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Dansons la ravachole…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’art lyrique et du gigot d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes (déjà) le Samedi 11 juillet de l’an 2020, Vingt troisième jour de Messidor. Les républicains chargés du calendrier, dans leur immense sagesse et leur infinie ruralité, avait dédié ce jour au Haricot…

En règle générale, en particulier non plus d’ailleurs, je ne suis guère zélateur de ces agités du bocal qui sont porté sur la dynamite comme d’autres sur le Picon-bière. Mais celui-ci est emblématique de ce que fut l’anarchisme à une certaine époque. Le 11 juillet 1892, mort de François Koenigstein, dit Ravachol (du nom de sa mère), guillotiné à Montbrison. RavacholEtGendarmes-221x300Anarchiste expropriateur et vengeur dynamiteur. Il est né le 11 (14?) octobre 1859 à Saint-Chamond (Loire). Son enfance est misérable et il est contraint de travailler dès l’âge de 8 ans. Il devient antireligieux à la lecture du « Juif errant », puis anarchiste par révolte contre l’injustice de la société. Refusant son sort, il décide de voler ce qui lui est nécessaire. Le 15 mai 1891, il pille une tombe, mais ne trouve pas les bijoux escomptées. Le 18 juin 1891, à Chambles, il vole un vieil ermite très riche ; ce dernier se rebiffe et Ravachol le tue. Il sera par la suite soupçonné d’autres meurtres dans la région. Arrêté par la police, il parvient néanmoins à lui échapper et se rend à Paris après avoir fait croire à son suicide.

Révolté par le jugement qui frappe les anarchistes, Decamps et Dardare, il décide de les venger. Aidé par des compagnons, il vole de la dynamite sur un chantier et le 11 mars 1892, il fait sauter le domicile du juge Benoît. Le 27 mars, l’immeuble où habite le substitut Bulot est gravement endommagé par une explosion qui fait quelques blessés mais aucun mort. Dînant au restaurant Very, Ravachol se trahi par sesravachol de Maurin propos tenus au garçon Lhérot, qui le fera arrêter 3 jours plus tard. Jugé dès le 26 avril 1892, à Paris pour ses attentats, il est condamné au bagne à perpétuité. Il passe ensuite devant la Cour d’Assises de la Loire le 21 juin pour ses meurtres où il accueille sa condamnation à mort au cri de « Vive l’anarchie ». Ici à droite, un bois gravé de Maurin. Guillotiné, Ravachol devient un mythe de la révolte. « Messieurs, j’ai l’habitude, partout où je me trouve de faire de la propagande. Savez-vous ce que c’est que l’anarchie? »: Ravachol s’adressant à ses gardiens. Des chansons lui sont consacrées (La Ravachole, sur l’air de la Carmagnole). En vérité, un drôle de zig… Consacrons lui une petite place dans notre galerie de portraits.  

Et bien voilà, après cela vous pouvez participer à « questions pour un champion ». En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Remaniement…poils aux dents !

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’Alsace-lorraine et du munster au cumin réunis, bonjour ! munsterNous sommes le Vendredi 10 juillet 2020, 22è jour de messidor dédié au cumin; alors, sortez le munster et le Gewurtz la matinée va être longue! 10 juillet, 10 juillet, ça me dit quelque chose, ah oui, c’est l’anniversaire de mon cadet. Y’en a un du 10 et l’autre du 20 et tous les ans c’est la même histoire pour se souvenir de l’ordre. Vous vous souvenez du prénom d’Alzheimer vous ? De toutes façons, le 10 Juillet 2020 est en réalité le Jeudi 26 Gidouille 147 Ste Goulache,odalisque fête suprême quarte.

