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Le cénobite ramène sa fraise…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de Blaise Pascal et de la panse de brebis farcie réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 30 mai 2015, onzième jour de Prairial dédié à la fraise, et, le fait de résider à proximité de Plougastel m’autorise à la ramener. Curieusement, celui qui importa ce délicieux fruit en France s’appelait Frézier… Etonnant non ? Oyez son histoire, après cela vous pourrez vous présenter à Questions pour un champion.

Esprit universel curieux de tout, Frézier préleva à Concepción (entre Valdivia et Santiago du Chili), et rapporta en France (en les arrosant quotidiennement, alors que l’eau douce était à bord de tous les voiliers en bois une denrée précieuse) cinq Amedee_frezierplants d’une nouvelle espèce de fraisier dite Blanche du Chili (la Fragaria chiloensis), à gros fruits blancs différents des fraises des bois alors connues en Europe. Le nom de Frézier est par une coïncidence extraordinaire une déformation du mot fraise : Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le simple à la fin d’un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l’anoblissant et lui donnant le nom de Fraise, qui se déforma en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que celle-ci fut revenue faire souche en Savoie. C’est donc grâce à Amédée François Frézier, mort à Brest en 1773, que vous dégustez les merveilleuses gariguettes qui ont fait le renom de Plougastel…

Et puis tiens, Comment ne pas saluer l’anniversaire de la naissance de Bakounine, ce camarade vitamine comme disait Léo Ferré… Révolutionnaire russe, véritable fondateur du mouvement anarchiste international, théoricien et homme d’action, incarnation même de l’esprit de révolte. Issue de bakouninel’aristocratie, il fait ses études à l’école militaire de St-Pétersbourg d’où il sort officier d’artillerie à 17 ans. Mais passionné par la philosophie de Hegel, il renonce à la carrière militaire et part étudier à Berlin puis à Dresde. En 1844, il est à Paris, il y rencontre Proudhon et fréquente les milieux socialistes. Il est expulsé de France en 1847 mais y revient un an plus tard pour participer à « l’ivresse révolutionnaire » de 48 Assurément, aujourd’hui, sa voix se mêlerait au concert des indignés pour fustiger tous ces valets empressés de la finance qui nous veulent à genoux…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un menhir peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature érotique et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 29 mai 2015, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 142 Stes Miches, catéchumènes fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en Menhir-de-Lehandeux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme par exemple: Menez-megalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques,  a sans doute les-dames-de-kerampeulven-195x300pu être réutilisée à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Entre ici Jean…ZAY

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la satirologie et du pain bénit-oui-oui réunis bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce jeudi 28 mai 2015, 9è jour de prairial, que nos amis fleurs serpoletrépublicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Ainsi donc voici panthéonisés quatre méritants supplémentaires. L’un d’entre eux a déjà fait l’objet de plusieurs billets sur ce blogue: Jean ZAY. Le cénobite, qui adore se faire des amis, décide de vous offrir une de ses œuvres plutôt que de rééditer l’éloge panégyrique que délivrent toutes les télés. Jean ZAY,  né le 6 août 1904 à Orléans, d’un jean Zay gauchepère lorrain et d’une mère issue d’une famille protestante orléanaise, fut un brillant élève avant de devenir journaliste au Progrès du Loiret, le quotidien radical que dirige son père et d’entamer en 1928 une carrière d’avocat. Il y traite quelques difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement au parti radical. Situé à l’aile gauche de son parti, favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment Pierre Cot ou Pierre Mendès-France. En 1932, Jean Zay, est élu député du Loiret. Juif, franc-maçon (initié à la loge Etienne Dolet), partisan de l’union des gauches et du soutien à l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à abattre. 

Le poème qui suit a été écrit en 1924 par Jean Zay. Aujourd’hui, il vaudrait à son auteur amende et prison, pour injure au drapeau français. Mais, que l’on ne se méprenne pas en cherchant ici l’écho des diatribes d’extrême droite glaviotant sur le complot judéo-maçonnique; tel Céline qui se plaisait à dénoncer en 1938 dans L’École des cadavres le « négrite juif Jean Zay » en ajoutant au terme d’un délire verbal : « Mites ! Larves ! Je vous Zay ! », au lieu de « Je vous hais ». Non, « En un temps on l’on parle de crise des « valeurs républicaines », dans le relativisme ambiant , le grand mérite civique du Drapeau de Zay est qu’il nous aide à identifier et combattre tous les porteurs de drapeaux ennemis de la France républicaine, à différencier les patriotes des antipatriotes, les antifascistes des fascistes, l’esprit de résistance de l’esprit de collaboration. Il nous permet de donner l’exemple de « l’homme qu’il sut être » : un républicain et un patriote qui sut s’engager à l’âge d’homme dans la guerre contre les fascismes totalitaires alors qu’il aimait tant la paix depuis sa jeunesse. Ce n’est pas sans vertu patriotique. » Olivier Loubes – historien.

