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A montmartre, le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour  Nous sommes le vendredi 31 octobre 2014, 10è jour de brumaire dédié à la charrue… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge. En voici un court portrait qui va venir s’accrocher aux cimaises de notre galerie.

Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : dès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés chansonniersconcerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers amateurs, La Bellevilloise, et fut dès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc.. Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes.

Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, particulièrement de la muse rougeceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine. En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil. En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du groupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était contrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du P.C.

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Son œuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Marguerite la vache enragéeGreyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son œuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une préface d’Henri Poulaille. Plusieurs de ces chansons avaient été publiées dans les revues Nos Chansons et La Muse Rouge (Paris, 25 fascicules de 1922 à 1934). Extrait :

PAPIERS A CUL

Un jour souffrant et tout pâle
D’une colique autoritaire,
Je me suis servi de mon livret militaire.
N’allez pas m’accuser ici
De façon trop peu délicate,
Ils usent à peu près ainsi
De leurs traités, les diplomates. » (…)

Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore sur les planches à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. A sa mort, le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 04 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources: Ephémérides anarchistes. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un homme est mort…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 30 octobre 2014. Le neuvième jour de brumaire (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à l’alisier (la plante hein, pas la tonne. Tonne à lisier, ha,ha,ha.). dormeurAujourd’hui, j’ai le cœur triste en pensant à ce jeune homme qui a trouvé la mort dans ce bois de Sivens, et la tristesse chez moi est synonyme de poésie, allez savoir pourquoi…

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons…
aurait dit Rimbaud s’il eut été correspondant de Libération dans le Tarn. La peinture à droite est l’œuvre de Nathalie Letulle reproduite sans autorisation (aie !).

Revenons un peu en arrière, nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une augmentation de salaire. Si, si, je vous jure que cela existait… Soudain, des coups de feu Mazééclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE. Photo de gauche.
A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier qui venait de terminer Afrique 5O, un brûlot dénonçant la politique coloniale, est appelé pour réaliser un documentaire sur l’événement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la 89è lui est fatale. Il ne reste pas trace du film. Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau – Lulu femme nue) ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est emprunté à un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli
Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux           Tutoyons-nous son espoir est vivant. Paul Éluard

Soixante-dix ans plus tard, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Une marée-chaussée de plus en plus militarisée, aux ordres d’un pouvoir empêtré dans ses conflits 648x415_a-demonstration-was-organized-this-weekend-to-protest-against-the-construction-of-the-dam-sivens-ind’intérêt, fait usage de moyens disproportionnés pour défendre le pré carré d’une poignée de producteurs de maïs assoiffés qui vendraient leur mère pour un verre d’eau… Oui, à nouveau, un homme est mort. Sacrifié sur l’autel du productivisme en défendant quelques arpents de bois face aux appétits féroces d’industriels agricoles qui n’ont plus de paysans que la caricature. Un homme est mort et je suis en colère. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Quatre-vingt quinze fois sur cent…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 29 octobre 2014 et en ce huitième jour de brumaire nous célébrons la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est pourtant connue depuis fort scorsonèreslongtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit pour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671. Auparavant, il s’écrivait scorzonera, emprunté à l’italien, scorzone, serpent venimeux, dont notre plante était censée être l’antidote. Une autre explication voudrait que le mot signifie « écorce noire » à cause de la couleur de la pelure, mais elle semble de moins en moins acceptée sauf par les helvètes. Et maintenant vous pouvez rejoindre la cuisine, cela se prépare comme le panais. Son goût est agréable, plus soutenu que celui des salsifis avec un léger parfum de d’artichaut. Munissez vous de gants pour l’éplucher car vous risquez d’avoir les mains noires si vous le faites à mains nues.

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Le 29 octobre 1981 voit la disparition du grand Georges Brassens. « Les cénobites tranquilles » dédie cette chanson merveilleuse à toutes ses lectrices… En leur souhaitant de faire partie des 5% bénies des dieux. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La valeur n’attend pas…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 28 octobre 2014, 7è jour de brumaire dédié à la figue… Savez vous que Platon était un grand figueamateur de figue à tel point qu’il fut surnommé philosicos, celui qui aime les figues. On dit que la figue est sans doute le plus vieux fruit cultivé par l’homme, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l’intervention de l’homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de 11 400 ans.

