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POETES, VOS PAPIERS…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 17 avril 2014 où, si vous préférez, le 28 de germinal, qui était généralement dédié à la pensée, la fleur. J’en aurai donc une de pensée pour un bonhomme qui nous a quitté un 17 avril justement, après avoir traversé le siècle.

Le 17 avril 1989 Eugène BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans, à Veretz là bas ils disent Verett, non loin de Vouvray. 15 ans plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets Bizeau 3vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement.Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad.Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ».

En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » : « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique , aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution Bizeau 2espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes violences.En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges. Extrait du poème : Lutter 1979 « Lutter contre le joug des maîtres de la terre Masquant leur dictature en tapageurs discours; Contre les trublions, les criminels de guerre, Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours… »                       

Et celui-ci que j’aime beaucoup:« J’ai rêvé de toute mon âme, Rêvé comme on rêve à vingt ans, Devant les beaux yeux d’une femme, À l’éternité du printemps. J’ai rêvé d’étreintes moins brèves Et d’amour jamais achevé ; Je ne sais plus où sont mes rêves…Mais je sens bien que j’ai rêvé ! » Allez, restons en là pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Boby Lapointe: le papa des poissons…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du tarot de Marseille et de la flute enchantée réunis, bonjour ! Nous voici le mercredi 16 avril 2014, 27è jour de Germinal dédié à l’Anémone… Les petites fleurs, le printemps, cela me fait à chaque fois penser à cette fameuse pochette de disque de Boby LAPOINTE, pull marin, le nez dans les pâquerettes ; dessin naïf que l’on doit à l’artiste Maurice Green.

« Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Cependant, son rêve est de voler : il Lapointeambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche.

On oublie souvent qu’en 1968, aux frontières du surréalisme et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font. Avant cela, il y eu  la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il 34199_10_photo2_gs’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier. Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos. A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté La maman des poissonsMarcelle Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino. Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas. (c’est moins loin que Caracas…) à droite cette sculpture fait référence à la chanson de Boby Lapointe, natif de la ville, « La fille du Pêcheur »  monument à sa mémoire réalisé par l’artiste Salem à Pézenas.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

TOUTE LA MUSIQUE QUE J’AIME…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 15 avril 2014 jour de la Saint Paterne. Paterne austère en ce qui me concerne car, à la suite de circonstances qu’il ne convient pas d’exposer ici, je me retrouve plongé dans les affres de Window après avoir connu les délices de Mac. Qu’importe, tiens, je vais mettre une galette sur le tourne-disques.

Si vous aimez le blues, vous aimez forcément Bessie SMITH. Elle est née le 15 avril 1894 à Chattanooga dans le Tennessee, et nous a quitté en 1937, elle fut surnommée « l’impératrice du blues ». Élevée par une famille d’une pauvreté extrême, Bessie Smithelle commença très tôt à gagner sa vie en chantant dans les rues de Chattanooga avec son frère Andrew. Devenue une jeune femme, elle rejoint le spectacle ambulant de William et Gertrude Rainey, connus sous le nom de « Ma and Pa ». En 1923,Bessie Smith fait ses débuts d’enregistrement chez Columbia Records avec sa première chanson, « Downhearted Blues » (le Blues abattu). Elle enregistrera finalement 123 chansons pour Columbia au cours de sa carrière musicale. Smith était aussi une des artistes afro-américaines parmi les mieux payées des années 1920, en gagnant quelque $2000 par semaine. Pourtant, sa carrière subit un ralentissement avec le commencement de la Grande Dépression des années 1930. Le soir du 26 septembre 1937, Bessie Smith est tuée dans un accident d’automobile en traversant Clarksdale dans le Mississippi avec son ami Richard Morgan (oncle du musicien de jazz Lionel Hampton).

Bessie Smith a eu une influence musicale importante sur des chanteuses comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Dinah Washington, Nina Simone, Janis Joplin et Norah Jones. Sa voix Bessie-Smith-8_5x11puissante et son style de chant sont une contribution importante à l’histoire de la musique populaire .Hé oui, toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du Blues… L’actualité étant ce qu’elle est et toutes choses égales par ailleurs (j’adore cette expression ) et puisque vous avez choisi de visiter « les cénobites tranquilles » à moins que votre présence soit le fruit du hasard et d’une navigation hasardeuse sur le NET vous pouvez maintenant éteindre votre ordi et reprendre une activité normale. En tous cas soyez en remercié et, repassez donc demain si le cœur vous en dit. C’est ouvert aussi le mercredi. Allez, à demain peut-être.

