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André Léo…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 Mai 2019, premier jour de Prairial dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier Prairialrépublicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Le 20 mai 1900, mort d’André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice. Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l’Internationale et bien sûr, communarde. Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu andré léobourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit en exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C’est vers1860 qu’elle commence sa carrière littéraire avec son roman « La vieille fille » puis « Un mariage scandaleux » qu’elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à « Ligue de la Paix et de la Liberté ». Allez, tiens, on est jamais si bien moqué que par soi même…

Très liée à Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». En compagnie de Maria Deraisme, créatrice de l’ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Elle rentreLogo_du_Droit_Humain_International à Paris début avril pour prendre part à la Commune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au « Cri du peuple ». Après son appel « Au Travailleur des campagnes » puis « Toutes avec tous », où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s’investit dans divers Comités de vigilance d’arrondissements puis à la Commission organisant l’enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d’Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse. Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.

Allez, portez-vous bien et à bientôt peut-être.

Comme à la parade…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’Eutonologie* et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 18 Mai 2019 et, ce 29è jour de floréal, dans le I-Grande-16731-engrais-vert-moutarde-blanche.netcalendrier républicain, était généralement dédié à la Sénevé. Cette plante que l’on voit de plus en plus souvent en bordure de champ et que l’on nomme aussi la moutarde blanche sert aussi de fourrage. Ce sont ses graines qui sont utilisées pour confectionner le condiment qui est à la saucisse de Molène ce que le ketchup est au hamburger…
*(science de l’agression, du stress, de l’inhibition. Voir les expériences de Milgram sur l’autorité et de Laborit sur l’inhibition de l’action)

Tout à fait autre chose…

Le 18 mai 1917, au plus fort de la Grande Guerre, le théâtre du Châtelet, à Paris, crée le ballet Parade. Cette création singulière, qui raconte les tourments d’une troupe de comédiens, a été suggérée à Diaghilev, fondateur des Ballets russes, par Jean Cocteau qui va en écrire le scénario. Le rideau de scène et les costumes vont porter la signature déjà prestigieuse de Picasso ! La musique est l’œuvre d’Éric Pablo_Picasso_and_scene_painters_sitting_on_the_front_cloth_for_Parade_(Ballets_Russes)_at_the_Théâtre_du_Châtelet,_Paris,_1917,_Lachmann_photographerSatie. Parade va révolutionner les arts, pas seulement la chorégraphie  mais aussi la peinture, la musique, la poésie et la littérature. Il va engendrer aussi le surréalisme. Le mot lui-même apparaît pour la première fois dans le texte que le poète Guillaume Apollinaire consacre à Parade. Il voit dans les décors et les costumes conçus par Picasso comme dans la chorégraphie de Messine une « sorte de surréalisme ». Une chose assez intéressante à savoir à propos du rideau de scène est que lors de son transport, il est tombé à l’eau mais n’a pas pu être sorti de suite ce qui lui donna un aspect délavé. Pablo Picasso conscient de cela, choisit de laisser le rideau tel quel. Ci-dessus l’artiste au travail entouré de son équipe.

Le mot parade reviendra quelques semaines plus tard, le 24 juin 1917, à l’occasion de la première représentation des Mamelles de Tirésias, une pièce écrite par le même Apollinaire et sous-titrée « drame surréaliste en deux actes et un prolog220px-Erik_Satie_Paradeue ». Le poète, de nationalité russe, s’était engagé dans la Légion étrangère dès le 5 décembre 1914. Il avait été gravement blessé à la tête par un éclat de shrapnel dans une tranchée, le 17 mars 1916, alors qu’il lisait le Mercure de France ! Réformé, il avait eu le loisir de reprendre ses travaux d’écriture et c’est ainsi qu’il avait inventé le surréalisme… Ce 18 Mai 1917, sur scène, le danseur Massine mime des gestes de la vie quotidienne suivi par un cow-boy, une fillette américaine à bicyclette sur fond de crépitement d’une machine à écrire et de crécelles, seuls bruits que Cocteau ait réussi à préserver. On voit un chinois, des acrobates. Cette parade hétéroclite surprend et surtout agace le public qui manifeste bruyamment. Le spectacle s’achève dans la confusion. Le surréalisme venait de voir le jour.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

