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Bas les masques…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis des saintes écritures et des romans de gare réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 10 avril 2020, 21è jour de Germinal dédié au Gainier. Rien à voir avec le « bon arbre de judéeculottier » de la chanson mais un arbuste encore nommé « arbre de Judée », au motif, me dit-on, que Judas s’y serait pendu. Si tous ceux qui trahissent l’imitaient, les promenades au bois de Keroual ressembleraient vite à la ballade des pendus chère à ce vieux Villon. On me chuchote que c’est la saint Fulbert. Vous en connaissez vous, des Fulbert ? Celui-ci fut l’ami et conseiller des premiers rois capétiens Robert le Pieux et Henri 1er, et élu évêque de Chartres en 1006.

Dans l’actualité, on parle de plus en plus du «traçage» des contaminés au Covid-19 grâce à une nouvelle application de leur smartphone; et contrairement à ce que le gouvernement annonçait le 24 mars dernier, l’idée d’une application pour suivre les malades est de plus en plus concrète. L’idée n’est pas neuve; à Singapour, par liberté sécuritéexemple, le smartphone d’une personne en quarantaine a tout d’un bracelet électronique puisqu’une application permet de vérifier qu’elle reste chez elle, et en cas d’infraction, l’amende est salée et son nom est exposé au grand public. Évidemment, ce « pistage » des malades n’est pas sans poser de problèmes, et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) appelle les autorités à « privilégier le traitement de données anonymisées » ben alors ! Notre gouvernement à nous qu’on a, toujours à l’affut d’innovations nous envoie un  message des plus clairs: puisque on ne peut pas dépister, on va pister; puisque on ne peut pas masquer les honnêtes gens, on va démasquer les tricheurs. Etonnant, non !

Allez, merci d’être passé, confinez bien et à bientôt peut-être.

Fais ce que tu voudras…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 09 avril 2020, 20è jour de germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1553, mort de François Rabelais, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois. Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la rabelais-300x283bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdits et brulés par la Sorbonne.  En 1520, moine à Fontenay-le-Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son œuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen-Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . À travers lui, le Moyen-Âge et la Renaissance, loin de s’opposer, découlent harmonieusement l’un de Gargantual’autre. On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » mais, celle que je préfère c’est celle-ci, tirée de Gargantua: « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle. » Ça vous met en appétit non? Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : Fais ce que tu voudras. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème, ils me font penser à ceux de Saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin pour aller à Matines vider les p’tits flacons… » Vieille chanson de carabins que l’on trouve encore sur quelques 78 tours dans la collection « aux plaisirs des Dieux ». Allez, merci de cette visite et, n’oubliez pas: science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Si le nez de Cléopatre…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 08 avril 2020, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Mardi 17 Clinamen 147 St Hiéronymus Bosch, démonarque.

Si j’évoque l’uchronie, quoique ce mot, cher au philosophe Charles Renouvier, soit tombé en désuétude et même disparu des dictionnaires, c’est sous l’inspiration de ce qu’il est convenu d’appeler « la crise». Car en effet, si le nez de Cléopâtre… Et vous connaissez la suite, c’est un résumé de l’Uchronie. Il s’agit d’une forme littéraire permettant de présenter l’histoire telle qu’elle n’a pas été mais telle qu’elle aurait pu être. C‘est ainsi que me suis imaginé qCléopatreue les français, au mois de mai 2012, avaient voté à gauche et non pas socialistes. Ce jour là ils auraient choisi l’humanisme, la justice sociale, l’équité, la solidarité, la fin de la république des copains, des coquins, des potes de la promo Voltaire à l’ENA, des prébendes, des passe-droits, des cumulards. Ce jour là, le peuple souverain délègue ses pouvoirs à des représentants qui sont tenus d’en faire bon usage sous peine d’être débarqués séance tenante. Ils se sont en effet engagés à privilégier le mieux être des citoyens au détriment des marchés, des banksters, des actionnaires et des oligarchies régnantes.