 

Le PHAR OUEST…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de la haute montagne réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 14 avril 2014, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Ce qui, bien entendu, n’a rien à voir avec ce qui suit. Simplement, le 14 avril est la date anniversaire de la disparition d’un bonhomme qui mérite bien de faire partie de notre galerie de portraits; Daniel GUERIN, militant infatigable et qui ne s’est jamais trompé de combat.

Il est né le 19 mai 1904, à Paris. Militant libertaire et homosexuel, historien et écrivain. Issu de la bourgeoisie (son père était un riche collectionneur d’art) il devient socialiste révolutionnaire, et anticolonialiste à la suite de séjours en Syrie et en Indochine enDaniel Guerin 1 1930. Exclu de la SFIO, on le disait proche de Trotsky avec qui il correspondait, il va d’ailleurs créer ce qui deviendra plus tard Lutte Ouvrière. En 1933, il voyage dans l’Allemagne nazie dont il tirera le livre « Fascisme et grand capital ». Durant le front populaire, il est un membre actif des occupations d’usines, et aussi co-fondateur des Auberges de jeunesse. En 1937, il dénonce les agissements des staliniens en Espagne. Envoyé à Oslo pour créer un secrétariat international contre la guerre, il est arrêté en avril 40 par l’armée allemande et interné civil jusqu’en 1942. Aux U.S.A en 1946, il prend part aux luttes des ouvriers et des noirs, avant d’être expulsé en 1949.

L‘écrasement des conseils ouvriers hongrois en 1956 confirme son orientation libertaire. En 1960, il signe « l’appel des 121″ pour le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. Il est inculpé. Il soutient ensuite l’indépendance algérienne. Il guerin 2prend part aux événements de mai 68 puis crée, avec Georges Fontenis, en 1969, le Mouvement Communiste Libertaire, avant de rejoindre l’U.T.C.L en 1980. Puis il participera aux actions des antimilitaristes, et militera également au F.H.A.R (Front homosexuel d’Action Révolutionnaire). Historien, il est l’auteur de « Ni Dieu, ni Maître, anthologie du mouvement libertaire » (1965), mais aussi de plusieurs essais traitant de politique ou de sexualité. Il meurt le 14 avril 1988. C’est ce que l’on appelle une ligne de conduite. Je lui dédie ce poème d’un autre combattant Armand ROBIN.

Je ne suis qu’apparemment ici.

Loin de ces jours que je vous donne est projetée ma vie.

Malhabile conquérant par mes cris gouverné,

Où vous m’apercevez je ne suis qu’un étranger.

Gestes d’amour partout éparpillés

Je me fraye une voie isolée, désertée.

D’une science à l’autre j’ai pris terrier,

Lièvre apeuré sentant sur lui braqué

Le fusil savant et sûr de la destinée.

Aucune terreur ne m’a manqué.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Marie-Louise Berneri: portrait…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour ! Nous sommes donc le dimanche 13 avril 2014 et, c’est pas des salades, c’est le jour de la roquette. C’est aussi le jour de la « Giennoise », fidèle lectrice de ce blog et vieille amie (c’est pas qu’elle soit vieille mais amis depuis longtemps), et je vous invite à vous joindre à moi pour lui souhaiter un excellent anniversaire en attendant de pouvoir le faire de vive voix. Bon, c’est pas pour me vanter mais… Il fait beau et l’ermitage résonne de cris d’enfants. Méééé naaaan, j’déconne ! Mais la maison est pleine et les travaux des champs ne sont pas terminés; de lourds et pénibles efforts m’attendent encore. Oui, bon, ben, ils attendront hein !

