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Armor Lug…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de le Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 1er août 2014, quatorzième jour de Thermidor dédié au basilic.  belle plante aromatique qui sert de base au fameux Pistou. Dans le langage des fleurs de l’Europe du 19è siècle, il exprime la haine car selon la légende la plante poussait mieux si elle était injuriée en la cultivant. Aussi, l’expression française « semer le basilic » signifie « semer la discorde ». Etonnant, non !

Et aujourd’hui, les nostalgiques peuvent commémorer la bataille de Trans-la-forêt qui mit fin à l’occupation Normande en Bretagne au tout début du dixième siècle (il y a prescription). En effet, les combats auraient débuté un 1er août qui correspondait à Lugnasad chez les Celtes. Dans l’Irlande d’autrefois, Lugnasad était le temps des chaudronGundestruprassemblements et des mariages. C’était aussi une fête agraire, un divertissement collectif avec des jeux et des compétitions (foire, audition de poètes et de musiciens, jeux, courses de chevaux,…). Elle était placée sous le signe des échanges et de l’amitié: on y venait sans arme. On lançait sur les pentes une roue enflammée qui illustrait la descente vers l’hiver; et qui terminait sa course dans une rivière, unissant ainsi le symbolisme du feu à celui de l’eau.

C’est la fête de LUG, le plus grand de tous les dieux, c’est l’équivalent celtique du Jupiter. Première fête après le solstice, Lugnasad marque les débuts de la descente vers l’Automne. Lugnasad est placé sous le signe zodiacal du Lion qui représente la culmination végétale, la plénitude du fruit. C’est 320px-Gundestrup_antlered_figurele signe de la pleine affirmation de l’individualité, de la volonté et de la conscience du « je ». Le feu fixe du Lion est l’expression d’une force maitrisée, d’une énergie lumière disciplinée, d’un feu individualisé, consacré aux puissances du Moi, de la volonté dirigée, force centrale régulatrice et irradiante de vie, de chaleur, de lumière et d’éclat. C’est un signe solaire. Cette fête correspond à la maturité de tous les fruits et c’est à ce moment là que la terre et la végétation sont à leur maximum de fructification. C’est la dernière fête de l’abondance, les dernières récoltes, la fête des moissons et sa plante symbolique est le blé que l’on consomme pour la circonstance sous diverses formes : bouillies, pains, gâteaux,etc.

Quand il (LUG) voulut participer à un grand festin donné par Nuada le roi des Tuatha, le portier pour le laisser entrer lui demanda ce qu’il savait faire « car personne ne vient sans art à Tara ». Il se présente successivement comme charpentier, forgeron, champion de lutte, harpiste, héros, poète et historien, sorcier/magicien, médecin, échanson et fondeur de bronze. Tous ces arts étaient déjà représentdieuxés par les différentes divinités convives du festin mais c’est parce que Lug, prototype de l’homme parfait, les possédait tous à lui seul, « Homme des Sciences et de tous les Arts », qu’il fut accepté.

Enfin, la fête de Lugnasad représente un point culminant dans les rapports entre le Roi et la déesse de la Terre. On se rappelle aussi au passage que s’il en faut en croire l’interprétation de J.J.Hatt du chaudron de Gundestrup, c’est à ce moment là que la Grande Déesse (de la Terre) abandonne son époux terrestre pour rejoindre Taranis le dieu céleste (roi du Ciel) (un lien avec l’Assomption chrétienne, fêtée le 15 aout ?) Tailtiu nous est présentée comme la fille de Magmor, roi d’Espagne, femme d’Eochaid, fils d’Erc, dernier roi des Fir Bolg. A la mort de son mari, elle épouse Eochaid Garb, fils de Duach Dall qui commandait dans les Tuatha. Elle était la nourrice de Lug jusqu’à ce qu’il fut capable de porter les armes.

