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La peste soit de tous les virus…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 25 février 2020. Ce septième jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Non, je plaisante, il s’agit d’medecin_pesteune plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… Si j’en crois le calendrier des postes, on fête les Roméo. Henri était un frère convers (qui se consacre aux travaux manuels) du monastère de Limoges. Il a tenté de se rendre en Terre sainte avec le prêtre Avertain (du même monastère). Ils ont tous les deux contracté la peste et sont morts à Lucques, en Toscane. Comme on ignorait son nom, on l’enterra sous celui de Roméo qui signifie « pèlerin de Rome ».

Au XIVè siècle, la peste était le coronavirus de l’époque: épidémie, pandémie, quarantaine, port du masque et surtout, des dizaines de milliers voire de millions de victimes. On estime qu’un tiers de la population européenne y succomba. Rien qu’à Paris on dénombrera entre 50 000 et 80 000 morts. Les croix et colonnes de peste sont des monuments érigés en Europe, du Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle, par les populations chrétiennes, en ex-voto ou en commémoration d’une Mespaol_(29)_Croas_ar_Vossen_02épidémie de peste. Le fameux calvaire de Plougastel (29) a été édifié de 1602 à 1604 pour accomplir le vœu du seigneur de Kererault et célébrer ainsi la fin de l’épidémie qui avait sévi pendant plusieurs mois dans la localité. En Bretagne, si les croix écotées ne sont pas toutes des croix de peste, certaines de ces croix ont, de façon attestée, été érigées lors d’une épidémie. Dans le Pays de Léon les croix ou calvaires dont les fûts sont écotés portent couramment le nom de Croas Ar Vossen, c’est-à-dire croix de peste en breton léonard. Sur la croix de Plouezoc’h (29) on peut même lire l’inscription : Groas ar Vocen, 1621.

Bon, ben, y’a plus qu’à espérer. Gémissons, gémissons mais espérons comme dit l’autre allez, portez vous bien (si j’ose dire) et à bientôt peut-être.

L’oeuvre au noir…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Lundi 24 février 2020, sixième jour de Ventôse asaretdédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de la famille des Aristolochiacées (rien à voir avec Jésus de l’asaret !). L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout.

Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Relisez, si l’occasion vous  est donnée, Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bienPico1-228x300 des voyages, bien des libertés et bien des extravagances. D’abord inscrit à l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l’âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Pic aurait été l’auteur. Ce personnage, cupide et fort louche au demeurant, aurait savonarole prècheété soudoyé par Pierre de Médicis, qui n’aurait jamais pardonné au protégé de son père d’avoir pris le parti de Savonarole ou, du moins, de s’en être ostensiblement rapproché. Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’affiche rouge…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 Février 2020, qui correspond au quatrième jour de Ventôse du calendrier républicain, ordinairement dédié au troène, jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux, il n’y a, parait-il aucun antidote, même pas un remède de cheval.

A l’heure où la haine de l’autre reprend du service (encore un attentat xénophobe en Allemagne) j’en profite pour évoquer quelques étranges étrangers. Ceux du groupe Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. À l’heure où le populisme rencontre un franc succès ici et là; comment ne pas se souvenir de l’action capitale des étrangers dans la Libération de notre pays du joug nazi, sans eux, sans des hommes comme Manouchian et tant d’autres  la résistance aurait connu bien des heures plus cruelles encore.

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils tragroupe Manouchianduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres. En1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du comité de secours pour l’Arménie  qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. En février 43, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des francs-tireurs et partisans main d’œuvre immigrée de Paris.

Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Missak Manouchian meurt l'affichefusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44. Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l’affaire de l’Affiche rouge, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

Voici ce qu’écrivait Serge Venturini dans un billet consacré au poète lieux-94-ivry-cimetiere-manouchian3-210x300Manoukian sur le très beau site Esprits Nomades: « La tombe de Manouchian est oubliée, elle n’est plus même entretenue. Faut-il y voir un signe des temps où la démocratie recule un peu plus chaque jour, où le racisme même n’est plus combattu et devient ordinaire, temps des égoïsmes, des peurs et des mépris où les régressions sont la marque des enténébreurs ? » Allez, c’est pas gai tout cela, désolé d’avoir fait un peu long. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Giroflé, girofla…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 21 février 2020, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule lors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle egiroflést malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflé, girofla… Je crois que c’est sur un air de polka et c’est inspirée de la ronde enfantine traditionnelle du même nom dont j’ai retrouvé trace dans un très ancien numéro de Lecture pour tous. Les paroles en sont beaucoup plus « gnan-gnan » et animaient un jeu d’extérieur pour jeunes filles en fleur. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République. La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

https://youtu.be/lWT2iXyABm0

Le Père Peinard…

C’est un 21  Février en 1894 que parait le dernier numéro de la première série du Père Peinard, journal crée par Emile Pouget. Voici un extrait d’un article paru quelques années plus tard dans une seconde série. Ce petit texte qui veut nous expliquer ce qu’est le sabotage nous dévoile aussi avec verve et talent la façon dont on s’exprimait dans le monde ouvrier industriel de la fin du 19ème siècle. Le mot sabotage vient donc de sabot: Celui là même que l’on jetait dans une machine pour la mettre en panne.