Or donc, nous avons un nouveau gouvernement. Aurons nous une nouvelle gouvernance… Je ne crois pas. Car, sur le fond ce remaniement est la continuation du macronisme en plus droitier tout en puisant essentiellement dans le vivier de la société médiatique et gesticulatrice. Tout est dans la forme, l’apparence, car sur le fond, point de révolution. Comme disait l’un de mes anciens patrons: on change tout mais on touche à rien ! Qui plus est, on prend ses distances avec la cinquième République en resserrant le pouvoir autour du président. Par ailleurs 3-juillet-2020-jean-castex-premier-ministre(comme le souligne Jancyves dans son dernier commentaire: Bientôt ce sera « les grosses têtes » de Laurent Ruquier à Matignon) nous entrons dans l’ère de la politique spectacle, la recherche de l’événement, la société du buzz, qui se substitue à la volonté d’une politique nouvelle. Ainsi se dessine l’avenir : les ministres ne se recruteront plus parmi les leaders politiques, mais parmi de grandes figures médiatiques. Quand aux changements espérés par les soignants; faut-il le rappeler, le nouveau Premier ministre a été directeur de la « Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins » au ministère de la Santé et des Solidarités de 2004 à 2006. À ce titre, il a mené la réforme du financement de l’hôpital via le passage à la « tarification à l’activité », la T2A, tant décriée aujourd’hui. Je vous laisse tirer les conclusions qui ne manqueront pas de s’imposer.

Mais bon, je rage, je peste, je m’égosille et c’est pas bon pour ma santé si j’en crois Boileau.

Muse, changeons de style, et quittons la satire :
C’est un méchant métier que celui de médire
A l’auteur qui l’embrasse il est toujours fatal
Le mal qu’on dit d’autrui ne produit que du mal.
Maint poète, aveuglé d’une telle manie,
En courant à l’honneur trouve l’ignominie ;
Et tel mot, pour avoir réjoui le lecteur,
A coûté bien souvent des larmes à l’auteur.

Allez, vite, ma solution hydro-alcoolique ( un volume de pastis, cinq volumes d’eau). Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Y’à qu’des honnêtes gens dans l’gouvernement…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique baroque et de la flûte boulangère réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 09 juillet de l’an de grâce 2020 et vous êtes encore devant votre ordinateur. Ce jour est le 21è de messidor dédié à chapelle-Kiriola menthe. En Bretagne on fête les Kirio. Petit saint local compagnon de Efflam (la grève de St Efflam est aujourd’hui malheureusement célèbre pour ses algues vertes) qui évangélisa la Cornouaille. Il existe à Trédrez-Locquémeau (22) une chapelle dédiée à Kirio et qui est d’ordinaire pleine de clous. Le bonhomme est en effet censé favoriser la guérison des furoncles.  Les origines de la paroisse de Trédrez demeurent obscures. Formé à partir du vieux breton treb, « village », auquel est associé le terme traez, « grève », le nom de ce bourg atteste d’une création du haut Moyen-Âge.

Tout à fait autre chose.

Connaissez vous Gaston Mardochée Brunswick? Si je vous dis Montéhus, ça vous aide? Non plus ! Et si je vous dis « la butte rouge »… Ah, vous voyez. Montéhus est un chansonnier de la belle époque, on lui doit notamment gloire au 17ème – la butte rouge – il est né peu après la Commune un 9 juillet 1872, il est mort en 1952.

Il publie sa première chanson en 1897 et choisit son pseudonyme plus facile à porter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme. A cette époque, la chanson a une place importante dans la culture populaire. Le temps des cerises, l’internationale, les anarchistes de Chicago, le chant du vote… On les doit à des auteurs comme Pottier, Gaston Couté ou Jean-Baptiste Clément dont je vous parle de temps à autre. Dans ses chansons, Montéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation capitaliste, à l’hypocrisie religieuse: « au lieu d’imposer l’travailleur qui enrichit l’gouvernement imposez plutôt les noceurs qui gaspillent tant d’argent. » C’est d’une actualité déconcertante. Il a aussi défendu la cause des femmes de façon remarquable. La grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905. Ce n’est qu’en 1923 qu’il composera La butte rouge qui fait référence à la butte de Bapaume dans le Pas-de-Calais (et non pas à la Commune), théâtre de violents combats sur le front de la Somme.

