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Copain comme Cochon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la mécanique quantique et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 25 avril 2014, sixième jour de Aquilegia_jfgFloréal dédié à l’ancolie. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 141 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux bretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui est la St Gourloez…

Le 25 avril 1959, mort de Georges Alexandre COCHON (né le 26 mars 1879 à Chartres). Militant libertaire et secrétaire de la « Fédération des Locataires ». Le 15 février 1911, il est nommé à la tête de l’Union syndicale des locataire et part en guerre contre « Monsieur Vautour » (le propriétaire). La principale 250px-Georges-cochonactivité de ce syndicat est d’aider les locataires en difficulté à déménager « à la cloche de bois » (clandestinement), puis à investir des logements inoccupés, en faisant un raffut du tonnerre « le raffut de la Saint Polycarpe » afin d’effrayer les bourgeois. Cochon devient alors très populaire et profite de toutes les occasions pour faire connaître sa lutte en faveur des plus démunis. Des artistes comme Steinlein ou le chansonnier Charles D’Avray lui prêtent leur concours. Le 31 janvier 1912, il est lui-même expulsé de son logement, après l’avoir transformé en « Fort Cochon » ce qui provoquera une bataille rangée avec la police. Le 23 mars 1912, il investit l’Hôtel de ville de Paris, avec plusieurs familles sans-logis. Les actions directes se multiplient; les 8 et 9 avril, il tente de « réquisitionner » la caserne du Château d’eau, à Paris, pour y reloger une cinquantaine de familles. Amendes et peines de prison pleuvent sur la tête de Cochon, mais qu’importe, il ne se laisse pas intimider. A l’occasion des élections municipales de mai 1912, il cède à l’électoralisme, ce qui provoquera son exclusion du syndicat, et le coupera de ses amitiés libertaires. Il ne désarme pas pour autant et crée « la Fédération Nationale et International des Locataires » et poursuit son combat et occupe le ministère de l’Intérieur, l’église de la Madeleine, la bourse, etc.

Le 21 juillet 1913, il prend possession, avec plusieurs familles nombreuses, de l’hôtel particulier loué par le Comte de La f1.highresRochefoucauld. Hôtel, dont ils seront finalement expulsés le 28 juillet. Mobilisé en 1914, il déserte en 1917. Arrêté, il est condamné à 3 ans de travaux publics. Après guerre, il reprendra ses activités militantes, avant de se retirer. »Tous les locataires doivent s’unir pour lutter contre les privilèges des propriétaires ». Lire le livre très documenté de Patrick Kamoun : « V’là Cochon qui déménage ». A noter que Georges Cochon a publié à Paris en 1917 un journal hebdomadaire « Le Raffut » Journal d’action, Organe du syndicat des locataires, publication qu’il reprendra après-guerre entre 1921 et 1922 avec divers sous-titre dont : « Organe de combat et de défense sociale, politique, économique et financière, paraissant le samedi. »

Sacré bonhomme comme on n’en fait plus; allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Hey, Jo …

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 avril 2014, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Luis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de ch-phelan-segur-1970roi, au cœur plein de tristesse… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Tout à fait autre chose.

Joe Henderson  naît à Lima dans l’Ohio dans une famille de 15 enfants. C’est à sa famille qu’il dédiera son premier album pour les remercier « d’avoir été aussi compréhensifs et tolérants » pendant ses années de formation.  Joe accomplit deux ans (1960–1962) de service militaire : d’abord à Fort Benning, où il participe à un concours des jeunes talents militaires et remporte le premier prix et à Fort Belvoir, où il est choisi pour faire partie d’une tournée mondiale destinée à distraire les troupes. Alors qu’il se trouve à Paris, il rencontre Kenny Drew et Kenny Clarke. Il est ensuite envoyé dans le Maryland.

