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Une histoire de fou(t)…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 18 juillet 2018 c’est à dire le 30 de messidor etchalemie 2 c’est le jour de la chalemie. Il s’agit d’un ancêtre de la bombarde et du hautbois que l’on jouait généralement accompagné d’une cornemuse. La folie foutebalistique s’est un peu calmée, les hordes de Schtroumpfs avinés ont regagné leur canapé, Macron 1er a gagné en finale et le tour de France aborde la montagne.

Tiens, à propos de montagne, en Bretagne c’est la saint Tivizio, qui a laissé son nom à Landivisiau (oui je sais, cela n’a rien à voir…). Si vous passez dans le coin en vous rendant aux «vieilles charrues», vous pourrez admirer une très jolie fontaine qui lui est dédié. A 50 m de l’église, la ruelle Saint-Thivisiau, à droite de la place, débouche sur la fontaine de dévotion. A la tête de la fontaine 10 panneaux sculptés en kersanton de style gothique sont encastrés dans le mur lavoir & fontaineet on peut les admirer de près. Mais ils gardent le secret de leur origine. L’un représente un ange tenant un écusson pour la moitié Tournemine et l’hypothèse que l’on rencontre le plus couramment est celle de fragments provenant du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur et de sa femme Renée de Saint-Amadour et datant du XVIème. Sur les autres on y voit des moines et des nonnes en prière. La source alimente aujourd’hui trois grands bassins servant d’ornement à une place coquette, et un lavoir public. Les mères recommandaient leurs bébés au saint patron réputé agir contre le rachitisme: ou elles déposaient quelques vêtements de l’enfant ou elles habillaient la statue d’habits neufs. Les jeunes gens venaient consulter saint Thivisiau pour leur mariage: une épingle en bois retirée discrètement du corsage de la jeune fille et jetée dans la fontaine indiquait si la fiancée était vertueuse.

C’est quand même autrement plus passionnant que de savoir si la main de Maradona était guidée par Dieu ou pas. Allez, bel été, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Stange fruits…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du développement durable et des sauveteurs en mer réunis, plaisir-des-dieux bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 juillet 2018, 29è jour de Messidor dédié au Blé. C’est aussi la Ste Charlotte ce qui m’aurait autorisé à poster une vidéo de la célèbre chanson qui fit les beaux jours de la série de chansons paillardes le plaisir des dieux en 33t.

 

Le 17 juillet 1959 c’est la disparition de Billie HOLIDAY, la plus grande d’entre les grandes dames du jazz. Alors, à tout seigneur, tout honneur ! Ce billet lui sera exclusivement consacré. Elle était née à Baltimore en 1915. Enfance très difficile, viol à l’age de dix ans, couvent du bon pasteur… Jeune fille elle découvre Harlem, sa vie est faite d’hommes et de violences. Elle découvre aussi les lester-billieboites clandestines où l’alcool coule à flots et où le jazz résonne du soir au matin. La petite Eléanora adopte le pseudo de Billie et connait ses premiers succès dans les clubs de harlem où elle chante pour quelques sous. Elle se lie d’amitié avec Lester Young qui la surnomme Lady Day. Elle accompagne également Duke Ellington qui la fait tourner dans son court métrage Symphony in black. Elle devient dès lors une des vedettes du jazz new-yorkais et la voici qui chante bientôt dans le grand orchestre de Count Basie. Mais ses tournées sont souvent écourtées notamment dans le sud où elle ne peut chanter ni même réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec les musiciens.

C‘est en 1939 qu’elle va interpréter Strange fruit, métaphore du lyncstrange fruitshage des noirs. Mais c’est aussi l’époque de l’alcool et de la drogue et de ses liaisons féminines. Son nouveau compagnon Jimmy Monroe l’entraine vers la cocaïne, l’opium; il faut dire que c’est un escroc qui se retrouve rapidement en prison. Puis, malgré ses succès, c’est la dérive totale, dépression, drogue, alcool et retour vers la case prison. En 1951, c’est Louis MCKAY qui va contribuer à relancer sa carrière. Il faudra attendre 1954 pour qu’elle réalise un vieux rêve, une tournée en Europe. En 1955, Billie retrouve Carnegie Hall où elle participe au grand concert en hommage à Charlie Parker. Le 30 mai 1959 elle est admise à l’hôpital où elle décèdera le 17 juillet victime de sa cirrhose et d’une insuffisance rénale.

