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Sur la route de Memphis Slim…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Vendredi 24 février 2017, sixième jour de Trille-rouge-fleur-01-300x199Ventôse dédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de la famille des Aristolochiacées. L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout.

C‘était la fin des années 60 (les sixties), une formation professionnelle m’avait entrainé dans la capitale. L’ami qui servait de guide au petit provincial que j’étais, me proposa de découvrir les caves de St-Germain et St Michel. Celle-ci se nommait « les trois mailletz » (sans doute en référence à une ancienne loge maçonnique) à travers l’écran de fumée 1200px-Aux_Trois_Mailletzdes cigarettes (quelle belle époque) on distinguait une scène minuscule sur laquelle officiait un pianiste de génie. Il s’appelait Memphis SLIM. Dans ce cabaret, rue Galande dans le quartier Latin, se produisaient Coleman, Armstrong, Count Basie et j’en passe. Haut lieu du jazz de l’après guerre jusqu’à ce que De Gaulle demande aux américains de rentrer chez eux. Magicien des claviers, Memphis Slim aura perpétué la tradition boogie-woogie, ce style piano-blues forgé dans les barrelhouses du Deep South. Fortement influencé par Roosevelt SYKES, le maître du style, Memphis Slim s’affirmera comme les des plus grands représentant du Chicago blues.

Après avoir accompagné des bluesmen tels que Big Bill Broonzy ou Ruby TAVERN, c’est avec l’arrivée du blues électrique, sous l’impulsion de Mmemphisuddy  Waters, que Memphis Slim crée la formation des House Rockers. Nous sommes alors en 1947, et débute pour Memphis Slim sa période la plus intense. Début des années soixante, après avoir   participé à la première tournée de l’american folk blues festival, Memphis Slim décide de s’installer en France. Son style, très apprécié en Europe, influencera le folk-blues de cette époque. Egalement très grand chef d’orchestre, Memphis Slim aura joué tout au long de sa carrière avec les plus grands noms du blues, laissant derrière lui quelques enregistrements incontournables dans l’histoire du blues. De son vrai nom John len Chatman, il est né à Memphis dans le Tennessee. Il est mort à Paris un 24 février en 1988 après avoir enregistré plus de trois cent disques…

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La complainte de la butte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’utopie rafraîchissante et du lapin au cidre réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 23 février 2017 correspondant au 5è jour de ventôse qui était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit.

Le 23 février 1903, à Paris. Mort de Jean-Baptiste CLEMENT (né le 31 mai 1836, à Boulogne). Communard, il le fut, et auteur de la célèbre chanson Le Temps des Cerises. Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets « Les Carmagnoles », « 89 », etc. Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est clement Gavec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu’après l’amnistie de 1879. Il devient socialiste, et s’engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats, etc. J’ai déjà eu l’occasion d’ évoquer ici ce révolutionnaire , anarchiste, syndicaliste et Franc-maçon mais, l’art de la pédagogie c’est la répétition, n’est-il pas ? Ici, une magnifique photographie que l’on doit à NADAR. Tiens, laissons à Mouloudji le soin de nous embarquer vers les hauteurs de la butte, ça craque un petit peu mais c’est là tout le charme. Message personnel pour Rem* (en toute amitié): le vieux poste TSF, Ducretet-Thomson, sur lequel il écoute mes billets, ne permet pas la lecture de vidéo.

Le Temps des Cerises fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris. En 1885, il fonde le cercle d’études socialiste, l’Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes. Il est initié tombeau clementFranc-maçon en 1898 à la Loge « Les Rénovateurs » à Clichy, près de Paris. Lorsqu’il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistèrent à la cérémonie. Ce fut certes un grand parolier mais pas un grand visionnaire… Un siècle et demi plus tard, les pauvres ne me semble pas sur le point de prendre leur revanche et le manche tient encore la cognée… Souvenez vous que pendant ces quelques semaines que dura la Commune de Paris, on imagina la séparation des églises et de l’Etat, la diminution du temps de travail, l’égalité homme-femme, la liberté de la presse, l’interdiction du travail de nuit, la journée de dix heures, le mariage libre par consentement mutuel, la fin de l’enseignement confessionnel…

Allez, merci à vous de visiter ce site de temps en temps, portez vous bien et à bientôt peut-être

A vos cassettes…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la médecine vétérinaire et du crabe mayo réunis, bonjour ! Au train où vont les choses, ça devait bien finir par arriver… Nous sommes le Mercredi 22 février 2017 c’est à dire le quatrième jour de ventôse, dédié au troène. Jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux. Il n’y a, parait-il aucun antidote. Même pas un remède de cheval.