Ce jour là, des hommes et des femmes conscients de leur responsabilité et soucieux du mandat impérieux que leur avait donné le peuple, décidèrent que l’alternative existait et, appliquant rigoureusement le Talion républicain, ils ont tranché la main invisible du marché qui poursuivait sa sinistre besogne dans la culotte des zouaves. Tous les millionardaires qui s’étaient déguisés en socialistes et réfugiés à Solférino pour échapper à la vindicte populaire furent conduit au camp de rééducation de Kergrist-Moëlou où ils devaient compter, à la main, les milliards récupérés dans les paradis fiscaux pour financer la politique de rénovation hospitalière décrétée par l’assemblée. Le congrès réuni à Uchronies-223x300Versailles adopta le changement de constitution et la sixième République proclama que: l’éducation, l’eau, la santé, l’énergie étaient des biens inaliénables qui à aucun moment ne pourraient se retrouver dans le domaine marchand. Quelques mois plus tard, devant le succès rencontré, les grecs, les espagnols, les portugais et les italiens suivirent le même chemin. Au début de l’année 2013, presque tous les États avaient rejoint la fédération des peuples européens et adoptés une législation unique en matière sociale et économique. Au mois de Juin, de Brest à Athènes, de Lisbonne à Hambourg, l’ancienne fête de la musique fut transformée en Fiesta Utopia. Une amnistie générale fut déclarée, le camp de Kergrist-Moëlou transformé en colonie de vacances, Jules-Edouard Moustic fut nommé gouverneur général de l’Europe et Siné-Mensuel devint le journal officiel de la sixième République.

Ah, le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court…, Valls, s’il eut été socialiste… François le normal s’il eut été un homme de gauche… Et ma tante, si… Allez, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Le jour d’après…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 07 avril 2020, c’est le 18è jour de Germinal dédié cigüeà la cigüe  et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes mourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire.

Tiens, à propos d’avant et d’après. Vous n’avez pas été sans noter, perspicaces lecteurs, que par ces temps de confinement, les rézosocios bruissent d’une rumeur qui confine au mirage: Quand viendra le jour d’après, rien ne sera plus comme avant ! La mondialisation, le le jour d'aprèslibéralisme à tous crins, l’austérité, la chasse aux déficits publics, le gel des salaires, les dividendes éhontés, les privatisations de la santé, de l’éducation, des transports, de l’énergie… Tout cela sera oublié, relégué au rang de mauvais souvenirs et, s’ouvrira sous vos yeux ébahis, l’ère de la renaissance, l’âge d’or de la chose publique. C’est juré, on rasera gratis, où presque, on va réévaluer les salaires de ceux qui ont sauvé la Nation, infirmiers, aides- soignants, chauffeurs livreurs, plombiers zingueurs et gardiens de phares (si,si, il en reste). Les économistes libéraux attitrés seront chassé des plateaux télé et remplacés par les économistes atterrés. Les éditocrates endimanchés qui nous serinent depuis des décennies qu’il n’y a pas d’alternatives seront commis aux chiens écrasés et/ou renvoyés à leurs chères (très chères) études.

Bien sur, il ne vous aura pas échappé que ceux qui, aujourd’hui, annoncent la venue du temps des cerises sont les mêmes qui, hier encore, s’acharnaient à détruire l’hôpital, pour peu qu’il soit public, l’école gratuite et universelle; le logement pour tous; l’accès aux soins pour chacun; un revenu minimum et tout ce qui, de près ou de loin pouvait s’apparenter à une politique sociale digne de ce nom. « Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, miroirinterroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties.» Emmanuel Macron, jeudi 12 mars 2020. Et de poursuivre: « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché… » C’est à n’y pas croire. Décidément, ces gens là sont sans vergogne. Malheureux les pauvres d’esprit qui accorderaient une once de crédibilité à ces propos; le réveil serait douloureux et la pilule aussi amère que la cigüe de Socrate. Alors, virage vers la sociale-démocratie ou miroir aux alouettes ? Comment transformer une tragédie imposée en occasion favorable ? L’expérience actuelle nous montre que le/la politique peut et doit reprendre le pouvoir sur une économie qu’il faut à tout prix remettre au service de la société, du vivre ensemble, des solidarités…

Allez, en attendant, confinez vous bien comme il faut et à bientôt peut-être.