Le 13 avril 1949 voit la disparition d’une grande figure de l’anarchisme, Marie-Louise BERNERI, militante et propagandiste anarchiste. Fille aînée du militant et penseur anarchiste italien Camillo Berneri, elle est née le 1er mars 63677618_p1918 à Arezzo (Toscane). Suite aux persécutions de son père par la police fasciste, la famille émigre en France en 1926, où Marie-Louise va faire ses études en psychologie infantile à la Sorbonne. Elle commence à militer avec des anarchistes français à la même époque. En avril 1936, elle part s’installer à Londres. Elle retourne ensuite en France, avant d’aller rendre visite à son père en Espagne. Elle retournera à Barcelone pour assister aux funérailles de celui-ci, assassiné en mai 1937.

Elle rentre ensuite en Angleterre auprès de Vero Recchioni avec qui elle assurera la rédaction et l’édition du journal « Spain and the World » (1936-1939) et deviendra sa compagne en décembre 1937. Bonne oratrice, elle prend part à diverses conférences et actions militantes, récolte des fonds pour les orphelins de la guerre d’Espagne et anime l’Union des 63677791_pgroupes anarchistes de Grande Bretagne. Elle sera également rédactrice des journaux « Revolt! »(1939), puis « War Commentary » (seul organe antimilitariste dans un pays en guerre). Elle fera également vivre les éditions « Freedom Press ». Elle entretiendra une importante correspondance avec les compagnons d’Amérique et d’Europe. En 1945, les autorités anglaises désirant mettre un terme à ces « activités séditieuses » (antimilitaristes) intentent un procès à Marie-Louise, Vernon Richards, Philip Sansom et John Hewetson, mais alors que ses compagnons sont condamnés à 9 mois de prison, elle est acquittée (grâce un article de la loi anglaise qui dit qu’une femme ne peut conspirer avec son mari (sic). Son action ne se limite d’ailleurs pas à la stricte propagande militante; passionnée par la psychologie, elle popularisera en Angleterre les ouvrages de Wilhelm Reich, et s’intéressera avec son compagnon à la photographie.

Après sa mort, se constituera un Comité en sa mémoire, lequel éditera ses ouvrages posthumes: « A tribute » (1949), » Journey through Utopia  » (Voyage à travers l’Utopie) 1950, « Neither East nor West »(1952) anthologie de ses articles de 1939 à 1948. A noter également que son nom sera donné, de 1951 à 1957, à une Colonie libertaire d’enfants (Colonia Maria Luisa Berneri), créée par sa mère Giovanna et Cesare Zaccaria, à Piano di Sorrento (Italie).

« Nous ne bâtissons pas notre mouvement sur d’obscures idées. Peut-être que nous devrions produire moins d’idées, mais nous devrions être capables de les comprendre complètement et de les expliquer aux autres à tout moment. » j’en connais qui devraient s’en inspirer.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Un douarneniste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 12 avril 2014, 23è jour de Germinal dédié au marronnier.