« Le sabottage est une riche binaise qui, d’ici peu, fera rire jaune les capitalos. L’idée du sabottage ne restera pas à l’état de rêve bleu : on usera du truc ! Et les exploiteurs comprendront enfin que le métier de patron commence à ne plus être peinardtout rose. Ceci dit, pour les bons bougres qui ne sauraient pas encore de quoi il retourne, que j’explique ce qu’est le sabottage. Le sabottage, c’est le tirage à cul conscient, c’est le ratage d’un boulot, c’est le grain de sable roublardement fourré dans l’engrenage minutieux pour que la machine toussote, c’est le coulage systématique du patron… Tout ça pratiqué en douce, sans faire de magnes, ni d’épates. A supposer, par exemple, un grand bagne dont le patron, tout par un coup, a une lubie accapareuse, soit qu’il ait une nouvelle maîtresse à entretenir, soit qu’il guigne l’achat d’un château… ou autre fantaisie qui nécessite de sa part une augmentation de bénéfices. Donc, voilà le sabottage chouettement défini : à mauvaise paye, mauvais travail! » Avis à Arcelor, PSA, Good year, Petroplus Virgin et consorts. C’est pas ragaillardisant ça ?

 

Bon, c’est pas pour me vanter mais, mercredi soir, on a eu notre tremblement de terre. L’épicentre était dans la rade de Brest à dix kilomètres de profondeur, juste en dessous de la base des sous-marins nucléaires; je dis ça, je dis rien! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gustave en goguette…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 20 février 2020, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la cornouillerculture Occitane. En effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ». Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi. Amusant, non !

Galerie de portraits.

En voici un qui mérite bien qu’on lui fasse une petite place. Gustave Nadaud, né à Roubaix le 20 févrierNadaud_BNF_Gallica 1820 et mort à Paris 16e le 28 avril 1893, est un goguettier, poète et chansonnier français. Il est à Paris un membre assidu du Caveau et de la célèbre goguette de la Lice chansonnière. C’est dans cette goguette qu’à l’occasion d’un concours se déroulent en 1883 ses retrouvailles avec Eugène Pottier. Gustave Nadaud l’avait croisé en 1848 et Pottier lui avait alors fait une forte impression. Il admire beaucoup le talent poétique de l’auteur de l’Internationale tout en étant très loin de partager ses opinions politiques. Grâce à ces retrouvailles, l’œuvre de Pottier échappera à l’oubli.

Une cinquantaine de ses chansons sont publiées pour la première fois en 1884 par Nadaud qui paye les frais d’édition. Malgré le succès de ses quelque trois cents morceaux, il finit sa vie dans la pauvreté, ayant goguettetoujours refusé les cachets; le 28 avril 1893, peu de jours avant de recevoir la distinction de la rose d’or décernée par les Rosati; une sorte d’Amy Awards de l’époque. Plusieurs des chansons de Gustave Nadaud ont été mises en musique et chantées par Georges Brassens : Carcassonne, où Brassens a réutilisé la musique du Nombril des femmes d’agent. Un de ses textes Si la Garonne elle avait voulu est chanté par Julos Beaucarne.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oh chaman, dis, où es-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 19 Février 2020 et, si l’on en croit le calendrier républicain, c’est le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu au pisLE-TUSSILAGE-EN-FLEURS-300x200senlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux.

A ce propos, connaissez vous les Koropokkuru (à droite sur la photo) ?  Ce sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême Est de la Russie. Ces êtres Koropokkuru-300x281mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des Tkamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route à l’instar de nos korrigans à  nous qu’on a… Si l’on en croit Pierre Dubois (grand elfologue devant l’éternel) les nôtres sont des nains cornus hauts d’une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat. Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Etonnant, non !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ne vous mariez pas les filles !

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 18 février 2020 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau. Chez nous aujourd’hui, dans certains calendriers, on fête les Kireg qui oratoirelaissa son nom à la station de Perros-Guirec (22). Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on y trouve l’oratoire de Saint Kireg; petit édifice du XIIème siècle, bien connu des filles à marier. Celles-ci venaient y planter une épingle dans la statue, lorsque leur épingle restait fichée, cela signifiait qu’elles se marieraient dans l’année. Je dis venaient car aujourd’hui, la vieille statue de bois a été remplacée par du granit… Et, de toutes façons, les filles, si vous voulez un conseil: Ne vous mariez pas.

