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On n’est pas (que) des poires…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du mix-marketing et de la soupe aux choux réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 24 octobre 2014, troisième jour de Brumaire dédié à la poire. Cela me rappelle cette inimitable histoire de marketing liée au nom d’un  philiponpoire1835-534517produit: En 1977, dans l’espoir de relancer les ventes, une campagne de publicité créée par Publicis associe la forme de la Renault 14 à celle d’une poire. Cette publicité reste comme un modèle de publicité ratée qui fera chuter les ventes, au souvenir toujours présent chez les Français de plus de 40 ans. Le roi Louis Philippe (XIXème siècle) lui même avait fait l’objet de moqueries et la poire avait déjà servi de support à de nombreuses caricatures comme celle-ci.

Au cours des dernières semaines, plusieurs responsables de partis ont indiqué réfléchir à un changement de nom pour leur formation politique. Manuel Valls a proposé mercredi de « bâtir une maison commune » de « toutes les forces progressistes », et s’est dit, pourquoi pas, favorable à un changement de nom du Parti socialiste. Le Premier ministre, alors député, avait déjà porté cette idée en 2007 et en 2011, préconisant notamment d’abandonner le mot « socialisme » qu’il jugeait dépassé. Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l’UMP, veut lui la poire« chambouler » de « fond en comble » le mouvement: « Je vais changer le nom du parti… Même le micro parti de Nicolas Dupont-Aignan, «Debout la République», a annoncé dernièrement son changement de nom en «Debout la France». Marine Le Pen, quand à elle, a déclaré le 18 octobre que la question du changement de nom « mérite d’être posée ».
Il en va des partis comme des produits. Le premier signe d’identité d’un (produit) parti politique, c’est son titre, son nom. Il ne doit souffrir d’aucune ambiguïté et fixer clairement l’objet, les buts poursuivis, et le positionner par rapport aux autres (produits) partis.

Entre 1878 et 1905, les socialistes éparpillés dans des sectes, Histoire_socialiste_(Jaurès)_affichevoire des chapelles, ont multiplié les variations autour des termes “ parti ”, “ socialiste ”, “ ouvrier ” : Parti ouvrier puis Parti ouvrier français enfin Parti socialiste de France, pour les guesdistes, Parti ouvrier et socialiste révolutionnaire, Comité révolutionnaire central de Vaillant, Parti socialiste Français de Jaurès pour en arriver à la fameuse Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) et, en 1969, au Parti Socialiste (PS). Je prends donc la liberté d’adresser ce conseil d’ami (qui aime bien châtie bien) à Valls et à ses conseillers en com.

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Oui, Boileau exprime ici toute ma pensée. Dès lors que vous aurez défini une vraie politique de gauche; les mots pour la nommer vous viendront aisément… A bon électeur, salut ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Athée souhaits…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 23 octobre 2014, deuxième jour de Brumaire, dédié, qui l’eut cru, au céleri. C’est rien de le dire, encore moins de l’écrire mais, il pleut sur Brest et, il vente aussi mais, madame Michu, le fond de l’air n’est pas frais pour la saison. Non, j’exagère, à la vérité, à l’heure où j’écris ces lignes, il fait très beau. J’hésite pourtant à enfiler les bottes pour une virée champignons. Mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud et qui avait un proverbe pour chaque jour, me l’a dit maintes fois: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Allez donc écrire un billet après cet échange de banalités.

Tiens, et si je vous parlais de Pierre Sylvain Maréchal. C’était un écrivain, poète, pamphlétaire français, précurseur de l’anarchisme. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et profil Maréchaldéveloppe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Belle utopie non ?
Très vite, ses critiques du pouvoir absolu et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses œuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.

Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Il ne prend pas parti dans le conflit entre les Girondins et les Jacobins et s’inquiète du tour pris par la Révolution. Sa rencontre avec Babeuf et sa conjuration des Égaux, va en faire l’un des précurseurs du mouvement Marechal_Sylvain_Almanach_des_honnetes_gens_01_minilibertaire et l’un des premiers anarchistes. Publiant de manière anonyme après son emprisonnement de 1788, Sylvain Maréchal échappe ainsi aux poursuites judiciaires et peut écrire jusqu’à sa mort. Sylvain Maréchal, « l’homme sans Dieu », est sans doute l’un des plus fervents partisans de l’athéisme durant la Révolution.