Billie Holiday s’est produite seulement deux fois en France et uniquement à Paris. En 54 et en 58. A l’issue de son passage au Mars Club, voici ce que disait Françoise Sagan: « C’était elle et ce billie-holiday-e1528307146895-700x365n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqures…Elle sautait un couplet, se tenait au piano comme à un bastingage… » et la Sagan elle s’y connaissait en matière de came. Aujourd’hui encore, dès les premières notes d’une de ses chansons, vous êtes saisis par cette voix à nulle autre pareille et qui vous serre la gorge comme un mauvais whisky. Mais bon, c’est pas non plus « la danse du canard » ou « le petit bonhomme en mousse ». Il faudrait des pages et des pages pour narrer la vie de cette artiste et ce blogue n’a pas une telle prétention.

Allez, merci d’être passé et merci pour vos commentaires toujours appréciés. Si vous partez, bonnes vacances, si vous revenez, bon retour, si vous ne bougez pas… Portez vous bien et à demain peut-être.

Quand on n’a rien à dire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la conscience éclairée et du maraîchage réunis, bonjour ! Nous sommes Lundi 16 Juillet 2018. Tiens, histoire de déroger un 17922406-fèves-fèves-isolé-sur-fond-blanc-peu à la haute tenue traditionnelle qui caractérise ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Et oui, nous sommes le 28 de messidor et Fabre d’Eglantine avait imaginé de consacrer ce jour à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois.

Alors que s’éloignent déjà les flonflons du bal. En ce lendemain du jour où la Nation se souvient qu’il est toujours possible de se débarrasser des gougnafiers qui les gouvernent, je vous avoue que je suis un peu sec; or donc, je vous renvoie vers ce billet consacré à Bernard DIMEY, intitulé: quand on n’a rien à dire. Parolier, écrivain,Dimey poète né un 16 juillet en 1931 du côté de Nogent (ça commençait bien !)  Mouloudji disait de lui: « c’est un tragique qui ne se prends pas au sérieux » Bernard Dimey restera parmi les poètes du XX° siècle aux côtés de Prévert ou de Vian… Eternel angoissé par la vie qui lui filait entre les doigts au fil de ses excès, il était une des figures de la place du Tertre dont il avait fait son refuge, et plus largement de tous les quartiers de Paris dans lesquels il déambulait des nuits entières, son carton à dessins sous le bras et dans lequel ses croquis se mélangeaient avec les bribes de poèmes ou les traits de génie qui lui venaient à l’esprit dans le feu de ses ivresses .

C’était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». J’ai connu quelqu’un qui dans ses moments d’ivresse répétait souvent: « On est entouré de petits… », sans doute un connaisseur…0yez ceci:
Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires
Ni les intellectuels, ni les gens du gratin
Ne comprendront jamais… C’est un mot de misère
Qui ressemble à de l’or à cinq heure du matin.
Ivrogne… et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire,
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard,
Qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire.
Venez boire avec moi… On s’ennuiera plus tard.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un Gai-Luron…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du contrepet et du homard grillé réunis, bonjour ! Et bien voilà, nous sommes le Samedi 14 juillet 2018 et, inutile de vous préciser qu’à l’instar de Jacques Brel, j’ai horreur de tous les flonflons, de la Salutvalse musette et de l’accordéon. Je rêve d’une grande parade d’où l’on aurait remisé tous les blindés, les fusils et autres avions semeurs de mort. Ce serait un immense défilé peuplé de jeunes filles en fleur, de jardiniers joviaux, de poètes échevelés, de moissonneurs en bras de chemise, de papy gâteau et de lady gaga. Et tout ce beau monde entonnerait La Ravachole dans les dédales de Montmartre.

Tiens, c’est l’anniversaire de la naissance de GOTLIB. Il est né le 14 juillet 1934. Il est dans sa jeunesse grand amateur des œuvres de Walt Disney entre autres, œuvres qui vont l’inspirer par la suite. Il commence tôt à faire ses propres illustrations, ce qui lui vaut de se faire remarquer à l’école, ses dessins dans les marges de ses rédactions lui valant des points en plus de la part de ses bonne soeur Dprofesseurs. Ses parents étant juifs, la police vient chercher son père en 1942. Quelques mois plus tard, sa mère, prévenue de la rafle par un gendarme, réussit à le cacher lui et sa sœur. Il ne reverra jamais son père. Après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1947, il passe trois ans au château des Groux , sorte d’orphelinat, où il découvre ce qu’il appellera plus tard les « filles du sexe opposé », et notamment Klara, une jeune fille d’origine hongroise. Cette partie de la vie de Gotlib a fait l’objet d’une autobiographie de jeunesse intitulée J’existe, je me suis rencontré. dans les années 1960, il dessine dans Record les conférences du « Professeur Frédéric Rosbif », dont certaines idées seront reprises ensuite pour son personnage du Professeur Burp dans la Rubrique à brac. Il illustre également des livres de contes pour enfants, comme Titou fait le ménage.