TAJ MAHAL BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Vendredi 17 mai 2019, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des Boraginaceae ce qui, vous buglosse-300x256l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage ou je ne m’y connais pas…). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

https://youtu.be/Va7elbEorxA

Voici Henry Saint Clair Fredericks plus connu sous le nom de TAJ MAHAL. Evidemment il s’agit d’un joueur de blues. Il est né à New-York le 17 mai 1942. Son père était arrangeur de jazz et il fonde dans les années 60 les Rising sons en compagnie de Ry Cooder et Ed CassidTaj Mahaly. Excellent guitariste et harmoniciste il va participer à de nombreux festivals notamment le Fillmore West. Il va par la suite s’employer à enrichir sa musique en assimilant des rythmes des Caraïbes, de Salsa et d’Amérique latine. Il enregistre the Real thing au milieu des Pointer Sisters avec John Lee Kooker et le griot malien Ali Farka Touré. Il a joué le rôle du mythique bluesman dans le superbe film de Martin Ritt, Sounder. Sans doute le meilleur film jamais réalisé sur le blues. Il est amusant de noter qu’il est le propre frère de Carole Fredericks que l’on a beaucoup vu comme choriste aussi bien auprès de Polnareff que de Halliday et même Mireille Mathieu ou Céline Dion.

Allez, merci de votre visite, n’hésitez pas à repasser, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Clin d’oeil à betty Carter…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la trompinette et du ris de veau réunis, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes le Jeudi 16 Mai 2019, 27è jour de Floréal et c’est le jour de la civette; petit mammifère plus proche du blaireau que du chat d’après Buffon et qui sent comme un putois.

Carmen McRae déclara un jour qu’il n’y avait qu’une et une seule chanteuse de jazz : Betty Carter. Cette chanteuse américaine reconnue pour ses capacités d’improvisations et son style très personnel est née Lillie Mae Jones le 16 mai 1929 à Flint (Michigan).  Elle grandit à Détroit betty-carteroù son père dirige un chœur d’église. Elle étudie le piano au conservatoire de Detroit. Elle gagne un concours et devient une habituée des clubs locaux où elle chante et joue du piano. À 16 ans, elle chante avec Charlie Parker, puis plus tard avec Dizzy Gillespie et Miles Davis; excusez du peu. Betty aiguise ses capacités en scat en tournée avec Lionel Hampton à la fin des années 1940. La femme de Lionel Hampton, Gladys, la surnomme Betty Bebop, surnom qu’elle déteste. En 1963, elle part en tournée au Japon avec Sonny Rollins.

Dans sa dernière décennie, Betty perçoit enfin la reconnaissance qu’elle attendait. Elle signe en 1987 chez Verve qui ressort en CD la majorité de ses albums enregistré chez Bet-Car les rendant ainsi disponibles au plus grand nombre. En 1988 elle gagne un Grammy Award pour son album Look What I Got! et chante au Cosby Show (épisode « How Do You Get to Carnegie Hall? »). En 1994 elle se produit à la maison blanche et est la figure de proue du 50e anniversaire de Verve au Carnegie Hall. En 1997 elle reçoit la médaille des arts par le président Bill Clinton. Betty reste une chanteuse active jusqu’à son décès, d’un cancer du pancréas. Elle était connue pour travailler avec de jeunes artistes. Elle commence dès 1970 à recruter ses accompagnateurs parmi la jeune génération. Betty était aussi arrangeuse (ce féminin n’est vraiment pas beau.) et compositrice. Sa composition Open The Door devient sa signature; elle l’enregistra plusieurs fois, dans de nombreuses versions. Son enregistrement de 1964 fait partie de la bande originale du film American Beauty.

