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Armand Robin des bois…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la musique trad’ et du bigorneau marinière réunis, bonjour ! Ainsi nous sommes au dernier jour de nivôse, Jeudi 19 Janvier 2017, dédié au crible, cet instrument qui servait à tamiser la farine. Demain débute pluviôse et, Oh miracle!, il ne pleut pas sur Brest…

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren). Traducteur, écrivain et poète libertaire. Je lui emprunte ces quelques mots pour vilipender le petit con qui a agressé Valls à Lamballe, au nom d’une pseudo idéologie identitaire bretonne: « Je ne suis pas breton, français, letton, chinois, anglais; Je suis à la fois tout cela. Je suis homme universel et général du monde entier. . .»
Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant Armand_Robindes rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen (29) où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian Gautier l’ont croisé. Témoignage : « Tous les vendredis soir, notre cousin Job le combat littéraireBerthelot, boulanger-pâtissier place du centre à Rostrenen, venait en char à banc à la ferme chercher un pot de crème pour garnir ses gâteaux du dimanche. [...] Un vendredi soir, alors que nous rentrions de l’école à bicyclette, Job nous parla longuement d’un poète, Armand Robin, qui, la nuit, le visitait en son fournil. Armand, insomniaque, venait y chercher la chaleur du four, mais aussi celle du cousin Job. De leurs conversations, nous n’eûmes droit qu’à des bribes. Des histoires de blé, de farine, de chevaux qui mâchonnent leur trèfle et de « temps qu’il fait ». Le monde d’Armand Robin parlait, la nuit, à celui de mon cousin Job. Par ricochets, nous en parvenait un reflet, « surgi du fond du peuple armé du fouet des mots ».
Ce témoignage de Jean Kergrist est extrait de la revue Hopala ! N° 40, septembre novembre 2012
Armand Robin aurait rajouter: « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré … Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue.»
Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur. Par ailleurs, un site lui est dédié.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

A la saint Gwendal le cénobite s’en va t-au bal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Mercredi 18 janvier 2017, 29è jour de nivôse dédié au Mercure.

Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal. Gwenaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il résigna son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans legouache anonyme cartulaire de Redon est un composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. Elle est surmontée d’une croix. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir Douarn-st-Vendal-300x214de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Son pardon était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si Davos m’était conté…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la gastronomie et de la brasse coulée réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 janvier 2017, 28è jour de nivôse dédié au Zinc (mais pas au bar).

L’édition 2017 du Forum économique mondial s’ouvre ce mardi à Davos, dans les Alpes suisses. Cette semaine a commencé avec des propos très déstabilisants de Donald Trump exposant à deux journaux des-policiers-deployes-le-19-janvier-2016-a-davos_5499883-300x199européens son dédain de l’OTAN, de l’Union européenne et de la chancelière allemande. Le même homme sera, à la fin de la semaine, sacré 45e président des Etats-Unis. D’ici là, la première ministre britannique, Theresa May, aura expliqué, comment elle entend organiser la sortie de leur pays de l’UE. Deux jours plus tard, jeudi, elle viendra à Davos tester les réactions d’une audience internationale aux modalités de son plan, sans précédent.

Ayant compris assez tôt qu’il y aurait cette année une sorte de vacance du pouvoir à Davos, entre deux administrations américaines, les Chinois ont décidé de combler le vide massivement : non seulement le Forum accueille la plus grosse délégation chinoise de son histoire, mais celle-ci est emmenée par le président Xi Jinping lui-même.
Fossé entre patrons et grand public. C’est la première fois qu’un président chinois fait le déplacement à Davos. Loin de Xi Jinpingl’abandonner, pourtant, ces élites aujourd’hui si contestées y viennent encore plus nombreuses : quelque 3 000 participants, dont 1 200 patrons et une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement se pencheront cette semaine sur le thème du « leadership réactif et responsable ». Ce thème est d’autant plus opportun qu’une étude PWC publiée à l’ouverture du Forum révèle un fossé béant entre les perceptions qu’ont les patrons et le grand public des effets de la mondialisation : 60 % des patrons les jugent positifs, tandis que ce chiffre n’atteint que 38 % dans la population. (d’après un article du Monde)