C’est un gars comme celui-la qui aurait du hériter du ministère de la culture. Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. En attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

May, la réfractaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 08 juillet 2020, 20è jour de Messidor, dédié au parc.

A propos de May Picqueray.

Née le 8 juillet 1898 à Savenay (Loire-Inférieure), morte le 3 novembre 1983 à Paris. Marie-Jeanne Picqueray passa son enfance avec ses frères et sa sœur en Bretagne et fréquenta une école privée que dirigeaient des sœurs. Son père était convoyeur postal ; sa mère, couturière en chambre, qui avait failli mourir en la mettant au monde, la détestait et l’éleva très durement. L’enfant travaillait assidûment à l’école et fut le réfractairereçue à dix ans et demi au Certificat d’études avec mention Très bien. Placée chez un négociant à Penhoët, elle y resta peu et fut engagée par une institutrice pour s’occuper d’un de ses deux fils épileptique. Considérée comme l’enfant de la maison, Marie-Jeanne partit avec ses employeurs et leurs deux fils pour le Canada. Venue à Paris en 1918, elle se lia à Dragui, étudiant en médecine qui l’initia aux doctrines anarchistes auxquelles elle adhéra. Elle participa aux sorties champêtres collectives que pratiquaient volontiers les compagnons, elle connut Sébastien Faure, Lecoin… Elle devint en 1922 secrétaire administrative de la Fédération des Métaux et assista au premier congrès de la CGTU, et fut déléguée pour accompagner Louis Chevalier, secrétaire fédéral, au IIe congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou. Elle profita de son séjour pour demander une entrevue à Trotsky au cours de laquelle elle obtint la libération de deux jeunes anarchistes russo-américains, Mollie Steiner et Sonya Flechine, condamnés à la déportation aux îles Solovietsky.

Bloquée à Moscou par défaut de passeport, elle put revenir grâce à de faux papiers remis par les autorités russes ; arrêtée à la frontière franco-belge, elle fut écrouée à Avesnes-sur-Helpe et condamnée pour usage de faux. Elle fut également, pendant trois ans (jusqu’en juillet 1926), la secrétaire particulière d’Emma Goldman qui résidait alors à Saint-Tropez. Elle revint à Paris pendant la guerre d’Espagne et travailla picqueray-D-pour diverses œuvres de bienfaisance. A partir de juin 1940, à Toulouse, elle s’occupa des camps de concentration français de la zone libre, en particulier des camps de Noé et du Vernet. Elle favorisa alors plusieurs évasions, puis se sentant suspectée, elle dut quitter la région. Elle n’en continua pas moins, de manière indépendante, à fabriquer de faux papiers pour des évadés ou des résistants de divers groupements. May Picqueray fonda l’association les Amis de Louis Lecoin pour continuer sa propagande et apporter une aide pratique aux insoumis, réfractaires et autres objecteurs de conscience. Elle fit paraître le mensuel Le Réfractaire (premier numéro le 1er avril 1974) jusqu’à son décès en 1983.  A Plogoff en 1980, aux côtés des femmes de marin et des grands-mères, elle jouait encore du lance-pierres contre la maréchaussée.

Et nous, on choisit Bachelot & Moretti pour diriger le pays; ma doue beniget ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Phares & balises…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du temps des cerises et du clafoutis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 07 juillet 2020 et certains vous ferons croire que nous sommes le 19 de messidor, journée consacrée à la cerise. Ah, vienne le temps des cerises !