Bon allez, je vous laisse, je dois ramasser les branches après le passage de Dennis (la tempête) portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et pourtant, elle tourne !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du pendule de Foucault et de « Qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 février 2020, 29è jour de Pluviose dédié à la Chélidoine. La Grande Chélidoine (prononcer kelidwan) ou Grande Éclaire (Chelidonium majus, « grande hirondelle » en latin) est une plante de la famille des Papavéracées et la seule espèce du genre 290px-Chelidonium_majus20100511_10Chelidonium. On l’appelle aussi herbe aux verrues (ou herbe à verrues), car son latex jaune-orangé toxique passe pour éliminer les verrues. Mon aïeule la nommait herbe de sainte-Claire; je n’ai jamais su pourquoi. Selon Maurice Mésségué, le nom serait dû au fait que les hirondelles frottent les yeux de leurs petits avec des fragments de cette plante pour les ouvrir. Le latex caustique permettrait l’ouverture de l’ourlet de peau chez les petites hirondelles. La grande chélidoine était considérée depuis des temps reculés comme une plante magique associée à la magie noire. Les alchimistes du Moyen-Âge ont vu dans la sève de la grande éclaire de couleur jaune, le moyen de transformer les vils métaux en or. Il semble que jusqu’à présent cette herbe, à l’instar de nos politiques, n’ait pas tenu toutes ses promesses.

C’est aussi le jour pour se souvenir  que le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, sur le Campo des statue G. BrunoFiori, après avoir passé huit ans dans les geôles de l’Inquisition… torturé et brûlé vif par celle-ci pour avoir refusé d’abjurer ses idées antidogmatiques et rationalistes. Né à Nola (Italie) en 1548, d’abord moine dominicain, il écrit de nombreux ouvrages philosophique qui lui valent un procès en hérésie. Il s’exile à Genève, puis parcourt l’Europe, enseignant ses idées. Mais l’Église le poursuivra sans relâche. Il sera extradé de Venise et livré au Saint Office, qui en le condamnant à être brûlé vif en fera un martyr de la libre pensée. Parmi les livres de Giordano Bruno, on peut citer « De la cause, du principe et de l’unité » (1584), « Sonnets, dialogues », etc. Si vous passez à Rome, vous pouvez voir sa statue dressée sur le campo dei fiori.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand les migrants venaient du Nord…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 15 février 2020, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier. En ce jour de la saint Claude (Glaoda -Glaudan en breton), nous fêtons Goulven qui a laissé son nom à une charmante petite commune non loin d’ici. Oyez son histoire.

La légende qui l’entoure mérite réflexion. Voici comment Albert Le Grand présente la chose:« Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, migrants&, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven, &, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils Goulven.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Goulven et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de Goulvenscénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma…

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets. L’humanité est indécrottable ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une bretonne dans la guerre d’Espagne…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du doux euphémisme et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 14 février 2020la-guede, jour de la St Valentin. C’est aussi le 26è jour de pluviôse dédié à la guède, cultivée autrefois dans la région du Sud-Ouest pour ses propriétés tinctoriales d’où son nom de Pastel des teinturiers. On y extrayait une teinture bleue à partir de ses feuilles. Sa culture a déclinée avec l’arrivée de l’indigo au XVIIè siècle. La médecine traditionnelle chinoise continue de l’utiliser dans le traitement de l’hépatite infectieuse. Pour le Corona virus, je ne sais pas. Bon, ben, on aura appris un truc aujourd’hui…

L’homme du jour est une femme…

C‘est à Quimper, le 14 février 1991, que s’est éteinte Emilienne MORINémilienne-et-durruti. Dès 1916 elle travailla comme secrétaire pour le journal pacifiste Ce Qu’il Faut Dire (CQFD). En 1924 elle se maria à Yerres (Essonne) avec le militant anarchiste italien Mario Cascari dont elle divorça au bout de deux ou trois ans. C’est le 14 Juillet 1927 qu’elle fit la connaissance de Buenaventura Durruti Domange à la librairie internationale anarchiste de la rue des Prairies, Paris (XXe arrondissement) et devint sa compagne.  En juillet 1927, Durruti ayant été expulsé en Belgique, Emilienne abandonna son emploi de sténodactylo et partit le rejoindre à Bruxelles où résidaient alors de nombreux anarchistes espagnols qui y vivaient dans une semi-clandestinité.

Le jeune couple mena une vie difficile de proscrit jusqu’en 1931, date à laquelle ils se rendirent en Espagne où la République venait d’être proclamée et où ils poursuivirent leur activité militante. Le 04 Décembre 1931, elle mit au monde à Barcelone une fille, Colette, qu’elle allait devoir élever seule, son compagnon étant pratiquement toujours émilienne-et-colettepourchassé ou emprisonné. Les compagnons parvinrent à lui trouver un travail d’ouvreuse au théâtre Goya et c’est Teresa Margaleff qui s’occupa souvent de la petite Colette, y compris en l’allaitant, lorsque sa mère était au travail. Lors de la guerre civile et de la révolution espagnole, Émilienne Morin rejoignit la colonne Durruti sur le front d’Aragon et travailla comme secrétaire au quartier général où elle fut responsable du département de presse. Mais les soins que nécessitait sa petite fille l’obligèrent bientôt à quitter le front tandis que son compagnon partait à Madrid, avec une partie de sa colonne, pour participer à la défense de la capitale où il devait trouver la mort le 20 novembre 1936. Après avoir travaillé un moment au conseil de défense, Émilienne rentra en France en 1938 et mena campagne, par la plume et par la parole, en faveur des révolutionnaires espagnols.(ici à gauche, Emilienne Morin et Colette Durruti.) Sources: Dictionnaire international des militants anarchistes.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.