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Et Jean-Marie chantait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la propédeutique et du lait d’ânesse réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 13 Décembre 2018, 23è jour de frimaire dédié au roseau. C’est la fête aux Lucie, sklerijenn en breton.

L’autre jour, un lecteur m’invitait à évoquer Jean-Marie Vivier. Kissa ? Tous ceux qui, comme moi, croyaient aux vertus de l’éducation populaire et fréquentaient les MJC dans famille bateau lavoirles années 60/70; ont forcément croisé un jour ou l’autre cet éternel troubadour digne héritier de Félix Leclerc qui d’ailleurs lui mit le pied à l’étrier. Il était de la veine des Kerval, Bertin, Magny, Tachan, Ferland, Budet et autres. Je l’ai rencontré la première fois à Nantes au bateau-lavoir, une guinguette nichée sur les bords de l’Erdre. Il ne donne plus que deux à trois concerts par an désormais. Bien loin de ses standards dans les années 1970, où il montait tous  le-bateau-lavoir-quitte-nantes-ce-matin-pour-nort-sur-erdre_4les jours d’été, sur la scène du Bateau-Lavoir « J’ai dû y faire quelques centaines de concerts, c’est ici que j’ai appris mon métier » explique t-il. Sur cette photo, on reconnait Gilles Servat, Tri Yann, Jacques Bertin, Patrick Couton, Georges Fisher, Patrick Ewen, Gerard Delahaye et Melaine Favennec, Yvon Menant, Michel Boutet, Bernard Meulien, Paul Meslet, Jean Vidaillac, Erwann Le Brenn qui s’étaient réunis à l’invitation de la « patronne » de ce haut lieu de la vie nantaise, Soisig Le Masson. Aujourd’hui, l’ancien cabaret ne sert plus que de maison d’habitation.

Or donc, Jean-Marie Vivier a d’abord été enseignant. A vingt ans, il est professeur et forme, avec des collègues, Les Troubadours. En 1966, il enregistre, à compte d’auteur, un super 45 tours tiré à… douze exemplaires ! Deux ans plus tard, à la suite d’un concours de la chanson à Évian, il enregistre son premier 45 tours « officiel » pour les disques D.M.F. (Disques Microsillons Français), petit label installé à Jean-Marie+VivierElbeuf. Jusqu’en 1971, date à laquelle il quitte l’Éducation nationale, Vivier concilie les deux activités : il enseigne la semaine et chante le week-end. Félix Leclerc, rencontré lors d’une tournée, l’encourage à se lancer dans la chanson. À 29 ans, Vivier démissionne de son poste d’enseignant et se consacre entièrement à la chanson. D’album en album, il prend plaisir à chanter les québécois : Gilles Vigneault (qu’il est le premier à interpréter en France), Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc, Claude Gauthier…

À Caen, il fait la connaissance de Jehan Jonas, mort en 1980 dans l’indifférence générale  et dont je vous ai parlé ici même.  Pendant douze ans, il s’attachera à faire connaître ses chansons et va en enregistrer près d’une quarantaine (Flic de Paris, Une histoire d’amour, un piano mécanique, un fleuve…). Sur son premier 30 cm, enregistré en novembre 1969, Jean-vivier chante jonasMarie Vivier propose un florilège des auteurs qu’il aime : Ferré, Golmann, Jean Yanne, Pierre Selos, Mouloudji, Aragon, Seghers, le québécois Georges Dor et, déjà, cinq chansons de Jehan Jonas. En 1988 et 1989, après une traversée du désert, sans maison de disques, Vivier enregistre quatre cassettes — une réédition et trois enregistrements publics dans des cabarets de la Drôme — pour les Ateliers du Spectacle, à Valence. En 1990, Luc Vidal, qui dirige les éditions du Petit Véhicule à Nantes, publie deux compacts. Jean-Marie Vivier continue de chanter et « sort » un disque tous les deux-trois ans.

Et voilà, mission accomplie. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Des contes à prier debout…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la liberté d’expression et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredbruyere-zi 12 décembre 2018, 22è jour de frimaire dédié à la Bruyère, plante emblématique de notre Bretagne. Et cela tombe bien car ce jour on célèbre les Kaourintin (Corentin), patron de la ville de Quimper… Il est un des sept saints fondateurs de la Bretagne et sa statue de granit trône déjà en la fameuse vallée de Carnoët.