En Bretagne, certains célèbrent Saint Teï, bon ben, c’est pas une obligation non plus. On sait peu de choses de son histoire si ce n’est qu’il vécut au VI ème siècle et qu’il fût disciple de Guénolé fondateur de l’abbaye de Landevennec.  Francisé sous la forme de They, il est connu dans le Cornwall, sous le nom de St Day. Il a donné son nom à Lothey, chapelle-st-They-300x224près de Chateaulin (29). Entre la baie des Trépassés et la pointe du Van, la chapelle de Saint-They, la plus vaste des chapelles de Cléden, surplombe le raz de Sein au bord de la falaise. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice d’Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. De là vient dit-on, le fait que les marins portaient souvent un anneau d’or à l’oreille. Il s’agissait d’être en mesure de payer le passeur le cas échéant. La légende veut que la cloche de la chapelle St-They sonne d’elle-même pour avertir les barques et bateaux en danger, de se mettre sous la protection du saint et de la SNSM réunis (magnifique photo de Nicolas Buisson).

« Nul n’a jamais passé le Raz qu’il n’encourut crainte ou trépas. »

Au large, on aperçoit le phare de la Vieille situé dans le raz de Sein et bâti sur le rocher de la Gorlebella. Le raz de Sein est la route maritime la plus courte et la plus sûre pour les navires circulant entre l’Atlantique et la Manche; en effet, plus à l’ouest, des hauts-fonds, l’île de Sein puis la phare-et-tour-213x300chaussée de Sein barrent la route sur plus de 30 milles. C’est cependant un passage très dangereux du fait du courant très violent généré par les marées (jusqu’à six nœuds en vives eaux), de la mer souvent déferlante, et de nombreux rochers. Le courant lève, même par brise modérée, une mer très forte, gênante y compris pour des navires d’un certain tonnage. C’est dans cet enfer que les petits ligneurs du Cap vont pêcher le bar. Les feux de la Vieille (ne pas confondre avec les vieux de la vieille) seront allumés le 15 septembre 1887, date de fin des travaux. Cette date est gravée dans la roche; sur cette photo, on voit encore la tour Temperley qui fut détruite par la tempête en 2008.

Voila, si vous passé dans le coin, n’oubliez pas le ciré Cotten. En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’ortografe selon Anna Mahé…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’émancipation féminine et de la potée bretonne réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 06 juillet 2020, 18è jour de Messidor dédié à la Gesse… Et, chacun le sait, c’est la gesse qui compte !

J‘essaye souvent d’alimenter ma galerie de portraits avec des personnages ayant eu un rapport avec la Bretagne. Voici une militante que tout un chacun s’est empressé d’oublier et qui fut pourtant pionnière en son domaine. Anna Mahé est née à Bourgneuf-en-Retz (qui se trouvait en Bretagne aux temps anciens) le pays de Retz est 220px-Libertad et L'anarchiecélèbre pour son Grolleau gris, vin de pays que m’a fait découvrir Jean-yves ) on appelait cela à l’époque, la Loire inférieure.  Longtemps institutrice, elle sera la compagne de Albert Libertad, de son vrai nom Albert Joseph dont voici la photo (à droite), tout comme sa sœur Armandine. Elle assure avec lui la direction de la revue l’anarchie tandis que sa sœur, institutrice comme elle, se charge de la trésorerie. Elles partagent toutes les deux la vie de Libertad, dont elles ont chacune un enfant; forcément, ça fait jaser; d’autant qu’elles s’engagent bientôt dans des relations affectives avec d’autres compagnons qui, comme elles, vivent au 22, rue du Chevalier-de-la-Barre, communauté d’habitat qui est aussi le siège du journal, et qui est surnommé le « Nid rouge » par la police et les journalistes.

