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Vinca pervinca…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 31 mars 2015, onzième jour de Germinal dédié à la pervenche. Le mot « pervenche » vient de la formule latine vinca pervinca, une formule « magique » crée à partir de vincere (vaincre) car la pervenche aurait des vertus pervenchemédicinales permettant de vaincre de nombreux maux (en tous cas si l’on en croit Pline l’ancien). En 1734, Rousseau, sur le chemin des Charmettes avait entrevu une pervenche, alerté en cela par celle qu’il appelait encore « maman », (Mme de Warens). Trente années plus tard, en 1764, en herborisant avec son ami Du Peyrou, il rencontre pour la seconde fois de sa vie cette petite fleur bleue. Cette simple image suffit, à le transporter des années en arrière, au temps heureux…  On retiendra de cet épisode l’importance qu’il a pu avoir dans la vie sentimentale de cet auteur. Comme d’autres auront été marqués par les roses, ou par des madeleines…(Wikipédia)

Le 31 mars 1888, mort de Jean-Marie GUYAU à Menton. Poète et philosophe libertaire. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère, Augustine Tuillerie, jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » publié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en tour de Franceréférence à Giordano Bruno. Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.

Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure »,  et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais c’est surtout à ses derniers ouvrages Esquisse d’une guyaumorale sans obligation ni sanction  (1884) et l’Irreligion de l’avenir (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ». Pierre Kropotkine  s’y réfère également dans La Morale anarchiste, allant même jusqu’à faire de Guyau le « jeune fondateur de l’éthique anarchiste », éthique qu’il définit comme « la science de la morale des sociétés ».

Voici une citation qui mérite qu’on s’y arrête un instant et qu’on y réfléchisse à deux fois avant de trimballer sa poussette à la manif pour tous: « Le jour où les religions positives auront disparu, l’esprit de curiosité cosmologique et métaphysique qui s’y était fixé et engourdi pour un temps en formules immuables sera plus vivace que jamais. Il y aura moins de foi, mais plus de libre spéculation; moins de contemplation, mais plus de raisonnements, d’inductions hardies, d’élans actifs de la pensée; le dogme religieux sera éteint mais le meilleur de la vie religieuse se sera propagé, aura augmenté en intensité et en extension. Car celui-là seul est religieux, au sens philosophique du mot, qui cherche, qui pense, qui aime la vérité » Jean-Marie Guyau, L’Irréligion de l’avenir, 1886

Allez c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Peinture et anarchisme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 30 mars 2015, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir. Le 30 mars 1892, à Paris, trois jours après l’attentat de la rue Clichy, Ravachol revient dans le restaurant de Very, 22 boulevard Magenta, où il avait eu une conversation sur l’anarchisme avec le garçon de salle Lhérot, le jour même de l’attentat. Lhérot 220px-Le_Petit_Journal_-_Arrestation_de_Ravacholfaisant maintenant le lien entre ce personnage et l’attentat, envoi son patron Véry, prévenir la police. Celle-ci arrive sur les lieux et procède à l’arrestation de Ravachol qui voyant arriver les policiers tente de s’échapper. Une lutte s’engage entre Ravachol et cinq agents de police, lesquels sont secourus par des passants venus à la rescousse. Finalement maîtrisé, Ravachol est embarqué dans un fiacre pour le quai des Orfèvres (Préfecture de Police). Durant le trajet il ne cesse ce crier : « A moi, les frères ! Vive l’anarchie ! Vive la dynamite ! ». Chacun a en tête son fameux portrait sur bois-gravé, réalisé par Maurin, torse nu entre les montants de la guillotine et que l’on voit plus bas…

Tiens justement, parlons en: Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelle justement dans la technique du portrait et de l’auto-portrait commeMaurin celui que l’on voit ici à gauche. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. Maurin met parfois la perfection deravachol son dessin au service de l’idée et cela explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a souvent raillé la présence dans cette exposition. Ou encore Maternity (1893).

 

La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée; on ne peut certes fillette poupéequ’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à gauche est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous. C’est lui qui va initier Félix Valloton à la gravure et aussi à l’anarchisme.

J’en profite pour vous faire remarquer au passage que vous lisez le 2132è billet des « cénobites tranquilles », blog d’humeur et d’humour, qui poursuit son bonhomme de chemin cahin-caha et qui vient de franchir la barre des 280 400 visites; merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur.

