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C’est le jour de la Vertu…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunitriomphes, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 septembre 2019. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier républicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin. Voyez cette estampe – Le triomphe de la Vertu Républicaine- que l’on doit à Louis Darcis (1801) et visible au musée Carnavalet.

Tout à fait autre chose.

Or donc, après les sans-culotte place aux bigots… Par chez nous, on fête les Urfold. Vous en connaissez des Urfold, vous ? D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec (29) et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, 300px-StUrfoldLanrivoaré (29). Urfold était l’oncle de Hervé, honoré à Lanhouarneau (29). Il vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), qui s’étendait de Saint Renan à Plouvien et qui fut décimée, notamment pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. A gauche: la chapelle St-Urfold à Bourg-Blanc (29) non loin de mon ermitage. Quand au pardon (fête locale) de St Urfold, il se déroule depuis bien longtemps le lundi de la Pentecôte : ce jour-là, la chapelle est très fréquentée. On y invoque Saint Urfold pour la guérison des rhumatismes. Dans le Finistère pittoresque M. Toscer écrivait à ce sujet : « Si vous voulez jouir d’un curieux coup d’œil, allez à Bourg-Blanc le jour du pardon de Saint Urfold, qui a lieu le lundi de PentecôtPardon_St_Urfold_01e. Les pèlerins passent et repassent sous cette arcade pour implorer la protection du saint. Ce n’est pas un spectacle ordinaire que le défilé de toutes ces personnes obligées de marcher sur les mains et sur les genoux, en raison du peu de hauteur laissée par l’ouverture du monument ; on ne saurait s’en offusquer quand on voit avec quelle conviction les dévots de St Urfold accomplissent cette partie du pèlerinage. »
 
Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La légende d’Ito Noé.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté d’opinion et du gratin de courgettes réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 16 septembre 2019 et c’est la date qui correspond au 30è et dernier jour de fructidor, dédié au panier. Le panier, comme son nom l’indique (du latin panarium) est, à l’origine, une corbeille destinée à recevoir du pain.

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Itõ Noe, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Ito_Noe_2Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en liberté. Itô Noé est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Kukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».

Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi. Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’une osugi-291x300ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité. Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine. Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Itô Noé avait 28 ans. Pour en savoir plus et si joliment raconté, je vous invite à découvrir « la légende d’Itõ Noé» sur le site Antiwar song’s si celui-ci existe toujours.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Leçon d’économie…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 septembre 2019 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix ! Une flemmingite aiguë (jamais compris pourquoi on mettait le tréma sur le «e») m’ayant sournoisement rattrapé, je vous sers un billet réchauffé.

La crise expliquée à mon petit-fils.

Un homme portant cravate (c’est important) se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il l'ane-1-achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendit les bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 euros dans huit jours et il quitta le village. Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l’unité.

Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le la crise le chatremboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune. Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne traça pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement. Voyant sa note en passe d’être dégradée et prise à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes. Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.(inexcusable:je ne me souviens plus de la source.)

Quand on vous dit que l’économie c’est simple comme tout… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

100% des gagnants ont tenté leur chance…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des paradis artificiels et de la sardine à l’huile réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 (aie!) septembre 2019 qui correspond au verge-dor27 de fructidor et, c’est pas pour me vanter, mais c’est le jour de la verge d’or ! On dit que Linné, père de la terminologie binomiale latine, donna à la verge d’or le nom scientifique de Solidago (littéralement, « je rends entier », « je consolide ») en raison de sa réputation à favoriser la guérison des plaies. Considérée dans la tradition européenne comme stimulante, sudorifique, tonique, carminative, apéritive et pectorale, on a utilisé la verge d’or pour les rhumes, les affections pulmonaires, les nausées et les douleurs causées par les « vents ».

Il semblerait bien que ce soit à ce bon roi Philippe le Bel que l’on doive la légende qui entoure les vendredis 13. C’est en effet un vendredi 13jacques-de-molay-230x300 octobre de l’an de grâce 1307 que ce charmant roi, avec la silencieuse complicité de son copain Clément V, Pape, fit arrêter, emprisonner, torturer et souvent exécuter, la quasi totalité des chevaliers du temple sur l’ensemble du territoire. Le grand maître, Jacques de Molay, lors de son procès, maudit les descendants de ses bourreaux jusqu’à la treizième génération. Et depuis ce jour là, à chaque vendredi 13, selon ses propres inclinations, on se terre au fond de sa cave ou on se précipite dans une agence de la française des jeux. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont les paraskevidékatriaphobiques.