Voici ce qu’en disait Albert Le Grand en 1636 dans son blog.

« Saint Corentin, premier Evesque de Cornoüaille, en la Bretagne Armorique, nasquit au même Diocese, environ l’an 375, treize ans avant que le tyran Maxime passast és Gaules, & fut, dés son enfance, instruit par ses parents en la Religion Chrestienne; ayant esté preservé pendant les guerres que le Roy Conan Meriadec fit aux garnisons Romaines, qu’il chassa entierément de Bretagne, il s’adonna tout de bon au service de Dieu; St Corentin G&, pour mieux y vacquer, & faire un perpétuel divorce avec le monde, il se retira en une solitude, dans une forest en la Paroisse de Plou-Vodiern, au pied de la montagne de S. Cosme (Plomodiern, au pied du Menez-Hom 29 -NDLR-) où il bastit un petit Hermitage près d’une fontaine, & passant en ce lieu les nuits & les jours en prieres & Oraisons, inconnu & retiré de toute conversation humaine. Pour sa nourriture & sustentation en cette solitude, Dieu faisoit un miracle admirable & continuel; car, encore qu’il se contentast de quelques morceaux de gros pain, qu’il mendioit quelques fois és villages prochains, & quelques herbes & racines sauvages, que la terre produisait d’elle-mesme, sans travail ny industrie humaine, Dieu luy envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel, tous les matins, se presentoit au Saint, qui le prenoit & en coupoit une piece pour sa pitance, & le rejetoit dob_6ec2e1_goustan-diminue-200x300ans l’eau, &, tout à l’instant, il se trouvoit tout entier, sans lesion ny blesseure, & ne manquoit, tous les matins, à se présenter à St Corentin, qui faisoit toûjours de mesme.» Curieusement, on retrouve cette même légende à propos de St Goustan: Il est souvent représenté avec un poisson à la main(ici à droite); c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant une part pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement.

Je me demande à quel point les évangélisateurs, qui concevaient ces contes à prier debout, étaient végétariens ? Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pauvre Rutebeuf…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des béatitudes et du maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça y est, nous sommes le Mardi 11 Décembre 2018, 21è jour de Frimaire dédié à l’érable à sucre. C’est aussi le jour anniversaire de laérable naissance de Jacques Douai. De son vrai nom Gaston Tanchon, né le 11 décembre 1920 à Douai comme son pseudo l’indique. Pour les plus jeunes je rappelle que Jacques Douai sera l’un des tout premiers à chanter Prévert et notamment les chansons du film « Les Visiteurs du soir » . En 1947, il est le premier interprète masculin de la chanson Les Feuilles mortes.

 

Jacques DOUAI était un prince de la chanson intemporelle. Les témoignages ne manquent pas sur l’impression qu’il dégageait, ainsi celui de Francis Claude, directeur du Cabaret Quod Libet dans les années 1948-49 : « Un soir d’hiver, une sorte d’apparition s’encadra sous la voûte de l’escalier douai1menant au caveau. Il était vêtu d’un duffle-coat couvert de neige et semblait être l’incarnation d’un Chopin expirant. Il vint à moi et me demanda simplement : « On peut chanter ? » J’acquiesçai, déjà séduit (…) Il chanta, et le sortilège produit son effet. L’assistance subjuguée, osant à peine applaudir… » (cité par Gilles Schlesser dans « Le Cabaret rive gauche, de la Rose rouge au Bateau ivre » , éd. de l’Archipel, 2006, ) Citons également le témoignage de Pierre Seghers écoutant Jacques DOUAI à l’Echelle de Jacob : « Tout à coup, à travers la fumée, le bar entier se mettait à louvoyer sur les marches du palais ou bien cinglait vers La Rochelle. Nous étions tous transportés dans un autre monde. » (cité par Gilles Schlesser, même ouvrage)  .

