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Passant par Plestin-les-Grèves…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 avril 2021, trentième et dernier jour de Germinal. Nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre au jardin de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à étaler leur bleu iroise.

Or donc, profitons en pour fêter comme il se doit les Yestin.  Évolution du vieux breton Iostin, emprunté au latin Justinus, dérivé de Justus, « juste ; intègre », dont procède le français Justin. D’origine insulaire, il aurait installé son ermitage non loin de la Lieue de Grève, près de la-croixPlestin-les-Grèves (22). Entre Finistère et Côtes-d’Armor, admirez Saint-Michel en grèves et sa jolie baie. Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre, la croix de la lieue de grève ( photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte. On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ».

Mais revenons à notre Jestin. Parti en pèlerinage à Rome, il trouve sa cellule squattée à son retour par Eflamm qui voulut la lui rendre. Iostin s’y opposa, et les deux saints anachorètes vécurent ensemble à partir de ce moment.  Et voila comment d’anachorètes on devient cénobites… Iostyn serait, nous disent les annales, le fils de Geraint, roi de Domnonée, et le descendant de Constantin. Il est l’éponyme de Plestin-les-Grèves (22). Dans la statuaire bretonne il est figuré en ermite, bourdon-collec-300x300portant un bourdon à tête de chien dans la main droite. Le bourdon est ce bâton fidèle ami des pèlerins et/ou des compagnons. Voici comment, en Lozère, on décrivait sa préparation: « Cueillez le lendemain de la Toussaint une forte branche de sureau que vous aurez soin de ferrer par le bas ; ôtez-en la moelle ; mettez à la place les yeux d’un jeune loup, la langue et le cœur d’un chien, trois lézards verts et trois cœurs d’hirondelle, le tout réduit en poudre par la chaleur du soleil entre deux papiers saupoudrés de salpêtre. Placez par-dessus, dans le cœur du bâton sept feuilles de verveine cueillies la veille de la Saint Jean Baptiste ; puis une pierre de diverses couleurs qui se trouve dans le nid de la huppe ; bouchez ensuite le bout du bâton avec un pommeau de votre fantaisie et soyez assuré que ce bâton vous garantira des brigands, des chiens enragés, des animaux venimeux ou féroces et vous procurera la bienveillance de ceux qui vous logeront ».

Et voila comment en partant de Plestin-les-grèves on arrive à St-Jacques-de-Compostelle. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une pensée pour un poète…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 avril 2021. Le 28è jour de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). Dans la mythologie, la nymphe Io (bien connue des cruciverbistes) fut aimée de pensées-150x150Jupiter; mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement, comme une confinée dans son douze mètres carrés, lorsqu’elle vit sortir de terre (oui, elle avait quelques pots sur le balcon) de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas mignon ça, madame Michu ?

Le 17 avril 1989 Eugène Bizeau, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans. 15 ans Bizeau-D-plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète lui aussi et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement. Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad. Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ».

 

En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » :Bizeau-G- « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique, aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges.

Allez, haut les cœurs les amis, comme dit la Bolduc: ça va v’nir pi ça va v’nir vous découragez donc pas ! Et à bientôt peut-être.

La sirène de Pézenas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du grand Nord et du p’tit salé réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 Avril 2021, 27è jour de Germinal dédié à l’anémone.

Ah, les petites fleurs, le printemps, cela me fait à chaque fois penser à cette fameuse pochette de disque de Boby Lapointe, pull marin, le nez dans les pâquerettes ; dessin naïf que l’on doit à l’artiste Maurice Green. « Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques Boby-1camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Cependant, son rêve est de voler : il ambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche.

On oublie injustement qu’en 1968, aux frontières du surréalisme et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font. Avant cela, il y eu la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il s’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait sirène-de-lapointe-207x300utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier. Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos. A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté – La maman des poissons – Marcelle – Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino. Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas (c’est moins loin que Caracas…). A droite cette sculpture fait référence à la chanson de Boby Lapointe, natif de la ville, « La fille du Pêcheur » monument à sa mémoire réalisé par l’artiste Salem à Pézenas.

Allez, ça sent la fin de semaine, d’habitude, dans une vie normale par ici, on prépare la « Tro bro Léon » le Paris-Roubaix Breton, et, il y a du monde dans les ribinous (petits chemins) du coin, l’aber-Ildut est tout ému, l’aber-Benoist est en émoi, l’aber-Wrac’h est en vrac et l’aber Bichel a berdu son chat. Cette année, rien de tout cela. Allez, déconfinez vous, faites les fous et à bientôt peut-être.