Bon, il faut bien le reconnaître, c’était aussi un sérieux misogyne et on lui doit un projet de loi pour interdire d’apprendre à lire aux femmes !!! Dans Fragments d’un poème moral sur Dieu (1780), il remplace le culte de Dieu par celui de projet loila vertu et la foi par la raison. Il parodie la Bible dans Livre échappé au déluge (1784) et s’attaque à la religion qu’il considère comme un instrument des gouvernements oppressifs et un moyen d’exploitation sociale et économique. Dans le journal « Révolutions de Paris » dont il est rédacteur en chef, Sylvain Maréchal conduit une virulente campagne anticléricale. Athée tolérant, il consacre la fin de sa vie au développement de l’athéisme en lui donnant ses lettres de noblesse avec le Dictionnaire des Athées anciens et modernes (1800).

Voila, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale; je ne sais pas moi… Bosser un peu par exemple ! Ah, ils sont vraiment pas drôles ces retraités. Allez, portez vous bien et à demain peut-être

Les feuilles mortes se…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 22 octobre 2014, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra !

Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance de celui qui deviendra l’un des plus célèbres musiciens du cinéma français Jozsef Kozma, né à Budapest, Hongrie, le 22 octobre 1905. Après des études à l’Opéra KosmaJoseph1National de Hongrie, il obtient une bourse qui lui permet de travailler pour l’Opéra de Berlin où il devient directeur d’orchestre. Il a ainsi l’occasion de rencontrer Berthold Brecht et de travailler avec ceux qu’il reconnaîtra comme ses maîtres, Kurt Weill et Hanns Eisler. C’est également à Berlin qu’il rencontre la concertiste Lilly Apper, bien vite devenue son épouse. En 1933, fuyant le nazisme (Kosma est d’origine juive), il s’installe à Paris et commence à travailler avec  Jacques Prévert, dont il écrira la musique de plus de quatre-vingt chansons. Parmi les plus célèbres: les Feuilles mortes (1946), immortalisée par Yves Montand, ou encore Barbara et que chantèrent aussi Les Frères Jacques (tiens, à ce propos, il pleut sur Brest). Il travaille également avec Robert Desnos La Fourmi, et Raymond Queneau Si tu t’Imagines.

En 1949, Joseph Kosma opte pour la nationalité française.
Sa première collaboration avec le septième art se fait par l’intermédiaire de la chanson qu’interprète Florelle dans le Crime de Monsieur Lange. Dès 1936, il compose des musiques de films. Ses premières partitions illustrent les œuvres de deux des grands metteurs-en-scène de l’époque, Jean Renoir et Marcel Carné: La Grande Illusion (1937), La MarseillaKosmaPrevert1ise (1937), La Bête Humaine (1938) et La Règle du Jeu. Le compositeur fait également partie de l’équipe artistique du premier film de Marcel Carné, Jenny (1936) et le trio qu’ils formeront avec Jacques Prévert est entré à jamais dans l’histoire du cinéma avec Les Visiteurs du Soir (1942) , Les Enfants du Paradis (1945) sous le pseudonyme de Georges Mouque car, contrairement à ce que veut nous faire croire Zemmour en falsifiant l’histoire: « Loi du 02 juin 1942 – Deuxième statut des Juifs publié le 11 juin 1942.
Art. 1er- Les Juifs ne peuvent tenir un emploi artistique dans des représentations théâtrales, dans des films cinématographiques ou dans des spectacles quelconques, ou donner des concerts vocaux ou instrumentaux ou y participer…
. » La même année, Prévert et Kosma écrivent la fameuse chansons  les Feuilles mortes, qui entre dans la partition musicale des Portes de La Nuit.