Et voila pour aujourd’hui. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

François Malicet, le figaro de Nouzon..;

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 mai 2019, 26è jour de Floréal 300px-Fusain-150x150dédié au Fusain. Certains vont célébrer la naissance de François Malicet (15 mai 1843) à Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe  Les déshérités,  on lui doit la fameuse devise: « … et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

François Malicet avait été arrêté et condamné à 25f d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret de Nouzon où avait été crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un barberpeu, il aurait porté un gilet jaune… Dès sa formation en septembre 1892, il adhérait au groupe anarchiste Les Deshérités dont l’un des  animateurs était Emile Roger et rencontrait cette même année Fortuné Henry venu faire une conférence et dont il deviendra l’ami. Dans une lettre datée du 21 novembre 1893, Fortuné Henry, emprisonné à Clairvaux, écrivait à Nicolas Thomassin : « Une poignée de main à Malicet le figaro de Nouzon ». Le 1er janvier 1894 il s’était opposé aux policiers voulant perquisitionner chez lui, les traitant d’assassins et de voleurs, leur criant « Foutez-moi le camp ou je vous brûle la gueule », les menaçant de leur jeter un baquet d’eau et concluant par un magistral « Je vous emmerde », ce qui lui valut d’être condamné le 13 janvier à 8 jours de prison. Lors de cette perquisition la police avait saisi diverses correspondances (avec Fortuné Henry, Bouillard), quelques journaux et une vingtaine de brochures anarchistes. Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.

Malicet portait une cravate noire striée de vert, les deux couleurs de ses idées politiques. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il anarchy_harpers’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Malicet lui demanda « Pourquoi que t’as fait ça ? – Pour vos sous ! – Fallait m’en demander, je t’en ai déjà donné, tu le sais bien ». Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin. Sources: dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Doudou de Sidney…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 14 mai 2019, 25è jour de floréal, et nous célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié ce jour dans leur calendrier.

Rapidement, quelques mots sur un musicien de jazz qui a poussé l’harmonie jusqu’à naître (1897) et mourir (1959) un 14 mai. Prodige musical, né au sein d’une famille créole (la famille serait originaire de Haute-Savoie, et plus sydney Gprécisément de Féternes), il a étudié auprès de Louis dit « Papa Tio » à la Nouvelle-Orléans. Je veux parler de Sidney Bechet. Sacré bonhomme qui se fit connaître en participant au groupe de Duke Ellington mais aussi comme un bagarreur impénitent; expulsé de Grande Bretagne, et de France après avoir passé plusieurs mois en prison à Fresnes, nous sommes en 1928. Il venait de passer plusieurs années dans la revue nègre de Joséphine Baker. En 1949 il revient s’installer définitivement en France. Il va imposer au monde entier son thème Petite fleur.

A la fin de sa vie, en 56, au cours d’une grande tournée en Belgique, il adapte le doudou, cette fameuse musique traditionnelle qui anime les jeux de la non moins fameuse ducasse MonsDucasse de Mons (Belgique), procession rituelle et cérémonie multiséculaire qui est assez déjantée pour vous faire oublier la grande soirée des gras à Douarnenez (Finistère-France). Ma fiancée et moi même ne ratons jamais une occasion de nous arrêter sur la grand’place de Mons pour y savourer une de leurs merveilleuses bières.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La danse de St Guy…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du Dadaïsme et des polyphonies corses réunis, bonjour ! nous sommes le lundi 13 mai 2019 et vous êtes encore devant votre ordinateur. Dans notre désormais célèbre calendrier Républicain, nous sommes le 24 de Floréal et c’est le jour de la Valériane. Plante médicinale utilisée depuis la haute antiquité, elle était censée atténuervalériane les effets de la danse de saint-guy (Chorée aigüe). Au Moyen-Age, cette maladie vous conduisait irrémédiablement vers le bûcher, au motif que vous étiez possédé. Aujourd’hui en France, cinq à six mille personnes sont encore atteintes de ce mal héréditaire. Dans les officines, on l’appelle aussi « l’herbe aux chats ». Son effet sur ces félins est dit-on inverse à ce qu’il produit chez l’homme. Chez nous, associée à l’aubépine, la valériane est utilisée dans les cas d’insomnie et de nervosité. Chez nos amis les bêtes, il semblerait que cela déclenche une intense nervosité proche de l’agressivité. Regardez l’extraordinaire modernité de ce ballet intitulé « Danse de saint-Guy » et qui date de 1943, extrait du Film Paracelsus de Georg Wilhelm Pabst (1943 Allemagne).