Entré au journal Pilote, il y crée en 1965 la série les Dingodossiers. Goscinny, alors rédacteur en chef du journal, apprécie l’humour de Gotlib, proche du magazine de BD satirique américain Mad où Goscinny avait lui-même travaillé un temps. Puis ce sera la création des fameuse rubrique à brac. Plus tard, en 1972, un autre Bang Gcollaborateur de Pilote, ami de Gotlib, Nikita Mandryka, se voit refuser une histoire du Concombre masqué par Goscinny. Déçu, Mandryka propose alors à Gotlib de créer leur propre journal. Avec l’aide de Claire Bretécher, ils lancent ainsi en 1972 L’Echo des savanes, où le style et les histoires de Gotlib vont énormément changer par rapport aux années de Pilote. Le 1er avril 1975, il lance son propre journal, Fluide glacial, « magazine d’Umour et de Bandessinées » avec son ami d’enfance Jacques Diament. Dans son nouveau magazine, Gotlib lance des bandes dessinées diverses, qui ont chacune marqué le neuvième art. On peut citer parmi les plus célèbres Rhââ lovely, Pervers Pépère, Superdupont, Gai-Luron…

 

Allez voila pour ce 14 juillet. Ressortez vos vieux albums, moi ça me fait toujours autant rire. Portez vous bien et à demain peut-être.

Bertrand du déclin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la métalinguistique et du catalogue de la Redoute réunis, 290px-Pintade_domestique1-150x150bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 juillet 2018 (aie), 25è jour de Messidor dédié à la pintade, décrite par Jules Renard comme la « bossue de la cour au crâne chauve et à la queue basse » qui « ne rêve que plaies à cause de sa bosse ». Cela vous évoque quelqu’un ? On dit que la pintade cacabe ou qu’elle criaille.

C’est un 13 Juillet, en 1380 que disparut l’affreux Bertrand du Guesclin. Oyez son histoire. Le 2 octobre 1369, dans sa résidence de l’hôtel Saint-Pol, dans le quartier parisien du Marais, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable en reconnaissance des services rendus. Le titre de connétable correspond au Moyen Âge aux fonctions modernes de chef d’état-major. Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l’étable (aussi appelé grand écuyer). Né un demi-siècle plus tôt au château de La Motte-Broons, près de Dinan, dans le duché de duguesclin_gisant_maxiBretagne alors indépendant, Bertrand Du Guesclin se signale très tôt par son caractère combatif (et sa laideur). Il fait ses premières armes dans la guerre de la Succession de Bretagne, aux côtés de Charles de Blois, le candidat du roi de France. Il se fera battre et même capturer à Auray par les Anglais du Prince Noir, alliés du camp rival. Charles V le fait libérer contre 100.000 livres, et lui demande en retour de libérer le royaume des Grandes Compagnies. Il s’agit de bandes de mercenaires qui, depuis la paix de Brétigny (mai 1360) et la fin des hostilités avec les Anglais, mettent les campagnes au pillage. Du Guesclin leur trouve une occupation en les emmenant de l’autre côté des Pyrénées où, là comme en Bretagne, se déroule une guerre entre prétendants à la couronne de Castille. Le premier choc est fatal à Du Guesclin. À Navarette, en 1367, il est capturé par le Prince Noir. Le Breton, par orgueil, fixe lui-même le montant de sa rançon au niveau qui sied à sa valeur… C’est ainsi que le roi Charles V le fait libérer en échange de 60.000 florins. Peu après, Du Guesclin prend sa revanche sur Pierre le Cruel et l’oblige à se réfugier dans la forteresse de Montiel. Capturé, Pierre 1er est tué par Henri de Trastamare. Fin de l’épisode castillan.