En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

UTOPIA…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis la concorde universelle et du calendrier des postes réunis, bonjour! Nous sommes le samedi 7 – clinamen 141 – la main de gloire – vacuation d’après le calendrier de pataphysique, soit le dimanche 29 mars 2015 d’après le 2012-11-05-003-Malofacteur et le 9è jour de germinal dédié à l’Aulne, d’après les républicains. L’aulne: pas la rivière mais l’arbre qui peuple ses berges. On dit aussi Vergne, en breton Gwern. Tiens, justement, à propos de Bretagne; dans les années 480, un 29 mars, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel a trouvé que ça ferait un peu trop marchand de moquette pour un futur saint. Pour ma part aujourd’hui, je me contente de vous répliquer ce billet lâchement et irrespectueusement pompé sur le site ampélosophisme de bistro que je vous invite régulièrement à visiter.

« Petite confidence. Jusqu’à la semaine dernière je n’avais jamais lu un petit bouquin que je connais pourtant depuis … et même peut-être encore avant ! « L’Utopie » de Thomas More. Tu n’as jamais lu le texte intégral toi non plus ? 2 Euros ! même pas le prix d’un tiers de paquet de clopes !ob_64ca56_utopie
More and more. Ah bon, tu l’avais lu ? Je me disais bien aussi, que tu devais être moins ignare que moi qui jusque là ne m’étais contenté que d’extraits ou de textes qui évoquent l’œuvre de Thomas More qui a inspiré entre autres Saint Simon,  Fourier, Marx, Proudhon ou encore Jean-Baptiste Godin (le mec au poêle). La monarchie britannique, la société anglaise du XVIème siècle, la noblesse, la justice,  la société européenne, … en prennent pour leur grade ! Pour moi j’y ai trouvé la violence des critiques d’Aristophane sans l’humour scatologique et les histoires de cul qui émaillent les comédies du poète athènien du Vème siècle AV JC.

Quelques extraits ?

a) Tirés du Livre premier.

A l’adresse du roi:

« Et de fait, nager dans les délices, se gorger de voluptés au milieu des douleurs et des gémissements d’un peuple, ce n’est pas garder un royaume, c’est garder une prison. »

A l’adresse de ceux qui gouvernent:

« Le médecin qui ne sait guérir les maladies de ses clients qu’en leur donnant des maladies plus graves, passe pour un ignare et un imbécile; avouez donc, ô vous qui ne savez gouverner qu’en enlevant aux citoyens la subsistance et les commodités de la vie, avouez que vous êtes indignes et incapables de commander à des hommes libres. »

b) Tirés du livre second qui décrit la vie dans la république d’Utopie (« Utopie » est un nom fabriqué à partir du grec « ou » et « topos » = le pays de nulle part) « L »homme sage prévient le 11874mal plutôt que d’employer des remèdes » (on est en plein dans l’épicurisme bien compris) Les utopiens ne possèdent pas d’argent. Tout appartient à tout le monde (ça me rappelle encore « L’Assemblée des Femmes » d’Aristophane) Ils sont habillés simplement et se moquent des gens qui « estiment leur habit au dessus de peur propre personne » et qui « exigent, en raison de la riche élégance de leur vêtement, des honneurs qu’ils n’oseraient espérer avec une mise simple » (L’illustration est rajoutée par mes soins)

Après avoir consacré un billet à Thomas More ici même, je me devais de relever cette info. Allez, ce sera tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Ca vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 28 mars 2015, huitième jour de Germinal, dédié à la jonquille dans le calendrier républicain, mais en réalité pour les pataphysiciens, le Vendredi 6 Clinamen 141 – St Ganymède, professionnel. Bien entendu, ce qui suit n’a rien à voir avec ce qui précède, quoique…

Puisque ce 28 mars est dédié aux jonquilles, célébrons le printemps en rendant un petit hommage à celui qui s’est autoproclamé « le père du blues ». William Christopher HANDY. Il est le créateur des célèbres Memphis blues et Saint Louis blues que l’on entend ici sur cette vidéo qui gratte comme wc handy statueun vieux bourbon. Il est décédé un 28 mars ce qui me donne l’occasion d’en dire quelques mots. Il était né dans l’Alabama, d’esclaves affranchis dit-on, et son père était pasteur. Comme beaucoup de bluesmen c’est dans l’église qu’il fit ses premiers pas de chanteur et de musicien. Copropriétaire d’une maison d’édition musicale à Memphis au début du XXè siècle, il a surtout eu l’idée de transcrire en partitions les blues qu’il entendait dans les quartiers noirs populaires et de les publier sous son nom.