Après son service militaire, il s’installe à New York où il est pris en main par le trompettiste Kenny Dorham. Chaque soir, ils vont écouter Dexter Gordon jouer au Birdland au Birdland, le club mythique de la 52ème rue où le prince du ténor dirige la « jam session » tous les lundi.  Un soir, Gordon lui demande de jouer avec son groupe et c’est évidemmentJoe Henderson - Tony 4 avec joie que Joe accepte l’invitation. Joe Henderson fait un carton ce soir la et partage les applaudissements du public au même titre que Dexter Gordon lui-même. De 1963 à 1968, il enregistre en sideman sur une trentaine d’albums du mythique label Blue Note. Début des années 70, l’engouement pour le jazz commence à fléchir, les séances deviennent moins nombreuses pour la plupart des jazzmen. Joe Henderson se plonge dans l’enseignement à San José en Californie, mais est toujours fréquemment demandé dans les grands festivals internationaux.

C’est en 1985 que Blue Note décide de mettre Joe Henderson en première ligne, avec le merveilleux The State Of The Ténor-Live avec Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie, considéré par la chronique comme le meilleur album de trio avec ténor depuis le Night At The Village Vanguard de Sonny Rollins en 1957. Du be-bop au hard-bop, au jazz d’avant joe_hendersongarde, aux rythmes sud américains, au latin jazz, en passant par la soul, le jazz fusion ,le smooth et le funk, on peut certainement citer le nom de Joe Henderson comme celui d’un très grand saxophoniste ténor au service de la musique, d’un professionnel philosophe au service des artistes, comme d’un poète ou d’un écrivain au service de l’art en lui même. Si le son très personnel de Joe Henderson, entre John Coltrane, Lester Young et Dexter Gordon a discrètement bercé le jazz tout entier, aux aléas des modes de ces dernières décénnies pour finalement venir exploser au grand jour sur la fin de sa vie et juste avant l’an 2000, c’est que Joe Henderson mérite véritablement son statut du dernier des « titans ».

Joe Henderson décède le 30 juin 2001 à 64 ans d’une insuffisance cardiaque après une longue lutte. Il est enterré au Dayton National Cementery, dans l’Ohio, parmi plus de 44 000 autres vétérans de l’Armée des États-Unis. Sources: Arnaud Syllard. Allez, merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Traits portraits…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le mercredi 23 avril 2014, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907-300x192l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France…. William Shakespeare et Miguel de Cervantès sont morts le 23 avril 1616 (ou peut-être le 22, les chroniques étant imprécises à ce propos). Ne croyons pas pour autant qu’ils sont morts le même jour ! L’Angleterre, réticente aux innovations du continent, vivait encore avec le calendrier julien tandis que l’Espagne avait de longue date adopté le Grégorien. De sorte que Cervantès a devancé Shakespeare de onze jours au paradis des grands auteurs. Ces deux géants de la littérature lèguent à l’humanité des personnages plus vrais que nature. Ils ont nom Don Quichotte et Hamlet, Sancho Pança et Othello, Rossinante et Falstaff, Dulcinée et Juliette

William Shakespeare naît à Stratford-upon-Avon dans la famille d’un riche commerçant. D’après la tradition, il est baptisé le 26 avril 1564 dans l’Église de la Sainte Trinité.ShakespeareChandosportrait C’est dans la même ville qu’il finit sa vie entouré d’honneurs avant d’y être inhumé à l’âge de 52 ans (Cervantès fera éditer « Don quichotte » à l’age de 57 ans)). C’est encore à Stratford qu’il se marie à 18 ans avec une jeune femme illettrée de 8 ans son aînée, Ann Hathaway. Le couple aura trois enfants. Cinq ans plus tard, William part à Londres où il peut écrire sous la protection du comte de Southampton auquel il dédie son premier recueil de poèmes, Vénus et Adonis.

Le poète et dramaturge anglais se montre excellent connaisseur de la nature aussi bien que des hommes (il cite pas moins de 108 plantes dans Roméo et Juliette). Il fréquente les tavernes avec la même aisance que les châteaux. Ses succès théâtraux et ses qualités d’investisseur lui permettent de jouir à Stratford-upon-Avon d’un coquet patrimoine.

Shakespeare est le plus fécond de tous les artistes qui s’épanouirent à Londres, à la fin du XVIe siècle, sous le règne brillant et agité d’Elisabeth 1ère. Christopher Marlowe, qui aurait pu rivaliser avec lui, fut prématurément tué dans une taverne.