Et voila, pendant que les grands de ce monde se goinfreront de petits fours, chez nous c’est reparti ! Tous les ans, à l’approche de l’hiver, ils nous refont le coup de la panne. Enfin, celle qui devrait immanquablement se produire vu que la Bretagne est largement déficitaire en électricité. Le lobby nucléo-électrique ne désarme pas. Ils mettent tout en œuvre pour nous refiler une de leurs foutues centrales du 1er, 2ème, ou 3ème type. Nous pensions, pauvres de nous, qu’ils brennilisavaient compris la leçon après avoir du plier bagage dans le cap-sizun (Plogoff). Que nenni ! En attendant, la centrale de Brennilis, fermée en 1985, n’en fini pas de finir et n’est toujours pas démantelée. La faute à ICEDA qui disent… le petit nom de ce qui doit être une « installation de conditionnement et d’entreposage des déchets de moyenne et longue activité ». Autrement dit : l’entreprise pouvait démanteler le réacteur, mais ne serait pas en mesure de stocker ces déchets, susceptibles de rester dangereux pendant des milliers d’années. En construction à la centrale du Bugey, dans l’Ain, Iceda doit être opérationnelle un de ces jours mais elle est pour le moins controversée. Surtout, elle s’implante sur un site qui fait déjà l’objet d’une plainte, déposée en mars par la ville et le canton de Genève (Suisse) pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux ». Dans le paysage des monts d’Arrée, ce cadavre est encombrant. Mais son cercueil, en construction à l’autre bout de la France, l’est, semble-t-il, tout autant.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ni pour, ni contre, bien au contraire…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la vérité historique et du vin de paille réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 16 janvier 2017, 27è jour de Nivôse, dédié au Plomb.

Le débat entre les candidats à la primaire soit disant de gauche à une fois de plus mis sur le devant de la scène la sempiternelle question de la dépénalisation du cannabis. Rappelons nous: le 16 janvier 1920, le XVIIIe amendement à la Constitution des États-Unis d’Amérique interdit la vente mais aussi la consommation d’alcool sur toute l’étendue du pays. Cette « Prohibition » marque le triomphe des ligues de vertu.prohibition Mais il s’ensuit paradoxalement une explosion des trafics illégaux par des « bootleggers », ainsi appelés parce qu’ils cachent des bouteilles dans leurs bottes. Les organisations mafieuses d’origine sicilienne, transplantées aux États-Unis, sautent sur l’occasion pour étendre leurs activités avec des hommes comme Al Capone ou Lucky Luciano. La corruption gangrène la police et l’administration. La criminalité s’étend…  Devant un pareil échec, le gouvernement américain choisit sagement de reculer. Le 17 février 1933, au tout début de la présidence de Franklin Delanoo Roosevelt, est voté le Blaine Act du sénateur John J. Blaine, qui autorise la vente de bière. Et le 5 décembre 1933 est voté le XXIe amendement qui, tout simplement, annule le XVIIIe. La Prohibition cesse dès lors de ronger la société américaine.

Cheu nous que se passe t-il dans la réalité ? En mai 1978 : la « circulaire Peyrefitte » préconise d’opérer une distinction entre le cannabis et les autres drogues, en 1987 : la « circulaire Chalandon » introduit une différence entre usagers occasionnels et « d’habitude »,
non à la légalen 1999 : la « circulaire Guigou » recommande des mesures alternatives plutôt que des poursuites pour « simple usage », en avril 2005 : la « circulaire Perben » prône une réponse pénale systématique mais adaptée. En cas de possession simple, c’est un rappel à la loi, en février 2012 : une nouvelle circulaire dans le même esprit recommande des stages pour les usagers non dépendants, et des injonctions thérapeutiques pour les autres, enfin en octobre 2015 : le décret d’application de la « transaction pénale » autorise les officiers de police judiciaire à proposer une amende. Bref, on nage dans l’hypocrisie la plus totale.