Ce rôle de diffuseur n’est pas à négliger même si sa légende dépasse la réalité. En 1958, un film s’empare de sa vie et son rôle est tenu par Nat King Cole lui même. La publication en 1912 de la partition de Memphis Blues introduit son style de blues en douze mesures dans de nombreux foyers. En même temps, on le cite comme ayant inspiré l’invention du pas dewc-handy-memphis-blues danse Fox Trot par Vernon et Irene Castle, un groupe de danse de new-York. Cette chanson est également considérée par beaucoup comme la toute première chanson de blues. La ville de Memphis , berceau du blues, a immortalisé Handy en donnant son nom à un parc et en lui érigeant une statue (que l’on voit ci-dessus à gauche) en 1980 ainsi qu’en décernant chaque année les W.C. Handy awards du blues.
Bien que lui même ait très peu enregistré, ses blues sont devenus des standards. Allez, on l’ajoute sans remords à notre galerie de portraits.(Il semblerait qu’au singulier comme au pluriel, on mette toujours un « S » à remords… Je n’en suis pas sûr.) Sources: La grande encyclopédie du blues de Gérard Herzhaft.

Allez, le bonjour vous va, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

La jouvence radio-active…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le vendredi 27 mars 2015, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo. Le nom local du bouleau est également à slavicekl’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

A l’époque de Plogoff on disait: Nukleel ? Nann trugarez ! Bon mais nukleelalors…Juste un nuage ! Au début du 20ème siècle, le radium était découvert par Pierre et Marie Curie, à partir des travaux de Becquerel sur la radioactivité. Considéré d’abord comme un produit miraculeux, les industriels aussi bien que les charlatans s’en iradiaemparent rapidement et le radium se retrouve partout. Le radium est LA substance à la mode jusque dans les années 40 : vêtements, sodas, fontaines d’eau au radon, crèmes cosmétiques, médicaments et potions supposés guérir divers maux ou booster sa vie sexuelle.

Pendant des décennies, des compagnies ont commercialisé provaradiorces produits sans en être inquiétées malgré un premier scandale dès 1917 avec le procès des Radium Girls qui fabriquaient des montres à cadran lumineux en y apposant une peinture au… radium. Vient ensuite la découverte majeure de Hermann J. Muller sur la toxicité des rayons en 1927, mais c’est la mort du milliardaire américain Eben capote radio activeMacBurney Byers en 1932 suite à des prises quotidiennes de Radithor qui sonnera la fin de l’ère Ray-Cura. Rien de plus efficace qu’un bon suppositoire radioactif avant de se coucher. Il y en avait pour tous les goûts y compris pour les animaux de la ferme… Pour les plus téméraires, il y avait aussi les préservatifs radioactifs.

Ah quelle époque madame Michu… Aujourd’hui on s’enrhume quand Fessenheim éternue et on se fait un sang d’encre parce que une centrale nipponne a décidé de se volatiliser. Non décidément… C’était l’bon temps ! Allez portez vous bien et à demain peut-être.

C’est une question de tian…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la physique nucléaire et de la bourrée auvergnate réunies, bonjour! Nous sommes donc le jeudi 26 mars 2015, sixième jour de germinal dédié à la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Mais, depuis le temps que je psalmodie quotidiennement le calendrier républicain, vous 220px-Chard_with_yellow_stalksdevez le connaître par cœur. On ne peut dire la même chose du calendrier breton qui lui, contient plus de saints que de promesses non tenues rue de Solférino. C’est vous dire l’étendue des dégats… Mais revenons à la bette: très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment. Les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel, c’est vous qui voyez.

Or donc, par ici, en ce jour, il est possible de célébrer St Ergat. Vous le savez, les Vème et VIè siècles, l’Armorique vit débarquer sur ses rivages de nombreuses bandes de Bretonssaint-ergat-treouergat insulaires que les invasions saxonnes avait chassés. Sous la conduite de leurs chefs de clans, de moines ou d’évêques, ces émigrants arrivaient des diverses régions de l’île de Bretagne, principalement des provinces comprises dans la Cambrie et de celles qu’occupaient les Cornovii, peuple considérable qui a donné son nom à la Cornouaille(s). D’autres émigrations importantes, notamment celle des Corisopites, eurent pour point de départ la Bretagne du Nord. C’est à ce dernier Pays (d’après Mr de la Villemarqué) que devait appartenir Ergat ou Argad que la Paroisse de Pouldergat (29) honore comme fondateur. Fils du roi barde Loumarch, chef d’un petit État nommé l’Argoët, Ergat, selon la tradition aurait lui-même été barde.