A Biribi…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré Hermès réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 06 avril 2020, 17è jour de Germinal dédié au Mélèze et c’est la St Marcellin. Je me souviens d’un ministre de l’intérieur qui répondait à ce doux patronyme et quiguillotine avait la matraque aussi facile que Castaner le LBD. Le 6 avril 1871, lors de la Commune de Paris, un bataillon de la Garde Nationale dépose devant la statue de Voltaire deux guillotines qui sont brulées devant une foule en liesse, aux cris de: « A bas la peine de mort »! Il faudra attendre un siècle, le mois d’octobre 1981 pour que celle-ci soit définitivement abolie en France.

Aujourd’hui est aussi le jour anniversaire de la naissance de Georges Hippolyte Adrien qui vit le jour en 1862. Je vois à vos mines dubitatives que sa renommée n’est pas parvenue jusqu’à vous. Il est plus connu (disons, moins inconnu) sous le nom de Georges Darien. Cet écrivain Georges-Darien-Dquasiment oublié de tous fut redécouvert dans les années 1950 avec la réédition de son  roman le voleur dont Louis Malle fit une magnifique adaptation cinématographique en 1967. Rappelez vous de Belmondo, de Charles Denner, de Juliien Guiomar, de Bernadette Laffont, Marlène Jobert… Que du beau linge. Le 16 mars 1881 (dix années après la Commune), devançant l’appel, il s’engage à l’armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C’est le nom qu’il donnera à son roman, dans lequel il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Mais ce roman là, comme les autres, ne connut guère de succès. Ecoutez cette magnifique chanson interprétée par Mouloudji « Biribi », musique de Théodorakis.

Admiré par Alfred Jarry et Alphonse Allais, plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d’une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont affiche-Le-voleurconnues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l’écrivain à celle du héros de son roman, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d’où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c’est ce dernier qui lui assure la postérité. En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche (dont, soi dit en passant, il fut l’unique rédacteur), L’Ennemi du peuple et L’en dehors, où il côtoie Zo D’Axa (voir mon billet du 24 mai 2010).

Encore un sacré bonhomme que l’histoire, décidément bien ingrate, a décidé de passer par pertes et profits. Allez, confinez bien, vivez en ermite; à la limite en cénobite; les mauvais jours finiront…

I have a dream…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’Alsace-lorraine et du munster au cumin réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi  04 avril 2020, jour qui correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille.

C’est un 04 Avril, en 1968, que Martin Luther King (39 ans) est assassiné dans un motel de Memphis par un repris de justice. La mort du pasteur noir soulève une immense émotion dans le monde entier… cependant que des émeutes secouent les ghettos des grandes villes dreamaméricaines. En 1963, devant le Memorial Lincoln, à Washington, le pasteur Martin Luther King s’adresse aux 250.000 personnes, dont 80% de Noirs, mobilisées à travers tout le pays pour une Marche vers Washington organisée par le Mouvement des droits civiques. De son mémorable discours, on a surtout retenu les mots improvisés à la fin : « I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hand as sisters and brothers… » (Je fais un rêve qu’un jour, les petits enfants noirs et les petits enfants blancs joindront leurs mains comme frères et sœurs…). Le 14 octobre 1964, le jeune pasteur reçoit le Prix Nobel de la paix. Mais son Mouvement est de plus en plus contesté et concurrencé par des groupes violents comme les Black poings gantésMuslims (Musulmans noirs). Aux Jeux Olympiques de Mexico, qui suivent de quelques semaines la mort de Martin Luther King, des champions noirs américains lèvent le poing sur le podium et tournent le dos à la bannière étoilée. Un demi siècle et un Président noir plus tard, les choses ont-elles évoluées ? On est en droit de s’interroger au vu des affrontements entre la communauté noire (de plus en plus précarisée) et les forces de l’ordre (de plus en plus militarisée). «Le passé n’est pas mort et enterré, il n’est même pas passé», déclarait Barak Obama dans son discours de Philadelphie, citant William Faulkner.