Allez, merci d’être fidèle, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’année à peine à fini sa carrière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sécularisation et de la fraise Tagada réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 10 décembre 2018, autant dire que l’année à pratiquement fini sa carrière (Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre Où tu la vis s’asseoir !) et c’est le 20è jour de frimaire dédié à hoyaul’Hoyau, autrement dit, la houe… « il n’y a d’autre Pomone ni d’autre Vertumne que la bêche et le hoyau du jardinier.» disait Voltaire dans son dictionnaire philosophique… Pendant que les princes qui nous gouvernent en sont à décider de l’importante, éminente, cruciale, et prioritaire question d’une loi sur l’épilation du lapin Angora… Continuons à rendre hommage à nos grands anciens, qui hantent, oubliés de tous, le panthéon révolutionnaire et sans qui les enfants seraient encore dans les mines et nous, nous n’aurions pas les congés payés, la sécu, les 35 heures et une paisible et maigre retraite pendant quelques temps encore avant la mise en œuvre de la Macron-économie…

Aujourd’hui, Vernon Richards: Le 10 décembre 2001, mort de Vero Benvenuto Costantino RECCHIONI plus connu sous lVernon Richards De pseudonyme de Vernon RICHARDS. Militant et actif propagandiste anarchiste anglais. Il naît le 19 juillet 1915 à Soho (Londres), où son père Emidio Recchioni (un anarchiste italien) s’y était réfugié et y avait ouvert une épicerie fine. En 1931, il suit son père à Paris où celui-ci milite contre le fascisme de Mussolini. Il est en relation avec la famille de Camillo Berneri, Giovanna sa compagne (qui lui apprend l’italien), et leurs 2 filles Marie-Louise, ici à gauche, (qui deviendra sa femme) et Giliana. Mais lorsque Emidio meurt à Paris en 1934, il rentre à Berneri GLondres pour s’occuper du magasin. Il n’en poursuit pas moins la lutte antifasciste et, en collaboration avec Camillo Berneri à Paris, il édite le journal bilingue « Free Italy/Italia Libre ». En janvier 1935, lors d’un séjour en France, il est arrêté et expulsé. En 1936, lorsqu’éclate la révolution espagnole, il se joint au groupe de militants qui éditaient Freedom pour publier à Londres le journal Spain and the World, principal soutien aux anarchistes espagnols.
En avril 1945, Vernon avec Philip Sansom et John Hewetson sont condamnés à 9 mois de prison pour incitation à la désertion. Marie-Louise Berneri est quant à elle acquittée (elle décèderaOrwell d’une affection virale en 1949). Membre du groupe « Freedom Press » basé à Whitechapel, Vernon publie « Freedom » jusqu’en 1965, et poursuit ensuite une collaboration au journal, en donnant de nombreux articles et traductions. Il exerce divers métiers, notamment comme photographe et on lui doit de fameux portraits comme celui de Georges Orwell, l’auteur de « 1984″ ici à droite. En 1968, avec Dorothy (Peta) Hewetson, ils se fixent dans le Comté de Suffolk et y produisent durant plus de 30 ans des légumes biologiques. Ah, les salades anarchistes…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Georges Perros…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des causes désespérées et des cailles aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Samedi 08 décembperros Dre 2018, 18è jour de frimaire dédié au Lierre… Allez savoir pourquoi, hier soir j’ai ressorti de ma bibliothèque un vieux manuscrit de Georges PERROS. Nostalgie peut-être de nos rencontres douarnenistes. Ce sont quelques feuillets griffonnés sur des bristols, dont il fit cadeau à mon aïeule, celle-là même que j’évoque souvent ici, pour la remercier de ses soins attentionnés (la bougresse était infirmière). Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cet inédit.

« On meurt de rire, on meurt de faim,  
On meurt pour blessure à la guerre,
On meurt au théâtre, à la fin
D’un drame où le ciel est par terre.
Il est cent façons de mourir.
Pour vivre on est beaucoup plus sage,
Il suffit de savoir moisir
Entre l’espoir et le fromage. »

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le roi est nu mais…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, Non classé, PORTRAIT

Amis de la démondialisation et du Reinsdyrsteik réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 décembre 2018, 17è jour de frimaire dans le calendrier républicain, dédié au Cyprès. En ces temps où la préoccupation majeure de nos élites consiste à s’interroger sur la couleur du gilet qu’ils vont porter pour le réveillon, j’avais envie de souhaiter un bon anniversaire à Noam CHOMSKY (7 décembre 1928).