Le drapeau 

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays,
Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?

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Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes…
Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs

Extrait de Les Respects. 6 mars 1924.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Lakaat e vonet ruz…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du tarot de Marseille et de l’escalope normande réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 27 mai 2015 c’est à dire le 170px-Lilium_martagon_(Dieppe)8ème jour de Prairial habituellement consacré au Martagon. Plus communément nommée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd’hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n’en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l’ile de Batz… A vérifier.

L’homme du jour est: François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort à Vendôme le 27 mai 1797 (8 prairial an V), est un révolutionnaire français. Il forma la « conjuration des Égaux » contre le Directoire et fut exécuté. A partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III, Le Tribun du babeufpeuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion des sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Arrêté et emprisonné à de multiple reprises, Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est à nouveau arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »).

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique.(Aujourd’hui encore il existe un groupe de réflexion à Gauche-social-libéral qui porte ce nom et est constitué en partie d’anciens haut fonctionnaires …) Babeuf défend la nécessité d’une « insurrection pacifique ». Cette impossibilité d’agir tribun du peuplelégalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux ». Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte. Le but est de continuer la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Grâce aux informations d’un indicateur, la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé et les principaux meneurs des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin .

Pour éviter que le peuple ne les libère, les Égaux sont transférés à Vendôme. Une haute cour est constituée, et le procès s’ouvre le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Babeuf, à qui on reproche l’initiative du complot, et Darthé sont condamnés à mort. En entendant sa condamnation à mort, Babeuf se frappa, dans le prétoire même, de plusieurs coups de stylet et fut porté mourant le lendemain à l’échafaud. Darthé, qui avait également tenté de se suicider, est guillotiné avec lui le 8 prairial an V. Buonarroti, Germain et cinq autres accusés sont condamnés à la guillotindéportation. Cinquante-six autres accusés, dont Jean-Baptiste-André Amar, sont acquittés. Ses enfants furent adoptés par Lepeletier et Turreau. Certains parlent d’un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme dont se rapprocherait Auguste Blanqui, revendiquant l’égalitarisme et esquissant un pré-socialisme utopique. Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur, et en la Conjuration des Égaux « le premier parti communiste ». Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste. Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».

Et bien voilà, c’était le petit rappel historique du mercredi. Ce sont ces hommes et ces femmes qui ont fait notre histoire. Qui ont fait ce que nous sommes aujourd’hui, deux siècles plus tard, à nous interroger sur l’âge de départ à la retraite, et à regarder ces gros bouffis de céréaliers plein de tunes, gavés jusqu’à plus soif de subventions européennes, occuper le haut du pavé coiffés de bonnets rouges. Pour les non-initiés, le titre du billet est une vieille expression bretonne que je tiens de mon aïeule bien sûr: lakaat e vonet ruz c’est à dire mettre son bonnet rouge ou, en d’autres termes, « piquer une colère noire ». Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Sieu, le cénobite va mieux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du soufisme éclairé et du soufflé au fromage réunis,     bonjour ! Puisque aussi bien nous sommes le mardi 26 mai avoine2015 et que ce jour était le 7è de Prairial dans le calendrier républicain, autant vous le dire tout de suite, il était dédié au fromental encore nommé, l’avoine élevée. Et quand bien même vous contesteriez ceci, ce ne serait pas une raison suffisante pour élever l’avoine. Oui, bon, d’accord…

Le calendrier des brittophones lui, consacre les Sieu ou, si vous préférez Sieg; de l’ancien Seuuoc, formé sur la racine sew, à rapprocher du gallois moderne syw, « beau, excellent ; sage ; prudent ». Ce saint est l’éponyme de Lancieux (22). La tradition locale rapporte qu’il aurait débarqué sur un rocher connu sous le nom de « Berceau de saint Sieu ». Sa statue le représente en moine, une crosse à la main. Une croix, 22_Lancieux_Plagedéplacée depuis pour cause d’érosion de la côte, rappelait l’endroit où il aurait été assassiné. C’était un disciple de saint Brieuc. C’est par la mer que, de l’embouchure du Gouët, il s’était rendu à l’estuaire du ruisseau du Lastier pour établir son monastère.A cette époque là, il suffisait de suivre les poteaux Michelin…

La veille du jour de la mort de saint Brieuc, il vit en songe celui-ci gravir les degrés d’une échelle qui touchait le ciel. Il prit en toute hâte le chemin du Champ du Rouvre et arriva pour recueillir le dernier souffle de son maître. Cette mort lui causa un profond chagrin et quand il revint à son monastère, p'tit moineen mémoire de celui qu’il ne cessait de regretter, il fit jaillir une fontaine du rocher. Cette source n’assèche jamais. Elle coule goutte à goutte, comme des larmes qui tombent. Saint Sieu avait bâti une église et, quand il mourut, ses paroissiens l’ensevelirent dans cette église ( A cette époque là, les saints étaient tous maçons; alors qu’aujourd’hui, les maçons sont loin d’être tous des saints…). Le lendemain de son inhumation on trouva le corps au bord de la mer. Il en fut de même à plusieurs reprises. Les Lancieutins comprirent alors que leur saint patron voulait qu’une église fût édifiée à l’endroit même choisi par lui pour mourir. Quand on l’eut mis dans l’église neuve, il ne la quitta plus.

