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Alain Barbetorte, Comte du Poher…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de le Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 1er août 2017, quatorzième jour de Thermidor dédiélugnasad au basilic. Et aujourd’hui, les nostalgiques peuvent commémorer la bataille de Trans-la-forêt qui mit fin à l’occupation Normande en Bretagne au tout début du dixième siècle (il y a prescription). En effet, les combats auraient débuté un 1er août qui correspondait à Lugnasad chez les Celtes. C’est la fête de LUG, le plus grand de tous les dieux, c’est l’équivalent celtique du Jupiter. Mais revenons à notre histoire.

En effet, la Bretagne était occupée par les Normands depuis la mort d’Alain le Grand en 908. Venant d’Angleterre, Alain Barbetorte, comte du Poher et petit fils d’Alain le Grand débarque près de Dol en 936. Il plaque plourivoremporte plusieurs victoires dont celle de Kastell Auffret à Plourivo (près de Paimpol) une plaque commémorative y est visible( Photo de gauche). Continuant sur sa lancée, il prend Nantes en 937 et chasse les Normands de l’estuaire de la Loire tandis que le comte Even débarrasse le Léon de ses pirates (Vikings). Des groupes de Normands retranchés dans la forêt de Villecartier dévastent encore le pays de Dol et le pays Rennais. Le comte de Rennes, Juhel Béranger réclame l’aide de Barbetorte, pourtant son rival, nous sommes en 939. La cavalerie de Barbetorte, environ 1000 hommes écrase les Normands qui doivent repasser le Couesnon.

« Au jour des calendes du mois d’août, jour que les bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les barbetortegénérations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux. » (Pierre Le Baud cité par La Borderie) Il faut ajouter, pour être honnête, que d’autres historiens comme André Chedeville, conteste cette version guerrière et pense que ce retour de souveraineté est davantage le fruit d’une action diplomatique d’Athelstan, roi d’Angleterre auprès de Guillaume Longue-épée. En tout état de cause, la Bretagne allait naviguer ainsi, bon an mal an jusqu’à son « annexion » en 1532. Allez savoir, c’est peut-être pour cela que l’on est plus galettes saucisses que camembert… Et qu’en revanche, par pure vilénie, le Couesnon en sa folie a mis le mont en Normandie !

Allez, après ce petit rappel historique, portez vous bien et à bientôt peut-être car le cénobite se met en congé pour quelques jours.

Pourquoi ont ils tué Jaurès…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 31 juillet 2017, autant dire que c’est la fin du mois… A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

L’assassinat de Jean Jaurès a lieu le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, au cœur de la République du Croissant, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il est atteint par deux coups de feu. L’auteur est un certain Raoul Villain jeune admirateur de Maurras et fan de l’Action Française. Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première guerreJaurès discours mondiale. Après cinquante-six mois de détention préventive, la guerre achevée, son procès est organisé devant la cour d’assises de la Seine. Villain a la chance de n’être jugé qu’en 1919, à sa demande, dans un climat d’ardent patriotisme. Lors des audiences qui se déroulent du 24 au 29 mars, ses avocats, dont le grand pénaliste Henri Géraud, mettent en avant sa démence. Ils argumentent aussi sur l’acte d’un homme isolé, ce qui résultait de son interrogatoire par Célestin Hennion, le préfet de police de Paris (c’est lui qui créa Les brigades du Tigre), dans la nuit du 31 juillet 1914. Plus étonnant, parmi les témoins en sa faveur figure Marc Sangnier, venu défendre la « valeur morale » d’un ancien disciple.

Raoul Villain est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès). Le 14 mars 1919, soit quinze jours plus café-du-croissant-300x202tôt, le 3e conseil de guerre de Paris, juridiction militaire, condamnait à la peine de mort Émile Cottin, l’anarchiste qui avait blessé de plusieurs balles Clemenceau le 19 février précédent. Raoul Villain s’exile alors sur l’île d’Ibiza. Peu après le début de la guerre d’Espagne en juillet 1936, l’ile tombe aux mains des franquistes, puis est reconquise par les républicains, qui la quittent rapidement. Celle-ci est alors reprise par des groupes anarchistes, mais l’île est bombardée par l’aviation franquiste et dans le chaos, le 13 septembre 1936, les anarchistes l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste, sans que l’on sache s’ils savaient qui il était. Étonnant non !