Intellectuel américain, linguiste et socialiste libertaire (il s’identifie comme anarchiste depuis l’âge de 12 ou 13 ans). Il est membre de l’International Working People’s Association, comme l’a été son père, William Chomsky, ukrainien d’origine. C’est un militant et un activiste qui rattache son travail à la tradition de l’anarchisme et duNOAM D socialisme libertaire, dont il est sans doute, à l’heure actuelle, le plus célèbre représentant. Il s’engage politiquement, notamment contre la guerre du Vietnam à partir de 1965. Il publie en 1967 le texte « Responsabilités des intellectuels ». Lors de la marche sur le Pentagone du 21 octobre 1967, il est, avec d’autres, arrêté par la police fédérale et passe une nuit en prison. Son engagement public, depuis maintenant quarante cinq ans, a été remarquable de constance et de générosité et il s’est toujours caractérisé par le souci de parler non pas aux intellectuels, aux puissants, ou à ceux qu’Adam Smith appelait déjà les « Maîtres », mais aux gens ordinaires. La «globalisation» de l’économie est un noam-chomsky-shirt-buy-online-uk-cool-graphic-t-shirtsujet qui occupe une place particulièrement prépondérante dans certains écrits de Chomsky. Dans les analyses qu’il consacre à ce phénomène, Chomsky montre en particulier que le développement moderne du capitalisme voit l’ensemble des systèmes politiques, économiques et idéologiques progressivement envahis et pris en charge par ce qu’il appelle «de vastes institutions de tyrannie privée» dont les entreprises, les corporations transnationales, les banques, les systèmes monétaires et financiers fournissent aujourd’hui les modèles les plus achevés et les plus inquiétants.

En découvrant pour la première fois les textes de Chomsky où sont développées ces idées, il n’est pas rare que son lecteur soit tour à tour incrédule, horrifié et bouleversé. Mais Chomsky étaye solidement son argumentaire — en multipliant les notes et références, en donnant avec précision ses sources. Il analyse chomsky Dégalement les raisons et les moyens employés pour imposer à la population mondiale un système économique et politique tyrannique échappant totalement à son contrôle: la propagande. « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures » Lire La fabrication du consentement aux éditions Agone. mais aussi: Le Bouclier Américain (Serpent à Plumes, 2002) – Comprendre le pouvoir (Aden, 2005) – Instinct de liberté : anarchisme et socialisme (Agone, 2001) Idées cadeaux pour Noël…Voyez aussi ce blog qui lui est consacré. Une citation qui m’a inspiré le titre de ce billet: Le roi est nu mais il n’aime pas qu’on le lui dise

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’ajonc sur le bout de la lande…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la parabole et du veau marengo réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 06 décembre 2018, 16è jour de frimaire dédié à l’Ajonc, plante emblématique de notre chère Bretagne. A tel point que l’ajonc est venu prendre sa place au magasin des clichés d’une certaine poésie bretonne qu’Anatole Le Braz qualifiait de poésie passe-partout, invariablement calquée sur le même poncif, et qui n’a de breton que le nom. Ainsi écrivait-il avec un rien de moquerie: « Vous prenez quelques clochers Ajoncà jours, quelques calvaires, un air de biniou, trois notes de bombarde; vous ajoutez un brin de genêt, un bouquet d’ajonc-d’or, du vent, de la brume, de la pluie, de la mer; vous mêlez le tout, vous agitez fortement… et vous avez la Bretagne.» Il existe d’ailleurs une espèce nommée l’ajonc Le Gall qui doit son nom d’espèce à Nicolas Joseph Marie Le Gall de Kerlinou qui avait le premier différencié cet ajonc de l’ajonc de Provence, mais qui n’avait pu faire paraître l’ouvrage où il décrivait la nouvelle espèce avant que Planchon ne le fasse lui même en 1849. C’était un juge et néanmoins botaniste breton qui fut député du Morbihan entre 1834 et 1837. Sa maman n’était autre que Magdelaine Vincente Millon de Saint Goustan, très connue dans son canton. (j’emprunte le tire à Daniel Giraudon, professeur de celtique à l’UBO (Université Bretagne Occidentale) qui à produit une recherche exemplaire à ce sujet)…

Le calendrier des postes nous invite à fêter les Nicolas. Avant l’heure, c’est pas l’heure ! Avant Noël, c’est pas Noël ! Quoique, il n’y a encore pas si longtemps, dans le Nord, en Lorraine, en Belgique, la Saint Nicolas c’était Noël. Les rues s’animaient et le bon saint s’y promenait accompagné de son terrible acolyte, le père Fouettard, le premier complimentant les uns et l’autre châtiant les pêcheurs.