La vie de saint Ergat n’a pas été connue des hagiographes et le souvenir de son apostolat serait depuis longtemps effacé, si le nom d’Ergat n’était resté incorporé dans celui d’un certain nombre d’églises et de chapelles que la vénération des fidèles avait placées sous son patronage. Dans le seul diocèse de Quimper, indépendamment de Pouldergat, on pourrait citer comme ayant été vraisemblablement consacrées à ce saint, 300px-Pouldergatl’ancienne trêve de Tréouergat et bien qu’elles aient changé de vocable, les paroisses de Pouegat-Moysan et de Plouégat -Guerrand. C’est au sud de la baie de Douarnenez , non loin de l’endroit où l’opinion la plus accréditée place la légendaire ville d’Is, que vinrent s’établir les exilés qui avaient suivi Ergat. Le Pays, à cette époque, ne devait compter que de rares habitants et le Plou qu’y fondèrent les bretons put se développer dans la partie méridionale d’un ancien pagus qui s’étendait à l’Est jusqu’au ruisseau du Riz, au Nord et à l’Ouest jusqu’à la mer et au Midi jusqu’à la baie d’Audierne et à la rivière de Pont-Croix. Ce vaste territoire, dans les chartes du moyen-âge, est encore dénommé Pagus-cap-Sizun. Dans ses limites se constituèrent, sous l’influence de la colonisation bretonne, onze territoires dont l’un des plus importants devait être celui de PLODERGAT.

Bon, c’est pas tout, j’ai mon tian qui gratine (il n’y a pas de contrepèterie) allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

An alarc’h…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’histoire bretonne et de la froment-beurre réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 25 mars 2015, cinquième jour de germinal dédié à la poule.

C’est le 25 ou 26 mars 1351 que se déroula en Bretagne, entre Josselin et Ploermel, le fameux « combat des trente ». La rencontre eut lieu au « chêne de Mi-Voie ». En 1317, le duc Jean III réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Le 30 avril 1341, Jean III mourut sans héritiers directs. Son demi-frère, Jean de Montfort marié à des trente 2Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Brembo, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. On verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté de se battre comme combat des trenteil lui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente,(stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’amendement Ericka…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 24 mars 2015, surlendemain d’élections et quatrième jour de germinal dédié 290px-Tulip_Tulipa_clusiana_'Lady_Jane'_Rock_Ledge_Plant_1730pxà la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend (lâle), c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…

Dans la nuit du 14 février, dans un hémicycle désert, la députée socialiste de la Réunion Ericka Bareigts a fait passer un amendement qui permet aux départements d’outre-mer de remplacer des jours chômés de la tradition nationale par des fêtes communautaires. les députés, réunis autour de la loi Macron, ont approuvé en six minutes trente ce texte. Voici ce que l’on peut lire dans l’exposé sommaire: «Cet amendement a pour objet l’adaptation du calendrier des jours fériés aux contextes culturels et historiques particuliers en Outre-mer.
Le droit français reconnaît en effet depuis plus d’un siècle unconges certain nombre de jours fériés non nécessairement chômés à l’exception du 1er mai. Pour une partie substantielle d’entre eux, ces jours fériés sont l’héritage de fêtes religieuses catholiques. Il existe un paradoxe de fait dans une République laïque à donner ainsi dans le calendrier républicain un statut légal aux seules fêtes d’une religion, bien que celle-ci ait un caractère fortement majoritaire dans la population. Ce paradoxe est renforcé dans les départements d’Outre-mer où le fait et l’histoire religieux sont parfois de nature bien différente. De plus, ces départements ont une identité forte, fruit de leur histoire, qui pourrait utilement se matérialiser autour de jours fériés spécifiques célébrant par exemple l’arrivée des premiers habitants, leur départementalisation, certaines fêtes religieuses qui y sont largement célébrées ou encore la naissance d’une personnalité historique majeure de l’Histoire du territoire.»