Cela devait bien finir par arriver, j’ai dégotté un douarneniste pour ma galerie de portraits. Je rappelle à ceux qui l’ignore qu’un douarneniste est un habitant de la ville de Douarnenez dans le finistère sud; ville qui a connu son heure de gloire, à l’instar de Marseille, grâce à la sardine et qui aujourd’hui décline doucettement au fond d’une baie qui reste la plus belle du monde. Voici l’histoire d’un personnage étonnant et pour le moins pittoresque: Hervé COATMEUR.
Le 12 avril 1924, à Brest, sortie du numéro 4 de l’hebdomadaire Le Tam Baz (le morceau de bâton). Ce journal satirique, humoristique et naturien est réalisé par l’anarchiste brestois Hervé COATMEUR. On ne sait pas grand-chose sur la durée de ce journal paraissant le samedi, mais il fait partie des nombreux titres publiés par Coatmeur et le Foyer Naturien de Brest. On retrouve des traces notamment du « Sphinx » puis du « Sphinx d’après guerre », de « l’écho naturien » etc. Fils de pêcheur, né à Douarnenez en 1879, (il a du user ses fonds 51844889_pde culottes sur les mêmes bancs d’école que mon grand père) resté jeune à la charge de sa mère, Hervé Coatmeur, travailla comme ouvrier à l’Arsenal de Brest, fut plusieurs fois condamné et, finalement renvoyé en 1910 et inscrit au Carnet B. Il exerça alors bien des métiers : docker, portefaix à la gare de Brest, livreur de sciure de bois… Anarchiste individualiste, il eut un kiosque à journaux, un magasin de bouquiniste, un étalage volant parmi les forains, ne voulant être ni commerçant, ni fonctionnaire, ni exploiteur, ni exploité. Il propagea un individualisme dérivé de celui de Han Ryner.Responsable du Foyer Naturien de Brest (85 rue E. Zola), il avait été le fondateur, animateur et principal rédacteur du journal Le Sphinx individualiste (Brest) qui connaitra de 51844918_pnombreuses séries difficiles à reconstituer. Propagandiste, il distribuait tracts et prospectus, fonda un cercle d’études, s’attacha dans les années 1920 à la diffusion de l’En Dehors d’Emile Armand auquel il collaborait, devint végétarien, s’alimentant de légumes et de fruits crus et de pain de seigle. Il collaborait également à la revue Le Néo Naturien .Il se maria le 6 août 1931 « avec une jeune paysanne qui, après avoir été violée par son père, se réfugia à Brest où elle devint la proie des marins », on se croirait dans Les misérables. Il voulut faire d’elle un être nouveau. Mais elle le quitta et revint avec un jeune bébé « à l’état de santé pitoyable ». Elle le quitta à nouveau en emportant « une pile de pièces de cent sous patiemment 51849795_péconomisées en vue d’éditer un numéro du Sphinx » (E. Armand, L’Unique, op. cit.) Le divorce fut prononcé le 15 juin 1935. Sur la photo à droite, une vue de Brest après les bombardements. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouver de photo représentant Hervé Coatmeur. Hervé Coatmeur vécut ses dernières années dans les conditions les plus misérables : il habitait une cabane où tombait la pluie et couchait sur un lit de sangles : il était vêtu de guenilles et chaussé de spartiates. Le 8 septembre 1944, il périt avec plusieurs centaines de personnes au cours de l’explosion d’un abri civil à Brest, place Sadi-Carnot lors d’un bombardement de la ville. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

De la coupe aux lèvres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous voici le vendredi 11 avril 2014 date qui correspond au 22è jour de germinal que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Certains  bretons célèbrent ce jour là Keridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais les évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de la fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la 63572395_pmythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et attribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la Terre et le chaudron de résurrection au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est remplie d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré celle du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Oyez l’histoire de Keridwen.
Femme de Tegid Foel, elle donne naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de la terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils 63572434_pAfagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance pendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Morda et Gwion Bach, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bach). Ceridwen eut un autre fils, du nom de Morfran, qui était si laid que personne ne voulut le combattre lors de la bataille de Camlann car ils le prirent tous pour un démon.

Voila pour la petite histoire du vendredi. Et la potion magique de Panoramix, méticuleusement concoctée dans son chaudron, a elle aussi ses sources dans notre vieille histoire bien avant que les menhirs ne se transforment en croix, les fontaines sacrées en bondieuseries apostoliques et romaines (re-salade) et les déesses des Tuatha De danann en saintes nitouches… Allez, la route est longue et le chemin pentu comme disait un ancien premier ministre qui se piquait de philosophie. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

T’en veux du Blues ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 10 avril 2014, 14è jour de germinal dédié au Gainier. Rien à voir avec le « bon culottier » de la chanson mais un arbuste encore nommé « arbre de Judée », au motif, me dit-on, que Judas s’y serait pendu. Si tous ceux qui trahissent l’imitaient, les promenades au bois de Keroual ressembleraient vite à cette fameuse ballade chère à ce vieux Villon.

Aujourd’hui on évoque un bluesman cent pour cent garanti grand teint. Hudson Woodbridge est né au début du siècle dernier (probablement en 1904) à Smithsville, Géorgie. Mais orphelin très tôt il sera élevé par la famille de sa grand-mère, images-1Mme Whittaker, dont il adoptera le patronyme, et qui vit dans les faubourgs de Tampa, en Floride. Très tôt il apprend la guitare et accompagne sur scène un ami de la famille. À l’adolescence, il devient musicien itinérant et parcourt le Sud des États-Unis à vélo. En 1922, déjà affublé du surnom de « Tampa Red », il arrive à Chicago. Sa carrière débute véritablement lorsqu’il s’associe avec le pianiste Georgia Tom Dorsey. Ils enregistrent ensemble, pour la première fois, en mai 1928, des pièces essentiellement tirées du music-hall. Le blues devenant à la mode à Chicago, « Tampa Red » décide de s’y mettre lui aussi.