ShakespeareminiShakespeare n’en demeure pas moins très mystérieux. On ne connaît qu’un mot écrit de sa main. C’est son nom. Cette précieuse relique est conservée au British Museum. On a longtemps aussi imaginé ses traits d’après le portrait dit de Chandos, hélas réalisé après sa mort. ci-dessus à droite.

En mars 2009, le professeur Stanley Wells a authentifié le portrait dit Cobbe comme étant celui du poète, ici à gauche. Ce tableau réalisé en 1609, de son vivant, serait donc plus près de la réalité que le précédent.

 

Miguel de Cervantès

Né en 1547 à Alcalá de Henares, en Castille, Miguel de Cervantès est aussi représentatif de l’Espagne de Philippe II que Shakespeare de l’Angleterre élizabéthaine… Mais il est vraisemblable qu’il ignorait tout de son contemporain.

Fils d’un chirurgien couvert de dettes et d’une juive convertie, il se révèle un aventurier à l’image de son héros et des conquistadors qui conquirent (comme leur nom l’indique) l’Amérique et firent la gloire de l’Espagne. Après des études en Castille et en Andalousie, il est engagé à 22 ans par le cardinal Acquaviva, légat pontifical. Il l’ accompagne à Rome puis rejoint la Sainte Ligue pour participer à la bataille de Lépante contre les Ottomans. Il perd dans lacervantes2 bataille la main gauche («pour la gloire de la droite», dira-t-il plus tard), ce qui lui vaudra d’être parfois qualifié : «Manchot de Lépante» !

Mais ses ennuis ne font que commencer. Il est plus tard capturé par les Barbaresques et emmené comme esclave à Alger. Il y reste pendant 5 ans. Le 19 septembre 1580, son maître Hassan Pacha s’apprête à prendre la mer pour Constantinople lorsque son captif est racheté in extremis par les pères Trinitaires pour 500 écus.

Cervantès se marie et s’établit à Séville où il est nommé commissaire aux approvisionnements des galères du roi Philippe II qui prépare la Granda Armada en vue d’envahir l’Angleterre. Ses aventures nourrissent ses premiers ouvrages. Il fait jouer plusieurs pièces aujourd’hui perdues et publie Galatée (1585). Mais il n’est pas au bout de ses peines. Jalousies et affaires douteuses lui valent plusieurs emprisonnements.

Cervantès attend l’âge canonique de 57 ans pour publier la première partie de Don Quichotte ! C’est seulement alors que s’affirme sa maîtrise de l’écriture.

Mis en vente à 1200 exemplaires dans les boutiques de Madrid le 16 janvier 1605, le roman recueille immédiatement un immense succès. Son succès à l’étranger bénéficie du très grand prestige dont jouit alors la langue castillane dans toutes les cours européennes peu ou prou liées à la dynastie des Habsbourg.

Notons que Cervantès, l’écrivain blasé et moqueur, est contemporain du peintre d’origine crétoise Domenikos Theokopoulos (1541-1614). Surnommé El Greco (Le Grec) dans son pays d’adoption, celui-ci exprime mieux qu’aucun autre l’âme mystique religieuse de l’Espagne, au temps de la Reconquista (la croisade contre les Maures d’Espagne qui s’achève avec leur expulsion de Grenade) et de la Contre-Réforme catholique.

Voila, je trouvais cela amusant de juxtaposer ces vies de deux auteurs qui ont, chacun à leur façon, apporter tant de choses à la littérature et qui s’en sont allés, quasiment de concert, rejoindre les plaines de chasses du grand Manitou. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le phare breton…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la révoltation et de la rebellitude réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 22 avril 2014, troisième jour de Floréal dédié à la fougère.