Et voila pour le petite histoire de tonton Erwan. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cent ans déjà…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 31 juillet 2014, autant dire que c’est la fin du mois…  A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

L’assassinat de Jean Jaurès a lieu le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, au cœur de la République du Croissant, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il est atteint par deux coups de feu. L’auteur est un certain Raoul Villain jeune admirateur de Maurras et fan de l’Action Française. Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès café-du-croissantdurant toute la Première Guerre mondiale. Après cinquante-six mois de détention préventive, la guerre achevée, son procès est organisé devant la Cour d’assises de la Seine. Villain a la chance de n’être jugé qu’en 1919, à sa demande, dans un climat d’ardent patriotisme. Lors des audiences qui se déroulent du 24 au 29 mars, ses avocats, dont le grand pénaliste Henri Géraud, mettent en avant sa démence. Ils argumentent aussi sur l’acte d’un homme isolé, ce qui résultait de son interrogatoire par Célestin Hennion, le préfet de police de Paris, dans la nuit du 31 juillet 1914. Plus étonnant, parmi les témoins en sa faveur figure Marc Sangnier, venu défendre la « valeur morale » d’un ancien disciple.

Raoul Villain est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès). Le 14 mars 1919, soit quinze jours plus mobilisationtôt, le 3e conseil de guerre de Paris, juridiction militaire, condamnait à la peine de mort Émile Cottin, l’anarchiste qui avait blessé de plusieurs balles Clemenceau le 19 février précédent32. Raoul Villain s’exile alors sur l’île d’Ibiza. Peu après le début de la guerre d’Espagne en juillet 1936, l’ile tombe aux mains des franquistes, puis est reconquise par les républicains, qui la quittent rapidement. Celle-ci est alors reprise par des groupes anarchistes, mais l’île est bombardée par l’aviation franquiste et dans le chaos, le 13 septembre 1936, les anarchistes l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste, sans que l’on sache s’ils savaient qui il était. Etonnant non !
Allez, merci d’être passé par ici en plein été. Portez vous bien et à demain peut-être.

Et à part ça …

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anticléricalisme respectueux et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 30 juillet 2014 et c’est 290px-Salicornia_europaeatoujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Salicorne.  Abondantes sur nos côtes, ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d’œuvre, mon aïeule, qui avait une vision très personnelle de la gastronomie, en mettait dans l’omelette ou dans ses salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts, c’est vous qui voyez. Cela m’évoque la mer et, pour moi la mer, c’est quelque part entre Le Flimiou et la baie des trépassés en passant par Beuzec-conq, Brézellec et la roche jaune… Pour les non-initiés, cela se situe dans le Finistère Sud entre savon noirDouarnenez et la pointe du Raz. En tous cas, c’est là que nous allions « cueillir » plutôt que pêcher, les fameux pouces-pieds qui aujourd’hui ont quasiment disparus de nos assiettes sauf pour quelques espagnols chanceux et/ou roublards… Je voulais évoquer la situation à Gaza, le chaos à Tripoli, la chienlit à Bagdad, le virus Ebola en Guinée, Boko Haram, l’Ukraine, le prix de la baguette et la retraite des vieux mais, très franchement, le cœur n’y est pas. Dans ces cas là, prenez un vinyl de Buddy Guy, glissez le sur la platine, servez vous un 15 ans d’âge des Hautes terres et attendez que ça passe.

Coup de chapeau à BUDDY GUY.

Bluesman né un 30 juillet en Louisianne. Pour les plus jeunes, il est le père de la rappeuse Shawnna, très connue dans son immeuble. Dès Buddy Guyson plus jeune age il est influencé par John Lee Hooker et donne son premier concert à Bâton-Rouge avec des bluesmen locaux comme Lightin’Slim dont je vous parlerai un de ces jours. En 1957 il débarque à Chicago la ville de ses idoles. La légende veut qu’il rencontre un inconnu qui lui demande s’il veut jouer de la guitare en échange d’un whisky. Il est aussitôt engager et joue avec Otis Rush. Et puis, c’est la rencontre avec sa première source d’inspiration, B.B. KING.

Plus tard, il va enregistrer avec Ike Turner, Muddy Waters et Willie Dixon. Le véritable succès arrive au milieu des années 60 où il va enregistrer A man and the blues, this is Buddy Guy (avec Clapton) et Buddy BB Vid Shotsurtout, Stone grazy. En 65 il entame une grande tournée européenne et fera en 70 la première partie de la tournée des Stones. C’est en 1989 qu’il ouvre son propre club à Chicago, Legend. En 90, grâce à un renouveau du Blues aux Etats-Unis et en Europe, il sort un nouveau disque qui relance sa carrière. Je vous conseille Sweet Tea, du blues lancinant dans la plus pure tradition.
Il est aujourd’hui considéré comme une légende au même titre que BB King, John Lee Kooker, Muddy Waters ou Albert King.