Vous ai-je déjà parlé de Buddy TATE, né George Holmes TATE un 22 février en 1913 à Shermann, Texas ? Un saxophoniste bien sur. Il commence par jouer au saxophone alto mais passe rapidement au buddy 1ténor, se faisant un nom dans des groupes comme celui de Andy Kirk. Il rejoint en 1939 l’orchestre de Count Basie en raison du décès soudain de Herschel Evans et y reste jusqu’en 1948. Suite à sa collaboration avec Basie, il travaille alors avec d’autres big bands tels que Hot Lips Page ou Jimmy Rushing de 1950 à 1952, avant de jouer avec son propre orchestre à partir de 1953 à Harlem. Il va par la suite participer à plusieurs tournées en Europe avec son propre Big Band. Il aura enfin l’occasion de co-diriger un big band en 1975 avec le saxophoniste Paul Quinichette au West End Café à New York puis participe en sideman à l’orchestre de Benny Goodman à la fin des années 1970, et joue avec le pianiste Jay McShann et le saxophoniste Jim Galloway.

Ci dessus en vidéo, un grand classique, le fameux standard Mack the Knife, vous savez, Kurt Weill, BrecBuddy Tate 2ht. Il reviendra en Europe en 83 avec les membres de l’orchestre de Count Basie. Bien que les années 1990 soient pour lui moins actives, il enregistre notamment avec Lionel Hampton ou le groupe des vétérans du jazz, Statesmen of Jazz parmi d’autres. Ici à gauche en compagnie de Milt Bruckner. Il vivra à Massapequa dans l’état de New York jusqu’en 2001, puis s’installe à Phoenix en Arizona afin de rester près de sa fille. Il meurt peu après à 87 ans.

Allez, à vos cassettes, portez vous bien et à demain peut-être.

Une sainte et trois seins…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’épanaphore et du riz au lait réunis, bonjour! Nous sommes le mardi 21 février 2017, troisième jour de ventôse dédié au Violier que l’on nomme aussi la fausse giroflée. Le calendrier de la poste nous annonce qu’on doit fêter les Pierre-Damien mais les bretons savent bien (ou pas) qu’aujourd’hui, c’est la ste Gwenn. Sainte Gwenn est Gwennsurnommée en breton Teir Bronn (aux trois seins) parce qu’elle a enfanté trois saints, les jumeaux Guethenoc et Jacut, puis saint Guénolé. Elle est l’épouse de saint Fragan, ils vivaient au Ve siècle. D’après la tradition, Fragan et son épouse Gwenn quittèrent vers 460 l’île de Bretagne et débarquèrent sur la côte nord de l’Armorique. Ils s’installèrent sur les rives du Gouët, à l’endroit appelé aujourd’hui Ploufragan.

En dépit de sa courte vie, Baruch « Benedictus » Spinoza est l’un des premiers grands philosophes de l’époque moderne. Il est issu d’une famille juive « marrane », chassée d’Espagne en 1492 et réfugiée au Portugal, chassée à nouveau de ce pays en 1593. il est décédé un 21 février 1677 à La Haye. Il reçoit une solide formation hébraïque et la complète par l’étude des philosophes modernes, en particulier son aîné René Descartes. Son érudition fait scandale et il est violemment chassé le 27 juillet 1656, à 28 ans, de la communauté israélite d’Amsterdam qui lui inflige le herem (« excommunication »). Il va se fixer à Voorburg, près de La Haye, Spinozapratiquant avec brio le polissage des lunettes. Il poursuit en même temps ses études philosophiques avec le soutien amical du stathouder de Hollande Jean de Witt jusqu’à la mort tragique de ce dernier en 1672. Il correspond aussi avec le physicien Christiaan Huyghens. En 1670, il publie anonymement le Traité théologico-politique qui fait l’effet d’une bombe. Il y est dit que chacun est libre de penser ce qu’il veut et que foi et raison n’ont rien en commun : « Le grand secret du régime monarchique et son intérêt majeur est de tromper les hommes et de couvrir du nom de religion la crainte qui doit les maîtriser ». En 1673, Spinoza publie sous son nom Principes de la philosophie de Descartes (1673). Après sa mort est publié son ouvrage majeur : L’Éthique, traité de métaphysique qui assimile Dieu à la Nature (panthéisme) et recommande aux hommes de privilégier la réalisation de soi. De quoi scandaliser plus d’un de ses contemporains…

