée qui gisoit illec ; si la levai et dis que je feroie la clef le roy »Joinville. Et notre ami Rabelais créa le personnage de Couillatris, un pauvre villageois, né à Gravot près de Chinon, Couillartis 2bûcheron de son état qui gagnait péniblement sa vie lorsqu’il perdit sa hache, ce qui le privait de son gagne pain: De son temps estoit ung paovre homme villageois natif de Gravot nommé Couilatris, abateur & fendeur de bois, en en cestuy bas estat guaingnant cahin caha sa paovre vie. Advint qu’il perdit sa coingnée. Qui feut bien fasché & marry, ce feut-il. Car de sa coingnée dépendoit son bien & sa vie : par sa coingnée vivoit en honneur & reputation entre tous riches buscheteurs : sans coingnée mouroit de faim. La mort six jours apres le rencontrant sans coingnée, avecques son dail l’eust faulché & cerclé de ce monde… Et si l’on en croit Diderot et d’Alembert, il existe les charpentiers de grande cognée :travaux de grandes structures et de planchers et les charpentiers de petite cognée: pour les ouvrages plus petits, comme les meubles (coffres, bancs), qui deviennent les menuisiers. Holala, mais dans quoi j’m’embarque là… Allez, je jette la cognée avec l’eau du bain. Heu, non, le bébé avec le manche… Bon, portez vous bien et à demain peut-être.

Je m’appelle Zangra…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du surréalisme et de l’escalope saltimbocca réunis bonjour ! Ce mercredi 28 janvier 2015 nous prouve qu’irrémédiablement, on se rapproche de la fin du mois… En effet, nous sommes le 9è jour de pluviôse, généralement dédié au peuplier. Comment ne pas avoir une pensée pour (et de) pluviosePierre Dac puisque aujourd’hui nous parlons surréalisme: Un seul hêtre vous manque et tout est peuplier… Je l’attribue à Pierre Dac mais très franchement je ne saurai l’attester. C’est peut-être bien le facteur Cheval ou le douanier Rousseau ou le sapeur Camembert ou encore, la femme du boulanger, la cane de Jeanne, la famille Duraton ou le soldat inconnu. Il en va des citations comme des objets trouvés, au bout de un an et un jour vous pouvez vous les approprier. En tous cas, elle n’est pas de moi et, à la vérité je m’en réjouis, car elle n’est pas franchement terrible. Vous avez évidemment remarqué, perspicaces lecteurs, qu’à chaque fois que j’utilise ce style amphigourique c’est que précisément, je n’ai rien à dire de particulier.

Non, à vrai dire, aujourd’hui je voulais évoquer un écrivain qui a eu la mauvaise idée de décéder un 28 janvier en 1972 et, ipso facto, de se retrouver dans les colonnes des « cénobites tranquilles » – j’ai nommé Dino BUZZATI. Que vous lisiez le désert des Tartares ou une nouvelle fantastique comme le K ou les sept messagers, vous êtes frappés par l’influence de Kafka Buzzatimais aussi celle des surréalistes et des existentialistes comme Sartre ou Camus. Par ailleurs, le désert des tartares, œuvre majeure de Buzzati n’est pas sans rapport avec Les choses de Georges Perec. Buzzati y traite de la fuite du temps, de l’attente et de l’échec, dans le cadre d’un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire. Et les jours s’écoulent au rythme lent de la routine. Lorsque l’ennemi est enfin là, il est trop tard, le lieutenant ne peut participer au combat et se trouve rendu, au seuil de sa mort, à la vacuité pathétique de sa vie. Et l’immense Jacques Brel en a fait cette merveilleuse chanson ici dans une version surréaliste de Dick Annegarn.

Sommes nous tous des lieutenants Drogo dans cette vie qui ressemble de plus en plus au désert des Tartares ? En attendant de devenir héros, continuez de fréquenter ce blogue, portez vous bien et à demain peut-être

La coupe et la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la Grèce antique et de la montre en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 27 janvier 2015. C’était généralement le 8e jour du mois de pluviôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du bois joli. Daphne mezereum est un arbrisseau à tiges Harilik_näsiniin_(Daphne_mezereum)_-_Keila_loometsdressées, à feuilles oblongues, les terminales en rosettes, molles, caduques. Les fleurs rouges ou roses apparaissent en février, avant les feuilles, et exhalent une délicieuse odeur. Les drupes rouges mûrissent entre juillet et septembre. Elles sont toxiques pour les mammifères mais sont mangées par de nombreux oiseaux qui permettent la dissémination des graines. En effet, de l’espèce Daphné car, vous en souvient-il, Daphne, nymphe de la Grèce antique, fille de Pénée et courtisée par Apollon fut transformée en laurier rose. Mezereum d’un mot arabe signifiant toxique mais ça, tout le monde s’en fout. En français, on l’appelle quelquefois mézéréon ou daphne morillon.