De retour à Paris, le mercenaire reçoit donc du roi le titre de connétable malgré les réticences des courtisans et des princes qui supportent mal le rude caractère du Breton. En l’honorant ainsi, le roi veut s’attacher son concours pour chasser les Anglais des dernières provinces qui leur restent sur le Continent et en finir avec une guerre qui n’a que trop duré (on ne l’appelle pas encore guerre de Cent Ans). Le chevalier breton, célèbre pour sa laideur tout autant que sa vigueur et son talent de stratège, accepte l’honneur qui lui est fait par le Conseil du roi et va s’en acquitter avec succès Bertrand-Du-Guesclin-213x300 Gpendant les dix années qui lui restent à vivre.À la fin, Du Guesclin chasse les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Il fait également la chasse aux routiers qui sèment la désolation. Il meurt de maladie à 60 ans, le 13 juillet 1380, en assiégeant un de leurs repaires, à Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Le gouverneur de la place se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros ! Si le personnage était sans peur, il n’était pas sans reproche. C’était un soudard et les massacres qu’il a perpétrés sur les Juifs d’Espagne n’ont rien à envier aux horreurs commises par les sbires des temps modernes. Sources:Vous pouvez lire :Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, trouvère du XIV siècle; Chronique en forme de chanson de geste, versifiée en français ancien, sur la vie de Bertrand du Guesclin. Ou bien consulter l’article de André Larané sur Herodote. Dans le mouvement breton (emsav) il était surnommé Bertrand du déclin tant son attachement à la couronne française hérissait le poil du militant. Résultat, en février 1977, la statue du connétable qui trônait au bord de la quatre voies St-Brieuc Rennes, à proximité de Broons (22), fut pétardée par le FLB.

Bon allez, j’entends les pimpons de la caravane du tour. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Benny Carter au saxo…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la botanique (nique-nique) et de la salade de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 juillet 2018, 24è jour de orcanetteMessidor, dédié à l’Orcanette. Oui je sais, y’en a pas beaucoup par ici… L‘orcanette des teinturiers est une plante méditerranéenne de la famille des Boraginacées, l’une des rares représentantes du genre Alkanna en France. Sa racine rouge servait autrefois à faire de la teinture, d’où son qualificatif. Elle est très basse et très velue, et pousse le plus souvent sur les sables du littoral, en touffes plus ou moins circulaires.

Allez, retour au Jazz et au saxo. 12 juillet: Anniversaire de la mort de Benny Carter. Dans les vieux 33t, on trouve encore l’orthographe Bennie Carter. Ce natif de New-York était un génial touche à tout: trompettiste, saxophoniste, chanteur, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre. Il a été un des grands du Jazz des années trente jusqu’à 1990. Il est mort en 2003 à Los Angelès.

 

Benny  Carter a passé son enfance à Harlem en compagnie de Duke Ellington et de benny carterBubber Miley auprès de qui il a appris la trompette. Quand il comprit qu’il ne jouerait jamais aussi bien que lui, il troqua sa trompette pour un saxophone. A 15 ans, il enregistre son premier disque (1927), un an plus tard il crée son propre big band. En 1935 il part pour l’Europe et devient l’arrangeur de l’orchestre de danse de la BBC. Entre Europe et Etats Unis, il va jouer, chanter et composer jusqu’à ses 90 ans. Il travaille pour les plus grands, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Louis Armstrong. Son plus grand succès a sans doute été: Cow Cow Boogie. Il reste un des premiers noirs à avoir écrit de la musique de film. Il a beaucoup inspiré Quincy Jones quand celui-ci a commencé à écrire pour le cinéma et la télévision.

Voila, vous vous mettez à l’ombre, vous vous servez un Planteur, vous déposez délicatement une vieille galette vinyle sur la platine (c’est pas très MP3 tout ça…) et vous regardez le tour de France attaquer les premières pentes des collines costarmoricaines (Mur-de-Bretagne). En attendant les résultats, portez vous bien et à demain peut-être.

La Ravachole…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’art lyrique et du gigot d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes (déjà) le Mercredi 11 juillet de l’an 2018, Vingt troisième jour de Messidor. Les républicains chargés du calendrier, dans leur immense sagesse et leur infinie ruralité, avait dédié ce jour au Haricot…

En règle générale, en particulier non plus d’ailleurs, je ne suis guère zélateur de ces agités du bocal qui sont porté sur la dynamite comme d’autres sur le Picon-bière. Mais celui-ci est emblématique de ce que fut l’anarchisme à une certaine époque. Le 11 juillet 1892, mort de François KOENIGSTEIN, dit RAVACHOL (du nom de sa mère), guillotiné à Montbrison. Anarchiste expropriateur et vengeur RavacholEtGendarmesdynamiteur. Il est né le 11 (14?) octobre 1859 à Saint Chamond (Loire). Son enfance est misérable et il est contraint de travailler dès l’âge de 8 ans. Il devient antireligieux à la lecture du « Juif errant », puis anarchiste par révolte contre l’injustice de la société. Refusant son sort, il décide de voler ce qui lui est nécessaire. Le 15 mai 1891, il pille une tombe, mais ne trouve pas les bijoux escomptées. Le 18 juin 1891, à Chambles, il vole un vieil ermite très riche ; ce dernier se rebiffe et Ravachol le tue. Il sera par la suite soupçonné d’autres meurtres dans la région.