Voici un court portrait d’un poète et philosophe libertaire, Jean-Marie GUYAU. Il naît le 28 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » publié en 1877 sous le Bruno-Guy-Le-Tour-De-France-Par-Deux-Enfants-Livre-3774430_MLpseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno . Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.
Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « guyauMorale d’Epicure », et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais c’est surtout à ses derniers ouvrages « Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction » (1884) et «l’Irreligion de l’avenir » (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ».

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’apathéia vient en mangeant…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’apathéia* et du ris de veau aux morilles réunis, bonjour ! *C’est la tranquillité de l’âme d’après Origène. En ce lundi 27 octobre 2014, 6è jour de brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons l’Héliotrope. Alors que pour les pataphysiciens, ce 27 octobre est en réalité le Dimanche 22 Haha 142 RÉSURRECTION DE BOSSE-DE-NAGE.
Les bretonnants eux, ont coché sur leur calendrier, Milliau: Roi ou  Comte de Bretagne, à l’époque on disait Duc, aux alentours de l’an 530.

Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes ile Milliaud’Armor(22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte (Ici à gauche). Encore un qui ne devrait pas tarder à rejoindre la vallée des saints à Carnoët.

A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’États: La Domnonée au Nord de retablel’Armorique, approximativement  du Léon jusqu’à Dol en passant par le Penthièvre, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?
Ici à droite, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », quand au Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre saint pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Portez vous bien et à demain peut-être.

Histoire belge…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du zeugme sémantique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 26 octobre 2014, 5è jour de brumaire dédié à l’oie… En Belgique, ils ont enfin un humeur_929_nva-bart-de-wever-programme-2014gouvernement, cette fois, il aura suffi de 135 jours après les élections, pour permettre l’arrivée aux responsabilités à Bruxelles de la NVA de Bart de Wever, un parti qui prône la disparition à terme de la Belgique et l’indépendance de la Flandre. Nos amis belges sont de grands poètes… La preuve, pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU.  «  La poésie ne verra peut-être jamais les îles promises, mais elle demeure au sommet du grand mât la vigie passionnée. Elle connait les vagues par leur nom. L’équipage s’endort. Elle veille. « 

Ou encore:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»
Géo Norge

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète norge2-b05d2contemporain belge qui a le plus contribué à la vitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au  sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour…

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…Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait Norgebien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» Piers Tenniel. La vie et l’oeuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour ce dimanche automnal, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Route 66…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour ! Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le samedi 25 octobre 2014, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Goueznou, neuvième évêque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques (celles de Goueznou) en procession le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le ducGouesnou Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Goueznou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Coup de bol, Valls n’était pas encore à Matignon. Un jour notre bonhomme rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  « autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » Tiens, pour illustrer ce billet, un trio de vieux briscards bretons (Ewen, Delahaye, Favennec)  qui ont un peu viré Harekrishna.

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A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Goueznoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa fontainemort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle.

Bon et bien maintenant, vous savez tout… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

On n’est pas (que) des poires…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du mix-marketing et de la soupe aux choux réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 24 octobre 2014, troisième jour de Brumaire dédié à la poire. Cela me rappelle cette inimitable histoire de marketing liée au nom d’un  philiponpoire1835-534517produit: En 1977, dans l’espoir de relancer les ventes, une campagne de publicité créée par Publicis associe la forme de la Renault 14 à celle d’une poire. Cette publicité reste comme un modèle de publicité ratée qui fera chuter les ventes, au souvenir toujours présent chez les Français de plus de 40 ans. Le roi Louis Philippe (XIXème siècle) lui même avait fait l’objet de moqueries et la poire avait déjà servi de support à de nombreuses caricatures comme celle-ci.