Voila pour aujourd’hui, en attendant le prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jules Durand.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 20 février 2017, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dacornouillerns la culture Occitane. En effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ». Par chez nous, on cite le cornouiller comme un bois pour tailler un biniou :

De ma bourse un peu pauvrette
Où l’ennui m’a fait fouiller
Je me suis permis l’emplette
D’un biniou de
cornouiller

On dit même que le fameux Cheval de Troie fut réalisé en bois de cornouiller. Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi. Amusant, non !

Tout à fait autre chose.

C‘est comme cela, il y a des gens qui s’appellent Jules Durand comme d’autres Jacques Martin. Des vieux noms bien franchouillards qui sentent le calendos et le beaujolpif. Des noms à vous réconcilier avec jules durandl’identité nationale, des noms qui sentent bon le terroir, la baguette et le bérèt, des noms capables de procurer une érection à Phillipot. Mais, ainsi que j’essaie de le montrer dans cette galerie de portraits, derrière ces noms, des hommes et des femmes, méconnus, oubliés, Ils pourraient se nommer Jean ou Peter ou Ivan ou Paolo, il y a des hommes et des femmes qui ont depuis longtemps aboli les frontières, et qui appartiennent à la grande communauté des gens de « bien » qui ont lutté contre les gens de « biens ».
Le 20 février 1926, mort de Jules Gustave DURAND, né le 6 septembre 1880 au Havre.
Anarchiste, syndicaliste révolutionnaire, secrétaire du syndicat des charbonniers du Havre.

Initiateur de la grève illimitée d’août 1910, il sera victime d’une machination politico-judiciaire suite à la mort d’un « jaune » lors d’une rixe. On essayera de prouver que Durand avait faiaffiche Durandt voter la mort de ce dernier dans son syndicat. La corruption de plusieurs témoins et une campagne ignominieuse de la presse locale entraînèrent, le 25 novembre 1910, sa condamnation à mort. Mais le 28 novembre, par solidarité et pour lutter contre cette injustice, la grève est générale au Havre, et s’étend au secteur international des docks anglais et américain. Puis une protestation générale, initiée par la Ligue des Droits de l’homme, aboutit à sa libération, le 15 février 1911. Malheureusement, Jules Durand, maintenu 40 jours en camisole de force, était devenu fou, et finit sa vie à l’asile. La révision de son procès, le 15 juin 1918, l’innocenta totalement.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chaman où es-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la Normandie et de St Gabin réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 19 février 2017 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de Ventôse dédié au tussilage. Cette plante Tussilago_farfara_jfgqui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule Classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux.

Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait irrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à droite sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population 220px-Koro-pok-guru_photo_01aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême Est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à la résidence d’un korrigan au goblincommencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Celui-ci sur la photo de gauche est un Teuz, sorte de génie domestique chargé de veiller sur la maisonnée; chez nous son effigie trône fièrement sur la cheminée et, il est hors de question de ne point le saluer en entrant dans la maison… Il provient de L’atelier des Goblins à Quemper-Guézennec (22) sur les bords du Leff. Aujourd’hui les humains ne savent plus où réside le petit peuple. Quoique… Si vous passez du côté de Plaudren (dans le Morbihan), auprès du petit bourg de Locqueltas, il est une lande appelée Motenn-Dervenn. Suivez le chemin de terre au Sud-est jusqu’à… Je ne peux en dire davantage. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’était un pauv’ gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous stguire3-240x300-150x150sommes le Samedi 18 février 2017 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau. Chez nous aujourd’hui dans certains calendriers, on fête les Kireg qui laissa son nom à la station de Perros-Guirec. Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on trouve l’oratoire de Saint Kireg.