Début avril 1809, l’armée autrichienne profitant du bourbier espagnol et poussée par l’Angleterre, décide de reprendre la lutte contre Napoléon. Elle envahit la Bavière et pénètre dans le grand-duché de Varsovie. À la tête d’une armée de 200 000 hommes, Napoléon part à la rencontre de l’armée autrichienne Davoutcommandée par l’archiduc Charles, frère de l’empereur François II d’Autriche. La bataille d’Eckmühl devait être pour Napoléon la bataille décisive qui devait précéder la prise de Vienne. Les troupes de Lefebvre et de Davout sont chargées de repousser les Autrichiens sur la route d’Eckmühl à Ratisbonne, tandis que Vandamme avance sur Eckmühl et repousse les troupes adverses vers le défilé d’Hagelstadt. Le maréchal Davout et le général Vandamme se distinguent particulièrement au cours de cette bataille. Davout est nommé prince d’Eckmühl par Napoléon peu après. Mais, nom d’un petit bonhomme, pourquoi est-ce que je vous raconte cela !

Ah, oui, ça me revient. Dernièrement, au cours d’une conversation à propos des phares qui parsèment la côte bretonne; du Créac’h à La Vieille en passant par la Jument, on me demandait ce que signifiait Eckmühl en breton… Or, en phares-de-bretagne-escalier-du-phare-deckmuehl-8ce4c49d-0b2a-408d-aa94-ff1ec83c822evérité, le fameux phare de Penmarch dans le non moins fameux pays bigouden, doit son nom à une donatrice qui n’était autre que la fille du maréchal Davout, prince d’Eckmühl, la marquise Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville qui légua par testament la somme de 300 000 francs pour la construction d’un phare. Celui-ci devrait se nommer « phare d’Eckmühl » en l’honneur de son père. La marquise voulait que ce nom de triste mémoire, car rattaché à une bataille qui fit beaucoup de morts, soit racheté par les vies sauvées grâce à un phare… Elle désirait également que ce phare soit situé sur la côte bretonne en un lieu sûr pour résister au temps. Voila donc pourquoi ce phare bigouden porte un nom bavarois alors qu’en d’autres circonstances, on l’eut nommé Larzul ou Hénaff. En attendant, libre à vous de tenter de battre le record de l’escalade des 307 marches qui mènent à la lanterne et qui est détenu par un jeune quimpérois en 47 secondes 02.

Allez, merci encore de vos visites, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

 

Les chaussettes de Rigolus…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 21 avril 2014 et, par les chaussettes de Rigolus, que les dieux m’tripotent si j’mens, nous serions le  deuxième jour de Floréal dédié au chêne. J’ai pourtant rencontré un fieffé pataphysicien qui m’a affirmé sans honte qu’en vérité nous étions le Lundi 2 Palotin 141 Fête des Écluses. Et quand je vous aurais dit que mes voisins fêtent ce jour la saint Hamon, dont la légende nous dit qu’il s’agit d’un chevalier qui revint de Palestine porteur de la lèpre et que les paroissiens laissèrent sans soins. Mal leur en pris car les pis des vaches se tarirent aussi sec (si j’ose dire), vous serez en mesure de vous faire une petite idée de la diversité calendaire de notre joyeuse humanité, poil au nez.

Il y a un siècle, le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André SOUDY, de Raymond CALLEMIN, et d’Elie MONIER , tous les trois membres de la 52190395_pbande à BONNOT. Voici ce qu’écrira plus tard Victor Méric dans Les bandits tragiques 1926:  » C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre.  » Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français ». La litho est de Steinlein.

Allez, merci d’être passé et d’avoir consacré un peu de votre temps à la lecture de ce 1798è billet, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CASSOULET BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 20 avril 2014, premier jour de Floréal dédié à la rose, et, je ne peux faire autrement qu ‘évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

 

Lionel HAMPTON, surnommé  » Hamp « , joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à ses interprétations d’une virtuosité époustouflante.  » Mon oncle travaillait avec le célèbre gangster Al Capone, qui se montrait fort bon avec les Noirs, en particulier les musiciens de jazz « . Avec de telles relations, il était normal que Lionel s’installe avec sa famille à Chicago pour tambouriner, non pas Lionel 2sur la tête d’Eliot Ness, mais sur la grosse caisse de l’orchestre d’enfants du Chicago Defender Newsboys Band qui l’accueille à partir de 1920.1930 marque une étape importante puisqu’il rencontre Louis Armstrong avec lequel il enregistre le premier solo de vibraphone jamais effectué en jazz :  » Louis a été comme un esprit descendu du ciel ! Lorsque je me produisais avec lui, j’étais au paradis « .En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie.Sa carrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big bands de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus. A partir de 1953, il part à la conquête de l’Europe et enregistre à Paris avec Mezz Mezzrow, Claude Bolling, Alix Combelle, Jean-Claude Pelletier et Guy Lafitte…