Or donc, voilà, c’est fait, les grecs ont dit à la troïka: «va te faire cuire un œuf…». «Le peuple grec vient de tourner une page de son histoire», a déclaré Alexis Tsipras en fin de soirée. «Le verdict des urnes est clair, a t-il ajouté, le mandat donné par le peuple grec annule les plans d’austérité. Il renvoie la troïka au passé !» Sur un ton très combatif, il a assuré que « c’est la Grèce des élites et des privilégiés qui a perdu». «Notre priorité, a t-il dit encore devant la foule rassemblée, sera que la Grèce retrouve sa dignité. Nous sommes un échantillon 2501-Tsiprasd’espoir pour l’Europe.»  Ce vote est, sans aucun doute, d’une immense importance, peut-être même historique, mais je pense que le gouvernement Syriza sera finalement moins radical que ce que suggèrent les gros titres de la presse. La politique reste avant (ou après) tout, l’art du compromis et ce n’est pas aux inventeurs de la démocratie que l’on va apprendre cela. Dédions à tous les Grecs ce poème de Glenmor magistralement accompagné par Laurence Meillarec.

Bon,en tous cas, cela s’arrose et, ça tombe bien car, c’est un objet vieux de 2.500 ans qui vient de resurgir à l’occasion de fouilles. Une coupe à vin ayant très probablement été utilisée par Périclès, l’homme qui fit la renommée d’Athènes dans l’Antiquité, a été découverte sur le chantier d’un parking, dans le nord de la capitale grecque. Selon un expert de l’expertise, le jeune Périclès, alors âgé d’une vingtaine d’années, aurait partagé un verre de vin avec ses cinq compagnons qui auraient gravé leurs noms en souvenir de ce moment de convivialité.  « C’est une trouvaille rare, le témoignage vivant la couped’un moment d’intimité » de Périclès dont le nom est identifié à l’âge d’or de la démocratie athénienne, celui qui vit l’Acropole acquérir sa physionomie actuelle. Ironie de l’histoire: la coupe a été trouvée rue de Sparte, la grande rivale d’Athènes durant la guerre du Péloponnèse qui a déchiré les deux cités pendant trente ans (431-404 avant JC). Périclès en fut l’une des victimes, mort en 429 avant JC, d’une épidémie qui ravagea la cité assiégée. Aujourd’hui, les grecs ont jugé que la coupe était pleine et que, puisque le vin était tiré, il fallait le boire. Du coup, l’oligarchie bruxelloise voit réapparaître avec horreur le spectre des urnes du côté de l’Espagne (Podemos), du Portugal et de l’Italie. Syriza à momentanément vaincu l’hydre à trois têtes, communément nommée Troïka mais, si hercule réussit à triompher de l’Hydre de Lerne, c’est qu’il coupa toutes les têtes d’une seul coup… Mais, attention, comme disait Pyrrhus: « Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus » ! A méditer.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

C’était un p’tit gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’entre-deux et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous sommes le lundi 26 janvier 2015, 7è jour de pluviôse briquetdédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à amadou que l’on appelait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. J’en possédais un mais c’était surtout pour jouer le personnage du vieux breizhou…

Le 26 janvier 1924, naissance de Dante Sauveur Armand GATTI (dit Armand GATTI), à Monaco. Écrivain, cinéaste et dramaturge libertaire, auteur de plus de 40 pièces de théâtre.
Fils d’Augusto Gatti (1893-1939) balayeur anarchiste et d’une franciscaine. Armand fait des études au petit séminaire à gatti_armand_ecCannes, puis au lycée de Monaco d’où il se fait renvoyer. Il prépare son baccalauréat en effectuant des petits boulots parmi lesquels « sous-diacre » et crée sa première troupe de théâtre. En 1942, Armand s’engage dans la résistance et part dans le maquis en Corrèze. Arrêté en 1943, il est condamné à mort à Limoges, mais il est finalement déporté dans un camp de travail en Allemagne, à Lindemann, près de Hambourg, d’où il s’évadera. Il rejoint l’Angleterre, où il s’engage dans un régiment de parachutistes puis participe à la Libération d’Arnheim (Pays-Bas).

