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What a wonderful wordl…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du développement durable et du linoléum réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 04 Août 2020 et pour nos amis du calendrier républicain, ce 17ème jour de thermidor était celui du lin. Mais le 04 Août 2020 est en réalité le Dimanche 22 Tatane 147 – Ubu es liens fête suprême seconde, nous disent les adeptes de la pataphysique. Il est par ailleurs possible que ce soit la date anniversaire de la naissance de Louis Armstrong mais, rien n’est moins sur.

Louis Armstrong naît dans un milieu défavorisé de la Nouvelle-Orléans. Difficile de fêter un anniversaire lorsque, a priori, on ignore la date de naissance du bénéficiaire. Or celle de Louis Armstrong demeure assez floue. L’officielle, si l’on peut dire, 4 juillet 1900, aurait été fixée par lui-même à l’occasion d’un recensement: jour de la fête nationale, dernière caricature-Louisannée d’un siècle, voilà une date facile à retenir pour un gamin quasi analphabète. Depuis, on a retrouvé dans les registres de l’église du Cœur Sacré de Jésus, à La Nouvelle-Orléans, un document situant au 4 août 1901 la date de naissance de Louis Armstrong (Niger illegitimus).  Placé dans une maison de correction à l’âge de 13 ans, il aurait pu plonger dans la délinquance mais la rencontre avec un professeur de musique va changer sa vie. Il sa met à jouer dans des orchestres, des fanfares, dans les clubs mais ne sachant pas encore lire les partitions, il compense en se servant de l’improvisation. Armstrong est alors surnommé Satchmo (pour « satchel mouth », littéralement « bouche de sacoche ») en raison de la taille de sa bouche.

En 1922, il quitte la Nouvelle-Orléans pour Chicago et connaît rapidement le succès. Il enregistre ses premiers disques sous son nom à la tête de son orchestre, le Hot Five. Le succès continue à New York où il se produit avec Fats Waller pour la revue Hot Chocolate. Il enchaîne Louissssles concerts aux États-Unis et en Europe à la tête d’un grand orchestre. Devenu une véritable star, Louis Armstrong tourne dans de nombreux films et se produit dans de nombreux pays sous l’égide du département d’État américain comme ambassadeur culturel. Il collabore avec Ella Fitzgerald sur trois albums. En raison de son âge, il se produit de plus en plus en tant que chanteur. C’est à cette époque qu’il enregistre ses chansons les plus fameuses Hello Dolly en 1964 et What a wonderful world en 1967. Louis Armstrong est un précurseur du jazz, c’est lui qui a inventé la forme musicale telle que nous la connaissons actuellement. A ce titre, il influencera tous les musiciens de jazz qui viendront à sa suite.

Allez, passez un bel été, gaffe au re-confinement, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De la ville d’Ys à Lexobie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 Août 2020 et, si j’en crois mon calendrier républicain, nous sommes le seizième jour de thermidor, dédié à la guimauve. Autrefois on utilisait la racine de cette plante pour produire la guimauvefameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’os d’animaux…Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de gauche); c’est bon pour les dents, disait elle… Nous on préférait le bâton de réglisse et le coco Boer. Par ici, ce jour, nous célébrons les Pergad qui fut durant un jour évêque de Tréguier mais qui fut surtout élève de Tugdual, chanoine et archidiacre de Lexobie. 

A une époque fort reculée de notre histoire, s’élevait dit-on à Saint-Michel-en-Grève ( Lokmikael-an-Traezh en Breton) une cité maritime puissante et belle, défendue par de bons remparts des attaques de ses ennemis et protégée des envahissements des flots par des digues, dont on ouvrait à certains moments les portes pour laisser entrer ou retenir la mer dans le port. Si l’on croit la tradition, « c’était une ville splendide, babylonienne. – Elle était bâtie de marbre, peuplée de palais, toute étincelante d’or : des remparts d’une hauteur colossale la ville d'Ysdéfendaient des attaques de ses ennemis d’un côté, et des digues, d’une solidité à toute épreuve, la protégeaient de l’autre contre les irruptions de l’Océan. » C’est exactement la même légende que celle de la ville d’Ys pour la baie de Douarnenez (à droite- magnifique gravure de René Quilivic). Voici ce qu’en disait vers 1850 M. Zaccone, dans un feuilleton intitulé La Ville aux Diamants: «A Lexobie, il n’y avait rien à craindre, et sûre de l’impunité, la cour du bon roi se livrait avec emportement à ces ténébreux excès qui avaient autrefois attiré la colère du ciel sur Sodome et Gomorre ! – Un jour cependant, Dieu ne pût voir sans être courroucé, le spectacle que la ville de Lexobie donnait à la Bretagne et au monde entier et il résolut de la détruire. La ville de Lexobie s’endormit la nuit suivante du lourd sommeil de l’orgie et ne se réveilla plus. L’Océan avait brisé ses digues puissantes, et l’on ne voyait plus à sa place qu’une immense nappe d’eau, silencieuse et morne…. ».