Au cours des dernières semaines, plusieurs responsables de partis ont indiqué réfléchir à un changement de nom pour leur formation politique. Manuel Valls a proposé mercredi de « bâtir une maison commune » de « toutes les forces progressistes », et s’est dit, pourquoi pas, favorable à un changement de nom du Parti socialiste. Le Premier ministre, alors député, avait déjà porté cette idée en 2007 et en 2011, préconisant notamment d’abandonner le mot « socialisme » qu’il jugeait dépassé. Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l’UMP, veut lui la poire« chambouler » de « fond en comble » le mouvement: « Je vais changer le nom du parti… Même le micro parti de Nicolas Dupont-Aignan, «Debout la République», a annoncé dernièrement son changement de nom en «Debout la France». Marine Le Pen, quand à elle, a déclaré le 18 octobre que la question du changement de nom « mérite d’être posée ».
Il en va des partis comme des produits. Le premier signe d’identité d’un (produit) parti politique, c’est son titre, son nom. Il ne doit souffrir d’aucune ambiguïté et fixer clairement l’objet, les buts poursuivis, et le positionner par rapport aux autres (produits) partis.

Entre 1878 et 1905, les socialistes éparpillés dans des sectes, Histoire_socialiste_(Jaurès)_affichevoire des chapelles, ont multiplié les variations autour des termes “ parti ”, “ socialiste ”, “ ouvrier ” : Parti ouvrier puis Parti ouvrier français enfin Parti socialiste de France, pour les guesdistes, Parti ouvrier et socialiste révolutionnaire, Comité révolutionnaire central de Vaillant, Parti socialiste Français de Jaurès pour en arriver à la fameuse Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) et, en 1969, au Parti Socialiste (PS). Je prends donc la liberté d’adresser ce conseil d’ami (qui aime bien châtie bien) à Valls et à ses conseillers en com.

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Oui, Boileau exprime ici toute ma pensée. Dès lors que vous aurez défini une vraie politique de gauche; les mots pour la nommer vous viendront aisément… A bon électeur, salut ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Athée souhaits…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 23 octobre 2014, deuxième jour de Brumaire, dédié, qui l’eut cru, au céleri. C’est rien de le dire, encore moins de l’écrire mais, il pleut sur Brest et, il vente aussi mais, madame Michu, le fond de l’air n’est pas frais pour la saison. Non, j’exagère, à la vérité, à l’heure où j’écris ces lignes, il fait très beau. J’hésite pourtant à enfiler les bottes pour une virée champignons. Mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud et qui avait un proverbe pour chaque jour, me l’a dit maintes fois: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Allez donc écrire un billet après cet échange de banalités.

Tiens, et si je vous parlais de Pierre Sylvain Maréchal. C’était un écrivain, poète, pamphlétaire français, précurseur de l’anarchisme. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et profil Maréchaldéveloppe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Belle utopie non ?
Très vite, ses critiques du pouvoir absolu et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses œuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.

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Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Il ne prend pas parti dans le conflit entre les Girondins et les Jacobins et s’inquiète du tour pris par la Révolution. Sa rencontre avec Babeuf et sa conjuration des Égaux, va en faire l’un des précurseurs du mouvement Marechal_Sylvain_Almanach_des_honnetes_gens_01_minilibertaire et l’un des premiers anarchistes. Publiant de manière anonyme après son emprisonnement de 1788, Sylvain Maréchal échappe ainsi aux poursuites judiciaires et peut écrire jusqu’à sa mort. Sylvain Maréchal, « l’homme sans Dieu », est sans doute l’un des plus fervents partisans de l’athéisme durant la Révolution.

Bon, il faut bien le reconnaître, c’était aussi un sérieux misogyne et on lui doit un projet de loi pour interdire d’apprendre à lire aux femmes !!! Dans Fragments d’un poème moral sur Dieu (1780), il remplace le culte de Dieu par celui de projet loila vertu et la foi par la raison. Il parodie la Bible dans Livre échappé au déluge (1784) et s’attaque à la religion qu’il considère comme un instrument des gouvernements oppressifs et un moyen d’exploitation sociale et économique. Dans le journal « Révolutions de Paris » dont il est rédacteur en chef, Sylvain Maréchal conduit une virulente campagne anticléricale. Athée tolérant, il consacre la fin de sa vie au développement de l’athéisme en lui donnant ses lettres de noblesse avec le Dictionnaire des Athées anciens et modernes (1800).

Voila, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale; je ne sais pas moi… Bosser un peu par exemple ! Ah, ils sont vraiment pas drôles ces retraités. Allez, portez vous bien et à demain peut-être

Les feuilles mortes se…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 22 octobre 2014, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra !

Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance de celui qui deviendra l’un des plus célèbres musiciens du cinéma français Jozsef Kozma, né à Budapest, Hongrie, le 22 octobre 1905. Après des études à l’Opéra KosmaJoseph1National de Hongrie, il obtient une bourse qui lui permet de travailler pour l’Opéra de Berlin où il devient directeur d’orchestre. Il a ainsi l’occasion de rencontrer Berthold Brecht et de travailler avec ceux qu’il reconnaîtra comme ses maîtres, Kurt Weill et Hanns Eisler. C’est également à Berlin qu’il rencontre la concertiste Lilly Apper, bien vite devenue son épouse. En 1933, fuyant le nazisme (Kosma est d’origine juive), il s’installe à Paris et commence à travailler avec  Jacques Prévert, dont il écrira la musique de plus de quatre-vingt chansons. Parmi les plus célèbres: les Feuilles mortes (1946), immortalisée par Yves Montand, ou encore Barbara et que chantèrent aussi Les Frères Jacques (tiens, à ce propos, il pleut sur Brest). Il travaille également avec Robert Desnos La Fourmi, et Raymond Queneau Si tu t’Imagines.

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En 1949, Joseph Kosma opte pour la nationalité française.
Sa première collaboration avec le septième art se fait par l’intermédiaire de la chanson qu’interprète Florelle dans le Crime de Monsieur Lange. Dès 1936, il compose des musiques de films. Ses premières partitions illustrent les œuvres de deux des grands metteurs-en-scène de l’époque, Jean Renoir et Marcel Carné: La Grande Illusion (1937), La MarseillaKosmaPrevert1ise (1937), La Bête Humaine (1938) et La Règle du Jeu. Le compositeur fait également partie de l’équipe artistique du premier film de Marcel Carné, Jenny (1936) et le trio qu’ils formeront avec Jacques Prévert est entré à jamais dans l’histoire du cinéma avec Les Visiteurs du Soir (1942) , Les Enfants du Paradis (1945) sous le pseudonyme de Georges Mouque car, contrairement à ce que veut nous faire croire Zemmour en falsifiant l’histoire: « Loi du 02 juin 1942 – Deuxième statut des Juifs publié le 11 juin 1942.
Art. 1er- Les Juifs ne peuvent tenir un emploi artistique dans des représentations théâtrales, dans des films cinématographiques ou dans des spectacles quelconques, ou donner des concerts vocaux ou instrumentaux ou y participer…
. » La même année, Prévert et Kosma écrivent la fameuse chansons  les Feuilles mortes, qui entre dans la partition musicale des Portes de La Nuit.

Enfin, en 1951, son travail sur Juliette ou la Clé des Songes reçoit le Prix de la Meilleure Partition Musicale au Festival de Cannes. Mais Kosma continua, puisqu’il écrivit ou participa à près d’une centaine de partitions pour le cinéma. Il y avait une vie après Carné et Renoir, et Kosma la partagea avec des hommes tels que André Cayatte les Amants de Vérone, (1948), Christian-Jaque D’Homme à Hommes (1948), Georges Lampin Le Paradis des Pilotes Perdus (1948), Raymond Bernard le Jugement de Dieu (1949), Georges Franju le Sang des Bêtes (documentaire de 1949), Julien Duvivier Black Jack (1950). Des films que l’on Kosmapourrait, pour la plupart, qualifier d’humanistes …
Curieusement, la Nouvelle Vague ignora ce musicien, dont les participations aux musiques de film dans les années soixante, se limite à des œuvres de second ordre, si l’on excepte Le Caporal Épinglé de Renoir. Nombreuses sont les vedettes de la chanson qui doivent une part de leur gloire à Kosma. Montand bien sur,  mais également Juliette Gréco, les Enfants qui s’aiment, Cora Vaucaire, l’enterrement d’une feuille morte, les Frères Jacques Inventaire et la fête continue, Mouloudji les bruits de la Nuit… Joseph Kosma est décédé à La-Roche Guyon, le 7 août 1969. Qui n’a pas une de ses musiques en tête ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.