Le groupe invente les sorties en musique à la campagne où au bord de la mer (voir photo en dessous à gauche). Anna est l’auteur de nombreux articles parus dans l’anarchie ainsi que dans la presse libertaire régionale et de quelques brochures. Elle écrit en « ortografe simplifiée », estimant que les « préjugés grammaticaux et orthographiques » constituent une source de ralentissement pour Libertaire-Plagel’apprentissage de la langue écrite et sont au service d’une entreprise de « distinction » des classes dominantes. Elle accuse « ces absurdités de la langue » sanctionnées par l’Académie de casser l’élan spontané de l’enfant vers le savoir et d’encombrer inutilement son esprit. Elle estime d’ailleurs trop précoce l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; l’initiation scientifique qui fait davantage appel à l’observation et à l’expérimentation devrait selon elle le précéder car il pourrait être un puissant stimulant pour le développement intellectuel de l’enfant. Anna se réfère aux pédagogues libertaires Madeleine Vernet et hérédité & éducationSébastien Faure, qui appliquent des méthodes de pédagogie active dans le cadre des internats qu’ils ont créés et animés. Elle a le projet de fonder à Montmartre un externat fonctionnant selon les mêmesprincipes pour les enfants du quartier, mais la réalisation de ce projet, longtemps différée pour des raisons financières, ne verra jamais le jour. Les rapports de police la décrivent comme une femme de caractère qui possède un fort ascendant sur Libertad, même après la fin de leur liaison. Pourtant, elle ne jouera plus qu’un rôle effacé après la mort de ce dernier et laissera la direction du journal à d’autres militants. Comme quoi, la Vendée n’a pas produit que des Chouans, des contre révolutionnaires, des Puy du Fou et des brioches.

Allez, si vous êtes dans le coin demain, n’hésitez pas à pousser la porte, c’est ouvert tous les jours. En attendant portez vous bien et à bientôt peut-être.

O bella ciao…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la pensée libre et des tagliatelles carbonara réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 04 Juillet 2020, seizième jour de messidor consacré au tabac. Par ici on fête les Balae: disciple de Gwenolé au VIe siècle, à l’abbaye de Landévennec. Il a laissé son nom aux communes de Ploubalay & Lanvallay.  « Lann Balae » deviendra « Lann Valay » par évolution du langage courant avec notamment la prononciation des « B » en « V » derrière une consonne, transformation caractéristique de la langue bretonne.

Vous ai-je déjà parlé de Leda Rafanelli ? Cette Toscane, on l’appelait « la gitane anarchiste », a marqué de son empreinte le mouvement libertaire. Elle fut même l’amie de Mussolini à l’époque où celui-ci se réclamait encore du socialisme révolutionnaire. Les gens l’ont oublié, mais notre cher Bénito n’a pas toujours été un dictateur fasciste mais bon, parlons de la belle Léda. Elle est née un 4 juillet en 1880 à Pistoia Leda Rafaen Italie. Militante et propagandiste anarchiste individualiste, féministe, antimilitariste, et aussi écrivaine. Elle s’intéresse très jeune à la question sociale. En 1903, elle est à Alexandrie, en Egypte. Se passionnant pour l’islam, elle se convertie et apprend l’arabe. Elle y fait la connaissance d’un jeune anarchiste toscan Luigi Polli qu’elle épousera. De retour en Italie, elle créé à Florence, avec Luigi, une maison d’édition et collabore à : « La Blouse » (1906-1910); « La Donna Libertaria » (Parme, 1912-1913). En 1907, elle rencontre le typographe anarchiste individualiste Giuseppe Monanni avec qui elle va désormais vivre à Milan. En 1908, elle fait partie avec Ettore Molinari et Nella Giacomelli du comité de rédaction de « La Protesta umana » (1906-1909), et poursuit sa collaboration aux publications libertaires : « Il Pensiero » de Pietro Gori et Luigi Fabbri; « Il Libertario »; « Grido della folla »; « Volontà »; etc. Elle crée ensuite, avec son compagnon, une revue de littérature anarchiste individualiste « Vir » puis « La Sciarpa nera », et s’investit dans la création d’une nouvelle maison d’édition. En 1910, elle donne naissance à un fils, Marsilio. Durant la guerre, fidèle à l’antimilitarisme, elle s’oppose aux interventionnistes. Laissons les « Mondines » (repiqueuses de riz) lui dédier Bella ciao.