Allez, merci de votre visite, portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’école des sages et du camembert au lait cru réunis, bonjour ! Nous voici, déjà, le Samedi 11 Mai 2019 c’est à dire le 21è jour de floréal, dédié généralement à la fritillaire (ça ne s’invente pas) mais, il faut le reconnaître, c’est une très jolie fleur.

Tiens, voici les saints de glace…

Les saints de glace sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année. D’après les croyances populaires d’Europe du nord et de la mer Méditerranée, Mamert, Pancrace et Servais sont ainsi implorés par les agriculteurs et mis à contribution pour éviter l’effet sur les cultures d’une baisse de la température qui s’observe à saints-de-glace-263x300cette période et qui peut amener une période de gel (phénomène de la lune rousse). Une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre. La plupart des calendriers mentionnent actuellement d’autres saints à souhaiter ces jours-là : Estelle, Achille et Rolande. Le changement date de 1960. L’Église catholique romaine a décidé alors, de « remplacer » les saints associés aux inquiétudes agricoles (réminiscence de paganisme au regard du Vatican) par d’autres saints et saintes qui n’auraient aucun lien avec ces croyances populaires. Mais à quels saints se vouer… Ma doue benniget!

Comme disait Maïa l’abeille à son cousin qui avait le bourdon: « tout cela laisse l’essaim de glace » , allez, portez vous bien, soyez indulgent envers les humoristes à deux balles, et à bientôt peut-être.

Viva Donovan…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sixties et du poulet fermier réunis, bonjour ! Nous voici le Vendredi 10 mai 2019, 21è jour de floréal dédié à la statice, rien à voir avec l’Insee, c’est une petite plante que l’on peut apercevoir sur nos côtes.

C‘est aussi l’anniversaire de Donovan Leitch né en 1946 à Maryhill près de Glasgow, en Ecosse. Enfant, il contracte la poliomyélite qui le laissera boiteux toute sa vie. Sa famille s’installe à Londres quand il a dix ans où Donovanil apprend la guitare en s’inspirant des musiques folkloriques anglaise et écossaise. En enregistrant la maquette de « Catch The Wind », il fait la rencontre de Brian Jones et de celle qui va devenir sa muse, Linda Anne Lawrence. Remarqué par le producteur de l’émission Ready Steady Go!, son passage en 1965 lance sa carrière. Le 45 tours est aussitôt suivi par « Colours ». Alors considéré comme un clone de Dylan aux Etats-Unis, Donovan jouit d’une renommée en Europe, notamment en France où paraît le sautillant « Hey Gyp ». Bon, on écoutait aussi Malicorne et Led Zep, Brigitte Fontaine et Areski, The Doors et Ferré.

La première grande apparition publique de Donovan a lieu le 11/4/1965 à Wembley. Pour la première fois, un journaliste utilise le terme « folk rock ». Quelques semaines plus tard, Donovan fait la connaissance de Joan Baez et de Dylan alors en tournée anglaise. Son premier album Catch the Wind est un gros succès en Angleterre et fait de lui la vedette Donovan 33tdu festival américain de Newport en juillet. Il reprend la chanson « Universal Soldier » de Buffy Sainte-Marie en réaction à la guerre au Vietnam. Donovan s’éloigne alors du folk rock et s’oriente avant la lettre vers le psychédélisme. « Sunshine Superman » (voir la pochette à gauche) sort aux Etats-Unis en juillet 1966 où il atteint la première place au Billboard ; cette chanson est considérée à juste titre comme le premier hit du genre psychédélique. Début 1966, un documentaire intitulé A Boy Called Donovan le montre fumant un joint. Adepte du LSD et de la marijuana, Donovan est la première pop star à être arrêtée pour possession de drogue. Le gouvernement américain lui interdit alors l’entrée sur le territoire.