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champsst_nick_and_butcher-277x300
Tant sont allés, tant sont venus
Que vers le soir se sont perdus.
S’en sont allés chez le boucher :
Boucher, voudrais-tu nous loger ?
Entrez, entrez, petits enfants,
Y’a de la place assurément.
Ils n’étaient pas sitot entrés
Que le boucher les a tués,
Les a coupés en p’tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux

Je vous la fais courte: Un méchant boucher un peu psychopathe trucidSt-Nicolase trois personnes (quelquefois, trois enfants). Plus tard, passe St Nicolas qui les ressuscite. Et depuis, il distribue des bonbons aux petits enfants sages. Je ne sais pas pour vous mais pour ce qui me concerne, mon aïeule, qui faisait de la prévention comme d’autres font du tricot, m’a appris à me méfier des vieux messieurs qui offrent des bonbons aux petits nenfants. Aujourd’hui, les représentants des ligues bien-pensantes s’offusquent de la violence à la télévision, responsable de tous nos maux. Je me marre doucettement en constatant le cannibalisme, l’infanticide, et autres joyeusetés des contes de l’époque.

 

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

 

Amis de l’écologie et du ragoût d’hérisson réunis, bonjour !  Je m’apprêtais à vous parler de la pluie et de l’air du temps, de la reine d’Angleterre, des gilets jaunes, des jolies jeunes, du roi des cons, du petit prince, de tout et de rien, de la vanité d’écrire quoi… Quand, je pris conscience que nous étions le Mardi 05 décembre 2018, que la France riait jaune et qu’il pleuvait toujours sur Brest. C’est le 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil. En Bretagne c’est aussi la Saint Houarvian.

Houarvian était un barde de la Bretagne insulaire qui, à cette époque là (aux environs de 510), s’était rendu à la cour du roi Franc Childebert 1er pour participer au concours de l’Eurovision et suivre un Houarvianstage de harpe celtique auprès de l’ancêtre d’Alan Stivell. C’est alors qu’il rentrait chez lui en char-stop qu’il eut une vision. C’est bien connu, le char-stop est propice aux visions surtout si vous fumez quelques substances illicites… Donc, cette vision lui commanda d’attendre sa promise au bord de la fontaine de Landouzan, près du Drennec, en Finistère. Il y rencontra Riwanon et demanda sa main à son frère Rivoaré. Ils se marièrent à la mode de Bretagne et, vers 525, Riwanon donna naissance à Hervé. Puis ils se séparèrent pour mener une vie érémitique. Ce qui ne veut pas dire, mécréants que vous êtes, qu’ils étaient au RMI…

Aujourd’hui on peut visiter la chapelle de Landuzen, restaurée grâce au travail de l’association « Mignoned landuzen », au Drennec (29) et qui possède une cuve baptismale datant semble t-il de l’époque gallo-Romaine; ce qui, j’en suis convaincu, vous la baille belle. A sa mort, son épouse  renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude maichapelle Landuzenns, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interprètent Gousperou ar Raned (les vêpres des grenouilles – en vidéo ci-dessus ): Le chant est un dialogue entre un enfant et un maître (druide ?). Le maître demande à l’enfant ce qu’il souhaite savoir, ce à quoi l’enfant lui demande la première strophe d’une « série »  . Le maître chante la première strophe, puis repose la question. L’enfant demande alors la deuxième strophe. Le maître chante la deuxième strophe puis répète la première strophe. Puis l’enfant demande la troisième strophe et ainsi de suite. Le chant se déroule avec ces répétitions des précédentes strophes déjà chantées, jusqu’à ce que la douzième strophe soit chantée.

Et voila pourquoi votre sœur est muette. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vivre ma vie: Emma Goldman.

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la marine à voiles et de la fondue de poireaux réunies, bonjour ! Le Mardi 04 décembre 2018 correspond au 14è jour de frimaire que nos amis républicains avaient dédié au sapin. Bon d’accord, sur ce coup là, ils ne se sont pas donné beaucoup de mal. C’est aussi la sainte Barbe. Figurez vous que mon arrière grand-mère maternelle portait le doux prénom de Barbe, patronne des pompiers (oubliez pas le calendrier). Alors, en son honneur, le dicton du jour: Pour la Ste Barbe, le cénobite se fait la barbe !