Parallèlement à son action de propagandiste, elle construit une œuvre d’écrivaine et de poète. Mais avec l’arrivée de Mussolini, toute propagande anarchiste et travail éditorial devient très difficile. Le 7 février 1923, sa maison d’édition est perquisitionnée et la revue « Pagine Libertarie » est supprimée. Leda est arrêtée avec Monanni et d’autres compagnons comme Carlo Molaschi, Fioravante Meniconi, etc. ob_43a1a1_rafanelli-leda02-300x228La maison d’édition « Casa Editrice Monanni » s’arrêtera en 1933. Vers la fin de sa vie, Leda donne des cours d’arabe et collabore à « Umanità Nova ». Elle est l’auteure, sous divers pseudonymes, de nombreux romans : « L’eroe della folla »(1910); « Seme nuvo » (fresque historique relatant les luttes sociales); « Donne e femmine » (24 nouvelles relatives à des vies de femmes); « Verso la Siberia »; « L’Oasi » (qui critique l’exploitation coloniale); etc. Intéressante contradiction que cet amour de l’Islam et de l’Anarchie, on dit qu’à la fin de sa vie elle pratiquait beaucoup la cartomancie… Sources: Les travaux de Christiane Guidoni. Elle est morte à Gênes, le 13 septembre 1971. Etrange parcours n’est-ce pas !

Voici donc une « lutteuse » de plus qui va rejoindre notre galerie de portraits. En attendant les prochains, portez vous bien et à bientôt peut-être.

D’un coté ou de l’autre…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la démocratie participative et de la galette saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 03 Juillet 2020 qui correspond au quinzième jour de Messidor dans le calendrier républicain, jour dédié au diboan-276x300chamois (comme c’est izard). Et nous fêtons les Diboan, célèbre également sous le nom de Tu pe du  (littéralement : d’un côté ou de l’autre). Diboan ( sans douleur ) est souvent invoqué pour les maux et les cas désespérés; c’est vous dire si il a de l’ouvrage. Pourquoi d’un côté ou de l’autre ? Peut-être parce que ceux qui l’invoquaient lui demandaient la fin de leurs maux par guérison ou par décès, ce qui est la manière la plus définitive de faire cesser la douleur… Ce saint des dernières extrémités peut être consulté dans l’église de Gouézec (29) ou se tient une de ses statues; certes moins imposante que celle-ci érigée dans la vallée des saints à Carnoët.

En regardant de ma fenêtre l’affligeant spectacle du monde tel qu’il va, je ne puis m’interdire de méditer sur la devise maçonnique ORDO AB CHAOS. Devise, il est vrai, héritée des alchimistes et des illuminés de la Rose-Croix et réservée aux 33è degré du rite Ecossais. Actuellement,illuminatiDolar cette devise fait florès auprès de tous les tenants de la théorie du complot et du nouvel ordre mondial. Le Net bruisse de façon assourdissante de mille rumeurs et tous les zozos de la blogosphère y vont de leur couplet. Le désordre qui caractérise ce début de siècle, climatique, économique, sanitaire, social serait la face visible d’un dessein orchestré par des puissances occultes à seule fin d’instaurer un gouvernement mondial. L’ordre issu du chaos ! Et mon quai, c’est du port-rhu ! aurait ajouté mon aïeule qui maitrisait le contrepet comme d’autres la clarinette.

Tiens, justement, c’est le jour anniversaire de la naissance de Pierre Dewey LaFontaine, Jr., dit Pete Fountain, clarinettiste de jazz. Pete 2009+New+Orleans+Jazz+Heritage+Festival+Presented+gN4v73uA-JmlFountain commence à jouer en 1942 et obtient son premier engagement important en 1948. Il travaille ensuite au sein de plusieurs formations, et avec Al Hirt entre autres. Il connaît une popularité nationale lorsqu’il participe à une émission de télévision entre 1957 et 1959. Il ouvre alors un club dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans et se produit à Hollywood, Las Vegas, Los Angeles, Nashville et dans sa ville natale. Auprès du grand public américain, il semble, à l’instar de Papa Celestin, être devenu une institution locale. Il est décédé au mois d’août 2016 à la Nouvelle-Orléans.