Aujourd’hui, on se confine au fond de sa cuisine en regardant brûler l’Amazonie, fondre le Groenland et s’esclaffer le pangolin. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Paul Robin: portrait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! lit-de-Idunet-150x150Nous sommes le Vendredi 03 avril 2020, 14è jour de germinal dédié au hêtre. Par chez nous, on célèbre Idunet. D’après la tradition, ce serait un disciple de saint Guénolé. Il aurait vécu dans une grotte en un lieu-dit Nin, d’où provient le toponyme Castel-Nin, aujourd’hui Chateaulin (29). La tradition en fait le protecteur des pommes à cidre. A droite, le lit de St Idunet du côté de Tréglamus (22).

Tout à fait autre chose.

Le 3 avril 1837, naissance de Paul ROBIN à Toulon (Var). Pédagogue anarchiste injustement oublié. Il participe à la première internationale en Belgique, avant d’être expulsé de ce pays en 1869. Il se réfugie alors en Suisse où il se lie avec Michel Bakounine. Après 10 années passées à Londres, il prend, en 1880, la direction de l’Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise). Il y insuffle toute son énergie et met en pratique une paul-Robin-Gpédagogie libertaire tout à fait originale. A Cempuis, Paul Robin va mettre en œuvre un certain nombre de principes qui sont pour lui fondamentaux, notamment celui de l’éducation intégrale ; « Tout enfant a droit de devenir en même temps un travailleur des bras et un travailleur de la tête ». L’école communale a pour objectif de donner une formation générale ; la formation à un métier particulier ne doit intervenir qu’après cette initiation globale. L’apprentissage doit reposer en priorité sur l’observation :« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante ». Les enfants de Cempuis composèrent une « Marseillaise » qui débute ainsi:

De l’universelle patrie
Puisse venir le jour rêvé !
De la paix, de la paix chérie
Le rameau sauveur est levé ! (bis)
On entendra vers les frontières
Les peuples se tendant les bras
Crier : il n’est plus de soldats !
Soyons unis, nous sommes frères!

Fonctionnant comme un internat, plus de 600 enfants y séjournèrent entre 1880 et 1894. L’enseignement y était basé sur l’observation, le développement du sens artistique de l’enfant et la prise en compte de ses désirs. Education physique, manuelle et intellectuelle ; il existait 19 ateliers différents qui donnaient à chacun une formation complète d’un métier (de la boulangerie à l’imprimerie, en passant par la photographie ou la maçonnerie). Ces ateliers procuraient également à l’école uneAK-Cempuis-Orphelinat-Prevost-LAtelier-de-Couture-300x188 certaine autonomie financière. La mixité était de règle, les enfants étaient emmenés pour deux mois au bord de la mer, chaque été, etc. Mais les attaques répétées contre cette école libertaire finiront par avoir raison d’elle. Paul Robin est révoqué le 31 août 1894. Il prend alors une part très active au combat néo-malthusien, que rejoindra un temps Eugène Humbert. Fatigué et usé par la vie, il se suicidera le 1er septembre 1912. Cempuis aura une grande influence sur deux autres pédagogues libertaires : Francisco Ferrer et Sébastien Faure, on peut supposer que Célestin Freinet y a été sensible. Sources: Le livre de Nathalie BREMANT « Cempuis, une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry » c’est aux éditions du Monde libertaire. L’excellent blog de Paul La feuille Charbinoise (profitez-en pour lire son billet du 31 Mars. Juste édifiant !) et, l’éphéméride anarchiste.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dessine moi un bouton…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la concorde universelle et du pâté en croûte réunis, bonjour ! Nous somme le Jeudi 02 avril 2020,13è jour de germinal dédié à la morille. Ah, le filet de bœuf et sa sauce aux morilles… Un vrai péché surtout si vous avez les moyens de l’accompagner d’un Margaux. Sinon, un Corbières fera parfaitement l’affaire.