https://youtu.be/Q_T9F7nSXgQ

Arrêté par la police, il parvient néanmoins à lui échapper et se rend à Paris après avoir fait croire à son suicide. Révolté par le jugement qui frappe les anarchistes, Decamps et Dardare, il décide de les venger. Aidé par des compagnons, il vole de la dynamite sur un chantier et le 11 mars 1892, il fait sauter le domicile du juge Benoît. Le 27 mars, l’immeuble où habite le substitut Bulot est gravement endommagé par une explosion qui fait quelques blessés mais aucun mort. Dînant au restaurant Very, Ravachol se trahi par ses propos tenus au garçon Lhérot, qui le fera arrêter 3 jours plus tard. Jugé dès le 26 avril ravachol1892, à Paris pour ses attentats, il est condamné au bagne à perpétuité. Il passe ensuite devant la Cour d’Assises de la Loire le 21 juin pour ses meurtres où il accueille sa condamnation à mort au cri de « Vive l’anarchie ». Ici à droite, une bois gravé de Maurin. Guillotiné, Ravachol devient un mythe de la révolte. « Messieurs, j’ai l’habitude, partout où je me trouve de faire de la propagande. Savez-vous ce que c’est que l’anarchie? »: Ravachol s’adressant à ses gardiens. Des chansons lui sont consacrées (La Ravachole, sur l’air de la Carmagnole). En vérité, un drôle de zig… Consacrons lui une petite place dans notre galerie de portraits.  

Et bien voilà, après cela vous pouvez participer à « questions pour un champion ». En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Pissarro ci, Pissarro là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Alsace-lorraine et du munster au cumin réunis, bonjour ! Aujourd’hui c’est Mardi, nous sommes le 10 juillet 2018, 22è jour de messidor dédié au cumin. 10 juillet, 10 juillet, ça me dit quelque Vinstubchose, ah oui, c’est l’anniversaire de mon cadet. Y’en a un du 10 et l’autre du 20 et tous les ans c’est la même histoire pour se souvenir de l’ordre. Vous vous souvenez du prénom d’Alzheimer vous ? C’est donc, permettez moi ce message personnel, l’anniversaire du jour où l’humanité vit apparaître parmi elle ce génie de la communication; plus créatif que Ogilvy, plus imaginatif que Bleunstein-Blanchet, plus délirant que Seguela… J’ai nommé l’animateur de Breizhtorm et néanmoins fils de son père, votre serviteur, ce qui ne l’empêche en aucune façon d’être à son tour, père de ses fils, ce qui, ipso facto, fait de l’auteur de ce billet le grand père des fils de leur père précédemment cité. Joyeux anniversaire donc.

 

 

Et puis tiens, histoire de faire un point sur le pointillisme ce qui, reconnaissez le, n’a strictement rien à voir, une pensée pour un grand peintre dont les amitiés anarchistes sont trop peu connues.

Le 10 juillet 1830, naissance de Camille PISSARRO. Peintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions. Son enfance se passe dans les Antilles. En 1855, il est à Paris pour suivre les cours des Beaux-Arts. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il expose au « Salon des Refusés ». Durant la guerre de 1870, il se réfugie en pissarroAngleterre, mais il est contraint d’abandonner de nombreuses toiles qui seront détruites par la soldatesque. De retour en France, il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes (qui ne rencontrent qu’incompréhensions). En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il se lie avec Signac et Seurat, découvre les idées anarchistes (comme bon nombre de néo-impressionnistes) et fait la connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Mais après l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio, il est recherché par la police. Il se réfugie en Belgique, et y rencontre Elisée Reclus. De retour en France, il participe à la parution des « temps nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ».

Bon allez, faut que je va faire les commissions comme disait mon aïeule; vu que la caravane du tour de France arrive dans mon quartier et que, ipso facto, la circulation va devenir problématique et quelque peu perturbée. portez vous bien et à bientôt peut-être.