En vérité, il y a mille explications pour cette superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bieFrig1-200x300n celle de Frigga la blonde quand elle devint Margot. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’orange amère…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’entente cordiale et du couscous au poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 septembre 2019, 26è jour de fructidor dédié à la bigarade (le premier qui ditdj99_bigarade_fs_map bigarade du Tigre est à l’amende). Le bigaradier est un petit arbre de 3 à 10 mètres, épineux, à feuilles persistantes, à fleurs très odorantes, aux fruits comestibles mais amers; la fameuse orange amère chère au poète. Dédions celui-ci de poème à Jean-Yves, fidèle lecteur et néanmoins ami, qui fête aujourd’hui son anniversaire en cette bonne ville de Nantes.

https://youtu.be/EWqWLagYoM4

J‘apprends à la lecture de mon quotidien préféré, que la cote de Emmanuel 1er est en train de remonter. Étonnement et stupéfaction de ma part qui pensait que les français avaient enfin compris qu’ils s’étaient fait rouler dans la farine. Et bien pas du tout; il faut croire que la bêtise est vraiment ce qu’il y a de mieux partagé en ce bas monde. Il est vrai, comme le disait Jean-Pierre Chabrol que: « La bêtise a ceci de commun avec les maladies jean-pierre-chabrol1-238x300vénériennes, c’est qu’il est très agréable de l’attraper » c’est sans doute ce qui fait son succès. J’ai eu le bonheur de rencontrer le bonhomme dans les années 70 et j’en garde un souvenir particulièrement marquant. Cet ancien maquisard était devenu conteur, romancier (lisez « les colères des Cévennes » chez Grasset je crois) il avait même tâté du cinéma (avec Costa Gavras si j’ai bonne mémoire) le visage buriné comme les monts de Lozère qu’il aimait tant, il vous entraînait dans ses récits et vous offrait un voyage dont on revient rarement indemne. Écolo avant l’heure, éveilleur des consciences, gardien des milles et une nuits de la culture universelle, ce paysan Cévenol était à lui seul une leçon de vie. En scrutant les gesticulations des princes qui nous gouvernent, il aurait sorti de sa besace un dicton dont il avait le secret, un adage qu’il aurait attribué à quelque vieux berger de ses montagnes et aurait continuer de bourrer sa pipe comme si de rien n’était.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A chacun ses anniversaires…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la marine à voiles et des légumes à la vapeur réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 11 septembre 2019, 25è jour de Fructidor, que nos amis républicains, à court d’idées probablement, avaient dédié à l’écrevisse.

Oui je sais, le 11 septembre, les twin towers, Manhattan, Ground Zéro,etc… Mais pour moi, le 11 Septembre restera à jamais ce jour pinochet-247x300funeste où les sbires de Pinochet épaulés par les mens in black de la CIA et sous la houlette de Augustin Edwards Eastman, l’homme le plus riche du chili, ont mis un terme à l’expérience démocratique menée par Salvador Allende au Chili. C’était en 1973. La junte militaire proclame l’état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45.000 personnes suspectes de sympathies marxistes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago; aujourd’hui stade Victor Jara du nom d’un chanteur populaire qui fut torturé en public et, finalement, assassiné.

Trois mille de ces personnes disparaitront tragiquement dans les geôles militaires; beaucoup seront torturées avant d’être exécutées de diverses façons comme d’être lâchées du haut d’un avion dans l’océan ! 200.000 Chiliens se sentant menacés prennent les chemins de l’exiSilhouette_of_Salvador_Allende_speeches_04l. Ce déchaînement de violence sadique vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l’humanité à Augusto Pinochet. Voila l’histoire pour les petits nenfants qui croient encore que les garçons naissent dans les choux, les filles dans les roses et les démocraties dans les urnes. Aujourd’hui, le président brésilien Jair Bolsonaro a ouvert une nouvelle polémique en faisant l’apologie du régime Pinochet pour rejeter les critiques de Michelle Bachelet, Haute Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU et ex-présidente du Chili personnellement marquée par la dictature (son père a péri dans les geôles de Pinochet). Ce Bolsonaro est vraiment un rustre; non content d’insulter la première dame française, il soutient sans ambage l’héritage d’une dictature fasciste.