 L’homme du jour est un dessinateur.

De son vrai nom Frédéric Othon Théodore Aristidès, Fred fait partie des géants de la bande dessinée et a influencé toute une génération d’auteurs. Dans chacune de ses œuvres – de Philémon au Petit cirque – l’auteur accomplit un numéro de funambule dans lequel son génie éblouit. Son langage résolument novateur, son invention permanente, fredson imagination foisonnante ont ouvert une nouvelle voie à la bande dessinée. Fred naît le 05 mars 1931 à Paris. Tout môme, il remplit des cahiers entiers de bandes dessinées bourrés de fôtes d’ortografe et publie son premier dessin humoristique dans le courrier des lecteurs d’un journal pour enfants. Un peu plus tard, il fait ses premiers pas vers l’absurde, l’envers du décor et le dérapage contrôlé en dévorant Edgar Poe, Dickens et Oscar Wilde. Vers 18 ans, il fait timidement le tour des rédactions et finit, à sa grande fierté, par placer un dessin à Ici Paris. À sa grande déception, la signature a été coupée…

À son retour de l’armée, il dessine pour France Dimanche, Paris Match, Le Hérisson et Quartier Latin, un journal extrêmement modeste vendu au colportage par Georges Bernier, plus connu ultérieurement sous le nom du Professeur Choron. C’est avec Georges Bernier et Cavanna o-FRED-MORT-facebook(rencontré à Ici Paris) que Fred, promu  directeur artistique, crée Hara-Kiri en septembre 1960. Il exécute les 60 premières couvertures, touche un peu à tout, s’aperçoit qu’il aime bien écrire et revient à la bande dessinée avec Les Petits Métiers, Le Manu Manu, Tarsinge l’homme Zan et Le Petit Cirque. En 66, après six mois de labeur, il propose 15 planches d’une nouvelle histoire à Spirou, qui les refuse : le dessin ne va pas, l’histoire non plus… À la lecture des mêmes planches, Goscinny s’enthousiasme et publie La Clairière des trois hiboux, premier épisode des aventures de Philémon. Mais cette fois-ci, ce sont les lecteurs qui n’apprécient pas le dessin.

 

Et puis il commence à ruminer dans ses moustaches l’idée d’envoyer Philémon sur les lettres de l’Océan Atlantique – idée qui lui est venue dans son bain : où va-t-on quand on se laisse aspirer par le tourbillon de la baignoire qui se vide ? (Fred trouve toujours ses idées dans son bain. Quand l’idée ne vient pas, il prend cinq bains par jour, il est donc très propre…) Dans les années 70, tout le monde s’arrache Pilote, y compris Jacques Dutronc, qui propose à Fred de lui écrire des Le-Petit-Cirquechansons. Fred tente le coup avec une totale fraîcheur, à l’instinct : Le Fond de l’air est frais entrera très vite au hit-parade. Après Philémon, réédité en trois gros volumes dans une édition millésimée en mars 2011, Fred explore d’autres univers et signe plusieurs albums considérés (à juste titre) comme des chefs d’œuvre : L’Histoire du corbac aux baskets, L’Histoire de la dernière image et L’Histoire du conteur électrique. Fin 2010, Dargaud regroupe d’ailleurs ces trois albums dans un coffret en y ajoutant L’Histoire du Magic palace hôtel pour la première fois mis en couleur ! En janvier 2012, il est présent au Festival d’Angoulême, où il visite l’exposition qui lui est consacrée et donne une interview publique, où il avoue avoir envie de terminer le dernier album de Philémon, dont les premières pages sont déjà dessinées. Cet album intitulé Le Train où vont les choses sort le 22 février 2013, et est annoncé comme le dernier de la série. Fred meurt le 2 avril suivant à Eaubonne. Il est inhumé dans le cimetière parisien de Pantin. Sources: https://www.bedetheque.com/auteur-930-BD-Fred.html – Wikipedia.