Et puisque vous êtes les meilleurs lecteurs qu’un blogue n’ai jamais eu, voici pour vous une véritable pépite dénichée sous les plis de la toile (c’est joli ça), le premier disque de blues de l’histoire, gravé en 1920.

C‘est Mamie SMITH qui est la chanteuse, elle est née le 26 mai 1883 à Cincinnati, et décèdera en septembre 1946 à Harlem.Grazy Blues Très populaire dès 1914, elle est engagée par Perry Bradford qui réussi à convaincre la compagnie Okeh de l’enregistrer. Crazy blues, c’est le titre du morceau, obtient un succès considérable dès sa parution. On dit que le disque s’est vendu à 75000 exemplaires la première semaine. Par la suite, drogue et alcool venant, elle sombre dans la misère et l’oubli. Ah, la vie est dure madame Michu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cigarettes, Whisky et p’tites pépées…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la quadrature du Net et des ronds de jambe réunis, bonjour ! En ce lundi 25 mai 2015, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément mélissela tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Bon, restons dans le ton cigarettes, whisky et p’tites pépées… Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et, c’est assez rare pour le noter. Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites la note bleuedu côté de Nice sous l’incitation de Blaise Cendrars ( immense bonhomme à qui j’avais consacré un billet). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non ! Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim. La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ». Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon voilà, on va s’arrêter là, après tout aujourd’hui est un lundi non-travaillé, enfin je ne sais plus, je crois que ce n’est plus un jour férié mais durant lequel on ne travaille quand même pas sauf ceux qui bossent pour la vignette dédiée à la retraite des vieux à moins que cela soit la journée de solidarité contre la grippe aviaire… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’endehors vu de l’intérieur…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la physique quantique et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 24 mai 2015, cinquième jour de prairial dédié au canard., ceci explique cela. Avant de développer quelques considérations sur un sacré bonhomme à qui l’on doit le concept « d’endehors »; une pensée pour un grand bluesman qui nous a quitté un 24 mai, en 1963; je veux parler de Elmore James.

Le 24 mai 1864 donc, naissance de ZO D’AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD) à Paris. Pamphlétaire et propagandiste de l’anarchisme individualiste, fondateur de journaux, et écrivain. Pour échapper au joug d’une famille bourgeoise, il s’engage à 18 ans dans l’armée mais, se rendant compte de son erreur, il déserte… en compagnie de la jeune femme de son capitaine! Ce qui, de mon point de vue, méritait déjà une médaille. Il se réfugie à Bruxelles, où il endehorsdébute dans le journalisme. Après un séjour en Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l’amnistie de 1889. En mai 1891, il publie le premier numéro de l’hebdomadaire « L’Endehors » (titre qui à lui seul définit sa pensée philosophique). De nombreux anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt condamné par la justice. Après l’arrestation de Ravachol et de ses compagnons, Zo d’Axa lance une souscription pour aider les familles des détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un mois de prison à Mazas. Libéré, il est de nouveau inquiété et préfère s’exiler à Londres. Il voyage ensuite en Europe. Expulsé d’Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople.