Enfin, en 1951, son travail sur Juliette ou la Clé des Songes reçoit le Prix de la Meilleure Partition Musicale au Festival de Cannes. Mais Kosma continua, puisqu’il écrivit ou participa à près d’une centaine de partitions pour le cinéma. Il y avait une vie après Carné et Renoir, et Kosma la partagea avec des hommes tels que André Cayatte les Amants de Vérone, (1948), Christian-Jaque D’Homme à Hommes (1948), Georges Lampin Le Paradis des Pilotes Perdus (1948), Raymond Bernard le Jugement de Dieu (1949), Georges Franju le Sang des Bêtes (documentaire de 1949), Julien Duvivier Black Jack (1950). Des films que l’on Kosmapourrait, pour la plupart, qualifier d’humanistes …
Curieusement, la Nouvelle Vague ignora ce musicien, dont les participations aux musiques de film dans les années soixante, se limite à des œuvres de second ordre, si l’on excepte Le Caporal Épinglé de Renoir. Nombreuses sont les vedettes de la chanson qui doivent une part de leur gloire à Kosma. Montand bien sur,  mais également Juliette Gréco, les Enfants qui s’aiment, Cora Vaucaire, l’enterrement d’une feuille morte, les Frères Jacques Inventaire et la fête continue, Mouloudji les bruits de la Nuit… Joseph Kosma est décédé à La-Roche Guyon, le 7 août 1969. Qui n’a pas une de ses musiques en tête ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Isabelle Eberhardt…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour ! Nous sommes donc le mardi 21 octobre, trentième et dernier jour de vendémiaire dédié au tonneau. Vous le savez, vous qui suivez assidument les rebondissements de ce blogue, j’ai une tendresse particulière pour ces personnages que l’on dirait tout droit sortis de l’imagination d’un romancier. Les brefs portraits que je vous propose d’accrocher à notre galerie n’ont pas la prétention de faire œuvre de biographe. Il s’agit simplement de vous mettre l’eau à la bouche pour vous inviter à aller plus avant dans la découverte de cette personnalité. Aujourd’hui, profitant de ce 21 octobre,  évoquons ensemble la vie et l’œuvre de Isabelle EBERHARDT.

Elle est née « illégitime » en 1877 à Genève. Sa mère était mariée avec le général Paul de Moerder mais s’enticha du précepteur de ses enfants Alexandre Trophimowsky. Leur idylle donna naissance à une fille Isabelle. Philosophe, érudit, isabelle droitepolyglotte, on présume qu’il a joué un rôle dans le mouvement révolutionnaire Russe. Le vieux général va mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable et celle-ci accompagnée de Trophimowsky va voyager à travers l’Europe. Celui-ci est un anarchiste et c’est comme tel qu’il va éduquer la petite Isabelle. Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le turc.

A 20 ans elle quitte Genève pour le Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion, l’islam qui vont l’imprégner excessivement. Elle va dès lors mener une vie de nomade en Afrique du nord, se faisant passer pour un homme isabellesous l’identité de Mahmoud Saadi. Elle se convertit à l’Islam (personne n’est parfait) et rencontre Slimane Ehnni musulman de nationalité française sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901 ce qui lui permet d’obtenir la nationalité française à son tour. Elle va croiser Lyautey qui dira d’elle: « Elle était ce qui m’attire le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Elle sera victime d’une tentative d’assassinat le 29 janvier 1901 alors qu’elle accompagne Si El Hachemi, chef religieux de la confrérie des Kadiryas.

Revenue en Algérie, elle collabore au journal Akbar et couvre les troubles près de la frontière marocaine. Il y a sans conteste un côté Alexandra David Neel chez ce personnage. Le 21 octobre 1904, sa maison est emportée par un torrent qui transforme l’oued en piège mortel, elle ne survivra pas. Elle avait 27 ans. Son histoire a été portée à l’écran par Ian Pringle en 1992, dans un film éponyme, je crains qu’il n’ait pas laissé de grands souvenirs, dans lequel Mathilda May jouait son rôle et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçat, l’anarchiste publié en 1923, au pays des sables chez Losfeld éditeur. Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995. Ce petit bout de femme était un sacré bonhomme !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Monsieur William…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 20 octobre 2014, 29è jour de vendémiaire dédié à l’orge. L’orge fait partie de l’alimentation humaine depuis plusieurs milliers d’années, bien qu’elle soit relativement peu consommée dans notre quotidien. Céréale aux multiples usages, elle entre dans la fabrication du malt, qui compose la bière et le whisky. On connaît également la ORGEconfiserie nommée « sucre d’orge » : sa fabrication traditionnelle se faisait en mélangeant du sucre avec de la tisane d’orge. A propos de la théorie des genres, il faut savoir que selon les usages, l’orge est féminine… ou bien masculin. Nature, elle est féminine : de l’orge hâtive; décortiqué, il est masculin : de l’orge mondé ou perlé.