En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est atteint d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer… » Je ne peux pas décrocher…  » dit Hamp qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car  » Hamp  » aime profondément la France où Lionel 1il a d’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris.  » Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ça ne s’oublie pas « . D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent  » Cassoulet Blues  » ? Car  » Hamp  » est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés…Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme  » Hey-ba-be-re-bop « . Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car  » Hamp  » s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X :  » J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir « 

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

C’est pas parce qu’on a rien à dire…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 19 avril 2014, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir.Et bien voilà, c’est la fin de Germinal et nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre à Keramoal de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon enlicorcap rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à ceinturer le parc de leur bleu iroise. Le forsythia apporte son flamboyant jaune d’or au milieu d’une pelouse fraichement tondue et toutes les petites primevères, pensées, jonquilles et autres dont j’ignore le nom offrent au regard du visiteur une vision enchanteresse comme ces tapisseries « millefleurs » qui firent le renom des ateliers d’Aubusson. Ici, la licorne captive symbole de la pureté prisonnière du temps… Les initiés sauront y reconnaitre nombre de symboles très prisés en cette période médiévale. Autant vous le dire, je suis à la bourre ce matin et si ce n’était l’impérieuse nécessité de faire acte de présence chaque jour que fait le bon diable; j’aurai bien posté une page blanche. Allez, à charge de revanche. Portez vous bien et à demain peut-être.

Le doute m’habite…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’humour noir et du boudin blanc réunis, bonjour! En ce vendredi 18 avril 2014, 29è jour de Germinal dédié à la Myrtille, foin des anarchistes austères, des jardiniers joviaux, des notaires véreux, des universitaires distingués, des éminents docteurs, des émérites chercheurs et place à l’intelligence, l’humour, la finesse d’esprit, l’aristocratie du calembour, l’élégance du verbe, l’Annapurna de la déconnade… Bon, c’est le printemps, le soleil fait sa réapparition, je crois bien avoir aperçu une hirondelle, les urines sont claires et je voue une admiration sans borne pour le personnage dont il est question maintenant. Je mesure combien son humour nous manque en cette époque de triste austérité. Je veux parler de ce génial humoriste qui eut la très mauvaise idée de nous quitter un 18 avril. Tant pis pour lui, il se retrouve dans les colonnes des « cénobites tranquilles », le meilleur blog à l’Ouest du Couesnon…

Quand on est né à Pantin, on a forcément un destin de clown… Pierre Desproges, issu d’une famille de commerçants de Châlus, était un mauvais élève à l’école. Il passe une partie de son enfance à Luang Prabang Laos où son père enseigne le français. En 1959, il part pour vingt-huit mois en Algérie où il doit accomplir un service militaire dont il garde un souvenirDesproges exécrable. Ne sachant trop que faire pour gagner sa vie, il entreprend des études de kinésithérapie qu’il abandonne assez vite, il écrit des photo-romans qu’il confectionne avec ses amis et qui paraissent , il vend des assurances-vie qu’il rebaptise assurances-mort.Il devient ensuite journaliste à L’Aurore où il entre grâce à son amie d’enfance, la journaliste Annette Kahn. Son chef de service aux informations générales, Jacques Perrier, qui ne le supporte pas, le fait renvoyer. Il travaille alors dans le journal hippique du même groupe de presse Paris-Turf. Lorsque Perrier est à son tour licencié, Bernard Morrot qui est nommé pour le remplacer, le fait revenir à L’Aurore et lui confie une rubrique de brèves insolites à l’humour acide que Pierre Desproges appelle la « rubrique des chats écrasés ». Jugé un peu trop caustique, il évite son licenciement grâce à Françoise Sagan qui écrit une lettre au journal en affirmant qu’elle n’achète l’Aurore que pour la rubrique de Desproges. Remarqué par ses confrères de la télévision, il devient chroniqueur dans l’émission télévisée le Petit Rapporteur, sur TF1. Sa prestation dans cette émission dominicale de Jacques Martin, au côté de son complice Daniel Prévost, demeure gravée dans l’esprit des amateurs d’humour noir et de cynisme. Il participe ensuite à plusieurs émissions de radio, notamment à France-Inter. En 1978 et 1979, il anime en compagnie de Thierry Le Luron l’émission hebdomadaire les Parasites sur l’antenne.