L’homme du jour est Emile ARMAND.

C‘était une pauv’gars qui s’appelait Armand, n’avait pas d’papa, n’avait pas d’maman… Vous connaissez la célèbre chanson, et bien, cela n’a rien à voir avec ce qui suit. En vérité, Emile Armand s’appelait, Ernest Juin et est mort en février 1962. Fils d’ancien communard, le petit Ernest Juin, dit Emile ARMAND, ne fréquente pas l’école et c’est dans la bibliothèque paternelle qu’il fait son instruction. Il pratique néanmoins de nombreuses langues. Suite à la lecture de l’Ancien testament, il est secoué vers l’âge de seize ans par une crise mystique qui le tourne vers la religion. Il fréquente les réunions de l’Armée du Salut, qu’il joint Emile-A.officiellement en décembre 1889. Vers 1895-1896, Armand découvre l’anarchisme à travers la revue Les Temps nouveaux de Jean Grave. L’activité anarchiste, pacifiste et antimilitariste d’Armand lui vaut d’être condamné et emprisonné à de multiples reprises. Arrêté le 6 août 1907, il est condamné à cinq ans de prison pour complicité d’émission de fausse monnaie . Il en profite pour rédiger le livre « Qu’est-ce qu’un anarchiste » (1908) qui constitue sa première synthèse. Après la mort de Marie Kugel, son amie, Armand se marie avec une institutrice, Denise Rougeault, qui le soutient financièrement et lui permet de se consacrer entièrement à l’action anarchiste. Sa situation matérielle assurée, ayant trouvé en Denise Rougeault la stabilité et une collaboratrice, il peut mettre son érudition, sa puissance de raisonnement et sa connaissance d’une dizaine de langues au service de sa révolte.

Il fait paraître « l’En-Dehors » pendant 17 ans.( Aujourd’hui, l’en dehors est un site d’informations à glisser impérativement dans votre blog-liste.) Il publie plusieurs dizaines de brochures, organise causeries et cercles d’amis. A l’intérieur de son individualisme libertaire, il len-dehorscontinue de progresser et aboutit, entre autres, à la thèse de la « Camaraderie amoureuse ». Il collabore également à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure… Arrêté une troisième fois le 27 janvier 1940, il est condamné pour appel à l’insoumission le 16 avril suivant et est interné dans divers camps jusqu’en septembre 1941. L‘action militante d’Armand s’oriente également vers les «milieux libres» (les colonies anarchistes) où il prône l’amour libre, la camaraderie amoureuse, le naturisme et le refus généralisé des contraintes. Armand se définit par l’épitaphe qu’il se composa : « Il vécut, il se donna, il mourut inassouvi ».

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Qui c’est ? C’est l’plombier…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du pendule de Foucault et de Qui veut gagner des millions réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 17 février 2017, 29è jour de Pluviose dédié à la Chélidoine. La Grande Chélidoine (prononcer kelidwan) ou Grande Éclaire (Chelidonium majus, « grande hirondelle » en latin) est une plante de la famille des Papavéracées et la seule espèce du genre Chelidonium. On l’appelle aussi herbe aux verrues (ou herbe à verrues), car son latex jaune-orangé toxique passe pour 290px-Chelidonium_majus20100511_10éliminer les verrues. Mon aïeule la nommait herbe de sainte-Claire; je n’ai jamais su pourquoi. Selon Maurice Mésségué, le nom serait dû au fait que les hirondelles frottent les yeux de leurs petits avec des fragments de cette plante pour les ouvrir. Le latex caustique permettrait l’ouverture de l’ourlet de peau chez les petites hirondelles. La grande chélidoine était considérée depuis des temps reculés comme une plante magique associée à la magie noire. Les alchimistes du Moyen Âge ont vu dans la sève de la grande éclaire de couleur jaune, le moyen de transformer les vils métaux en or. Il semble que jusqu’à présent cette herbe, à l’instar de nos politiques, n’ait pas tenu toutes ses promesses.