J’ai voulu rendre un petit hommage à cet immense poète qu’était Jean-Roger Caussimon au motif qu’il s’est éteint un vingt octobre en 1987 lui qui était né en 1918. Entre temps il nous a légué quelques unes des plus belles chansons de son temps reprises par les plus grands depuis Léo Ferre jusqu’à Arno, en passant par Catherine Sauvage, les frères jacques, Gainsbourg et tant d’autres. Il fut l’une des têtes d’affiche du cabaret le lapin agile pendant de nombreuses années et c’est là qu’il rencontra Ferré et que naquit une amitié qui jamais ne se délia.

Acteur de théâtre, de cinéma et de télévision, il fut un des pionniers des dramatiques à la radio, notamment sur France culture. Durant la seconde guerre mondiale il est fait J.R. Caussimonprisonnier en Silésie. Il « profitera » de sa captivité pour écrire de nombreux poèmes et une pièce de théâtre qui connu un vrai succès, la parodie de Faust.
Les musiques de léo Ferré vont contribuer beaucoup à sa notoriété, on se souvient de Monsieur William et A la Seine. Marcel Carné lui offrira un rôle dans Juliette ou la clé des songes aux côtés de Gérard Philippe. C’est sur les conseils de José Artur que Pierre Barouh lui fera enregistrer ses premiers disques.
On se souvient encore de sa participation dans le fameux film de Tavernier Le juge et l’assassin pour lequel il écrira plusieurs chansons dont La commune est en lutte et La complainte de bouvier l’étrangleur. Après sa mort, ses cendres furent répandues à la pointe des poulains à Belle-île-en-mer. J’avoue que j’ai une faiblesse pour Comme à Ostende quelque soit l’interprète.  

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Sacré Arthur…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la vérité toute nue et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 19 octobre 2014, 28è jour de vendémiaire, que les anciens républicains avaient dédié à la tomate. Il y a un peu plus de 150 ans (20 octobre 1854) naissait Arthur RIMBAUD, à Charleville dans les Arthur-RimbaudArdennes. L’auteur du « bateau ivre » et d’ « une saison en enfer » s’éteindra le 10 novembre 1891 à 37 ans après une vie pour le moins dissolue notamment avec son ami VERLAINE. Il faut se souvenir qu’il soutiendra les insurgés de la Commune en 1871…

Rien que pour cela il méritait bien ce clin d’œil. Quelques vers tirés d’ »Illuminations » justement: « J’ai tendu des cordes de clocher à clocher. Des guirlandes de fenêtre à fenêtre. Des chaines d’or d’étoile à étoile. Et je danse. » Allez, une petit verre d’absinthe en mémoire de tous ceux  qui nous ont accompagné sur les bancs de notre adolescence et plus tard. Verlaine, baudelaire, Appolinaire, Prévert, Desnos, Aragon, Eluard… La liste serait trop longue et je me demande si les ados d’aujourd’hui ont encore au fond de leur sacoche un livre de poche tout annoté de l’un de ceux là qui appartiennent maintenant au cercle des poètes disparus… Portez vous bien et à demain peut-être.

La vie augmente…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des banquets républicains et du fromage de tête réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 18 octobre 2014, vous lisez le 1969è billet posté chez « les cénobites tranquilles » ce qui tend à prouver que vous êtes encore devant votre écran d’ordinateur… Est-ce bien raisonnable ? Nos aïeux Républicains avaient consacré ce 27è jour de vendémiaire au piment. Essayez donc d’en mettre un peu dans votre quotidien, de la fantaisie, de l’impromptu, surprenez vous, osez, sortez des chemins battus et, comme le dit cette vieille chanson libertaire du XIXè siècle: Amusons nous, faisons les fous, la vie passera comme un rê-ê-ve

En attendant, me revoici à mon tour, devant mon écran avec autant d’inspiration qu’une poule devant une clef à molette. Parler , et entretenir ce sentiment diffus et frustrant de prêcher dans le désert, de parler à un mur, de pisser dans un violon, de peigner la girafe bref, de bricoler dans l’incurable. Car, oui, le blogueur est comme le pêcheur au bord de l’eau, il lance sa ligne, ses lignes, et il attend que ça morde. Il rêve de pêcheurla pêche miraculeuse, des milliers de lecteurs qui auront sucombés à la tentation du bon mot, et qui, dans un cri unanime, à travers mille et un commentaires enthousiastes viendront l’encourager à poursuivre sa croisade.