Allez, voila pour le portrait du jour. C’était le 1800ème billet de votre blogue favori et, ça parle pas de s’arrêter ! Portez vous bien et à demain peut-être.

Pas de Panic…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anticléricalisme respectueux et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 29 juillet 2014 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Panic. Ou plutôt au Panic. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréale alors qu’ailleurs on la Panicconsidère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante pourrait constituer, selon une étude publiée en 2008, une source intéressante d’agrocarburant grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ? On apprend tous les jours quelque chose sur « les cénobites tranquilles » votre blog préféré qui reste ouvert tout l’été. L’environnement est chose sérieuse pourtant je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette pensée que l’on doit à Geluck, le dessinateur du chat: « en Amazonie on détruit chaque jour l’équivalent de 60 terrains de foot de forêt… C’est pas sérieux, y-aura jamais assez de joueurs!« 

Habituellement, après cette courte introduction, je rédige un petit billet. Et bien aujourd’hui… Non. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le début de la fin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 28 juillet 2014, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir.

Le 28 juillet 1488 marque le début de la bataille de Saint-Aubin-du- Cormier considérée par les nationalistes bretons comme le début de la fin. Après avoir été défait par les troupes royales, François II, Duc de Bretagne, doit accepter le traité du verger signé le 19 août 1488. Le st Aubinduc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient mêlés de la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans consulter le roi de France ; St Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin sont remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII puis avec Louis XII résultent de ce traité. A droite un dessin de Jeanne Malivel -1922- La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un coup d’arrêt à la révolte des princes : Louis d’Orléans, futur Louis XII, et le prince d’Orange sont capturés.

Alain d’Albret et le sire des Rieux réussissent à s’échapper et jouent par la suite un rôle important dans le conflit qui a lieu en Bretagne. En effet, malgré cette victoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre bezen perrotreprend pour encore trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Cette bataille est considérée par les nationalistes bretons comme le moment où la Bretagne perd son indépendance, malgré les trois années de campagne qui suivent ; elle est donc considérée comme un moment fort de l’histoire de la Bretagne. Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas de l’indépendance bretonne ». Des nationalistes bretons, tel Célestin LAINÉ (triste sire peu fréquentable, créateur du Bezenn Perrot, milice bretonne de collaboration) , ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille. Je hais tous les nationalismes. Excellent travail de recherche à propos de Lez-Breizh. Allez, merci d’être passé pendant les vacances; portez vous bien et à demain peut-être.

Alors, on vavacre ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition druidique et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 27 juillet 2014 qui est normalement le 9ème jour de thermidor dédié à la mûre mais, en Bretagne on aime à se distinguer et donc, c’est le jour de Ste Anne.(Bon d’pardon de ste anneaccord, c’était hier) Santez Anna ar Palud comme disait mon aïeule qui nous racontait l’histoire de celle que les bretons considèrent comme la grand-mère du petit Jésus. (A doite, un tableau d’Eugène Boudin représentant le pardon) Comme l’indique son nom, un pardon s’inscrit dans une démarche pénitentielle chrétienne : les catholiques se rendent en pélerinage soit sur la tombe du saint , soit en un lieu qui lui est dédié, en raison d’une apparition ou de la découverte miraculeuse d’une statue. Mais revenons à sainte Anne la bretonne.

«  Mariée à un seigneur méchant et jaloux qui détestait les enfants et ne voulait pas en avoir, Anne fut maltraitée et chassée une nuit par son époux, au moment où celui-ci s’aperçut de sa maternité prochaine. La pauvre femme abandonna le château de Moëllien (entre Locronan et Plonevez-Porzay) et se dirigea vers la mer où elle aperçut une lueur. C’était une barque que dirigeait un ange. Elle y monta, navigua longtemps, bien longtemps, et finalement débarqua en Judée où elle mit au monde celle qui allait devenir la Vierge Marie. » Aujourd’hui vous êtes arraisonné par la marine israélienne… Une fois encore, les évangélistes du moyen- âge réussirent un super coup de marketing en relookant l’image de Ana/Dana, la déesse mère des Tuatha dé Danann, dieux de la mythologie celtique, en une gentille grand-mère bretonne. Ça c’est du storytelling coco !