Toute la musique que j’aime…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 avril 2021, 26è jour de Germinal dédié au lilas SANT-PATERN-3-NB-200x300et jour de la Saint Patern. Patern austère en ce qui me concerne car, on sait peu de choses du personnage si ce n’est qu’il fut (sans doute) le premier évêque de Vannes et qu’il fait partie des sept saints fondateurs de Bretagne. C’est grâce à l’auteur de la Vita Paterni, que de nombreux points d’ombres s’éclaircissent. Patern ou Padern, fils de Petran et  Guean, est un gallo-romain qui aurait immigré de Grande-Bretagne, plus exactement du Pays de Galles, au cours de la seconde vague de l’émigration bretonne en Armorique. Inutile de préciser qu’il trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Si vous aimez le blues, vous ne pouvez pas ne pas aimer Bessie SMITH. Bessie Smith est née le 15 avril 1894 à Chattanooga dans le Tennessee, elle est morte en 1937, elle fut surnommée « l’impératrice du blues ». Bessie-SmithÉlevée par une famille d’une pauvreté extrême, elle commença très tôt à gagner sa vie en chantant dans les rues de Chattanooga avec son frère Andrew. Devenue une jeune femme, elle rejoint le spectacle ambulant de William et Gertrude Rainey, connus sous le nom de « Ma and Pa ». Le soir du 26 septembre 1937, Bessie Smith est tuée dans un accident d’automobile en traversant Clarksdale dans le Mississippi avec son ami Richard Morgan (oncle du musicien de jazz Lionel Hampton). Bessie Smith a eu une influence musicale importante sur des chanteuses comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Dinah Washington, Nina Simone, Janis Joplin et Norah Jones. Sa voix puissante et son style de chant sont une contribution importante à l’histoire de la musique populaire.

Hé oui, toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du Blues… Allez, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Un F.H.A.R. dans la nuit…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la basse-Bretagne et de la haute voltige réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 14 avril 2021, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Ce qui, bien entendu, n’a rien à voir avec ce qui suit. Simplement, le 14 avril est la date anniversaire de la disparition d’un bonhomme qui mérite bien de faire partie de notre galerie de portraits; Daniel Guérin, militant infatigable et qui ne s’est jamais trompé de combat.

Il est né le 19 mai 1904, à Paris. Militant libertaire et homosexuel, historien et écrivain. Issu de la bourgeoisie (son père était un riche collectionneur d’art) il devient socialiste révolutionnaire, et anticolonialiste à la suite de séjours en Syrie et en Indochine en 1930. Daniel-Guerin-1-300x210Exclu de la SFIO, on le disait proche de Trotsky avec qui il correspondait, il va d’ailleurs créer ce qui deviendra plus tard Lutte Ouvrière (vous vous souvenez: Arlette). En 1933, il voyage dans l’Allemagne nazie dont il tirera le livre « Fascisme et grand capital ». Durant le front populaire, il est un membre actif des occupations d’usines, et aussi co-fondateur des Auberges de jeunesse. En 1937, il dénonce les agissements des staliniens en Espagne. Envoyé à Oslo pour créer un secrétariat international contre la guerre, il est arrêté en avril 40 par l’armée allemande et interné civil jusqu’en 1942. Aux U.S.A en 1946, il prend part aux luttes des ouvriers et des noirs, avant d’être expulsé en 1949.

L‘écrasement des conseils ouvriers hongrois en 1956 confirme son orientation libertaire. En 1960, il signe « l’appel des 121″ pour le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. Il est inculpé. Il soutient ensuiteguerin-2-300x278 l’indépendance algérienne. Il prend part aux événements de mai 68 puis crée, avec Georges Fontenis, en 1969, le Mouvement Communiste Libertaire, avant de rejoindre l’U.T.C.L en 1980. Puis il participera aux actions des antimilitaristes, et militera également au F.H.A.R (Front homosexuel d’Action Révolutionnaire). Historien, il est l’auteur de « Ni Dieu, ni Maître, anthologie du mouvement libertaire » (1965), mais aussi de plusieurs essais traitant de politique ou de sexualité. Il meurt le 14 avril 1988. C’est ce que l’on appelle une ligne de conduite.

Allez, merci d’être passé par ici, déconfinez vous vivement et à bientôt peut-être.