Allez, merci d’être passé par ici en plein été. Portez vous bien et à demain peut-être.

Ca vient du blues, non !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des brèves de comptoirs et du calendrier des postes réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 30 juillet 2017 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la salicorne. Cela m’évoque la mer et, pouce piedpour moi la mer, c’est quelque part entre Le Flimiou et la baie des trépassés en passant par Beuzec-conq, Brézellec et la roche jaune…Pour les non-initiés, cela se situe entre Douarnenez et la pointe du Raz. En tous cas, c’est là que nous allions « cueillir » plutôt que pêcher, les fameux pouces-pieds qui aujourd’hui ont quasiment disparus de nos assiettes sauf pour quelques espagnols chanceux et/ou roublards…

Coup de chapeau à BUDDY GUY.

Bluesman né un 30 juillet en Louisianne. Pour les plus jeunes, il est le père de la rappeuse Shawnna, très connue dans son immeuble. Dès son plus jeune age il est influencé par John Lee Hooker et donne son buddy Guypremier concert à Bâton-Rouge avec des bluesmen locaux comme Lightin’Slim dont je vous ai déjà parlé. En 1957 il débarque à Chicago la ville de ses idoles. La légende veut qu’il rencontre un inconnu qui lui demande s’il veut jouer de la guitare en échange d’un whisky. Il est aussitôt engager et joue avec Otis Rush. dans la vidéo qui suit, il nous fait une petite démonstration de son talent.

Et puis, c’est la rencontre avec sa première source d’inspiration, B.B. KING. Plus tard, il va enregistrer avec Ike Turner, Muddy Waters et Willie Dixon. Le véritable succès arrive au milieu des années 60 où il va ragamuffinsenregistrer A man and the blues, this is Buddy Guy (avec Clapton) et surtout, Stone grazy. En 65 il entame une grande tournée européenne et fera en 70 la première partie de la tournée des Stones. C’est en 1989 qu’il ouvre son propre club à Chicago, Legend. En 90, grâce à un renouveau du Blues aux États-Unis et en Europe, il sort un nouveau disque qui relance sa carrière. Je vous conseille Sweet Tea, du blues lancinant dans la plus pure tradition. Il est aujourd’hui considéré comme une légende au même titre que BB King, John Lee Kooker, Muddy Waters ou Albert King.

Tiens, à ce propos, l’été en Bretagne ce n’est pas seulement des biniouseries… En ce moment à Chateauneuf-du-Faou (entre Carhaix et Chateaulin), Fest-Jazz, 12è édition. Avec notamment aujourd’hui même, Les Ragamuffins (photo ci dessus). Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Pendant les vacances, le massacre continue…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’agriculture biologique et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 juillet 2017, autant dire, le 11ème jour de thermidor et, surprise, c’est le jour de la panic… Pas de quoi s’inquièter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante Amazopourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant; grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ? On apprend tous les jours quelque chose sur « les cénobites tranquilles » votre blog préféré et qui reste ouvert tout l’été; enfin presque, la semaine prochaine: relâche. L’environnement est chose sérieuse pourtant je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette pensée que l’on doit à Geluck, le dessinateur du chat: « en Amazonie on détruit chaque jour l’équivalent de 60 terrains de foot de forêt…C’est pas sérieux, y-aura jamais assez de joueurs! »
Habituellement, après cette courte introduction, je rédige un petit billet. Et bien aujourd’hui… Non. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est au pied du mur qu’on voit le Masson…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! En ce Vendredi 28 juillet 2017, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir, je voulais vous entretenir d’un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l’histoire: Emile MASSON, né à Brest un 28 juillet en 1869, il n’est pas élevé en breton et n’apprendra la langue que plus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais. A Paris il fréquente les mouvements Emile Massondreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy (56) entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue anarchiste en langue bretonne. Il a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais. Son oeuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence…Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.

Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parcelivre Masson que ses idées anarchistes étaient faites d’amour et de fraternité. Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci: « …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton. » Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire « Les bretons et le socialisme » paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une bonne tête d’honnête homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Maçonnerie spéculative et du Homard Thermidor réunis, bonjour ! Puisque ce Jeudi 27 juillet 2017 correspond au 9ème jour de thermidor, consacré à la mûre et non pas au homard… A vos confitures ! Rappelons nous que ce 9 thermidor a vu la chute de Robespierre…

Le 27 juillet 1949, mort de Jean ROUMILHAC dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire roumilhacdes études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la guerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone.

Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français, et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature. En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en créant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ».tablier
Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tout l’été, ou presque. Portez vous bien et à demain peut-être.

Les ciseaux d’Anastasie…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la libre expression et du p’tit maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 juillet 2017 huitième jour de Thermidor dédié à la Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux dont les graines sont utilisées pour produirecarthame des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Les jeunes feuilles de carthame peuvent se manger crues, en salade. Ce sont les pistils qui sont utilisés en teinturerie ou comme mauvais substitut au safran.

Alors que j’hésite sur le thème de ma chronique quotidienne, me  remonte à la mémoire ce texte de Stendhal: « Pourvu qu’on ne plaisantât ni de Dieu, ni des prêtrliste_La-censure_2081es, ni du roi, ni des gens en place, ni des artistes protégés par la cour, ni de tout ce qui est établi, pourvu qu’on ne dît du bien ni de Béranger, ni des journaux de l’opposition, ni de Voltaire, ni de Rousseau, ni de tout ce qui permet un peu de franc-parler ; pourvu qu’on ne parlât jamais de politique, on pouvait raisonner librement de tout » (Stendhal). En cherchant plus loin, je trouve celui-ci de Beaumarchais: « Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement sous l’inspection de deux ou trois censeurs »

Et madame Michu de s’offusquer: Ben, c’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses comme ça… Depuis le coup d’État manqué du 15 juillet 2016 en Turquie, le président turc Recep Tayyip Erdogan a intensifié la répression dans le pays. Ainsi, des intellectuels et des journalistes qui ont osé critiquer le régime ont été arrêtés et emprisonnés. 166 journalistes sont actuellement en prison. La Turquie est 155e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières pour 2017. Les avocats et réseaux de 640_turcssoutien ont beau dénoncer des instructions bâclées, les syndicats ont beau manifester en hurlant que « la presse libre ne peut être réduite au silence », rien n’y fait : plus de 150 journalistes sont embastillés dans les geôles du régime, et environ 180 médias ont été fermés en un an. Une situation dramatique qui ne saurait faire oublier l’ampleur des purges qui ont suivi le putsch avorté. Selon les estimations, près de 140 000 fonctionnaires ont été limogés ou suspendus, 50 000 personnes ont été arrêtées, et 950 entreprises ont été saisies. Tout cela se déroule aux portes de l’Union Européenne, à trois heures de vol de Paris. Mais, la communauté internationale, mais l’ONU, mais, y’a pas de mais. Encore un mot et j’ouvre en grand les vannes de l’immigration. Ainsi s’exprime Erdogan face à Angela et Emmanuel qui n’en peuvent mais. Voici comment une si jolie dictature est en train de s’installer dans un silence assourdissant.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dans la famille Pétard…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du rêve éveillé et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 25 juillet de l’an de grâce 2017. Ce jour correspond au 7è de thermidor dédié à l’armoise, plante de la famille des astéracées dites Artémisia du nom de la déesse (remarquez que je vous épargne le jeu de mots sur l’armoise à pharmacie). Les Aztèques et autres indiens des Amériques utilisaient l’armoise pour des rituels et la médecine. armoise-chineDepuis les époques reculées en Europe, l’herbe était un remède contre la fatigue et pour protéger les voyageurs contre les mauvais esprits et les animaux sauvages. Les indiens utilisent l’armoise toujours comme sauge et l’herbe pour la purification spirituelle, pour chasser des mauvais esprits et des énergies négatives. En Chine, des faisceaux de feuilles de Calamus avec l’armoise sont toujours utilisés comme talisman pendant le festival des bateaux dragon. Mon aïeule, que décidément rien n’arrêtait, s’en faisait une ceinture avant de nous emmener caracoler autour du feu de la St Jean. Avant l’extinction du feu il fallait y jeter la ceinture afin de se protéger de tout un tas de ph-Armoise-biolandes-1229957978-300x199tourments durant l’année à venir. D’où son nom d’herbe de la st Jean.
Si l’on en croit Albert le Grand, dans ses conseils aux pèlerins, il convient de s’en faire une ceinture en marchant et ensuite la faire cuire pour s’en laver les pieds. Ainsi on ne se fatigue jamais; il reprend ainsi les conseils déjà prodigué par Pline l’ancien aux voyageurs… Ici à gauche: cueillette d’armoise au Maroc. On dit que les coureurs de marathons enduisaient les semelles de leurs sandales de suc d’armoise pour se donner « des ailes aux talons ».