Si vous cherchez une idée cadeau pour les fêtes, ne cherchez plus; les éditions de l’Echappée publient enfin une traduction intégrale de Living my Life, les mémoires d’Emma Goldmann (1869-1940). “Vivre ma vie : une anarchiste au temps des révolutions”, est le titre de cette somme incomparable dans laquelle l’anarchiste Emma Goldman mêle le souvenir de ses actions militantes à son ressenti. La traduction intégrale desVivre ma vie mémoires de cette immigrée russe qui, arrivée aux États-Unis à l’adolescence, fut une éternelle apatride est un événement sans précédent pour toutes celles et ceux qui souhaitent s’initier à l’histoire du mouvement anarchiste. Les deux traductrices, Laure Batier et Jacqueline Reuss, n’ont modifié dans le texte original que les erreurs historiques pour cette nouvelle version. Car réduire la vie d’Emma Goldman au parcours singulier d’une femme serait mensonger. S’il est exceptionnel, c’est aussi car elle traverse une histoire qui l’englobe : celle des luttes sociales aux Etats-Unis, dont peu de documents témoignent en France – à l’exception notable d’Une Histoire populaire des Etats-Unis (éd. Agone), d’Howard Zinn, adapté en documentaire par Daniel Mermet en 2015.

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à seize ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. goldmanElle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec living my lifecourage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation. Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affrontements politiques et la vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

Bon d’accord, c’est un pavé de trente euros mais on en a pour son argent, 1000 pages. Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Libres enfants de Summerhill…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du grand architecte et du p’tit cordonnier réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 décembre 2018, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre. En Bretagne on fête Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. C’est la plus petite commune de ce loc-envel_0-300x188département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat an noz dans la forêt du même nom. Envel lui, s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa sœur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons.

Tout à fait autre chose.

Je me souviens très bien de cette année 1971(peut-être bien 1970), lorsque Maspéro fait paraître le livre « Libres enfants de Summerhill ». Étudiants à l’IUT carrières sociales de Rennes, nous nous passionnions pour les questions de l’éducation, et ce livre nous SUMMERHILLPOURCONTRE-180x300avait profondément marqué. Sutherland Alexander Neill fonde l’école Summerhill au mois de décembre en 1921 près de Dresden en Allemagne. C’était un adversaire farouche de Maria Montessori à qui il reprochait son moralisme. Suite à plusieurs contestations et difficultés politiques reliées aux principes sur lesquels était fondée l’école, Neill déménage celle-ci dans le comté de Suffolk en Angleterre en 1924, près de la ville de Leiston. Au travers d’une vingtaine d’ouvrages et d’innombrables articles, il en a conté la vie quotidienne, ne manquant jamais l’occasion de susciter la polémique, brossant sans cesse le tableau d’un lieu où l’adulte n’a pas à imposer sa loi.

Les journalistes baptisent Summerhill l’école « à-la-faites-ce-qu’il-vous-plaira ». Pourtant, l’école, avec ses bâtiments de bois, son grand parc et ses arbres, apparaît, surtout l’été,Summer hill AG comme un lieu des plus agréables, véritable école à la campagne comme Ferrière pouvait en rêver au début du vingtième siècle. Mais, dans cette école, les cours sont facultatifs, les enfants, s’ils le souhaitent, peuvent jouer toute la journée ou se livrer à des activités manuelles dans l’atelier. Les soirées sont réservées à la danse, au théâtre , aux fêtes. S’il ne craignait la fermeture de l’école par les autorités, Neill ne poserait aucun interdit pour la sexualité.

Le samedi soir est réservé à l’assemblée générale. Durant cette réunion présidée par un élève élu, les enfants exposent leurs problèmes, en débattent, élaborent leurs lois et, dans cette assemblée, la voix de Neill, ni celle des autres adultes  A.S. Neilln’a pas plus de poids que celle d’un enfant. Après 68, quelques enseignants, je pense particulièrement à Paul Le Bohec, ont tenté de perpétuer cette pédagogie. Ah, Utopia, que ferait-on sans toi ? Aujourd’hui, l’heure est à la régression, la mode est au pensionnat, le must c’est l’uniforme, le summum c’est le centre fermé… Vous verrez qu’une large majorité va se dégager en faveur de toutes ces mesures consistant à mettre au pas ces brebis égarées, surtout si elles sont un peu bronzées et pas très catholiques.

Allez, merci encore de vous arrêter ici de temps à autre; portez vous bien et à bientôt peut-être.