Au début des années 30, il se marie et sa femme décide de prendre en mains sa carrière ( les femmes font l’histoire, les hommes l’écrive… disait mon aïeule). En 1934 elle négocie pour lui un contrat avec le célèbre producteur Lester Melrose qui lui permettra tampa-broonzy-gillum-241x300d’enregistrer ses disques sous le grand label blues Bluebird. C’est pour cette maison de disques qu’il enregistrera ses plus grands titres, toujours accompagné d’un pianiste. Dans les années 40 il ouvre sa formation à des saxophones ainsi qu’à un bassiste, une batterie ou encore un joueur d’harmonica, comme Sonny Boy Williamson ou Big Walter Horton. C’est à cette époque qu’il deviendra une des références du Chicago blues électrique et qu’il enregistrera avec Elmore James (à qui j’ai consacré un billet) lorsque celui-ci se trouve à Chicago. ici à droite, photo exceptionnelle: Tampa Red en compagnie de Big Bill Bronzy, Jazz Gillum et des amis que je n’ai pas su identifier.

Malheureusement sa femme décède en 1956 et « Tampa Red » ne s’en remet pas. Il sombre dans la démence et doit être 060410-150x150interné. Il parviendra cependant à encore enregistrer deux albums au début des années 60 pour le label Bluesville : Don’t Tampa with the Blues et Don’t Jive Me. Il disparaît ensuite de la circulation et meurt dans un relatif oubli en 1981. Surnommé the « guitar wizard » (le sorcier de la guitare), Tampa Red a certainement été un des plus grands guitaristes slide du blues des années 30 et 40. Sources: la grande encyclopédie du blues. Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, voilà pour ce jour, en attendant la suite, si le cœur vous en dit, portez vous bien et à demain peut-être.

Tant va la ruche à l’eau…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la métaphore et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 09 avril 2014, vingtième jour de Germinal dédié à la ruche. Bien sur, il se trouvera bien parmi vous un pataphysicien pour m’opposer qu’en réalité nous sommes le Mercredi 18 Clinamen 141 – Les 27 Êtres Issus des Livres Pairs. A moins qu’un breton bretonnant ne s’insurge en m’affirmant que ce jour n’est autre que celui de la saint Meldroc, bien connu dans sa paroisse. Bref, la ruche, cela me fait penser à cette école libertaire créée en 1904 par Sébastien Faure, qui fut séminariste avant d’être libre-penseur, et 290px-La_Ruche,_couture_et_repassagesocialiste du parti ouvrier avant de devenir anarchiste en 1888. C’est lui qui, en 1895, fonde avec Louise Michel Le Libertaire. Lors de l’affaire Dreyfus, il soutient activement celui-ci et crééra Le journal du peuple. La Ruche s’inspire d’autres expériences d’éducation populaire comme l’orphelinat de Cempuis animé par Paul Robin dont j’ai parlé récemment, mais aussi, l’École moderne  fondée en 1901 à Barcelone par Francisco Ferrer. Elle ne cessera de se développer jusqu’à la ruche_farandoleguerre qui la contraindra à fermer en 1917. Entre l’État et l’Église, Sébastien Faure affirme son engagement libertaire dans ses Écrits pédagogiques : « L’école chrétienne, c’est l’école du passé, organisée par l’Église et pour elle ; l’école publique, c’est l’école du présent, organisée par l’État, et pour lui ; La Ruche, c’est l’école de l’avenir, l’école tout court, organisée pour l’enfant afin que, cessant d’être le bien, la chose, la propriété de la religion ou de l’État, il s’appartienne à lui-même et trouve à l’école le pain, le savoir et la tendresse dont ont besoin son corps, son cerveau et son cœur. »