Si l’amendement Bareigts est par malheur voté par le Sénat et confirmé par le Conseil constitutionnel, si enfin les musulmans de La Réunion obtiennent que l’Aït el-Kébir soit chômé, pas besoin d’être devin pour imaginer la suite. Sous prétexte d’équité, on conviendra d’un jour chômé pour toutes les religions représentatives. Chacun fera pression en multipliant manifestations et sondages, à moins que l’État n’établisse un 00_Cantine athéerecensement officiel des pratiquants des différentes religions !… Pour ma part, je suis partisan de supprimer tous les jours fériés en lien avec la religion. Pour avoir 12 jours chômés, il faudrait donc ajouter des dates de commémoration basées sur les valeurs de la République. L’abolition des privilèges, la déclaration des droits de l’homme, etc.
Le communautarisme serait-il définitivement en marche ? Après les crèches casher, les cantines Hallal, les piscines à voiles et celles à moteurs, voici les EHPAD LGBT (Etablissement Hébergement Personnes Agées Dépendantes – Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels). Il ne fait aucun doute qu’à force de reniements, de petits arrangements entre amis, la morale laïque a perdu en visibilité et dès lors il convient de revenir aux sources de la République. La laïcité, rien que la laïcité mais toute la laïcité.
Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Ils ont voté et puis après…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la démocrassie et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes donc le lundi 23 mars 2015, troisième jour de Germinal qui  est en réalité le Dimanche 1er Clinamen 142
St ABLOU, PAGE et St HALDERN, DUC dans le calendrier de pataphysique et, comme disait le grand Léo: ils ont voté et puis après… Plutôt qu’un long discours, je confie ma voix à Octave Mirbeau ce génial pamphlétaire, révolté et réfractaire à toutes les idéologies aliénantes, radicalement libertaire, farouchement individualiste, irréductiblement pacifiste, résolument athée, anticlérical, antimilitariste et politiquement incorrect.

«Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après grève électeursles innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau.(1902)

C‘est en 1884, pour se remettre et se « purger » d’une passion dévastatrice pour une femme galante, Judith Vinmer,  que Mirbeau fait retraite pendant sept mois à Audierne, dans caricature Mirbeaule Finistère, et se ressource au contact des marins et paysans bretons. De retour dans la presse parisienne, il commence à écrire pour son propre compte et met sa plume au service de ses valeurs éthiques et esthétiques. Il s’engage alors dans de grands combats politiques, artistiques et littéraires qui donneront de lui l’image durable d’un justicier et d’un imprécateur.

Mais bon, j’en ai maintes fois parlé sur ce blog. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

22 mars 1968…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 22 mars 2015, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Peut-être avez vous remarqué comme moi que l’éclipse à fait pshitt et que la marée du siècle à fait plouf… Vous allez voir que les élections vont faire splash.  Tiens, à ce propos, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver en cette veille d’élections.

Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université (photo de droite). Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de la salle du 22 marsrevendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam (parmi eux, Xavier LANGLADE, j’y reviendrais), il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit, entre autres, par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment de ce qu’on allait appeler par la suite: les évènements de mai 68.

J’évoque d’autant plus volontiers Xavier Langlade (ici à gauche) que j’ai eu l’occasion de connaître ce dernier. A cette langladeépoque là nous étions très engagés dans les comités Viet-Nam et le Front de Solidarité Indochine. Il s’est fait arrêter après le caillassage des vitrines de American express, symbole de l’impérialisme Etatsunien. Voici à rue scribedroite une photo de notre arrivée rue Scribe, je pense qu’il y a prescription… Je dis cela pour le monsieur des renseignements généraux. A rennes, où je sévissais à l’époque, il était venu nous enseigner quelques techniques pour faire face aux forces de l’ordre et autres nervis de « Occident », « Ordre nouveau » ou de la C.F.T., milice patronale, qui faisait régner l’ordre à Citroën. Allez, tiens; Renaud & Evariste.

Ecoutez plutôt ce qu’en disait Daniel Bensaïd: « 25 janvier 2007, Xavier Langlade nous a quittés brutalement. Il est mort à Cuba, sur cette île qui nous fit tant rêver, presque 40 ans après le premier grand meeting parisien de la Jeunesse communiste révolutionnaire, organisé en hommage au guérillero tombé en Bolivie, un funeste jour d’octobre 1967. En 1966, sur le campus de Nanterre, il avait une solide réputation de praticien des arts martiaux et de dirigeant (avec Jacques Tarnero) d’un service d’ordre étudiant performant, chargé de face à faceprotéger le campus des descentes répétées des commandos d’Occident. Discret, un peu secret, Xavier avait le goût de la pénombre plus que des projecteurs. Comme la plupart d’entre nous, il vibrait à l’appel de la Révolution cubaine et de l’Amérique latine. Pendant plus de dix ans, nous avons souvent collaboré dans la conspiration contre l’ordre établi: le 21 juin 1973 et la dissolution de la Ligue, l’agonie de l’Espagne franquiste, amers voyages en Argentine et au Chili, où l’atmosphère s’alourdissait des préparatifs du coup d’État. À la fin des années 1970, l’histoire édentée ne nous mordait guère plus la nuque. ». J’imagine que pour les plus jeunes d’entre vous tout cela a un parfum un peu surané mais, nous avions 20 ans et étions convaincus que le vieux monde était derrière nous…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.