Mais le voilà tel le chevalier de la Mancha guerroyant contre les moulins à vent, dénonçant l’indicible, fustigeant les nantis, vilipendant les gens de robe, apostrophant ceux qui nous guillevicgouvernent sans jamais connaître l’écho de ses prouesses. Non vraiment, je le dis à tous ceux qui descendent dans la rue pour protester, parce que tout augmente; non la retraite n’est pas un long fleuve tranquille, ni une sinécure si vous avez choisi d’abreuver quotidiennement les sillons du web. S’il vous faut chaque jour, sur le métier remettre votre ouvrage. Ah, revienne le temps béni des cadences infernales, des heures sup’ et des journées qui finissaient à pas d’heure…
Enfin, quand je dis: tout augmente, relisez ce poème de Guillevic:(C’est vrai qu’il ressemblait à Robert Hue…)

Quand on nous dit :
La vie augmente, ce n’est pas
Que le corps des femmes
Devient plus vaste, que les arbres
Se sont mis à monter
Par-dessus les nuages,
Que l’on peut voyager
Dans la moindre des fleurs,
Que les amants
Peuvent des jours entiers rester à s’épouser.
Mais, c’est, tout simplement,
Qu’il devient difficile
De vivre simplement.

Allez, je plaisante bien sûr, mais quand je vous aurais remercié pour votre visite, j’aurai presque mis un point final à ce billet et dès lors, je pourrais écrire: Portez vous bien et à demain peut-être.

Noyés par balle…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 17 octobre 2014, 26è jour auberginede Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes et les uniformes aux flics et les flics à Papon et Papon aux pires saloperies qu’un individu puisse commettre. Triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961, mais la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous oblige à y revenir.

17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour protester contre le couvre feu imposer aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord. Selon Réné Rémond, notre siècle 1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens rafle 62sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération, n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.

Jean-Luc Einaudi a recueilli nombre de témoignages d’appelés du contingent affectés au service sanitaire, d’assistantes sociales et même de certains policiers décrivant la « vision d’horreur » qui les a saisis à l’entrée du Palais des sports ou du Stade de Coubertin. Les sévices sur les détenus se poursuivent jusqu’au 20 octobre où la salle de spectacle doit être libérée pour un concert de Ray Charles. Des centaines de dessin oas 61manifestants blessés ont été dirigés sur des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compte 260 blessés hospitalisés. Jean-Paul Brunet note que sur ces 260 blessés, 88 sont entrés entre le 19 et le 21, ce qui témoignerait de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre. Parmi les policiers, une dizaine a été conduite à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères. Certains des blessés hospitalisés viennent du Palais des sports où les 150 policiers qui assurent la garde des détenus se livrent à des brutalités dont le syndicaliste policier Gérard Monatte dira dans les semaines suivantes « …d’après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables ».

Cela relève peut-être de l’imprécation mais comment ne pas crier: Plus jamais ça ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Dandy or not dandy…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 16 octobre, 2014, 25è jour de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf. C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE et j’en profite pour évoquer cette figure de l’anticonformisme libertaire. Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d’un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Francesa Elgee, est une poétesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause portrait Oscar W.irlandaise face à l’Angleterre. Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d’une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l’extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l’université d’Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin, l’un des porte-paroles d’un mouvement culturel qui estime que l’art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d’un œillet, d’un lis ou d’un chrysanthème. Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881). Il devient très vite l’un des théoriciens de « l’art pour l’art », et le chef de file des « esthètes ». Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l’esthétisme.