Saint-Michel-en-Grève revendique l’honneur d’être bâtie sur ses ruines. Quelques-uns prétendent qu’elle embrassait tout le pays où sont aujourd’hui les communes de Trédrez et de Ploulec’h et qu’elle était assez vaste pour qu’une extrémité occupât l’endroit où s’élève le hameau actuel du Yaudet et que l’autre extrémité dépassait la lieue de lieue-de-grève-235x300Grève. Mais Lexobie n’a pas été entièrement détruite, elle existe là, enfouie sous le sable de la lieue de Grève, cachée aux regards des mortels : la nuit de la saint Jean chacun peut y descendre par un escalier magnifique pratiqué au fond d’une grotte qui se trouve à l’entrée de la baie, derrière un rocher, lequel cette nuit là s’ébranle pour en livrer l’accès au premier coup de minuit et se referme au dernier son de la cloche. J’ai rencontré un vieux pêcheur du coin qui m’a affirmé avoir vu, par un soir de grande marée, émerger du sable les vestiges de l’ancienne cité. Et à Douarnenez, Michel Mazéas, ancien maire de la ville et amateur de plongée sous-marine, m’a raconté avoir vu dans la baie les restes d’une allée pavée, conduisant sans nul doute à l’entrée de la ville d’Ys… Le vieux marin de St-Michel a peut-être confondu grande marée et grande cuvée mais Michel, lui, était sobre comme un chameau; alors, allez savoir.

Merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Couesnon en sa folie…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis de le Bretagne éternelle et du lait Ribot réunis, bonjour !  Nous sommes le Samedi 1er août 2020, quatorzième jour de Thermidor dédié au basilic dans le calendrier républicain.

Le 1er août, les nostalgiques peuvent commémorer la bataille de Trans-la-forêt qui mit fin à l’occupation Normande. En effet, la Bretagne était occupée par les Normands depuis la mort d’Alain le Grand en 908. Venant d’Angleterre, Alain Barbetorte, comte du Poher et petit fils d’Alain le Grand débarque près de Dol en 936. Il remporte plusieurs plaque-plourivovictoires dont celle de Kastell Auffret à Plourivo (près de Paimpol) une plaque commémorative y est visible. Photo de droite. Continuant sur sa lancée, il prend Nantes en 937 et chasse les Normands de l’estuaire de la Loire tandis que le comte Even débarrasse le Léon de ses pirates (Vikings). Des groupes de Normands retranchés dans la forêt de Villecartier dévastent encore le pays de Dol et le pays Rennais. Le comte de Rennes, Juhel Béranger réclame l’aide de Barbetorte, pourtant son rival, nous sommes en 939. La cavalerie de Barbetorte, environ 1000 hommes écrase les Normands qui doivent repasser le Couesnon. Si cette bataille met fin à l’occupation, elle n’arrête pas les incursions normandes.

Le combat se serait déroulé un 1er août, jour qui correspond à peu près à la grande fête de Lug (dans   l’Irlande d’autrefois, Lugnasad était le temps des rassemblements   et des mariages. C’était aussi une fête agraire, un divertissement  collectif avec des jeux et des compétitions (foire, audition de poètes   et de musiciens, jeux, courses de chevaux,…). Elle était placée   sous le signe des échanges et de l’amitié: on y venait   sans arme. On lançait sur les pentes une roue enflammée qui   illustrait la descente vers l’hiver; et qui terminait sa course dans  Lugnasadune rivière, unissant ainsi le symbolisme du Feu à celui de   l’Eau.). Elle comportait trois obligations :Y venir fidèlement et sans hâte… Ne pas regarder par dessus son épaule gauche en la quittant… Ne pas y arriver après le coucher du soleil… « Au jour des calendes du mois d’août, jour que les bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les générations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux. » (Pierre Le Baud cité par La Borderie) Il faut ajouter, pour être honnête, que d’autres historiens comme André Chedeville, conteste cette version guerrière et pense que ce retour de souveraineté est davantage le fruit d’une action diplomatique d’Athelstan, roi d’Angleterre auprès de Guillaume Longue-épée. En tout état de cause, la Bretagne allait naviguer ainsi, bon an mal an jusqu’à son « annexion » en 1532. Allez savoir, c’est peut-être pour cela que l’on est plus galettes saucisses que camembert… Et qu’en revanche, par pure vilénie, le Couesnon en sa folie a mis le mont en Normandie !

Allez, après ce petit rappel historique, soyez prudents et à bientôt peut-être.