Le pardon de Sainte Anne, pour nous autres jeunes douarnenistes, faisait partie de ces rites initiatiques qui ouvraient les portes entre ste anne 2l’enfance et la jeunesse. On s’y rendait en bande en suivant le littoral entre la plage du Ris et celle de Ste Anne. C’était en quelque sorte le festival des vieilles charrues de l’époque. On couchait à même les dunes et on buvait en trois jours plus de bière et de cidre qu’un moine en six mois… C’était aussi bien souvent l’occasion de connaître ses premiers émois sous le regard complice de Mamm Goz ar vretoned (la grand’mère des bretons). Car bien évidemment c’est l’aspect profane qui déplaçait les foules, quand bien même chacun faisait mine de croire que c’était la dévotion ; y compris les parents qui nous donnaient la permission de découcher puisque c’était pour la « bonne cause ». Aujourd’hui tout cela est loin et l’évènement se limite à une sortie pour les pensionnaires des maisons de retraite…

Voici comment Laurent Tailhade décrit la scène en 1903. « Le spectacle n’est point à l’église. Les romances bêtes, la procession vulgaire (…). reste la fête véritable, la kermesse, (…), la réjouissance canaille, enfin comme il vous plaira le nom de la nommer. (…) Au milieu des tentes où graillonnent mains ragoûts pestilentiels, attablés à des tréteaux boiteux, des hommes boivent, mangent, écorchent le renard ste Anne 3avec l’aisance de Bruscambille ou de Sancho Pança. Une toute jeune fille, sous le chaperon éclatant de Pont-l’Abbé, mord à même les os de sa pitance, le menton lubrifié de graisse et d’échalote. Une odeur d’évier, de peau humaine, de spiritueux, de caporal (tabac) et de papier d’Arménie offusque l’odorat. Des ivrognes, le dos plaqué de boue, à la façon des ruminants, s’effondrent sur le chemin, dans les plaques de vase. D’autres chantent, vavacrent et se gorgent d’eau-de-vie à chaque ste anne 4reposoir, dans les cabarets de feuillage dont la verdure tient encore grâce à l’ondée inépuisable. Une tribu de romanichels, vieilles grimaçantes, jeunes hommes hautains comme des dieux, bohémiennes aux regards luisants,à la peau couleur de cuivre neuf, mioches pouilleux et superbes, tiennent le champ de foire tout entier. Les femmes exercent le métier de somnambules pour l’édification des gobe-mouches à qui sainte Anne elle-même ne suffit pas (…). D’autres exercent le bonneteau (…), opérant sans crainte, et tous les voyous du dimanche rançonnent leurs victimes dans les sites frituriers.  »

Je découvre le verbe « vavacrer », du vieux français qui signifierait: errer ça et là… C’est joli non? C’est pas du vécu ça coco, allez, portez vous bien et à demain peut-être

La renommée…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la libre expression et du p’tit maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 26 juillet 2014 huitième jour de Thermidor dédié à la Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un carthamefruit, un akène oléagineux dont les graines sont utilisées pour produire des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Les jeunes feuilles de carthame peuvent se manger crues, en salade. Ce sont les pistils qui sont utilisés en teinturerie ou comme mauvais substitut au safran.

Alors que j’hésite sur le thème de ma chronique quotidienne, me  remonte à la mémoire ce texte de Stendhal: « Pourvu qu’on ne plaisantât ni de Dieu, ni des prêtres, ni du roi, ni des gens en place, ni des artistes protégés par la cour, ni de tout ce qui est établi, pourvu peoplequ’on ne dît du bien ni de Béranger, ni des journaux de l’opposition, ni de Voltaire, ni de Rousseau, ni de tout ce qui permet un peu de franc-parler ; pourvu qu’on ne parlât jamais de politique, on pouvait raisonner librement de tout » (Stendhal). En cherchant plus loin, je trouve celui-ci de Beaumarchais: « Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement sous l’inspection de deux ou trois censeurs »