Merci d’être passé; portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

 

Faut reconnaitre, c’est du brutal !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’esprit critique et des spiritueux réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 10 septembre 2019, c’est le 24è jour de fructidor dédié au sorgho. Il y a longtemps de cela, une de mes connaissance d’origine chinoise m’a fait goûter au fameux Moutai. Le Moutai (prononcez Maotai) est un baiju, un spiritueux régional chinois. C’est un Moutaialcool confectionné à partir de sorgho. En Chine il sert lors des toasts portés à un invité de marque. Il peut titré jusqu’à 55 degrés c’est dire s’il « arrache » un tantinet… Mis à fermenter après avoir été broyé, humidifié, tassé, puis mis dans un bain d’eau, il produit cette « bière » qui va être ensuite distillée, pas moins de 7 fois en une année. Ce avant d’être enfin mise à vieillir en jarres en terre cuite enterrées pour des durées très variables de une à plusieurs années. Ensuite c’est le travail d’un assembleur (comme un masterblender de whisky) qui fera la différence en sélectionnant différentes « cuvées » pour réaliser son «blend ». C’est du fameux comme dans la célébrissime scène culte des tontons flingueurs.

Il y a un siècle, le Nord de la France connaissait des émeutes sévèrement réprimées (c’est Clemenceau, alors ministre de l’intérieur, qui fit donner la troupe). Un syndicaliste anarchiste, Benoist Broutchoux, animait une conférence au cours de laquelle il tenait des propos qui restent d’une étrange actualité. « Nous sommes affligés de consortiums de gros laitiers, de gros sucriers, de gros caféiers, du trust broutchoux comité de grèvemondial de la viande. (Ci-contre, au centre de la photo du comité de grève,) Des royautés industrielles sont établies sur les céréales, le coton, le pétrole, l’acier, les minerais divers, le caoutchouc, etc., etc. Il y a le Comité des houillères de France, le syndicat franco-allemand des cokes, le Comité des forges et aciéries, l’association internationale des maîtres de verrerie. La société textile Motte, de Roubaix, étend son exploitation jusqu’en Russie. Il y a aussi les monopoles privés de la navigation, des chemins de fer, du gaz, de l’électricité, des chûtes d’eau et les monopoles de l’Etat sur le tabac, les allumettes, etc. Au dessus de tout cela, trône le consortium des grandes banques, qui fait et défait les sociétés, lance les emprunts et organise les kraks, qui, en un mot, fait la pluie et le beau temps, suivant les caprices du Veau d’Or. » « …Il faut reconnaître que les petits commerçants ne sont pas responsables de la crise, broutchoux-droitecertains en sont victimes comme nous. Il faut voir plus loin que la place du marché et la devanture du boutiquier. [...] Les petits commerçants sont comme des tampons placés périlleusement entre les affamés et les affameurs. Regardons au-dessus d’eux, portons nos coups à la spéculation.» Benoît Broutchoux, anarcho-syndicaliste fondateur de la CGT dans le bassin minier du Nord Pas-de- Calais, défenseur avant l’heure de la libre maternité, s’illustra notamment pendant la grève qui suivit le « crime de Courrières » (un coup de grisou qui fit 1 101 morts à Courrières le 10 mars 1906). C’est lui qui va servir de modèle au personnage de Lantier dans Germinal. La vie de Broutchoux est relatée dans une excellente bande dessinée intitulée « Les aventures épatantes et véridiques de Benoît Broutchoux » (textes et dessins de Phil Casoar – textes et recherche historique de Stéphane Callens).

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le triomphe de l’anarchie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 09 septembre 2019, 23è de Fructidor, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblon dans notre calendrier républicain. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un chansonnier, poète, anarchiste qui, à l’instar d’un Gaston Couté disparaît des mémoires.

Charles d’Avray arrive à Paris, ayant terminé ses études secondaires, en 1898. Il a 18 ans, l’âge de toutes les ambitions, de tous les espoirs. Il n’est pas très chaud pour suivre les traces de son père. Ses préférences vont à la musique, à la chanson. Il compose ses premières œuvres, qu’il interprète dans des cafés-chantants. Ainsi naquirent les « Avray-Gchansons du trottoir », les « chansons des veillées ». Un jour, il rencontra le compagnon de la mère de Jeanne Humbert, libertaire militant, qui l’introduisit dans les milieux néo-malthusiens, et lui fit connaître et partager l’idéal anarchiste qui l’animait. Charles fréquenta ce milieu, riche en militants, et parmi eux Sébastien Faure, grand orateur libertaire, qui eut sur lui une grande influence et dont je parle souvent ici. A cette époque naquirent les « chansons sociales », les « chansons rouges », « les penseurs », « les fous », « les géants », « loin du rêve », etc… qu’il interprétait dans les cabarets de la Butte et du quartier Latin, où elles firent scandale. Ecoutez « les 4 barbus » chanter le triomphe de l’anarchie.