Méfiez vous de celui qui veut mettre de l’ordre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 31 juillet 2020, autant dire que c’est la fin du mois… A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ? C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Ignace de Loyola à qui l’on doit la création de la compagnie des jésuites.

C’est peut-être pourquoi j’ai choisi d’évoquer cet immense libre-penseur que fut Denis Diderot qui fit ses humanités chez les jésuites justement. Fils d’un riche artisan coutelier, il est destiné à la prêtrise220px-Denis_Diderot_111 et tonsuré à 13 ans. Au collège d’Harcourt à Paris, il devient maître ès arts à 19 ans. Il poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées » 1747, violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie.

En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les sept premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais encyclo_diderot-180x300l’Encyclopédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une semi-clandestinité. Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse » 1760, « Le Neveu de Rameau » 1761, « Jacques le Fataliste et son maître », etc. Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement. « Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans « Supplément au Voyage de Bougainville » 1772. Comment ne pas être d’accord ?

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

This is Buddy Guy…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis des brèves de comptoirs et du calendrier des postes réunis, salicornebonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 juillet 2020 et c’est toujours Thermidor. Aujourd’hui est dédié à la salicorne.  Abondantes sur nos côtes, ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d’œuvre. Mon aïeule, qui avait une vision très personnelle de la gastronomie, en mettait dans l’omelette ou dans ses salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts, c’est vous qui voyez.

Coup de chapeau à Buddy Guy.

Bluesman né un 30 juillet en Louisianne. Pour les plus jeunes, il est le père de la rappeuse Shawnna, très connue dans son immeuble. Dès son plus jeune âge il est influencé par John Lee Hooker et donne son buddy-Guypremier concert à Bâton-Rouge avec des bluesmen locaux comme Lightin’Slim dont je vous ai déjà parlé. En 1957 il débarque à Chicago la ville de ses idoles. La légende veut qu’il rencontre un inconnu qui lui demande s’il veut jouer de la guitare en échange d’un whisky. Il est aussitôt engager et joue avec Otis Rush. Et puis, c’est la rencontre avec sa première source d’inspiration, B.B. King. Plus tard, il va enregistrer avec Ike Turner, Muddy Waters et Willie Dixon.

Le véritable succès arrive au milieu des années 60 où il va enregistrer A buddy-guy-artman and the blues, this is Buddy Guy (avec Clapton) et surtout, Stone grazy. En 65 il entame une grande tournée européenne et fera en 70 la première partie de la tournée des Stones. C’est en 1989 qu’il ouvre son propre club à Chicago, Legend. En 90, grâce à un renouveau du Blues aux États-Unis et en Europe, il sort un nouveau disque qui relance sa carrière. Je vous conseille Sweet Tea, du blues lancinant dans la plus pure tradition. Il est aujourd’hui considéré comme une légende au même titre que BB King, John Lee Kooker, Muddy Waters ou Albert King.

Allez, voila pour le portrait du jour. C’était le 4770ème billet de votre blogue favori et, ça parle pas de s’arrêter ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pas de Panic…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’anticléricalisme et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 juillet 2020 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Panicum_capillare_NPS-1Panic. Ou plutôt au Panic. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante pourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ?

Tiens, par ici aujourd’hui, on célèbre les Gwilherm (Guillaume). Guillaume Pichon ou Pinchon était né à St-Alban (22) vers 1180. Évêque de St-Brieuc, il vécut à une époque de conflits très durs entre le pouvoir ducal et le clergé, envers lequel d’anciens griefs avaient ressurgi lors de l’assemblée des vassaux tenue à Nantes en 1225. Au cours de cet affrontement entre le Duc Mauclerc et les prélats de Rennes, St-Brieuc et Tréguier, Guillaume acquiert la considération de Rome qui en fait un autre la chapelle en N&BThomas Beckett, persécuté en défendant les libertés de l’Église. Il faut dire que, évêque de Saint-Brieuc, il vendit ses biens en 1225 pendant une famine, excommunia en 1226 le duc Pierre Mauclerc qui voulait déposséder le clergé, mais dut s’enfuir à Poitiers, rentra en 1230, entreprit la construction de la cathédrale Saint-Étienne, et mourut le 29 juillet 1234, il deviendra ainsi l’un des rares saints d’Armorique canonisés à Rome, le 15 avril 1247, par le pape Innocent IV. Le peuple breton l’a aussitôt intégré dans son corpus de croyances; à Langueux (22) par exemple, une table de pierre en granit dans un champ de la Ville-Néant, sur laquelle on remarque des caractères indéchiffrables, était dite table de saint Guillaume et à Loudéac (22) on y trouve chapelle et fontaine qui lui sont dédiées, tout comme celle-ci sur les bords de la ria d’Étel.