C’est pas des salades…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour !  Nous sommes le Mardi 13 avril 2021, 24è jour de Germinal, et, c’est pas des salades, roquettec’est le jour de la roquette qui est une plante annuelle de la famille des Brassicacées, à fleurs blanches ou jaunâtres veinées de brun ou de violet; ses feuilles ressemblent à celles des radis et des navets, botaniquement très proches, et ont une saveur piquante et poivrée. Le calendrier du facteur nous suggère de fêter les Ida (bonne fête Ida, fidèle lectrice.) qui fut, chacun le sait, la maman de Godefroi de Bouillon…

Le 13 avril 1949 voit la disparition d’une grande figure de l’anarchisme, Marie-Louise Berneri, militante et propagandiste anarchiste. Fille aînée marie-louisedu militant et penseur anarchiste italien Camillo Berneri, elle est née le 1er mars à Arezzo (Toscane). Suite aux persécutions de son père par la police fasciste, la famille émigre en France en 1926, où Marie-Louise va faire ses études en psychologie infantile à la Sorbonne. Elle commence à militer avec des anarchistes français à la même époque. En avril 1936, elle part s’installer à Londres. Elle retourne ensuite en France, avant d’aller rendre visite à son père en Espagne. Elle retournera à Barcelone pour assister aux funérailles de celui-ci, assassiné en mai 1937.

En 1945, les autorités anglaises désirant mettre un terme à ces « activités séditieuses » (antimilitaristes) intentent un procès à Marie-Louise, Vernon Richards, Philip Sansom et John Hewetson, mais alors que ses compagnons sont condamnés à 9 mois de prison, elle est Berneri-G-acquittée (grâce un article de la loi anglaise qui dit qu’une femme ne peut conspirer avec son mari (sic). Son action ne se limite d’ailleurs pas à la stricte propagande militante; passionnée par la psychologie, elle popularisera en Angleterre les ouvrages de Wilhelm Reich, et s’intéressera avec son compagnon à la photographie. Après sa mort, se constituera un Comité en sa mémoire, lequel éditera ses ouvrages posthumes: « A tribute » (1949), » Journey through Utopia  » (Voyage à travers l’Utopie) 1950, « Neither East nor West »(1952) anthologie de ses articles de 1939 à 1948. A noter également que son nom sera donné, de 1951 à 1957, à une Colonie libertaire d’enfants (Colonia Maria Luisa Berneri), créée par sa mère Giovanna et Cesare Zaccaria, à Piano di Sorrento (Italie).

« Nous ne bâtissons pas notre mouvement sur d’obscures idées. Peut-être que nous devrions produire moins d’idées, mais nous devrions être capables de les comprendre complètement et de les expliquer aux autres à tout moment. » j’en connais qui devraient s’en inspirer.

Allez, voila pour aujourd’hui, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

T’es Rock coco…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des Penn-Sardinn et du thé au jasmin réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 avril 2021, 23è jour de Germinal dédié au marronnier. Le Penn-sardinn désigne l’habitant de Douarnenez (29) tandis que la penn-sardinn désigne la coiffe que portaient les belles douarnenistes.

Tiens, à propos de Douarnenez. Je me souviens que dans les années 60, sur le jukebox de «chez Marie-rose», sur le port du Rosmeur, il y avait surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA: Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose…Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955.

le port DZ

Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tente d’implanter le rock face à la variété. Nous on écoutait « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passait Georges Perros à peine débarqué de son invraisemblable moto et on se rapprochait de lui comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait à cinq mètres de là, chez « Micheline ». Hier soir, sur la chaine finistérienne Tébéo, je regardais une émission consacrée à l’ami Yann Kersalé qui évoquait avec nostalgie ces moments bénis où notre jeunesse s’efforçait d’imaginer un autre Monde entre bar et banquette.

Allez, déconfinez vous avant qu’il ne soit trop tard. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tampa RED: The guitar wizard…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 10 Avril 2021, 21è jour de Germinal dédié au gainier, encore nommé arbre de Judée.

Hudson Woodbridge est né au début du siècle dernier (probablement en 1904) à Smithsville, Géorgie. Mais orphelin très tôt il sera élevé partampa-red.jpe tampa redla famille de sa grand-mère, Mme Whittaker, dont il adoptera le patronyme, et qui vit dans les faubourgs de Tampa, en Floride. Très tôt il apprend la guitare et accompagne sur scène un ami de la famille. À l’adolescence, il devient musicien itinérant et parcourt le Sud des États-Unis à vélo. En 1922, déjà affublé du surnom de « Tampa Red », il arrive à Chicago. Sa carrière débute véritablement lorsqu’il s’associe avec le pianiste Georgia Tom Dorsey. Ils enregistrent ensemble, pour la première fois, en mai 1928, des pièces essentiellement tirées du music-hall.