Tiens, je vais m’en bourrer une petite, histoire de ne pas énerver mes nerfs. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

On n’est jamais trop Proudhon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du célibat pour tous et du mariage pour chacun réunis, bonjour ! En ce dimanche 15 janvier 2017, 26è jour de Nivôse dédié à l’étain; je sacrifie à la tradition en saluant le jour anniversaire de la naissance de Proudhon. En effet, le 15 janvier 1809, naissance de Pierre-Joseph PROUDHON, à Besançon. Penseur, économiste, sociologue et Pierre-Joseph_Proudhonrévolutionnaire, considéré par certains comme le « Père de l’anarchisme », même si son œuvre novatrice et variée n’est pas exempte de contradictions (en particulier sur la place des femmes dans la société, qui sera l’un des principaux griefs retenus contre lui). Après avoir travaillé dans l’imprimerie, un de ses premiers ouvrages voit le jour en 1840 : « Qu’est-ce que la propriété? » (vous connaissez la réponse: La propriété c’est le vol !). Ce livre fait immédiatement scandale. Le dernier « Avertissement aux propriétaires » est saisi. Proudhon, poursuivi, sera finalement acquitté.

Après la révolution de février 1848, Proudhon est élu, le 4 juin, aux élections complémentaire de l’Assemblée Nationale. Le 31 juillet 1848, il y prononce un violent réquisitoire contre la bourgeoisie. Début 1849, il tente la création d’une « Banque du Peuple », mais à la suite d’articles parus dans « Le Peuple », il est condamné à trois ans de Proudhon-childrenprison. Il y restera jusqu’en juin 1852. « La révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre » sort en juillet 1852. « De la justice dans la révolution et dans l’église », paru en 1858, lui vaut à nouveau 3 ans de prison, mais il se réfugie en Belgique, où il continue à écrire. Il rentre à Paris fin 1862. « Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution » paraît le 14 février 1863 alors que Proudhon est malade. « De la capacité politique des classes ouvrières » ne sortira qu’après sa mort, survenue à Passy le 19 janvier 1865. Théoricien du fédéralisme et du mutualisme, sa pensée aura une profonde influence sur toute l’histoire sociale des XIXè et XXè siècles.

Voilà pour le salut à ce grand bonhomme et comme le disait un de mes amis anarchistes et néanmoins amateur de calembours à la p’tit’ semaine: « On n’est jamais assez Proudhon ! » Portez vous bien et à bientôt peut-être.

De chat rires en syllabes…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 Janvier 2017, 25è jour de Nivôse dédié au chat dans notre calendrier républicain. Pour illustrer cette entrée en chat lunettematière je vous ai déniché une photo de greffier des plus croquignolesques. Ce qui devrait faire plaisir à Siné dont je collectionne les dessins de chat. Bon, je m’avance peut-être un peu mais je sais que de là ou il est, il consulte régulièrement Les cénobites tranquilles. Après tout, je continue bien de mon côté à lire assidument Siné-Mensuel en dépit de son absence. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie. Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ?

Ah oui, croquignolesque ! J’aime bien ces mots dont la phonétique donne d’emblée du sens, ces mots qui se laissent entendre, qui pieds_nickeles_pour_netprocurent du plaisir à les prononcer… Dans celui-ci, on entend Guignol, grotesque, et finalement, c’est tout à fait cela… De plus, il donne l’occasion d’évoquer Louis Forton, l’auteur d’une bande dessinée culte : Les Pieds Nickelés. Le dessin n’est pas génial, mais certains considèrent que « Les Pieds Nickelés » est le début de la bande dessinée française moderne, non sexiste, non raciste . Forton interrompt « Les Pieds Nickelés » de 1924 à 1927 pour dessiner « Bibi Fricotin » pour Le Petit Illustré, puis les dessinera jusqu’à sa mort en 1934.