C’est aussi le jour pour se souvenir  que le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, sur le Campo des Fiori, après avoir passé huit ans dans les geôles de l’Inquisition… torturé et brûlé vif par l’inquisition pour avoir refusé d’abjurer ses idées 220px-Giordano_Brunoantidogmatiques et rationalistes. Né à Nola (Italie) en 1548, d’abord moine dominicain, il écrit de nombreux ouvrages philosophique qui lui valent un procès en hérésie. Il s’exile à Genève, puis parcourt l’Europe, enseignant ses idées. Mais l’Église le poursuivra sans relâche. Il sera extradé de Venise et livré au Saint Office, qui en le condamnant à être brûlé vif en fera un martyr de la libre pensée. Pourtant, sur cette gravure, on lui donnerait le bon dieu sans confession… Parmi les livres de Giordano Bruno, on peut citer « De la cause, du principe et de l’unité » (1584), « Sonnets, dialogues », etc. Si vous passez à Rome, vous pouvez voir une statue dressée sur le campo dei fiori.

Bon, il me faut éteindre l’ordi, j’attends le plombier. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dites le avec des fleurs…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 16 février 2017, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment Pan porcino (pain de Cyclamen_hederifolium._Locatie_Tuinreservaat_Jonker_vallei_03-150x150pourceau) à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules. Comme chacun le sait, il s’agit là de plantes vivaces tuberculeuses de la famille des Primulacées. La culture occidentale voit dans le cyclamen un symbole de beauté et de jalousie. Le cyclamen est la fleur idéale que l’on offrait pour manifester sa jalousie, son fort attachement avec délicatesse. Dans le code amoureux, le cyclamen symbolise la durée et la sincérité des sentiments.

Pendant ce temps, l’actualité continue de nous épater (de campagne…électorale bien sur) ainsi donc, François l’ombrageux a rendu visite à Nicolas 1er, histoire de recevoir l’onction du parrain. Nous sommes un certain nombre à penser que plutôt que de rendre des visites, il ferait mieux de rendre l’argent dont il a décaricature-Mirbeaulesté le trésor public… Mais, c’est ainsi, l’électeur de base ne réagit qu’aux gesticulations, aux effets de manches, aux déclarations tonitruesques. Voila pourquoi, ce même candidat propose que l’on ramène la majorité pénale à seize ans. Pénale hein, pas civique, faut pas déconner non plus: prison oui, élection non ! Plutôt qu’un long discours, je confie ma voix à Octave Mirbeau (né un16 février -1848- à Trévières (Calvados) et mort un16 février -1917- à Paris, ce génial pamphlétaire, révolté et réfractaire à toutes les idéologies aliénantes, radicalement libertaire, farouchement individualiste, irréductiblement pacifiste, résolument athée, anticlérical, antimilitariste et politiquement incorrect.

«Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal grève-électeursirrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau (1902). C‘est en 1884, pour se remettre et se « purger » d’une passion dévastatrice pour une femme galante, Judith Vinmer,  que Mirbeau fait retraite pendant sept mois à Audierne, dans le Finistère, et se ressource au contact des marins et paysans bretons. De retour dans la presse parisienne, il commence à écrire pour son propre compte et met sa plume au service de ses valeurs éthiques et esthétiques. Il s’engage alors dans de grands combats politiques, artistiques et littéraires qui donneront de lui l’image durable d’un justicier et d’un imprécateur.

Mais bon, j’en ai maintes fois parlé sur ce blog. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la saint Claude, le cénobite à la billebaude…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 février 2017, 27è jour de Pipe st claudePluviôse dédié au noisetier. Le coup de tabac est passé, on peut retourner au jardin. Justement, à propos de tabac, c’est en allumant ma pipe que je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Ceci pour expliquer que ce billet est une rediff. Va donc pour Claude, chez nous on dit Glaoda, et comme disait Fernand Raynaud:  « vous allez voir comme les gens sont méchants… »

Voici comment Albert Le Grand présente la chose: «Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverentVallée 1 en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Claude et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert Le Grand (1636) – Vè édition de 1901 . Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, Goulven-fontaine_saint_goulven__Lavoir-300x194suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.