Sous son aspect angélique et inoffensif, sa voix mélodieuse et sensuelle, Donovan est non seulement un novateur mais aussi un provocateur : en 1966 sort le sulfureux Mellow Yellow (dont j’ai glissé la vidéo ci-dessus) d’aspect anodin et où il est question de vibromasseur et de détournement de mineure… Le single est un succès international, les stations de radio ne remarquant rien de « répréhensible » au texte caché. En 68 il se rend en Inde en compagnie des Beatles, nous sommes en plein Flower power, peace and love, combi VW et déjà, le shilom s’apprêtait à supplanter la bouffarde…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ay Carmela…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 09 Mai 2019, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir. Mais, en y regardant de plus près, notamment chez les pataphysiciens, on voit que ce jour est en réalité le Vendredi 20 Palotin 146 St Ti Belot, séide.

 
Voici le portrait d’une militante anarchiste Madeleine Lamberet qui nous a quitté un 9 mai en 1999 après une vie fort bien remplie. Elle était née à Paris en 1907 dans une famille de libres penseurs. Sœur cadette de madeleineRenée Lamberet, Madeleine avait commencé à dessiner dès l’âge de neuf ans et à peindre dès ses quatorze ans. Elle étudia à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, notamment la gravure, puis dans les ateliers de divers grands peintres dont Signac, Vuillard et Maurice Denis. Elle fit sa première exposition en 1929 au Salon d’automne. Elle obtint plusieurs prix dont en 1934 le prix Blumenthal, dont elle ne reçut que la moitié, parce qu’étant une femme ! Au début des années 1930 elle découvrait l’Andorre, les Pyrénées et l’Espagne dont elle aimait à peindre les paysages et ses habitants et y entra en contact avec le mouvement libertaire.

Au moment du coup d’état franquiste de juillet 1936, elle se trouvait en Andorre avec sa sœur Renée et les deux jeunes filles parvenaient à entrer en Espagne, épisode que Madeleine racontait ainsi : « En 1936 nous étions en Andorre en famille, nous avons appris les évènements de la révolution, mais il était très difficile de passer en Espagne. Quand mes parents sont partis, nous avons essayé de passer la frontière vers la Seo d’Urgell, nous avons essayé deux fois et avons été repoussées. madeleine coupleLa troisième fois, nous sommes allées sans rien, avec une petite robe légère, rien dans les mains, rien dans les poches et nous sommes arrivées à entrer en Espagne… Nous sommes rentrées par la Seo d’Urgell, Renée et moi, et nous avons été accueillies surtout par les deux miliciens dont j’ai fait les portraits, Carricondo et Peiret… ». (en photo: Madeleine Lamberet et Georges Grigoroff photo de Georges Makari). Toutes deux allaient être les témoins de la Révolution qui s’y déroulait. Tandis que Renée enquêtait sur les collectivités et accumulait informations et témoignages qui feront d’elle un historienne incontournable de la révolution espagnole, Madeleine l’accompagnait avec son carnet de dessin où elle croquait « sur le vif les militants anarchistes rencontrés » (dont Virgilio Garrido, Francisco Giner, Bernardo Pou, Baltasar Lobo et beaucoup de miliciens anonymes) et « des scènes de la vie quotidienne ».

Lors de la Retirada de février 1939 (un demi million d’hommes de femmes et d’enfants sur les routes de l’exil) elle participa avec Renée à l’aide apportée aux réfugiés internés dans les camps du sud de la retiradaFrance et, là encore, dessina plusieurs scènes poignantes au passage de la frontière au Perthus et au camp de Bram. Pendant la période de l’occupation nazie, elle utilisa « ses talents de graveur pour permettre aux camarades de survivre dans la clandestinité » et participa à l’atelier de faux papiers monté par le compagnon espagnol Laureano Cerrada. En juin 1998, avec le soutien du syndicat CNTF de la communication et de la culture, une exposition de ses dessins réalisés en Espagne fut organisée à l’espace Louise Michel dans le 20ème arrondissement à Paris.

Et voila, portez vous bien et à bientôt peut-être.