En 1945, il entre d’abord comme journaliste au « Parisien Libéré ». Devenu grand reporter, il effectue de nombreux voyages à travers le monde qui l’amènent à rencontrer : Fidel Castro, Ernesto Guevara, où encore Mao Tsé-Toung. Il reçoit le prix « Albert Londres »en 1954, avant de se consacrer au théâtre avec les encouragements de Jean Vilar, et au cinéma. En 1960, il réalise le film « L’Enclos ». En 1962, sa pièce « La vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. » est montée au Théâtre de la Cité de Villeurbanne. En 1963 son film « El otro Cristobal » marker_gatti_vierny_tournage_lettre_de_siberie-cdrreprésente Cuba au festival de Cannes et obtient le prix de la critique. Une partie de son œuvre a pour thème la résistance et la déportation. Sa pièce « La passion du général Franco », écrite en 1965, sera interdite en France en 1968, sous la pression de l’Espagne Franquiste. Ici on le voit en compagnie de Chris Marker à l’occasion de son film Lettre de Sibérie.


En 1966, il fait la mise en scène de « Chant public devant deux chaises électriques » (Sacco-Vanzetti). En 1969, il s’installe à Berlin où il monte « L’interdiction de la passion du général Franco » qui sera suivie par de nombreuses autres pièces. En 1975, il est de retour en France où il poursuit sa création théâtrale. En 1980, sortie des premières versions de « La Parole errante » confrontation des trajets de tous les Gatti ayant existé, avec l’histoire, l’utopie et l’écriture. En 1983, à armand_gattiToulouse, il prend (pour trois ans) la direction de « L’Atelier de création populaire, l’Archéoptéryx ». En 1986, au Théâtre du Monument National à Montréal (Canada), il réalise la mise en scène de son texte « Opéra avec titre long », puis il dirige l’écriture de « Ulrike Meinhof » à Vienne (Autriche). En 1987, il installe, avec sa compagne Hélène Chatelain, « La Parole Errante » à Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui devient un centre international de création. A noter qu’Hélène Chatelain qui est aussi cinéaste, comédienne, écrivaine et traductrice a réalisé un film sur Makhno en Ukraine « Nestor Makhno, un paysan d’Ukraine » (1995). Gatti joue son propre rôle dans le film d’Agnès Varda: Salut les cubains. extrait vidéo ci-dessus.
Armand Gatti a reçu de nombreux prix et distinctions pour son œuvre impressionnante. Une bibliothèque de théâtre porte son nom à La Seyne-sur-Mer. Sources:

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Qui a peur de Virginia Woolf…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 25 janvier 2015, sixième laurier tinjour de Pluviôse dédié au Laurier tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. On rencontre parfois l’orthographe « laurier-thym », qui est illogique, cette plante n’ayant aucun rapport avec le thym.

Tout à fait autre chose.

Née Adeline Virginia Stephen à Londres, au 22, Hyde Park Gate, le 25 janvier 1882. Virginia Woolf grandit et fut éduquée dans une famille victorienne classique où la figure du père autoritaire domine mais où la curiosité intellectuelle est fortement encouragée, En 1895, suite à la mort de sa mère, elle souffrit de la première dépression nerveuse d’une longue série. Elle indiqua plus tard dans un récit autobiographique que ses demi-frères George et Gerald Duckworth avait Virginia_Woolf_1927fréquemment abusé d’elle et de sa sœur Vanessa Bell. Suite à la mort de son père (Sir Leslie Stephen, rédacteur et critique littéraire) en 1904, elle déménagea avec sa sœur Vanessa dans une maison à Bloomsbury, formant le noyau du Bloomsbury Group, un cercle intellectuel. Le « Cercle de Bloomsbury » est alors fréquenté par les plus grands noms intellectuels et artistiques de l’époque et notamment Leonard Woolf. Les idées qui y circulent défendent le pacifisme, les contacts humains et le culte de la beauté contre les inhibitions et l’étroitesse des valeurs bourgeoises de la société victorienne. Ils peignent, ils écrivent, ils dissertent, ils seront en tout cas à l’origine de tout un mouvement qui influencera la vie artistique en Angleterre.