 

Le blues devenant à la mode à Chicago, « Tampa Red » décide de s’y mettre lui aussi. Au début des années 30, il se marie et sa femme décide de prendre en mains sa carrière. En 1934 elle négocie pour lui un contrat avec le célèbre producteur Lester Melrose qui lui permettra d’enregistrer ses disques sous le grand label blues Bluebird. C’est pour RED-disque-300x300cette maison de disques qu’il enregistrera ses plus grands titres, toujours accompagné d’un pianiste. Dans les années 40 il ouvre sa formation à des saxophones ainsi qu’à un bassiste, une batterie ou encore un joueur d’harmonica, comme Sonny Boy Williamson ou Big Walter Horton. C’est à cette époque qu’il deviendra une des références du Chicago blues électrique et qu’il enregistrera avec Elmore James lorsque celui-ci se trouve à Chicago. Malheureusement sa femme décède en 1956 et « Tampa Red » ne s’en remet pas. Il sombre dans la démence et doit être interné. Il parviendra cependant à encore enregistrer deux albums au début des années 60 pour le label Bluesville : Don’t Tampa with the Blues et Don’t Jive Me. Il disparaît ensuite de la circulation et meurt dans un relatif oubli en 1981. Surnommé the « guitar wizard » (le sorcier de la guitare), Tampa Red a certainement été un des plus grands guitaristes slide du blues des années 30 et 40.

Allez, passez un bon dimanche, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est nous les Canuts…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la vertu outragée et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 avril 2021, vingtième jour de Germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1834, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 09 avril, révolte canutsmet le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela métier à tisserpour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisée avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger !

Allez, (dé)confinez vous, faites les fous, et à bientôt peut-être.

Ah, si seulement !

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 08 avril 2021, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Mardi 17 Clinamen 148 St Hiéronymus Bosch, démonarque.

Si j’évoque l’uchronie, quoique ce mot, cher au philosophe Charles Renouvier, soit tombé en désuétude et même disparu des dictionnaires, c’est sous l’inspiration de ce qu’il est convenu d’appeler « la crise». Car en effet, si le nez de Cléopâtre… Et vous connaissez la suite, c’est un Cléopatrerésumé de l’Uchronie. Il s’agit d’une forme littéraire permettant de présenter l’histoire telle qu’elle n’a pas été mais telle qu’elle aurait pu être. C‘est ainsi que me suis imaginé que les français, en 2017, avaient voté avec leur tête et non pas leurs pieds. Ce jour là ils auraient choisi l’humanisme, la justice sociale, l’équité, la solidarité, la fin de la république des copains, des coquins, des potes de leur promo à l’ENA, des prébendes, des passe-droits, des cumulards. Ce jour là, le peuple souverain aurait délégué ses pouvoirs à des représentants qui étaient tenu d’en faire bon usage sous peine d’être débarqués séance tenante. Ils se seraient en effet engagés à privilégier le mieux être des citoyens au détriment des marchés, des banksters, des actionnaires et des oligarchies régnantes.

Ce jour là, des hommes et des femmes conscients de leur responsabilité et soucieux du mandat impérieux que leur avait donné le peuple, décidèrent que l’alternative existait et, appliquant rigoureusement le Talion républicain, ils ont tranché la main invisible du marché qui poursuivait sa sinistre besogne dans la culotte des zouaves. Tous les millionardaires qui s’étaient déguisés en migrants nécessiteux et réfugiés au Luxembourg pour échapper à la vindicte populaire furent conduit au camp Uchronies-223x300de rééducation de Kergrist-Moëlou où ils devaient compter, à la main, les milliards récupérés dans les paradis fiscaux pour financer la politique de rénovation hospitalière décrétée par l’assemblée. Le congrès réuni à Versailles adopta le changement de constitution et la sixième République proclama que: l’éducation, l’eau, la santé, l’énergie étaient des biens inaliénables qui à aucun moment ne pourraient se retrouver dans le domaine marchand. Quelques mois plus tard, devant le succès rencontré, les grecs, les espagnols, les portugais et les italiens suivirent le même chemin. Au début de l’année 2018, presque tous les États avaient rejoint la fédération des peuples européens et adoptés une législation unique en matière sociale et économique. Au mois de Juin, de Brest à Athènes, de Lisbonne à Hambourg, l’ancienne fête de la musique fut transformée en Fiesta Utopia. Une amnistie générale fut déclarée, le camp de Kergrist-Moëlou transformé en colonie de vacances, Jules-Edouard Moustic fut nommé gouverneur général de l’Europe et Siné-Mensuel devint le journal officiel de la sixième République.

Ah, le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court…Si les socialistes étaient de gauche, si les Républicains étaient démocrates, si les marcheurs marchaient droit, si ma tante… Allez, confinez vous bien et à bientôt peut-être.