Voila pour aujourd’hui, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le charme du jour…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 1er Avril 2020. Le 1er avril est le douzième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, ce n’est pas le jour du poisson mais du Charme (l’arbre). Le mot charme est issu dule joug nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce vocable aurait des racines celtiques: car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-penn (casse-tête).

Le 1er avril 1856, naissance de Charles Maurin au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelleRavachol_Charles_Maurin.jpg-207x300 justement dans la technique du portrait. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol, le torse nu entre les montants de la guillotine (ici à droite).

La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté fillette-Maurinserait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoûtants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

J’en profite pour vous faire remarquer au passage que vous lisez le 4670è billet des « cénobites tranquilles », blog d’humeur et d’humour, merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur. En attendant le prochain, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Esprit (critique) es-tu là ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du spiritisme et du gel hydroalcoolique réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Mardi 31 Mars 2020 mais, je n’y suis pour rien. Ce onzième jour de Germinal était dédié à la pervenche.

Faisons une petite place dans notre galerie de portraits pour cet étrange personnage qu’était Allan Kardec ou Alan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon le 03 octobre 1804 et Kardec-227x300décédé le 31 mars 1869. C’est un pédagogue français, fondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence aujourd’hui fortement la culture et la vie publique brésilienne. Il va à l’école primaire locale jusqu’à ses dix ans, Il devient interne au château d’Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, chez le célèbre pédagogue Pestalozzi qui met alors en pratique les principes de l’« Émile » de Rousseau. Dans cette « école mutuelle », il apprend avec d’autres jeunes gens de la bonne société européenne. Les influences de Pestalozzi furent très fortes sur le futur Kardec, et des principes de la pédagogie se retrouveront dans sa doctrine spirite: la fraternité universelle et l’ouverture aux femmes.

En 1832, il épouse Amélie Boudet (ici, à droite, le couple en portrait), une institutrice qui travaille avec lui dans son école et dans la poursuite de200px-A._Kardec_et_A._Boudet son œuvre pédagogique. Lorsque l’école doit fermer pour des raisons financières, Léon Rivail traduit des textes allemands et publie des manuels pour gagner sa vie. Il continue à donner des cours, gratuitement, de chimie, physique, anatomie et astronomie. Il est un grand positiviste, pas du tout tourné vers le surnaturel. C’est en cette capacité de pédagogue positiviste qu’il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l’ordre dans les communications des esprits reçues lors de séances. Cela donnera Le livre des Esprits.

Il découvre les tables tournantes en 1855, pratique venue des Etats-Unis. C’est à cette époque qu’il prend le pseudo d’Allan Kardec, nom qu’il pense correspondre à celui qu’il portait lors d’une vie antérieure, 250px-Le_Livre_des_Esprits_2alors qu’il était druide. Il converse plusieurs années avec toutes sortes d’esprits, dit-il, et en tire un enseignement. L’essentiel est écrit dans Le livre des Esprits (paru à Paris le 18 avril 1857) et Le livre des médiums (1861). Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd’hui, dans plusieurs langues. Il meurt d’un anévrisme en 1869 en laissant nombre de textes en cours d’écriture. Un sixième livre dont le titre provisoire était Les prévisions concernant le spiritisme, fut également retrouvé. Tous ces travaux inachevés furent regroupés par l’éditeur Pierre-Gaëtan Leymarie quelques années plus tard et édités sous le titre Les œuvres posthumes d’Allan Kardec.

 

Il est inhumé au Père-Lachaise, à Paris. Au-dessus de sa tombe en forme de dolmen et de son buste en bronze poli , sa devise : « Naître,tombeau-Kardec-225x300 mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ». De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme tels, Victor Hugo, Théophile Gautier, Camille Flammarion ou Conan Doyle… De nos jours, Allan Kardec est l’un des auteurs sociologiques français les plus lus au Brésil. Plus de six millions de Brésiliens se déclarent spirites et mettent en application sa doctrine dans des milliers de centres spirites. Malgré cela, ils n’ont pas vu venir Bolsonaro ! Les vues de l’Esprit sont impénétrables… Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec me dit-on.

Allez, que les esprits soient avec vous, confinez vous et à bientôt peut-être.