Elle commença l’écriture comme activité professionnelle en 1905, initialement pour le supplément littéraire du Times. En 1912, elle épousa Leonard Woolf, fonctionnaire et théoricien politique. En 1917, alors quelle a quitté Londres pour s’installer à Richmond avec son mari, ils fondent ensemble leur propre maison d’édition, « The Hogarth Press », qui constituera un prestigieux catalogue avec des noms tels que Freud, Dostoïevski, Mansfield et Woolf elle-même. Son premier virginia-woolfroman, La Traversée des apparences (The Voyage Out), fut publié en 1915. Elle continua à publier des romans et des essais en tant qu’intellectuelle, qui rencontrèrent un succès aussi bien auprès de la critique que du grand public. La plupart de ses œuvres furent publiées à compte d’auteur aux presses Hogarth. Elle est sans doute l’une des plus grandes romancières du XXe siècle et l’une des meilleures Modernistes. En 1941, Virginia Woolf se suicida. Elle remplit ses poches de pierres et se jeta dans la Ouse, près de sa maison de Rodmell. Elle laissa une note à son mari: «J’ai la certitude que je vais devenir folle: je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la bonne chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible… Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler

Voilà, voilà, allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le chat de la voisine…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la petite histoire et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 24 janvier 2015, 5è jour de 2013-12-02-030-cadoPluviôse dédié au taureau. Pour les pataphysiciens, le 24 Janvier 2015 est en réalité le Vendredi 27 Décervelage 142 Sts Chemins de fer, assassins, fête suprême quarte alors que pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, ou Cadou qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos. Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints. Voici ce qu’en dit la légende:

Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-Bretagne dans la région de Cambrie), Saint Cado (Saint Cadou) vécu en Armorique vers 560.
Il venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom. Il y construit un oratoire, fonda un ile_stcado13monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Saint Cado, désirant un pont, mais manquant de moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Saint Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Saint Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où notre François 1er, ennemi de la finance, s’en va faire son tour à Davos…Y’a pas de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Il faisait encore nuit…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du jazz manouche et du ragout de hérisson réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 23 janvier 2015, 250px-Schneeglockenquatrième jour de Pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes de l’orthographe ne manqueront pas de relever qu’il faudrait dire LA perce-neige. Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre. Cela me fait penser qu’à Keramoal, les jonquilles montrent déjà le bout de leur nez et je suis loin d’avoir terminé mes tailles d’hortensias… Travaillez, prenez de la peine, aurait dit mon aïeule, toujours en mal de citation.

Tout à fait autre chose.
SMS de mon libraire brestois (Dialogues – je les cite car ils le méritent): »votre commande est disponible » et me voici en train de rattraper mon retard en matière de lecture. Il faisait encore nuit de Rod Lediazec aux éditions Edilivre dont je vous laisse découvrir la quatrième de couv. «La vérité est que dans cette ville moyenne où tout est moyen, à commencer par la vie, leshqdefault jours passent et avec eux les rêves s’évanouissent. La routine s’est installée dans les têtes et avec elle son lot de regrets, son pack de frustrations. Chacun a fait l’effort qu’il faut pour laisser les « vieux démons » là où ils sont, sur le comptoir d’un bistrot, sur une nappe de resto, tout au fond de la prison à ciel ouvert que la société construit pour empêcher le « pire » d’arriver… Mais qui dit prison dit évasion, et le jour vient où l’un des geôliers laisse échapper son propre monstre, l’Assassin. Dès lors, la vie de cette cité si tranquille et si exemplaire est bouleversée. Les meurtres se succèdent avec une régularité implacable sous les yeux d’une police impuissante. Chacun ne rêvant que d’une chose : que cela cesse !»

Un vrai plaisir de lecture, suspens garanti, émotion, rythme, personnages bigarrés, tout y est. La blogosphère m’avait déjà permis de rencontrer le talent de Stéphane Grangier voici un autre blogueur qui s’amuse à jeter cailloux dans la mare; heu non, dans le brouillard… Bon, OK, je n’ai pas la signure de l’auteur en deuxième page mais, le plaisir est intact. Mon aïeule, toujours bien renseignée, me dit qu’un second opus serait en préparation. Affaire à suivre.

En attendant, je retourne au jardin. Portez vous bien et à demain peut-être.

L’adieu à Louise…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la médecine par les plantes et du viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 22 janvier 2015, troisième jour de pluviôse et, je vous le confirme, il pleut. C’est le jour du Fragon dans le calendrier républicain. Plante très commune fragondans nos sous-bois, on en fait de très jolis bouquets. Le fragon est aussi une plante médicinale appréciée pour son action contre l’inflammation et le rétrécissement des vaisseaux sanguins. On l’utilise par voie interne mais aussi par voie externe, (contre les varices par exemple et en cosmétologie).
Les jeunes drageons tendres sont comestibles mais bon, je vous laisse faire l’expérience. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais.