Mais surtout, et durant toute son existence, il parcourut la France dans tous les sens, organisant des tournées de conférences par la chanson où les foules se pressaient. Il n’arrêta plus jamais d’écrire, de chanter, de lutter. Charles-Henri Jean (dit d’Avray) se rallia à l’anarchisme au moment de l’affaire Dreyfus et décida d’utiliser la chanson pour diffuser tombe-Dses idées. Il en composera quatre-vingt pour dénoncer l’Etat, la religion, le militarisme, les prisons… et exalter la société libertaire. Ses conférences chantées étaient annoncées par des affiches où on lisait : « Avec le passé détruisons le présent pour devancer l’avenir. » Charles d’Avray s’est éteint le 7 novembre 1960 à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la 88e division (photo de droite). Charles d’Avray était franc-Maçon, membre du grand Orient et fréquentait la loge « Equité » à Pantin. Il figura en 1905 parmi les fondateurs de La Muse rouge, Groupe de propagande révolutionnaire par les arts, où en 1919 débutèrent Lucien Noël, qui devait devenir Noël Noël et André Isaac, le futur Pierre Dac.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Honni soit qui Malicet…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré de porc réunis, bonjour églantier-150x150! Mine de rien nous voici le Samedi 07 septembre 2019 c’est à dire le 21 de fructidor qui est, comme chacun le sait, le jour de l’églantier appelé aussi rosier des chiens; sans doute parce que ses racines étaient censé guérir de la rage. Si j’en crois le calendrier des postes, c’est la sainte Reine,  ce qui faisait dire à mon aïeule, jamais en retard d’un proverbe, : « à la sainte Reine, plante tes graines ! » Et comme disait l’ami Philippe (il se reconnaîtra) : « Bourg la reine mais Choisy-le-Roi ».

A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. En vérité, un drôle de figaro assassiné le 07 septembre 1927… François Malicet avait été arrêté et condamné à 25 francs d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret barbier-176x300de Nouzon où il avait crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune…. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière ; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin.  Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.  Sources : le dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un Navarro peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la zénitude affichée et du crabe mayo réunis, bonjour ! Cette fois ci on y est, Vendredi 06 septembre 2019, autant dire le 20 de fructidor et c’est le jour de la hotte; ne me demandez pas pourquoi. Aujourd’hui, si le coeur vous en dit, vous pouvez fêter les Onésiphore, qui 53.+_onesiphorus_apostlefut évêque de Colophon et de Cyrène. Je précise que Onésiphore c’est juste son prénom et non une moquerie visant son appendice nasal. C’était un pote à Saint Paul qui lui même était grossiste en artichauts du côté d’Ephèse avant de s’installer définitivement en Bretagne d’où la cité légumière qui lui doit son nom: Saint pol de Léon… A la saint Onésiphore, la sève s’endort répétait mon aïeule qui en connaissait un rayon. L’heure est venue de ranger les tongs et le bob Ricard et de se présenter au rapport.

https://youtu.be/uIrMwCv-xfc

Tiens, connaissez vous Benito Milla Navarro ? Militant anarchiste né un 06 septembre à Villena -Alicante). Dès juillet 1936 il intègre la colonne Durruti et collabore à sobenitomilla01n organe de presse « El Frente » puis il retourne à Barcelone comme responsable du journal des jeunesses libertaires. Réfugié en France il passe par différents camps de concentration (vous savez, France terre d’asile…) En 1949 il émigre en Uruguay à Montévidéo où il fonde plusieurs revues et une importante maison d’éditions. En 68 il se fixe au Vénézuela où là encore il édite de nombreux ouvrages. Il rentrera à Barcelone où il décèdera le 22 décembre 1987. A ne pas confondre avec Fats Navarro, trompettiste de talent, pour ne pas dire de génie, et qui illustre ce billet.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.