De retour en Europe, il s’installe à Paris, où il écrit deux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883), (Véra ou les Nihilistes, 1883) . Il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse l’une de ses admiratrices, statue Oscar W.Constance Lloyd. Ils auront deux enfants. Il s’emploie également à défendre la cause féministe. Il est à noter qu’il fut Franc-Maçon et, ce fut donc le 16 février 1875 qu’Oscar Wilde fut proposé à l’Appolo University Lodge par Sinclair Franklin Hood et John Edward Courtenay Bodley. Le vote revint favorable. Wilde dut bénéficier d’une dérogation car il avait moins de 21 ans. Il fut initié la semaine suivante. Il atteint le 2e Degré le 24 avril 1875 et fut élevé à la Maîtrise le 25 mai de la même année. Il rejoignit la Churchill Lodge en novembre 1875. Il y remplit des charges comme Inner Guard (littéralement garde intérieur) en 1876 et Junior Deacon (Diacre) en 1877. Membre également de l’Oxford University Chapter n°40 (Rite Ecossais), il y atteint le Grade de Rose Croix (18e). A gauche, la célèbre statue de Merrion square à Dublin.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes. Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le Portrait de Dorian Gray, 1891). On lui doit aussi la célèbre pièce Salomé, créée par Sarah Bernhardt. Le portrait de DORIAN GRAY lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l’immoralité de certains personnages.
En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d’Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c’est le Marquis de Queensberry qui porte l’affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils .

tombeau Oscar W.

Oscar Wilde est condamné pour délit d’homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de l’Angleterre. Il sort de prison le 19 mai 1897, et s’exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C’est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth. Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise a Paris, où il repose sous un étrange sphinx ailé de l’américain Jacob Epstein (photo ci-dessus). Le visage, vu de face, évoque les traits de l’écrivain à la fin de sa vie. Cette sculpture fut « interdite de séjour » durant six ans par le préfet de Seine en raison du sexe masculin apposé à cet ange, sexe mutilé en 1961 par un prude ou un collectionneur. On raconte qu’il servit un temps de presse-papiers au conservateur du cimetière. et sa tombe est célèbre parce qu’elle est pleine des empreintes des baisers de toutes ses admiratrices.

Voilà, maintenant, jetez vous sur ses œuvres, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est la panne…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la prétérition et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 15 octobre 2014, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné 220px-Hippeastrum.overallview.arpson nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices, pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables. Ceci étant et, toute chose égale par ailleurs, je suis deux fois en panne. Primo, en panne de ouature, celle-ci ayant absolument refusé de démarrer ce matin malgré mes prières répétées. Secundo en panne d’inspiration car, lorsque je suis privé de moyen de locomotion, allez savoir pourquoi, cela m’inhibe les neurones.

Or donc, « Rien à glander today au club des métaphores » comme disait Léo Ferré dans un texte célèbre. Et pourtant, que n’aurait-on à dire et à redire de cette société qui s’en va à vau l’eau. Le moral des français est en berne et chute au même rythme que leur pouvoir d’achat. L’enthousiasme est mis en bandoulière, plus rien pour nous faire espérer en des lendemains qui chantent, des grands soirs et des merles moqueurs… Le temps des cerises, c’est râpé mon vieux camarade. Va falloir se faire une raison, raison d’État évidemment, de cet État déraisonnable qui veut nous faire rendre raison. Pourquoi on-ils tué Jaurès chantait Brel ? Les tribuns sont d’un siècle passé. Aujourd’hui la tribune appartient à Zemmour et consorts, bientôt à Laurel et Hardy, à Zig et Puce et pourquoi pas, à Castor et Pollux, à Dupont et Dupond, qu’ils soient de Nemours ou d’Isigny.

Nous, nous avions 20 ans en 68 et on voulait laisser le vieux monde derrière nous mais il a du ressort le bougre. Et le voilà qui ressurgit avec son cortège d’infamie et ses vieilles recettes à faire pleurer Margot, à faire trembler dans les chaumières. H._Cartier-Bresson_68L’ennemi c’est l’autre, l’étranger, l’immigré, le sans papier, le chomeur… Il faut revenir aux fondamentaux crie la droite à qui veut bien l’écouter. Mais les a t-elle jamais abandonnés ! Je rêve d’une droite qui passerait l’arme à gauche, d’une gauche qui retrouverait sa droite pour leur mettre sur la margoulette. Je rêve d’un séisme de magnétude encore jamais atteint, d’un tsunami dévastateur, d’un raz de marée en forme de ras l’bol, d’une déferlante innondatoire (!) qui les emporterait sur un impossible mont Ararat. Ah, qu’il est doux de rêver quand tout s’agite autour de vous. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.