Le 1er janvier 1893, il est arrêté en débarquant à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le ramène à Paris, où il purgera 18 mois de prison. A sa sortie, il publie le livre « De Mazas à Jérusalem », qui obtient un vif succès. En 1898, c’est l’affaire Dreyfus. Zo d’Axa publie  » la feuille » pamphlet illustré par Steinlen (dont je reproduis ci contre, un bois gravé), Luce, Willette, Hermann Paul, etc. Il y pourfend les institutions maisZo D'axa aussi les foules moutonnières. « L’honnête ouvrier n’a que ce qu’il mérite ». Son grand succès sera la présentation de l’âne nommé « Nul » aux élections et qui, recueillant les bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par « La Feuille », après une bagarre mémorable dans les rues de Paris, entre « partisans de l’âne et partisans de l’ordre » ; dernier baroud d’honneur pour Zo d’Axa. Il quitte ensuite la France, et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en passant par l’Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il choisira une mort volontaire, le 30 août 1930. Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: « Le mousquetaire Zo d’Axa 1864-1930″. Par ailleurs, vous pouvez chaque jour consulter le site d’informations alternatif: L’En Dehors
Et voilà, merci encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’Angélique, l’herbe aux anges…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des saintes écritures et de la motion B réunies, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le samedi 23 mai 2015, quatrième jour de prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). L’angélique, dite encore « herbe aux anges », doit son nom à ses prétendues vertus magiques et à l’odeur aromatique suave et musquée qu’elle répand. La légende raconte que l’ange Raphaël révéla les vertus d’une herbe miraculeuse à un ermite (sans doute un cénobite) durant une épidémie de peste. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait angelique-300x300également servir d’amulette aux adultes. Les médecins de la Renaissance la surnommaient « racine du Saint-Esprit », à cause de ses « grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies ». Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Édité en 1716, un dictionnaire botanique et pharmaceutique  qualifie l’angélique de « stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. On en avale un dragme (Le dragme était la huitième partie de l’once. Cela vient du Grec Drakma (quatre grammes et 30 centigrammes) qui a donné le nom de la monnaie Drachme dont les Grecs vont peut-être redécouvrir tout le charme…) contre la peste, qui chasse le venin par la sueur. ». Un Niçois qui mourut en angélique confite1759 à l’âge de 123 ans et trois mois (cela reste à vérifier !) attribuait sa longévité à son habitude de chiquer de la racine d’angélique en guise de tabac… Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort (on en trouve beaucoup sur les rives de la Sèvre Niortaise) et dans la plaine de la Limagne, au nord de Clermont-Ferrand. Afin de la distinguer de la redoutable ciguë, il suffit de froisser quelques feuilles : l’angélique dégage une odeur agréable, alors que la ciguë empeste.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète à souvent raison…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 mai 2015, troisième jour de Prairial dédié au trêfle. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 22 mai (1808) vit la naissance de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus de nervalémouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les bus de la honte…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la République et de la galette de Pleyben  réunies, bonjour ! Mon petit calendrier, justement républicain, m’indique que le 21 mai, deuxième jour de Prairial, est généralement dédié à 290px-Daylily_Hemerocallis_fulva_v2-150x150l’Hémérocalle. Avouez que c’est une chance, Fabre d’Églantine, l’un de ses inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non. Le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade… Quoique ! Outre le fait qu’il s’agit d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas.

Vous vous souvenez de Rosa Parks, cette citoyenne américaine qui avait refuser de céder sa place à un blanc dans ce bus de Montgomery (USA) le 1er décembre 1955 avec les conséquences que l’on sait. Soixante années se sont écoulées et, les Palestiniens de Cisjordanie se rendant chaque jour en Israël pour y travailler n’ont plus le droit, depuis mercredi, d’utiliser les mêmes autobus que les colons israéliens pour revenir chez eux. « les Palestiniens qui travaillent en Israël images.duckduckgo.comdevront, à partir de mercredi, revenir chez eux par le même point de passage sans prendre les autobus utilisés par les résidents de Judée-Samarie »(la Cisjordanie occupée), a indiqué cette responsable du ministère, qui a requis l’anonymat. Parmi les milliers de Palestiniens employés en Israël, qui passent par l’un des quatre postes de contrôle chaque jour pour se rendre sur leur lieu de travail, certains avaient l’habitude de revenir chez eux à bord de bus desservant des colonies israéliennes qui passaient à proximité de chez eux. Ce n’est plus possible : ils doivent désormais revenir par les mêmes points de passage. Une fois revenus en Cisjordanie, les Palestiniens doivent prendre des autobus palestiniens et non plus israéliens.

Selon la radio publique, le ministre de la Défense, Moshé Yaalon, à l’origine de cette décision, « tirera les leçons de cette expérience à l’issue de la période d’essai de trois mois ». La radio a précisé que le ministre estime que ces dispositions vont permettre de « mieux contrôler les Palestiniens qui sortent busd’Israël et de réduire les dangers de sécurité ». Cette mesure était réclamée par le lobby des colons de Cisjordanie occupée depuis plusieurs années. Cette règle pourrait allonger le parcours de certains Palestiniens de deux heures. Des organisation de défense des Outspandroits de l’homme promettent de l’attaquer devant la justice. « C’est une mesure honteuse et raciste qui abaisse Israël. Nous nous battrons avec toutes les armes légales possibles », promet  l’avocat de l’ONG israélienne Yesh Din. Je me souviens de la campagne de boycott des produits Outspan en provenance d’Arique du Sud dans les années 70. Et bien, puisque  l’apartheid se précise un peu plus chaque jour dans ce pays, le boycott de leurs produits doit devenir systématique. Je rappelle que le mot apartheid signifie « mise à part » en afrikaans.

Allez, merci de passer par ici, c’est ouvert à tous, portez vous bien et à demain peut-être.