Le 22 janvier 1905, enterrement de Louise MICHEL. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son michel_funeraillescercueil. Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, de longs et difficiles travaux m’attendent encore si je veux terminer mon ouvrage dans les temps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah, Fanny de Recouvrance…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pelote basque et du piment d’Espelette réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 21 janvier 2015, deuxième jour de pluviôse dédié à la Mousse. Il pleut, il pleut, il pleut et, je n’arrive pas à m’en défaire, la pluie pour moi évoque Brest, Prévert, Barbara… Du coup je voulais vous parler d’un illustre inconnu brestois, Victor Pengam, né un 21 janvier en 1883 à Brest même.

Militant anarchiste, syndicaliste révolutionnaire et coopérateur. Orphelin très jeune, il est placé aux pupilles de la Marine, puis à 14 ans entre comme apprenti à l’arsenal. Le 5 octobre 1905, il organise une fête des conscrits, interdite par le préfet pengam_vmaritime. Le 21 janvier 1906, il est traduit devant la Cour d’assises du Finistère. Il est acquitté, mais exclu de l’arsenal pendant cinq mois. Durant son service militaire (qui dure alors 3 ans) il donne des cours d’alphabétisation et lutte contre l’alcoolisme. En 1909, de retour à la vie civile, il milite au sein de l’Union départementale des syndicats, et est aussi actif au sein de « l’Université populaire » et dans un « Groupe d’études sociales ». Il intègrera également le secrétariat général de la « Bourse du travail ».

En 1912, son action en tant que syndicaliste révolutionnaire, en particulier sa participation aux luttes contre la vie chère, lui vaudront un nouveau procès, il y sera de nouveau acquitté. Il fonde la même année le « Groupe des Pupilles de la Maison du Peuple ». En 1913, il abandonne, ses activités à la Bourse du brest_arsenal_1travail pour se consacrer à l’éducation d’une centaine de ces pupilles, organisant pour eux de nombreuses activités culturelles, sportives ou musicales.
Mobilisé en 1914 dans l’infanterie coloniale, il est blessé à deux reprises et y contracte la tuberculose. A partir de 1917, réformé suite à ses blessures, il assurera dès lors l’administration du « Restaurant coopératif de l’arsenal ».
Il succombe de la tuberculose en ce début mars 1920, âgé de seulement 37 ans. Ses obsèques, le 5 mars 1920, donneront lieu à une importante manifestation. ( Sources :éphéméride anarchiste – dictionnaire international des militants anarchistes)

Son militantisme et ses convictions révolutionnaires lui vaudront d’être inscrit au Carnet B (fichage des antimilitaristes). Voici un extrait de sa fiche: « propagandiste anarchiste et antimilitariste des plus militants. L’un des chefs du mouvement révolutionnaire (secrétaire général de l’Union régionale des syndicats et de la Bourse du travail de Brest). Poursuivi en janvier 1906 devant la cour d’Assises du Finistère pour excitation de militaires à la désobéissance (acquitté). Secrétaire général du nouveau syndicat anarchiste des semeurUneouvriers du port. Ouvrier à l’arsenal. Serait susceptible de faire du sabotage en cas de mobilisation. (…) Mesure à prendre en cas de mobilisation: à arrêter.«
(extrait du livre de J.J Becker « Le Carnet B », éditions Kuncksieck, 1973). En 1911, le Préfet écrit au ministre de l’intérieur: « Je vous montrais le paradoxe étrange d’un Arsenal destiné à préparer l’instrument de la guerre et hébergeant une colonie nombreuse d’anarchistes antimilitaristes (…), des anarchistes revendiquant hautement  cette qualification, professant publiquement leurs théories, inscrits comme dangereux pour la défense nationale au Carnet B de la Sûreté Générale, placés sous la surveillance de la gendarmerie et dont 20 au moins, sont marqués pour être arrêtés en cas de mobilisation ou de tension politique (…). Ce sont ces anarchistes qui dirigent le syndicat des ouvriers de l’Arsenal (…). C’est par son intermédiaire que le gouvernement de l’autorité maritime communique avec les 8000 ouvriers de l’arsenal. »

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.