Allez, je vous souhaite une bonne fin de semaine, attention, ça glisse. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Superstitieux ? Ah non, ça porte malheur…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la protosynthèse et des p’tits chanteurs à la croix de bois réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 (aie !) janvier 2017, et malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur… c’est le 24è jour de nivôse dédié au Cuivre.

Oui, nous sommes un vendredi 13, de triste mémoire, et qui doit sa réputation (parait-il) à ce jour d’octobre 1307 où, dès l’aube, toutes les polices et les gens d’armes de France et de Navarre, ont investi près de trois mille demeures sur l’ensemble du territoire, pour en arrêter tous templiersles occupants. En fin de journée, l’opération est terminée et il est encore impossible de connaître le nombre exact de ces arrestations. Nous sommes le vendredi 13 octobre 1307. C’est bien ce vendredi 13 qui sera à l’origine d’une croyance populaire, de bon ou de mauvais présage, qui persiste encore aujourd’hui, sept siècles plus tard.

Jaloux de leur puissance et de leur richesse, inquiet de leur pouvoir auprès du pape, ou bien mal informé par une campagne délétère, le roi de France, Philippe IV Le Bel, fait arrêter tous les Templiers du jacques-de-molay-230x300royaume, pour apostasie et mauvaises mœurs. L’Affaire est menée par Guillaume de Nogaret, qui fait adresser, dans le plus grand secret, dés le 14 septembre, des « lettres closes » à tous les Baillis et Sénéchaux du royaume, à n’ouvrir « qu’à jour dit ». Ce matin du vendredi 13, de Nogaret lui-même, dirige l’arrestation de près de 140 Templiers de la Maison Centrale de Paris. Sur tout le territoire, ils sont incarcérés, puis interrogés et torturés. Ceux qui réussissent à s’échapper sont repris le jour même. On leur propose le pardon ou la mort. Très peu abjureront. Peu de temps après, ils sont condamnés au bûcher, et dés le 12 mai 1310, 54 Templiers sont brûlés à Paris. Voilà pour les âmes damnées…

Allez, je m’arrête là, je dois aller faire mon loto… Portez vous bien et à demain peut-être.

La ballade défendue…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des bars-à-vins et du coquelet en sauce réunis, bonjour! Nous Villonsommes le Jeudi 12 janvier 2017, 23è jour de nivôse dédié au fer. Comme n’aurait pas manqué de le faire remarquer Bourvil: il faut le faire… Alors que je poursuis ma paisible retraite dans mon modeste ermitage et que les bruits du monde me parviennent assourdis par l’étrange lucarne, il m’est venu à l’esprit de relire Villon. Façon personnelle d’échapper au bruit et à la fureur des temps modernes;  Je vous ai mis de côté cette strophe qui ne saurait vous déplaire:

Sur mol duvet assis , ung gras chanoine ,
Lez ung erasier , en chambre bien nattée,
A son costé gysant dame Sidoine ,
Blanche , tendre , polie et attintée ,
Boire ypocras , à jour et à nuytée ,
Rire , jouer , mignonner et baiser ,
Et nu à nu , pour mieux des corps s’aiser
François VILLON …

Voila bien la philosophie qui sied à un cénobite. D’ailleurs, je vais de ce pas m’en resservir un petit en guise de solution hydro-alcoolique ce qugibeti devrait avoir un effet immédiat sur ce maudit rhume qui pourrait bien se transformer en méchante grippe si je n’y prends garde. Juste pour vous faire baver, il s’agit d’un Single Malt en provenance de Isle of Jura, un Signatory vintage millésimé 1997, bouteille N° 311… Quand je pense qu’à une lettre près notre poète porte le même nom qu’un ancien premier sinistre et un (peut-être futur Président de la République). C’est un coup à vous éloigner de la poésie où de la politique…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la St Hernin le cénobite va bien…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Mercredi 11 janvier 2017, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, le calendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la St Paulin… En vérité, en Bretagne armoricaine, c’est la St Hernin.