La Ruche est une institution qui accueille gratuitement les enfants : seuls quelques parents qui le peuvent, contribuent à leur entretien. Les tournées de conférences de Sébastien Faure et les spectacles organisés par les enfants assurent les dépenses. L’école comporte des ateliers qui sont autant de centres d’apprentissage. Sur le modèle d’une coopérative, elle s’autofinance en partie : elle produit du miel, des produits 290px-La_Ruche,_départ_pour_les_champslaitiers, des légumes et adhère à la bourse de coopératives de production locale. Son imprimerie réalise des travaux de commande pour des éditions syndicalistes et libertaires. En outre, elle édite des cartes postales vendues lors d’une grande fête annuelle. Une fois par an, les enfants de 10 à 15 ans voyagent en France, ou même en Algérie, en mai 1914. Logés dans des familles, ils donnent spectacles ou concerts payants, qui contribuent aux recettes de la Ruche. Cette expérimentation pédagogique prendra fin en février 1917. L’école est fermée et ses derniers élèves dispersés.               Et bien voilà pour aujourd’hui, comme disait mon aïeule: il ne faut point fâcher une ruche; en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

Si ma tante…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 08 avril 2014, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Mardi 17 Clinamen 141 St Hiéronymus Bosch, démonarque.

Si j’évoque l’uchronie, quoique ce mot, cher au philosophe Charles Renouvier, soit tombé en désuétude et même disparu des dictionnaires, c’est sous l’inspiration de ce qu’il est convenu d’appeler « les affaires ». Car en effet, si le nez de Cléopâtre… Et vous connaissez la suite, c’est un résumé de l’Uchronie. Il s’agit d’une forme littéraire permettant de Uchroniesprésenter l’histoire telle qu’elle n’a pas été mais telle qu’elle aurait pu être. C‘est ainsi que me suis imaginé que les français, au mois de mai 2012, avaient voté à gauche et non pas socialistes. Ce jour là ils ont choisi l’humanisme, la justice sociale, l’équité, la solidarité, la fin de la république des copains, des coquins, des potes de la promo Voltaire à l’ENA, des prébendes, des passe-droits, des cumulards. Ce jour là, le peuple souverain délègue ses pouvoirs à des représentants qui sont tenus d’en faire bon usage sous peine d’être débarqués séance tenante. Ils se sont en effet engagés à privilégier le mieux être des citoyens au détriment des marchés, des banksters, des actionnaires et des oligarchies régnantes.

Ce jour là, des hommes et des femmes conscients de leur responsabilité et soucieux du mandat impérieux que leur avait donné le peuple, décidèrent que l’alternative existait et, appliquant rigoureusement le Talion républicain, ils ont tranché images-12la main invisible du marché qui poursuivait sa sinistre besogne dans la culotte des zouaves. Tous les millionardaires qui s’étaient déguisés en socialistes et réfugiés à Solférino pour échapper à la vindicte populaire furent conduit au camp de rééducation de Kergrist-Moëlou où ils devaient compter, à la main, les milliards récupérés dans les paradis fiscaux pour financer la politique de grands travaux publics décrétée par l’assemblée. Le congrès réuni à Versailles adopta le changement de constitution et la sixième République proclama que: l’éducation, l’eau, la santé, l’énergie étaient des biens inaliénables qui à aucun moment ne pourraient se retrouver dans le domaine marchand.

Quelques mois plus tard, devant le succès rencontré, les grecs, les espagnols, les portugais et les italiens suivirent le même chemin. Au début de l’année 2013, presque tous les com-libreÉtats avaient rejoint la fédération des peuples européens et adoptés une législation unique en matière sociale et économique. Au mois de Juin, de Brest à Athènes, de Lisbonne à Hambourg, l’ancienne fête de la musique fut transformée en Fiesta Utopia. Une amnistie générale fut déclarée, le camp de Kergrist-Moëlou transformé en colonie de vacances, Jules-Edouard Moustic fut nommé gouverneur général de l’Europe et Siné-Mensuel devint le journal officiel de la sixième République. La pluie étant de retour, si vous n’avez pas le temps de descendre jusqu’à Marinaleda, remettez vous à la lecture; je vous conseille: La Commune libre de Saint-Martin, de Jean-François Aupetitgendre – 272 pages, en vente à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris.

Ah, le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court…, Valls, s’il eut été socialiste… François le normal s’il eut été un homme de gauche… Et ma tante, si… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.