Force est de constater que l’on a rien inventé. Nos illustres ainés savaient déjà que pour la tranquillité d’esprit et les gros tirages, il est préférable de parler de tout et de rien, surtout de rien, de la pluie et du beau temps, des amours tarifées des footballeurs, du dernier lauréat de la « star’ac », et de l’ascension dantesque du col du Tourmalet… Ainsi echoun blogue qui s’entête chaque jour à vous parler de l’anarchisme, des valeurs Républicaines, des luttes ouvrières, de justice sociale et autres billevesées a peu de chance de créer le buzz sur le Net et à se retrouver dans le top 10. Voici donc bientôt cinq ans (1797 billets) que je me suis lancé dans l’aventure et que j’essaye vaille que vaille, jour après jour, avec humeur souvent, avec humour quelquefois, de parfaire une galerie de portraits de ceux qui ont lutté avant nous pour qu’aujourd’hui nous puissions continuer à espérer en des jours meilleurs. Ces rêveurs magnifiques qui ont inventé le concept de la chose publique et des droits de l’homme. Voilà pourquoi, chers lecteurs, votre fidélité m’est chère et vos commentaires toujours appréciés. Laissons à Brassens le soin de conclure:

Après c’tour d’horizon des mille et un’ recettes
Qui vous val’nt à coup sûr les honneurs des gazettes,
J’aime mieux m’en tenir à ma premièr’ façon
Et me gratter le ventre en chantant des chansons.
Si le public en veut, je les sors dare-dare,
S’il n’en veut pas je les remets dans ma guitare.
Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’,
Sur mon brin de laurier je m’endors comme un loir.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

L’herbe de Saint Jean…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du rêve éveillé et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 25 juillet de l’an de grâce 2014. Ce jour correspond au 7è de thermidor dédié à l‘armoise, plante de la famille des astéracées dite Artémisia du nom de la déesse (remarquez que je vous épargne le jeu de mots sur l’armoise normande). Les Aztèques et autres indiens des Amériques utilisaient l’armoise pour des rituels et la médecine. armoiseDepuis les époques reculées en Europe l’herbe était un remède contre la fatigue et pour protéger les voyageurs contre les mauvais esprits et les animaux sauvages. Les indiens utilisent l’armoise toujours comme de la sauge et pour la purification spirituelle, pour chasser des mauvais esprits et des énergies négatives. En Chine, des faisceaux de feuilles de Calamus avec l’armoise sont toujours utilisés comme talisman pendant le festival des bateaux dragon. Mon aïeule, que décidément rien n’arrêtait, s’en faisait une ceinture avant de nous emmener caracoler autour du feu de la St Jean. Avant l’extinction du feu il fallait y jeter la ceinture afin de se protéger de tout un tas de tourments durant l’année à venir. D’où son nom d’herbe de la st Jean.

Si l’on en croit Albert le Grand, dans ses conseils aux pélerins, il convient de s’en faire une ceinture en marchant et ensuite la faire cuire pour s’en laver les pieds. Ainsi on ne se fatigue jamais; il reprend ainsi ph-Armoise-biolandes-1229957978-300x199les conseils déjà prodigué par Pline l’ancien aux voyageurs… Ici à gauche: cueillette d’armoise au Maroc. On dit que les coureurs de marathons enduisaient les semelles de leurs sandales de suc d’armoise pour se donner « des ailes aux talons ». Et puis tiens, puisqu’on en est aux confidences, savez vous que le nom de la ville de Tchernobyl (de sinistre mémoire) ou plutôt чорнобиль (tchornobylj) en ukrainien, désigne l’armoise, en particulier l’armoise ordinaire (Artemisia vulgaris). Il vient de tchorno = noir et bylj = herbe. Ces « herbes noires » sont très communes dans les steppes, où elles finissent pas se casser et par rouler sur de longues distances. Etonnant, non !