Et voilà, jouez hautbois, résonnez musettes. Et surtout, portez vous bien et à bientôt peut-être.  

C’était le fils du père Hoël…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la communale et de la nostalgie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 juillet 2020, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. Mon calendrier breton nous invite à fêtest-Lunaire-statuer Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire (35) blottie entre la rivière Crévelin et la pointe du Décollé. On dit qu’il eut pour père Hoël, 1er roi d’Armorique qui succéda à Budic. Quand les Frisons envahirent le territoire (509), Hoël chercha refuge outre-Manche et c’est là que naquit Luner. Le bonhomme  a également été appelé Launeuc ou Lormel d’où les communes éponymes un peu plus à l’Ouest. Luner était donc gallois par le droit du sol. Plus tard,il débarqua à l’embouchure de la Rance et fonda un monastère qui donna son nom à la cité de Saint-Lunaire, où l’on peut voir son gisant dans l’église. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le saint homme et sa troupe devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. On voit ici à gauche sa statue créée par Olivier Levêque (ça ne s’invente pas) qui siège à Carnoët dans la désormais fameuse vallée des saints. On dit encore qu’il rendit l’âme le jour des calendes de Juillet de l’an 580 à l’âge de cent quinze ans. Voici un autre pierrot lunaire qui nous enchanta en 1965 avec la fille du père Hoël…

Il y a des jours c’est un peu n’importe quoi; je vous l’accorde. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Il est libre, Max…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la libre pensée et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 1er juillet 2020 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudrait nous le faire croire quelques arracheurs de dent.

Le 1er juillet 1766,   à Abbeville (dép.de la Somme). Jean-François Lefebvre, Chevalier de la Barre, est supplicié   (langue coupée, puis décapité) à   l’âge de 19 ans, pour exécution de la barreavoir refusé de saluer une   procession religieuse. C’est le bourreau Sanson qui lui coupera la tête. Il deviendra un symbole de la « Libre  Pensée ». Enfin, il est condamné à être brulé avec « le dictionnaire philosophique » de Voltaire accroché à sa poitrine. Voltaire qui écrira à ce sujet « le cri d’un sang innocent ». C‘est en 1897 qu’un collectif de libres penseurs obtiendra l’érection d’une statue à Montmartre. Une autre à Abbeville rappelle son   martyre. Financé sou par sou par une souscription de 100 000 billets de tombola à 25 Rue_du_Chevalier-de-La-Barre_(Paris)_-_plaquecentimes, le monument fut inauguré le 7 juillet 1907, par15 000 manifestants, venus à Abbeville par trains entiers. A noter que la première statue parisienne ayant   été fondue par les nazis durant la guerre 39-45, une nouvelle statue, différente de la première, a  été inaugurée récemment. Si vous vous promenez à Paris vous découvrirez une petite rue Chevalier de La Barre qui jouxte le Sacré-Cœur à Montmartre. Amusant non !

 

Le chevalier de La Barre reste un symbole pour tous les libres penseurs, athées, anticléricaux et autres mécréants amoureux de la liberté de penser dont votre serviteur se Chevalier_Jean-Francois_de_la_Barreréclame. En souvenir de Giordano Bruno et du chevalier de la Barre, je revendique le droit à railler, moquer, éreinter, critiquer, vilipender, toutes les religions. Je suis libre penseur, athée, anticlérical, libertaire, voire libertin, et revendique ce droit comme inaliénable et constitutif de mon état de citoyen libre. Que tous ces bigots peine-à-jouir retournent dans leurs églises, mosquées, synagogues et autres temples et arrêtent de me les briser menu avec leurs fatwas, leurs excommunications, et leur terrorisme anti-républicain.

Voilà, portez vous bien et à bientôt peut-être.