Hernin serait venu de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn. Le nom vient du vieux breton Harn, d’ou Loc-Harn. La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à st-herninSaint-hernin. Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’histoire de Sébastien le Balp, meneur des bonnets rouges (canal historique) nous est contée ici par le Grand Serge Kerguiduff avec qui nous avons vidé nombre de chopines du côté de chez Armand à St Brieuc.

L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. L’histoire aimant par dessous tout se jouer des ressemblances, c’est le maire actuel de Carhaix et créateur du mouvement des bonnets rouges (Christian Troadec) qui est candidat à l’élection présidentielle… Mais, code-paysan-300x240revenons trois siècles en arrière. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l’imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d’être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La peste d’Elliant…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la semaine des 32 heures et des causes perdues réunies, 220px-Page_de_garde_du_livre_la_vie_des_bienheureux_et_des_saints_de_Bretagne,_pour_tous_les_jours_de_l'annéebonjour ! Nous sommes le Mardi 10 janvier 2017, Vingt et unième jour de Nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement nommée: le gypse. En Bretagne, histoire de ne point faire comme tout un chacun, on fête les Ratian. Disciple de saint Guénolé, saint Ratian aurait protégé Elliant, Tourc’h, Langolen et les localités avoisinantes lors d’une épidémie de peste. Un chant du Barzaz Breiz transcrit par Théodore Hersart de La Villemarqué, mais qui daterait du VIe siècle l’évoque:

La peste d’Elliant
Entre Langolen et Le Faouët
Habite un saint barde
Qu’on appelle Père Raslan

Tre Langolen hag ar Faouet
Eur Barz santel a zo kavet ;
Hag hen Tad Rasian hanvet.

Dans les veillées et les festou-noz, La Peste d’Elliant ne se chante jamais sans qu’on y joigne la légende que voici :

« C’était jour de pardon au bourg d’Elliant ; un jeune meunier, arrivant au gué avec ses chevaux, vit une belle dame en robe blanche, assise au bord de la rivière, une baguette à la main, qui le pria de lui faire passer Louis_Duveau_La_peste_d'Elliantl’eau. — Oh ! oui, sûrement, madame, répliqua-t-il ; et déjà elle était en croupe sur sa bête, et bientôt déposée sur l’autre rive. Alors, la belle dame lui dit : — Jeune homme, vous ne savez pas qui vous venez de passer : je suis la Peste. Je viens de faire le tour de la Bretagne, et me rends à l’église du bourg, où l’on sonne la messe ; tous ceux que je frapperai de ma baguette mourront subitement ; pour vous, ne craignez rien, il ne vous arrivera aucun mal, ni à votre mère non plus. »

La peste (sans doute le botulisme d’après les historiens) à longtemps marqué les esprits et de nombreuses réalisations illustrent son souvenir. Ainsi, certaines silhouette sur le fût des calvaires sont accompagnées de bosses ou protubérances semi-sphériques qui sont censées rappeler les bubons de la peste. De ce fait, le calvaire est crois de pestegénéralement classifié comme une « croix de peste ». Dans son livre Mémoires d’un paysan bas-breton (dont j’ai parlé ici), Jean-Marie Déguignet y fait allusion: Cependant la Bossen, sa besogne terminée en Elliant, voulut passer en Ergué-Gabéric. Oh oui, mais la Dame de Kerdévot était là, en face, et lorsque celle-ci sut que la vieille voulait venir chez elle, elle courut vite sur le bord du ruisseau par où la mégère devait venir, et elles se rencontrèrent là, toutes deux face à face, une sur chaque bord . Il paraît qu’elles durent rester là un bon moment à se disputer, car j’ai vu là les deux pierres sur lesquelles elles durent rester en équilibre chacune sur un pied. On voyait [en] effet la marque d’un petit soulier sur la pierre du côté d’Ergué-Gabéric, et la marque d’un pied de cheval sur celle du côté d’Elliant. N’importe, la Bossen dut rebrousser chemin, et la commune d’Ergué-Gabéric fut sauvée de la peste.

Bon, ben c’est pas gai tout ça; aujourd’hui c’est la grippe qui nous caresse les narines. Vite, ma solution hydro-alcoolique. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.