Vous n’allez pas me croire mais, il fait beau sur Brest… Allez merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Emile Masson, professeur de liberté…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! En ce Mardi 28 juillet 2020, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir; je voulais vous entretenir d’un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l’histoire: Emile Masson, né un 28 juillet en 1869.

Né à Brest, il n’est pas élevé en breton et n’apprendra la langue que emile massonplus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais. A Paris il fréquente les mouvements dreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue mensuelle bilingue en 1913 pour faire pénétrer les idées libertaires dans le milieu paysan. J‘avoue que les illustrations de couverture n’incitaient pas franchement à la rigolade; la plupart étaient signées du peintre Jean-Julien Lemordant. Ne pas confondre avec Bleun-brug (fleur de bruyère) mouvement créé par l’abbé Perrot dès 1905; curé réactionnaire, nationaliste et notoirementBrug collabo. Emile Masson a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais. Son œuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence… Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.

Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parcebretons-socialismeque ses idées anarchistes étaient faites d’amour et de fraternité. Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci: « …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton. » Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire « Les bretons et le socialisme » paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Bon et bien, je vous abandonne à vos méditations, mes tomates réclament leurs soins quotidiens et Dieu sait qu’il n’y a pas plus susceptible que la tomate… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jean Roumilhac: Un homme de bien…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Maçonnerie spéculative et du Homard Thermidor réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 juillet 2020 qui correspond au 9ème jour de thermidor, consacré à la mûre et non pas au homard… A vos confitures ! Rappelons nous que ce 09 thermidor a vu la chute de Robespierre…

Le 27 juillet 1949, mort de Jean Roumilhac dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire des études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la Jean_Roumilhac-207x300guerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone. Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature.

En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en solidaritécréant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ». Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tout l’été. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un p’tit pét’ et au lit…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du rêve éveillé et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 juillet de l’an de grâce 2020. Ce jour correspond auarmoise 7è de thermidor dédié à l’armoise, plante de la famille des astéracées dites Artémisia du nom de la déesse (remarquez que je vous épargne le jeu de mots sur l’armoise à pharmacie). Les Aztèques et autres indiens des Amériques utilisaient l’armoise pour des rituels et la médecine. Depuis les époques reculées en Europe l’herbe est un remède contre la fatigue et pour protéger les voyageurs contre les mauvais esprits et les animaux sauvages. Les indiens utilisent l’armoise toujours comme ‘sauge’. Ils utilisent l’herbe pour la purification spirituelle, pour chasser des mauvais esprits et des énergies négatives.

En Chine, des faisceaux de feuilles de Calamus avec l’armoise sont toujours utilisées comme talisman pendant le festival des bateaux dragon. On dit que l’armoise est utile pour l’induction de rêves lucides ph-Armoise-biolandes-1229957978-300x199et du voyage astral. Fumer ou consommer de l’armoise sous forme de plante ou en solution avant de dormir pourrait intensifier les rêves ou leur contrôle et aider à s’en souvenir. Au Mexique, l’herbe est souvent fumée comme substitut de la marijuana. Mon aïeule, que décidément rien n’arrêtait, s’en faisait une ceinture avant de nous emmener caracoler autour du feu de la St Jean.Avant l’extinction du feu il fallait y jeter la ceinture afin de se protéger de tout un tas de tourments durant l’année à venir. D’où son nom d’herbe de la st Jean. Ci-dessus: cueillette d’armoise au Maroc.

Si l’on en croit Albert le Grand, dans ses conseils aux pèlerins, il convenait de s’en faire une ceinture en marchant et ensuite la faire cuire pour s’en laver les pieds. Ainsi on ne se fatigue jamais; il reprend ainsi pétardles conseils déjà prodigué par Pline l’ancien aux voyageurs…  On dit que les coureurs de marathons enduisaient les semelles de leurs sandales de suc d’armoise pour se donner « des ailes aux talons ». Et puis tiens, puisqu’on en est aux confidences, savez vous que le nom de la ville de Tchernobyl (de sinistre mémoire) ou plutôt чорнобиль (tchornobylj) en ukrainien, désigne l’armoise, en particulier l’armoise ordinaire (Artemisia vulgaris). Il vient de tchorno = noir et bylj = herbe. Ces « herbes noires » sont très communes dans les steppes, où elles finissent pas se casser et par rouler sur de longues distances. Étonnant, non !

Allez, portez vous bien, gare au reconfinement, et à bientôt peut-être.

Une anche passe…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’ornithologie et du nid d’hirondelle réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 juillet 2020, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute évidence, ne peut bombarde-anches-le-bars-3049861207être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un compère musicien, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec (29), qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches en roseau de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait, des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau qui fut Roi ou  Comte de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île allée-couverteMilliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’États: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-retableGuimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre homme pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.