Et puis tiens, puisqu’on en est aux confidences, savez vous que le nom de la ville de Tchernobyl (de sinistre mémoire) ou plutôt чорнобиль (tchornobylj) en ukrainien, désigne l’armoise, en particulier l’armoise ordinaire (Artemisia vulgaris). Il vient de tchorno = noir et bylj = herbe. Ces « herbes noires » sont très communes dans les steppes, où ellespétard finissent pas se casser et par rouler sur de longues distances. Étonnant, non ! On dit que l’armoise est utile pour l’induction de rêves lucides et du voyage astral. Fumer ou consommer de l’armoise sous forme de plante ou en solution avant de dormir pourrait intensifier les rêves ou leur contrôle et aider à s’en souvenir. Au Mexique, l’herbe est souvent fumée comme substitut de la marijuana. Bon, et bien tout cela m’a l’air très sympathique… A vous d’expliquer aux pandores que vous avez une ordonnance.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Comme à Ostende…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’ornithologie et du nid d’hirondelle réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 24 juillet 2017, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute évidence, ne peut être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un compère 150px-Anches_bombardemusicien, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec (29), qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches en roseau de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait quelques unes des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

En ce mois de juillet, je voulais rendre un petit hommage à cet immense poète qu’était Jean-Roger Caussimon au motif qu’il  était né un 24 juillet en 1918. Entre temps il nous a légué quelques unes des plus belles chansons de son temps reprises par les plus grands depuis Léo Ferré jusqu’à Arno, en passant par Catherine Sauvage, les frères jacques, Gainsbourg et tant d’autres. Il fut l’une des têtes d’affiche ducaussimon G cabaret le lapin agile pendant de nombreuses années et c’est là qu’il rencontra Ferré et que naquit une amitié qui jamais ne se délia. Les musiques de léo Ferré vont contribuer beaucoup à sa notoriété, on se souvient de Monsieur William et A la Seine. Marcel Carné lui offrira un rôle dans Juliette ou la clé des songes aux côtés de Gérard Philippe. On se souvient encore de sa participation dans le fameux film de Tavernier Le juge et l’assassin pour lequel il écrira plusieurs chansons dont La commune est en lutte et La complainte de bouvier l’étrangleur. Après sa mort, ses cendres furent répandues à la pointe des poulains à Belle-île-en-mer. J’avoue que j’ai une faiblesse pour Comme à Ostende quelque soit l’interprète.

 

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

De Sainte-Sève à lîle Loaven…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 23 juillet 2017, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot manoir(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant… Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de Koupaia (Pompée), sœur de Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisé sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530; et hop, en v’la une de casée.

Sainte Sève est donc la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle et dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet:

 …A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accpardonompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le pardon extérieurrocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.
Koneri ha Liboubana
Ni ho salud bepred gant joa
Abeurz Doue reit d’imp bennoz
Ha gras da vond d’ar baradoz.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.