En 1980 et 1981, il participe à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée Les étrangers sont nuls. Entre 1980 et 1983, il est le procureur du Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Ses féroces réquisitoires commencent invariablement par son célèbre : « Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri, mon amour… » pour se terminer par une sentence sans appel: « Donc, l’accusé est 5_kgc53coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi. » Il anime en 1986 une chronique quotidienne intitulée Chronique de la haine ordinaire, où il s’en prend aux sujets le faisant bouillir, à travers des coups de gueule de deux ou trois minutes environ. Il assure également entre 1982 et 1984 cent émissions, une chronique intitulée La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède qui, selon lui, divise la France en deux: « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas. ». Sur les conseils de Guy Bedos, il est également monté sur scène en 1984 et 1986. Il est mort d’un cancer le 18 avril 1988 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, juste en face de Michel Petrucciani et non loin de Frédéric Chopin. Contrairement à ce que prétend la légende, ce n’est pas lui qui a rédigé la dépêche annonçant sa mort « Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant, non ? » en référence à la phrase de conclusion rituelle sur FR3 de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, mais Jean-Louis Fournier, réalisateur de la Minute nécessaire et proche de Desproges. C’est bien vrai que l’on peut rire de tout, pas forcément avec n’importe qui mais bon…C’est pas n’importe qui qui visite ce blog n’est-ce pas ? Allez portez vous bien et à demain peut-être.

 

POETES, VOS PAPIERS…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 17 avril 2014 où, si vous préférez, le 28 de germinal, qui était généralement dédié à la pensée, la fleur. J’en aurai donc une de pensée pour un bonhomme qui nous a quitté un 17 avril justement, après avoir traversé le siècle.

Le 17 avril 1989 Eugène BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans, à Veretz là bas ils disent Verett, non loin de Vouvray. 15 ans plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets Bizeau 3vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement.Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad.Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ».

En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » : « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique , aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution Bizeau 2espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes violences.En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges. Extrait du poème : Lutter 1979 « Lutter contre le joug des maîtres de la terre Masquant leur dictature en tapageurs discours; Contre les trublions, les criminels de guerre, Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours… »                       

Et celui-ci que j’aime beaucoup:« J’ai rêvé de toute mon âme, Rêvé comme on rêve à vingt ans, Devant les beaux yeux d’une femme, À l’éternité du printemps. J’ai rêvé d’étreintes moins brèves Et d’amour jamais achevé ; Je ne sais plus où sont mes rêves…Mais je sens bien que j’ai rêvé ! » Allez, restons en là pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Boby Lapointe: le papa des poissons…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du tarot de Marseille et de la flute enchantée réunis, bonjour ! Nous voici le mercredi 16 avril 2014, 27è jour de Germinal dédié à l’Anémone… Les petites fleurs, le printemps, cela me fait à chaque fois penser à cette fameuse pochette de disque de Boby LAPOINTE, pull marin, le nez dans les pâquerettes ; dessin naïf que l’on doit à l’artiste Maurice Green.

« Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Cependant, son rêve est de voler : il Lapointeambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche.

On oublie souvent qu’en 1968, aux frontières du surréalisme et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font. Avant cela, il y eu  la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il 34199_10_photo2_gs’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier. Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos. A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté La maman des poissonsMarcelle Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino. Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas. (c’est moins loin que Caracas…) à droite cette sculpture fait référence à la chanson de Boby Lapointe, natif de la ville, « La fille du Pêcheur »  monument à sa mémoire réalisé par l’artiste Salem à Pézenas.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.