On dit que l’armoise est utile pour l’induction de rêves lucides et du voyage astral. Fumer ou consommer de l’armoise sous forme de plante un p'tit petou en solution avant de dormir pourrait intensifier les rêves ou leur contrôle et aider à s’en souvenir. Au Mexique, l’herbe est souvent fumée comme substitut de la marijuana.
Bon, et bien tout cela m’a l’air très sympathique… A vous d’expliquer aux pandores que vous avez une ordonnance. Allez, portez vous bien et à demain peut-être

Le roi des c…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la libre expression et du p’tit maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 juillet 2014, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute Ein Bund Ackerschachtelhalmévidence, ne peut être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un compère, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec, qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait quelques unes des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

Rien n’y fait, l’eau coule sous les ponts de Paris et d’ailleurs et le petit peuple continue de s’enthousiasmer pour la royauté. Le nouveau roi d’Espagne est reçu Charlieen grande pompe dans les palais de la République par notre président; outre-Manche, la plèbe suit avec attention les premiers pas du prince petit fils de la très gracieuse de Bukingdam, le bien nommé George Alexander Louis de Cambridge.On se bouscule au bal des débutantes, Stéphane Bern est toujours vivant, et on continue à entretenir allègrement cette gent à la suffisance héréditaire et à la boursouflure aristocratique… Comme le disait le grand Georges, ici bien entouré, il ne restera que le roi des cons.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le fado du fada…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tristesse infinie et du bacalao réunis, bonjour !  Nous sommes le mercredi 23 juillet 2014, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot (1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome.

Tout à fait autre chose.
Je me souviens d’une promenade à la fraîche dans les ruelles de l’Alfama, quartier de Lisbonne, et des échos d’une musique envoutante émanant d’un cabaret. Je venais de découvrir le Fado. Les capitaines faisaient la révolution, un œillet dans le canon du fusil et le peuple portugais re-découvrait avec ivresse les joies de la démocratie.
Dès le lendemain je me mis en quête d’un disque d’Amalia Rodrigues. Elle est née un 23 juillet en 1920, dans la freguésia de Pena à Lisbonne Amalia(en France on dirait la paroisse) ce qui me donne l’occasion d’en parler ici. Surnommée la reine du fado, c’est certainement la chanteuse qui a le plus popularisé le fado dans le monde. Elle a enregistré plus de 150 disques au cours de sa carrière. Elevée de manière assez stricte (et religieuse) par sa grand-mère elle connaît une jeunesse marquée par plusieurs tentatives de suicide. Elle va épouser un guitariste mais leur union ne durera guère et quand le mari demande le divorce elle décide de se suicider devant sa porte en avalant de la mort aux rats. Elle se mariera une seconde fois avec un ingénieur brésilien. Nous sommes dans les années 60 et le régime de Salazar est florissant. Après la révolution, certains reprocherons à Amalia d’avoir été un peu trop proche de ce régime. Le dictateur avait pourtant fait interdire Abandano fado de peniche, considéré comme un hymne aux prisonniers politique de la forteresse qui portait ce nom.

Elle fut néanmoins décorée par Mario Soarès et reçut la légion d’honneur des mains de François Mitterrand. Amália Rodrigues décède le 6 octobre 1999 à l’âge de soixante-dix-neuf ans, des suites d’une maladie au cœur, quelques temps après son retour de sa maison de vacances dans l’Alentejo. Son décès plonge les Portugais dans une capitanogrande tristesse. Le président de la République portugaise de l’époque, Jorge Sampaio, décrète un deuil national de trois jours. À ses funérailles, des centaines de milliers de Lisboètes descendent dans les rues pour lui offrir un ultime hommage. Lors de ses funérailles, elle avait voulu que sa musique Grito soit chantée. Elle est enterrée au cimetière des Prazeres, à Lisbonne. Quelques heures après le décès de la chanteuse, un journaliste portugais décrit ainsi l’ambiance générale : « C’est trop de douleur pour un si petit pays ». Suite à son décès, les partis politiques décident de suspendre le dernier jour de campagne électorale pour les législatives qui se déroulent cette année là.
Il n’y a plus qu’à attendre la mort de Nolwenn Leroy  pour que F. Hollande  rajoute la Loire-Atlantique à la Bretagne…
Allez, je ne le dirai jamais assez, c’est vraiment sympa à vous de vous arrêter quelques instants sur ce modeste site, portez vous bien et à demain peut-être.