La butte rouge…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique baroque et de la flûte boulangère réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 09 juillet de l’an de grâce 2018 et vochapelle Kirious êtes encore devant votre ordinateur. Ce jour est le 21è de messidor dédié à la menthe. En Bretagne c’est la saint Kirio. Petit saint local compagnon de Efflam (la grève de St Efflam est aujourd’hui malheureusement célèbre pour ses algues vertes) qui évangélisa la Cornouaille. Il existe à Trédrez-Locquémeau (22) une chapelle dédiée à Kirio et qui est d’ordinaire pleine de clous. Le bon saint est en effet censé favoriser la guérison des furoncles.

Connaissez vous Gaston Mardochée Brunswick? Non ! Si je vous dis Montéhus, ça vous aide? Non plus ! Et si je vous dis « la butte rouge »… Ah, vous voyez. Montéhus est un chansonnier de la belle époque (il n’aurait pas tenu longtemps à France-Inter), on lui doit notamment gloire au 17èmela butte rouge – Montéhus est né peu après la Commune un 9 juillet 1872, il est mort en 1952. Il publie sa première chanson en 1897 et choisit son pseudonyme plus facile à montehusporter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme. A cette époque, la chanson a une place importante dans la culture populaire. Le temps des cerises, l’internationale, les anarchistes de Chicago, le chant du vote… On les doit à des auteurs comme Pottier, Gaston Couté ou Jean-Baptiste Clément dont je vous parle de temps à autre. Dans ses chansons, Montéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation capitaliste, à l’hypocrisie religieuse: « au lieu d’imposer l’travailleur qui enrichit l’gouvernement imposez plutôt les noceurs qui gaspillent tant d’argent. » C’est d’une actualité déconcertante. Il a aussi défendu la cause des femmes de façon remarquable. La grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905. Ce n’est qu’en 1923 qu’il composera la butte rouge qui fait référence à la butte de Bapaume (et non pas à la Commune), théâtre de violents combats sur le front de la Somme. Il est mort en 1952, oublié de tous.

Et bien, il méritait bien une petite place dans notre galerie de portraits. Faudra publier cela un jour pour la culture de nos petits enfants. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

A tantoou Chino… Au revoir François.

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, PORTRAIT

Amis de la petite reine et du clafoutis réunis, bonjour ! Déjà le Samedi 07 juillet 2018, 19è jour de messidor dédié à la cerise. En Bretagne, outre la bicyclette, on célèbre aujourd’hui St Tei qui a laissé son nom à une très jolie chapelle non loin de la pointe du raz. Mais bon, cela ne collait pas pour la rime, donc… A la saint Raoul, le cénobite s’les roule !

Grande tristesse à c’teur, le gars Chino vient de casser sa pipe. En as tu ouï caosé seulement ? Chino c’est François en gallo. Oui, François Budet, le papa de Yelle et l’auteur de Loguivy de la mer a décidé d’aller voir ailleurs si j’y était. Nous avions fait nos études budet_mai_68-3625849d’animateur socio-culturel ensemble. Enfin, nos études c’est beaucoup dire. Mai 68 était encore chaud, IUT carrières sociales, Rennes, 1970. L’air du temps était aux expériences éducatives, la non-directivité, Summer hill, Rogers et Cie… Nous passions plus de temps dans la rue à protester contre la guerre au Viet-Nam, à soutenir les grévistes du joint français ou encore à affronter les fachos de la CFT qui faisaient régner l’ordre à la Janais (Citroën) quand ce n’était pas les flics de Marcellin; que dans les salles de cours.Tiens, Francois Budet c’était pas seulement les bluettes et loguivy de la mer. Ecoutez l’extraordinaire actualité de cette chanson.

François était déjà un peu notre grand frère et, mieux que nous, savait raison garder. En 76, après avoir été plus ou moins viré de photo-test-v3-036-854x1281son boulot d’agent d’aménagement rural dans le Mené (vous savez, Paul Houé, vivre et travailler au pays…), il décide de n’avoir qu’un seul métier, auteur-compositeur-interprète. Il va pas mal bourlinguer avant de revenir aux sources et de poser son sac à Plaine-Haute (22) non loin des chaos du Gouët. C’est là que l’on va se re-retrouver puisque je résidais à quelques encablures. Il poursuivra sa carrière tout en se consacrant à son mandat au conseil municipal. plus d’une dizaine d’albums et toujours le même humanisme.

Cela commence à devenir lassant tous ces potes qui s’en vont. C’est plus un blogue cela devient un bulletin nécrologique. Allez, faites pas attention, portez vous bien et à bientôt peut-être.